‹ La Variole en Lorraine: Son Histoire, Son TraitementChapitre 13 sur 27 · RIDE · texte numérisé non relu

RIDE

OBSERVATION IV (inédite).

(Due à l’obligeance de M. F. SIMONIN.)

MARTIN. — Anne Martin est la 17° vaccinée avec succès à Nancy dans Le mois d'octobre 1800.

Le 19 brumaire j'ai inoculé le 4° enfant de Martin, figuriste en plâtre, place de la Liberté à Nancy, avec deux lancettes chargées le même jour du même virus vaccin que je n’ai humecté qu'avec le souffle ; j'ai fait 2 piqûres au bras droit et une au gauche, La supérieure du droit est un restant des 2 lancettes qui étoit répandu audessus de la pointe. J'ai réintroduit la pointe des lancettes dans chaque piqûre après en avoir tiré un tant soit peu de sang de manière à en enlever toute particule du venin qui y étoit restée : j'ai même encore essuyé les lames à plusieurs reprises sur les piqûres sanglantes jusqu’à ce qu’elles fussent sèches : cet enfant est une fille de 4 mois nommé Anne: l'insertion a pareillement manqué.

Réinoculée le 1 frimaire par deux piqures à un bras, 2 fils à l’autre avec du virus vaccin recueilli le 18 brumaire par le D' Colon, à Paris ; l'infection certaine au commencement du 4° jour aux deux bras a augmenté comme à l’autre insertion ordinaire, les 2 côtés très enflammés et d’une couleur légère ; au 8° et 9°, l’aréole est large, presque comme 6 francs, et la mère ne s'est pas apperçu qu’elle fut malade ; j'ai pris du pus des piqûres au commencement du 10° jour pour inoculer une personne.

OBSERVATION V (inédite).

(Due à l’obligeance de M. SIMONIN.)

Meznorre. — 2° enfant inoculé avec succès el avec la matière vaccinique le même jour.

Le 1er frimaire, j'ai inoculé avec du virus vaccin recueilli le 28 brumaire à Paris par le D' Colon, la fille de Melnotte, cuisinier de M. Cardon Vidampierre à Clémery, chez sa mère, rue des Orphelines, par? piqûres à un bras, et 2 incisions avec les fils à l’autre et appliqué une compresse par dessus les incisions et les fils, au lieu de taffetas comme à l’enfant de Martin. Cette enfant Melnotte est âgée de 3 ans 112, l'infection certaine aux 4 piqûres et incisions le 4e jour ; le 7€ révolu, elles sont élevées, forment un bouton chacune comme une large lentille, mais sans inflammation ni rougeur à la circonférence, comme à l’enfant Martin et Lacour ; il ne s’est formé d’aréole autour que le 9° jour et elle a mal dormi pendant la nuit ; à la fin du 9%, elle a de la fièvre ; l’aréole est plus large que 6 francs à chaque bras, elle mange comme à l'ordinaire, n’a pas pris un grain de remède ni gardé le lit ; le 10°, pris du pus pour inoculer 3 personnes ; le 11°, inoculé 3 autres personnes ; l’aréole occupe les deux tiers des bras ; le 11 et le 12. l’aréole paroît, mais elle se dissipe le 13°; le 14, elle est disparue et les boutons sont en croûtes dures eb épaisses.

Voulant se convaincre de Peflicacité de la vaccine pour la préservation de la petite vérole, les médecins de l’époque insérèrent du pus variolique provenant d’une petite vérole authentique et reconnue aux sujets qui, auparavant, avaient été vaccinés avec un succès certain ; les résultats furent on ne peut plus coneluants en faveur de l’eflicacité du virus vaccin ; voici ce que dit à ce sujet le docteur Valentin :

Le 19 pluviôse, an 9, ayant réuni dix médecins et chirurgiens, (j'en avois invité quatorze, y compris le maire qui est aussi un médecin, mais qui ne s’y est pas trouvé), je leur présentai dix de mes vaccinés, dont le plus ancien l’avoit été depuis trois mois, afin d'être soumis à la contre-épreuve, faite le plus authentiquement possible, et porter par là la conviction dans les esprits les plus incrédules. Je fis conduire en même tems, dans le même endroit, un enfant ayant la petite vérole. Mes confrères prirent sur lui de la matière variolique et l’insérèrent aux dix vaccinés, en faisant à chacun deux, trois et quatre piqûres. Nous en dressèmes procès-verbal, et nous nous ajournâmes à six jours, puisà sept autres. Nous trouvâmes le 2 ventôse, treizième jour des inocula tions, toutes les piqûres disparues. Les trois procès-verbaux sont sign és par les citoyens Maugra, médecin de l'hôpital militaire ; Lafite, médecin Poma, Pilliard, Lemoine, Jacquemin, Aubry, chirurgie ns ; Pierre Valentin, médecins : Haldat, professeur de chimie à l’école centrale Le double de ces procès-verbaux a été remis un mois après, au préfet de ce département, qui en a fait connoître le résultat par la voie du Journal de la Meurthe.

