‹ La Variole MaligneChapitre 1 sur 12 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

traversé le massif d'Eucalyptus au milieu des inévitables mendiants pouilleux «dressés comme des candélabres où étalés comme des reposoirs», el puis, après les fortifications austères où résonnail l'écho lointain d'une fanfare de caserne, je suis

arrivé dans celle petile annexe de l'hôpital civil pour y suivre

…. lhabiluelle visite matinale. C'est là, dans ce coin tranquille,

que sont isoiées les maladies contagieuses : la diphtérie, la variole, la scarlatine, la rougeole, le typhus…. el même la peste qui fait aussi parfois à Alger de fugitives apparitions. On a eu l'heureuse idée de réserver quelques salles à des tuberculeux chroniques. C'est que les qualités essentielles du Sanatorium se trouvent réunies à El-Keltar. Il est situé loin des rumeurs de la ville, an milieu des plantations d'Eucalyp-

tus; il est protégé des vents chauds du sud par les collines bot-

sées de la Bouzareich et d'El-Biar ; ilest enfin au-dessus du niveau de la mer, dont il reçoil directement la brise saine el sanitaire .

Cet hiver, j'ai passé ici d'heureuses matinées pour étudier quelques cas intéressants de variole. Et aujourd'hui c'est avec une certaine mélancolie que je jette un dernier regard sur ce paysage familier d'où se dégage je ne sais quel charme mystérieux et subtil.

Voici sur le flanc du coteau le cimetière musulman avec ses petites tombes blanches tournées vers l'Orient qui s'étagent au milieu des fleurs. Plus bas, au delà du quartier espagnol,

ce sont les rochers de la grêve. et puis jusqu'à l'infini la mer immense. ;

El je songe à l'excellent accueil que j'ai reçu dans cet Rôpital. Merci, cher Monsieur Crespin, de votre bienveillant intérêt. Dans ce travail j'ai essayé de mettre à profit vos bons conseils. Mais le temps pressait, hélas ! El je ne me flatte pas d'avoir

évilé l'ordinaire et désespérante banalité.

Alger, le 1° juin 1905.

% se Sdenhans Van Swieten, He Mob ue s: que de

complexe est le domaine de la pathologie, que dans les : affections les plus communes des délails échapperont toujours aux meilleurs cliniciens. Il reste encore bien des points obscurs dans les maladies les mieux étudiées. Les descrip-

__ tions classiques demandent d’ineessantes retouches : ce sont d'anciennes théories qu'il faut rajeunir, de nouveaux signes qu'il faut ajouter. Et parmi les nombreuses formes cliniques dont les grands médecins d'autrefois avaient déjà tracé de lumineux tableau, il en est, et non des moins importantes, qui semblent ètre retombées dans l'oubli, Les auteurs qui en parlent encore le font d’une façon vague et incertaine, et sou: vent ils ne s'entendent même plus à leur sujet. I y à 1à un travail critique à faire ; à la lumière d'observations nouvelles

travaux accumulés. Il semble que tout ait été dit. Mais si

ms à

il faut rétablir le type ancien dans sa primitive simplicité. C’est ce que nous voudrions essayer d'entreprendre pourla variole maligne. Les traités classiques paraissent l'ignorer ou du moins la inentionnent à peine, comme on mentionne quelque chose de lointain et de rare. Et dans le langage médical courantce mot «malignité » auquel tout le monde n’attache pas la même idée donne lieu à d’inévitables confusions.

Aussi bien au début de ce travail convient-il de s’entendre sur les termes employés.

I — On se demandera dans une première partie ce qu'est la malignité dans les maladies, de quoi on doit la distinguer, comment il faut la définir. On cherchera ensuite quelle est l'opinion des divers auteurs sur la variole maligne.

II. -- La deuxième partie sera surtout consacrée à la description de cette forme clinique de la variole, à l'analyse des principaux symptômes. Puis on essaiera de dégager les notions étiologiques et pathogéniques essentielles.

II — Dans la dernière partie enfin, après quelques considérations sur l'épidémie qui sévit encore à Alger, on rapportera les observations recueillies cet hiver à EI-Kettar.

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