Cervini à Sirleto, 8 août i553. iVat lat, 6178, fol. 5o
2. Sirleto à Cervini, 3 sept. i552. (Vat. lat 6177, fol. 387).
Rome il arrive très souvent des Grecs de la Grèce propre ou de l'Archipel, avec des balles de livres vieux et neufs : « Ces jours-ci est venu du Péloponèse ce Grec, qui, il y aura deux ans en septembre prochain, nous apporta le texte grec du sixième et du septième concile [acheté douze écus], et auquel V. S.
Rmc donna libéralement vingt écus, en lui con» fiant, à son départ, une liste des livres qu'elle désirait. Il ne nous apporte que VHistoria relxgiosa de Théodoret, copiée sur le même original dont fut transcrite celle de Me Antoine Eparque. Je lui ai dit que, pour ce livre, c'était trop tard, et qu'il le colloquât à quelqu'un qui en aurait besoin, que la Vaticane en avait un exemplaire, et V. S. R«ne un autre. Notre Grec apporte aussi un manuscrit ^e Siméon de Thessalonique, « Sopra li sette sacramenti de la chiesa », livre qui pourra servir dans les controverses actuelles ; plus, le manuscrit d'une œuvre de l'empereur Alexis, laquelle a pour titre ïioXefitxdv,
et traite de l'art de la guerre, livre rare et dont plusieurs personnages ont grande envie, ici à Rome. » Comme le Grec est pressé d'argent et parle d'offrir à d'autres ses manuscrits, Sirleto lui donne vingt-cinq écus de ces deux volumes. Le marché conclu, il se trouve que l'homme a encore quelque chose à vendre , un opuscule de quinze feuillets, <x De la fabrica di S ta Sophia », et « Il testamento che fece Gregorio Nazanzeno ». Il demande enfin qu'on lui indique quelques titres de livres à chercher, parce que c'est son gagne-pain que de copier des manuscrits et de les vendre '.
Antoine Eparque est le premier courtier en manuscrits grecs du xvi^ siècle, et il est en relations, on vient de le voir, avec Cervini *.
1. II juillet i55i {ibid.y {o\. 104). Plus loin Sirleto rappelle à Cervini « le Gennadius Scholarius qu*il a acheté à M* Giovanne di Candia ».
2. Dans le Vat. lat 6aii, fol. 354 ^^ suiv. on trouvera cinq lettres adressées par Eparque à Cervini, vers 1548: Eparque est à ce moment
Dans la correspondance de Sirleto devenu cardinal, on trouve aussi nombre de lettres d'Eparque, qui réside à Venise et se tire avec beaucoup de dignité de son rôle de gentilhomme brocanteur '. Mais leurs relations sont bien antérieures à 1 565. En 1546, Eparque est à Rome, et Sirleto écrit à Cervini :
« M* Antoine m'a promis ce matin de donner à V. S. Rn»c les deux bibles manuscrites, et de se contenter de douze jules : c'est un beau marché, car l'un et l'autre volume renferment l'Ancien et le Nouveau Testaments, sur parchemin, et ancien ^ ». Dans la liste des ma-
dans une situation très besoigneuse, avec nombre d'enfants sur les bras; il a abandonné la chaire de grec qu'il avait à Venise depuis sept ans, sur la promesse faite par Rome d*une pension qui tarde à venir. Puis tout s'arranjge. Ces cinq lettres ne sont qu'une faible portion de la correspondance d'Eparque qui, mériterait d'être recueillie en entier.
1. Eparque à Sirleto, Vat. lat. 6184, ff. i37, 174, etc. Cf. P.. de Nolhac , Fuîvio Orsim , p. 175.