On peut assurer que c’est principalement depuis ces contreépreuves que la vaceine a pris faveur à Nancy, dans les départements des Vosges, de la Moselle et de la Meuse.

Voici le compte rendu de quelques-unes de ces contreépreuves, dues à l’obligeance de M. Simonin :

OBSERVATION VI (inédite).

{Due à l’obligeance de M. Fernand SIMONIN.)

GOoDpoT. — Réinoculée avec la variole sans aucun effet.

Le 10 frimaire 1800, inoculé la petite Godot, fille d’un gendarme, âgée de 8 ans, par cinq piqûres avec du virus vaccin de la petite Martin ; l'infection certaine au 4° jour révolu ;les cinq piqûres sont

er

devenues très larges, une aréole considérable a occupé les 2 tiers de chaque bras ; présentée à la Société de Médecine le 21 frimaire, 11C jour de l'insertion.

Le 2° pluviôse, je l’ai réinoculée avec de /4 matière de petite vérole récente par 4 piqûres pour assurer le succès de la vaccine ; aucun . effet n’a eu lieu et elles sont disparues ; c’est le 52° jour après la

vaccination.

OBSERVATION VII (inédite).

(Due à l’obligeance de M. SIMONIN).

SELLIÈRE. — Znoculé ensuile la variole sans effet.

Le 19, inoculé la petite de Sellière, tailleur, rue Sainte-Cathe rine, dite des Volontaires Nationaux, âgée de 33 mois, par piqûres avec le virus vaccin de la petite Lacour ; l’infection certaine au 4e jour révolu ; a pris un peuit purgatif vermifuge parce qu’elle en a besoin ; bien prise, bras bien enflammés, a fourni du virus à l’enfant de Hess.

Le 1% pluviôse, 51° jour après, j'ai réinoculé cette enfant avec de la matière de petite vérole ordinaire par 4 piqûres ; cette matière étoit encore fluide et venoit d’être recueillie.

OBSERVATION VII (inédite).

(Due à l’obligeance de M. SIMONIN.)

Mayer Max. — Jnoculé la variole aux deux sœurs sans aucun effet, le 51° jour.

Le 10, inoculé M!!° Fleurette Mayer, âgée de 14 ans et demi, prette à être nubile, sa sœur Caroline de 9 ans et demi et son frère de 20 mois nommé joujou, par 5 piqûres avec du virus vaccin de la

petite Melnotte au 10° jour ; l'infection sûre au 4° jour ; l’aînée et la seconde ont senti des douleurs sous les aisselles dans le 6° jour ; le petit est moins avancé au 6° jour que les 2 autres. L’aînée a eu de larges efflorescences purpurines qui n’ont commencé à s’effacer que le 12° jour; il y avoit encore du pus le 18°; le bras et partie de l’avant- bras étoient enflés, pendant 2 jours, le 10° et le 11°. La seconde n’a presque pas eu d’efflorescence ; on ne s’est presque pas appercu qu’elle fût malade ; les pustules ont séché promptement après avoir acquis la largeur et le volume ordinaire: elles étaient uoires dès le 9° jour et en croûte le 10°, Celles du petit ayant été arrachées par maladresse après le 15° jour, il en est résulté un ulcère à chaque bras que je ne faisais pas panser, mais quelques jours après, la dureté autour des ulcères avec de la rougeur ont nécessité des cataplasmes pendant 3 jours ; ensuite on a terminé la cure avec du cérat de Soulard: tout est fini avant le millieu de nivôse. Le 1°r pluviôse, j’ai inoculé la petite vérole aux deux sœurs avec de la matière qui venoit d’être recueillie et encore fluide.

OBSERVATION IX (inédite).

(Due à l’obligeance de M. SImonIx.)

BLANCHEUR. — Variolé sans effet.

Le 11, inoculé les deux enfants du Cit. Blancheur, homme de loi, rue de Voltaire, savoir un fils âgé de 14 ans et demi et une fille de 3 ans, par 5 piqûres avec du virus-vaccin de la petite Melnotte pris au commencement du 11° jour ; le fils ayant des maux de tête depuis plusieurs jours fut évacué le lendemain; la petite à laquelle on soupconnoit des vers, prit un vermifuge. L’un et l’autre ont eû efflorescence et belles vésicules remplies ; l’aîné mal sous les aisselles, il a fourni du virus vaccin au petit Eury et à la petite Didion le 11‘ jour : le fils a été ensuite inoculé avec de la matière variolique sans aucun effet.

OBSERVATION X (inédite).

(Due à l’obligeance de M. SIMONIN.)

MONNIER. — Variolé sans effet.

Den inoculé un enfant mâle âgé de 31 mois, appartenant au citoyen Monnier, rue des Boucheries, Ville Vieille à Nancy, avec du virus-paccin pris sur la petite Melnotte au J1° jour. J’ai fait 4 piqûres ; l’infection certaine au 4° jour : belle aréole et vésicules très remplies ; inoculé de la petite vérole sans effet. Subi 2 contre épreuves publiquement.

OBSERVATION XI (inédite).

(Due à l’obligeance de M. SIMONIN.)

PARISOT. — Variolé 2 fois sans effet et 2 ou 5 autres fois.

Le 12 à onze heures inoculé l'enfant du nommé Parisot logeant dans la maison du citoyen docteur Orvasi, rue de J. J. Rousseau, âgé de 26 mois, par 6 piqûres avec du virus vaccin de la petite Melnotte, qui étoit à la fin du 11° jour révolu ; l'infection certaine à la fin du 4° jour, belle aréole et vésicules remplies ; inoculé avec de la matière variolique sans effet, à 5 fois différentes.

OBSERVATION XII (inédite).

(Due à l’obligeance de M. SIMONIN.)

LE GRAND. — Vacciné 5 fois. Inoculée avec du virus variolique le 15 ventôse. Elle s’est fait vacciner depuis d’autres fois sans succès.

Le 8 Pluviôse, vacciné la fille de Le Grand, jardinier du Jardin

Botanique, par 6 piqûres avec le virus vaccin de M. Gavet qui commencçait son 116 jour, les eflorescences étant déjà presque dissipées ; elle est âgée de 12 ans: le 13, 5 jours étant expirés et ne voyant point de signes d'infection, je lui ait fait 8 piqûres avec la matière du petit Cayen qui est au 11° jour commençant. Réitéré une 3° fois le 22, ayant manqué comme les deux premieres fois avec de la bonne matière de la petite Mathias qui est au 11° jour par 7 piqûres, manquée pareillement, enfin je l'ai inoculée par 4 piqûres avec de la matière variolique ramassée de la veille, le 14 ventôse : v’est le 36° jour après la 1'e vaccination. Rien n’est résulté de toute ces insertions. A eu un an avant la variole sans pustules.

A Toul, le chirurgien Bancel fit aussi des contreépreuves.

En présence des autorités de la ville, il prit du pus variolique sur un enfant atteint de cette maladie et l’inocula aux deux premiers enfants qu’il avait vaccinés deux mois auparavant ; sans résultat.

Aussi l'incertitude et le doute à l’égard de l'efficacité de la vaccine font bientôt place à un véritable enthousiasme et Morlanne, ancien chirurgien à l'hôpital militaire de Metz, s'écrie avec espérance :

« Désormais la petite vérole fuiera pour toujours « nos contrées, parce que d’une part l’inoculaticn-vaccine « se propage de plus en plus, et de l’autre, des lois sages « et prudentes la rendront à jamais universelle, »

Poursuivant ses expériences, le docteur Valentin inocula le vieux vaccin à plusieurs animaux comme chèvre, chienne, mouton, ânesse, avec succès d’ailleurs et ces derniers lui fournirent de la matière pour vacciner les personnes ; ses essais réussirent d’ailleurs parfaitement. Ene voici quelques observations.

OBSERVATION XIII (inédite).

(Due à l’obligeance de M. SIMONIN.) Expérience sur une chèvre. Elle a été suivie de succès.

CHARROIS. — Ææpérience avec la matière de la chèvre que je nomme caprine. Znoculée ensuile avce de la matière variolique.

Le 23, j'ai inoculé la chèvre de M. Froment, près la porte-neuve, par 4 piqûres au pis, dont 2 sur la base du trayon gauche et 2 sur le droit, avec du vaccin de la petite Loué pris au 8° jour révolu, recueilli sur du verre et employé encore fluide 6 heures après : cet animal donnant chaque jour une bonne quantité de lait avoit mis bas depuis environ 2 mois : l'infection est certaine aux deux côtés le 5° jour; les pustules ont augmenté progressivement, elles étoient remplies le 7 et le 8e : c’est à la fin du £e jour que j'ai inoculé la petite Charroïis avec la matière de cet animal. Toutes les expériences ont réussi aussi complètement qu'on peut le désirer.

Le 1° messidor, inoculé Anne Charrois, âgée de 25 mois, par " piqûres aux bras avec de la matière prise dans les 3 pustules de la chèvre ci-contre qui est à la fin du 8° jour, en présence de MM. Bonfils et Lemoine qui ont eux-mêmes recueilli la matière caprine dans ma maison et avec laquelle j'ai aussitôt fait l'insertion, il est 3 heures de relevée ; la chèvre avoit été vaccinée à 4 heures et demi. Cette enfant demeure chez Arnould jardinier, faubourg de Boudonville ; le 5° jour, l’infection est certaine à une piqûre sur chaque bras qui est devenue comme chez tous les vaccinés une pustule platte environnée d’une petite aréole de laquelle on a pris de la matière pour inoculer l’enfant de Max dont détail ci:dessous, qui a parfaitement réussi ; cette petite a eu la fièvre pendant 3 jours ; le 21 messidor, je l’ai inoculé avec de la matière variolique recueillie 4 jours avant, par une piqüre au-dessus du poignet droit et une autre entre le pouce et l’index gauche.

OBSERVATION XIV {Inédite).

(Due à l’obligeance de M. SIMONIN.)

Max. — Znoculé avec la matière d'un enfant « capriné ».

Le 9, vacciné par Le Moine, pour mon compte, Georges Max, âgé de 7 mois, fils de Joseph Max, jardinier, faux bourg de Boudonville, avec la matière caprine de la petite Charrois par 3 piqûres qui ont toutes réussi ; la matière a été prise le 9° jour commençant: il a eu deux accès de fièvre bien sensibles ; jai recueilli de cette matière pour inoculer l’enfant suivant au 9° jour. Tout a bien réussi et parcouru la marche ordinaire.

” OBSERVATION XV (Inédite).

(Due à l’obligeance de M. SIMONIN.) ARNOULD (Ch.). — (Caprine.)

Le 18, inoculé Prosper Arnould âgé de 13 mois, fils de Charles Arnould, jardinier, faux bourg de Boudonville, avec de la matière du petit Max qui avait été capriné par 9 piqûres ; elles ont toutes prises et ont fourni de la matière pour inoculer sa mère, la petite Marley, sa sœur, l’enfant Volkrenger, celui de Florentin, deux à Carles de Custines et recueilli sur du verre. Est très bien guéri ; les eroûtes n’ont tombé que 28 à 30 jours après.

OBSERVATION XVI (Inédite.)

(Due à l’obligeance de M. SIMONIN.)

Evpérience sur deux jeunes chiens blancs. Réussie sur la chienne.

Le 27 messidor an IX, vacciné mes deux chiens, l’un mâle, l’autre femelle, âgés de 5 mois, le 1° par 4 piqûres sur la peau du

Ne

ventre et l’autre par 8 avec du vacein pris sur les petits Courtois à la fin du 8° jour ; la matière étoit encore fluide pour les 2 premières piqûres seulement sur la chienne ; elle a été ensuite délayée avec de l’eau pour les autres ; cette matière venoit d'être recueillie 15 minutes auparavant. 3 piqüres ont réussi sur la chienne et pas une sur le chien. J'ai pris de la matière dans les pustules de la chienne au commencement du 8° jour pour inoculer Madelaine Galtier, ma domestique et Elisabeth Grosjean ainsi qu'il est dit à leur article ; des 3 pustules, deux étoient élevées, avoient une forme conique, l’autre légèrement enfoncée dans le millieu et applatie comme le bouton vaccin des hommes, mais sans trace d’aréole; l’animal n’a donné aucun signe de maladie et a toujours conservé sa gayeté. Le 9° jour, les pustules étant en pleine dessication, j'ai pu à peine charger deux lancettes pour inoculer 20 minutes après un jeune homme de Pont-Saint-Vincent.

Le 6 fructidor, j'ai revacciné le chien par 5 piqûres, avec du vaccin du petit Mionnet au 10° jour, sur le lieu même: j'ai passé une seconde fois la lancette sur les piqûres sans effet. Je l’ai inoculé avec de la matière variolique quelques jours après sous le ventre par 5 piqûres, sans plus de succès.

OBSERVATION XVII (Inédite).

(Due à l’obligence de M. SIMONIN.)

CGROSJEAN. — Ææpérience avec de la malière de ma chienne. À réussi.

Le 4, inoculé Elizabeth Grosjean, fille de Nicolas Grosjean l'aîné, boulanger à Saint-Nicolas, âgée de 4 ans, par trois piqûres au bras droit, avec de la matière des pustules de ma chienne qui est au 8° jour de son inoculation et par 4 piqûres au bras gauche avec de la vaccine du petit Courtois qui avoit été recueillie au 11€ jour, 5 jours avant et que j'ai délayée. Cette enfant a de grauds placards de dartres vives au corps et aux extrémités ainsi que sa sœur âgée de 3 mois, provenant toutes deux d’une mère tres mal saine. Who

had got the confirmed lues. Les 4 piqûres du bras gauche ont manqué complettement, deux de celles du bras droit faites avec la matière de la chienne ont réussi comme chez tous les autres vaccinés et ont donné 3 jours de fièvre, il y a eu tumeur vaccinale. Les pustules suppuroient beaucoup le 14° jour et il restoit encore alors une grande aréole autour des deux pustules avec un léger gonflement.

OBSERVATION XVIIL (Inédite).

(Due à l’obligeance de M. SIMONIN).

Expérience sur une ânesse.

BÉGIN. — Jnoculé avec de la matière de l'ânesse. Le succès complet, 6 août 1801.

Le 11 thermidor an IX, à 11 heures, inoculé une ânesse de 7 ans, ayant mis bas pour la seconde fois et allaitant son petit, conduite par Magdelaine Philippe de Velaine-en-Haye, à 2 lieues 1/2 de Nancy, route de Toul. J'ai fait 4 piqûres à la naissance du trayon, 2 de chaque côté, avec de la matière de la petite Merley prise au commencement du 9° jour le 5 du présent; j'ai inoculé Magdelaine immédiatement avant ; la même matière qui étoit encore fluide s’étant desséchée, je l'ai délayée pour l’ânesse. Le 16, l’âinesse emmenée à la même heure, le 5° jour expirant, j'ai trouvé ainsi que M. le Maire présent, trois pustules bien prononcées dont deux légèrement déprimées dans le milieu, offrant les mêmes caractères que snr un sujet humain au 6° jour. Le 18, au 7° expirant à la même heure, MM. Le Moine et Bonfils présents, j'ai inoculé de cette matière à Joseph Bégin âgé de 25 mois, fils du courrier de Nancy à Metz : j'ai fait 7 piqûres, 4 en croix au bras droit, dont une très légère par incision et 3 au bras gauche dans une direction parallèle : ils ont chargé et présenté eux-mêmes les lancettes ; il nous à paru qu’un jour plus tard nous aurions eu de la peine à

di

trouver de la matière claire parceque 2 pustules commençoient déjà à se dessécher; la 3° avait encore la forme aplatie et assez renflée à la circonférence. Le pus étant noir, on n’a pu découvrir d’aréole. Au 5° jour, l'infection est certaine à 3 piqûres et une 4° douteuse. Les 3 piqûres du bras gauche ont seules produit de belles pustules qui ont fourni beaucoup de matière pour d’autres. Cet enfant a été soumis à la contre-épreuve variolique faite publiquement, avec plusieurs autres, le 21 prairial an X (10 juin 1802), sans avoir éprouvé d’efét.

OBSERVATION XIX (Inédite).

(Due à l’obligeance de M. SIMONIN.) Expériences sur deux moutons.

Ont réussi : malière transmise d'une ânesse à un Sujet. Matière des moutons transmise à Marie Simonnet et à Christienne Prudhomme avec succès.

Le 26, inoculé deux moutons chez Vaultrin, boucher, par cinq piqûres. chacun vers les régions inguinales et près des mamelons avec de la matière récente de l’enfant Bégin ;: comme les précédens, il y a eu 4 pustules à l'un et une seule à l’autre. Le 7e jour, 2 fructidor, j'ai inoculé les 2 enfans suivans en présence de M. Bonfils qui à lui-même fait 3 piqûres et qui a fourni ces 2 sujets de son hospice de mendicité, savoir Marie Simonnet âgée de 2 ans et demi, 4 piqûres à chaque bras avec de la matière des moutons, qui est peu liquide, et en petite quantité et en partie sanguinolente; 3 belles pustules au bras droit en ont été le résultat; une quatrième est survenue 2 jours plus tard au bras gauche, Christine Prud’homme, âgée de 3 ans, 4 piqûres au bras gauche ‘avec la matière des moutons et 4 au bras droit avec du vaccin du petit Lahaye pris au 10° jour révolu le 18 thermidor et que j'ai trouvé très fluide entre les verres. Cette dernière matière

a complettement manqué, tandisque celle des moutons a produit deux pustules bien conditionnées au bras gauche ; la fièvre s’est développée chez celle-ci le 72 jour, plus tard et presque imperceptiblement à l’autre qui avoit une très large efflorescence ; elles ont fourni de la matière pour inoculer d’autres sujets. Réussi.

Pour la fin de messidor an IX (1892), le docteur Valantin avait vacciné 946 individus.

Pendant son séjour à Plombières 1803, le docteur Valentin vaccina 20 enfants; à son passage à Flavigny, 92 sur lesquels 5 ont été atteints de la petite vérole avant que la vaccine ait produit son effet ; un seul est mort. En 1804, de retour à Plombières, vaccination en juillet et août de 23 individus. Au mois de mars 1805, on crut avoir découvert le cowpox sur une vache de Reims; le docteur Valentin en fit l'essai comme il le raconte dans l’observation suivante :

OBSERVATION XX (Inédite).

(Due à l’obligeance de M. SIMONIN.)

Expériences avec des croûtes recueillies sur une vache que l’on croit avoir eu le com-poz.

Le 4 germinal an XII (25 mars 1805), inoculé deux enfans, l’un d'environ 3 semaines et l’autre 2, par 3 et 4 incisions à chaque bras avec la poudre de 2 croutes envoyées par M. Husson, recueil lies sur une vache à Rheims, à laquelle étaient survenues des pustules ressemblantes aucowpox selon la lettre qui les accompagnait; l'expérience a été faite au Comité central de vaccine, à l'hôpital, en présence de MM. Tholon, Delacourt, Reydellet, Giraud, Saint-Rome, Cauvière. J'ai pratiqué moi-même ces vaccina-

tions ; elles n'ont pas réussi. Quelques temps auparavant, j'en fis deux autres avec des croutes que j'avais apportées de Nancy. sur 2 enfants trouvés, qui réussirent fort bien. »

Jenner avait pensé que la vaccination des chiens préservait ces animaux de cette sorte de maladie catarrhale qui les décime lorsqu'ils sont jeunes; le docteur Valentin renouvela à Nancy les expériences de Jenner, mais les résultats furent loin d’être satisfaisants, puisque de deux chiens qui étaient atteints de cette maladie, l’un succomba bien qu’il eût été vacciné avec succès quelques mois auparavant.

Voilà donc un fait bien établi, à savoir que le vaccin préserve de la variole, puisqu'on ne peut inoculer cette dernière aux personnes qui ont été vaccinées avec succés ; les contre épreuves faites par le docteur Valentin le démontrent amplement; mais pour rendre cette assertion encore plus évidente, 1l fallut qu'une épidémie grave de variole vint décimer à Paris les individus non vaccinés, tout en respectant et laissant indemnes ceux qui s'étaient soumis à l’inoculation vaccinale.

En thermidor an X, en effet, pendant la longue et meurtrière épidémie de variole qui décima Paris, le Comité Central de vaccine fit le recensement de tous les individus qui avaient été vaccinés ; leur nombre s’éleva à près de dix mille sur lesquels pas un ne contracta la variole ; l’épreuve était donc décisive : « C’est que la vaccine, dit le « docteur Valentin, leur a enlevé pour jamais toute apti- « tude à contracter la variole. »

À Nancy, pendant les quatre ou cinq années qui précédérent l’usage de la vaccination dans cette ville, la petite vérole fit de grands ravages, mais, grâce au docteur Valen-

tn qui fournit du vaccin à tous ceux qui en désirèrent, le fléeau cessa rapidement. Un tel succès était bien de nature à propager l’usage de la vaccine dans la Meurthe et les départements voisins ; le médecin Brion, de Saint-Mihiel, demanda du vaccin au docteur Valentin et fit de la propagande dans la Meuse ; Thyriat fit de même à Epinal pour le département des Vosges ; Clerc, médecin militaire, pour

celui de la Moselle.

Le docteur Valentin fit encore des envois dans les com-

munes suivantes :

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