Cervini à Sirleto, 29 janvier 1546. {Vat» lat
6178, fol. 70.)
DE PAUL ni A PAUL V 49
Finalement, à la date du 26 -mai 1546, je trouvé une lettre très animée du doux Sirleto : le bon jeune homme a été surpris faisant,en cachette^des copies des manuscrits de Cervîni pour les vendre, et il a refusé de copier plus de deux feuillets par jour pour le compte du cardinal ; puis aux observations du guardarohba et de Sirleto, il a répondu par des insolences, et a menacé de s'en aller. Du coup, c'en était trop, et Sirleto lui-même l'a mis à la porte. Il raconte tout ému l'événement, et il termine son récit par ces paroles : « Je suis maintenant édifié sur les gens de cette race, et je comprends que ce n'est pas sans raison que S. Paul appelle prophète l'auteur du mot : Cretenses semper fallaces, malae bestiae, ventres pigri ! ^ »
Relevons un détail très important pour i'étu.de des copies de la Renaissance, dont
I. Sirleto à Cervîni, 26 mai 1546 {Vat. lat 6177, fol. 221'.)
5o LA VATICANE
on sait comme elles abondent dans nos bibliothèques! Emmanuel Embénes a été chargé de copier un exemplaire de VHistoria lausiaca, et Sirleto écrit : « Epmanuele ha scritto il Palladio, et e stato bene farlo transcrivere, perche da quello de la libraria [la Vaticane] et da questo [un exemplaire de Grotta-Ferratajn'haveremo fatto un bono '. »
En d'autres termes, un bon copiste, comme est Emmanuel Embénes, combine deux exemplaires pour obtenir une copie plus lisible. Et remarquez qu'il ne s'agit pas de deux exemplaires représentant la même édition textuelle, car Sirleto nous apprend qu'il y a entre les deux une « varietà grande^
quello di Grotta-Ferrata ha manco di
questo de la libraria Vaticana, ma quel che ha e molto piu corretto et di megliori sensi che
1. i3 juin i55i {ibid. fol. 198'). La copie de ce ms. coûtera à Cervini « cinquanta giulii ». — Ailleurs je relève que la copie de VHistoria religiosa de Théodoret a coûté 80 jules {ibid.,
fol. 374).
DE PAUL m A PAUL V 5l
questo nostro,... îmmodo che Tuno et l'altro faranno uno bono » '. Un pareil procédé est de nature à nous mettre en garde contre les copies de la Renaissance.
Achats faits à Venise et à Rome de manuscrits apportés de Grèce et du Levant, copies exécutées à Venise et à Rome , ajoutons quelques envois provenant de monastères basiliensdePItalie méridionale: tellesétaient les sources principales d'où dérivait la collection grecque Cervini-Sirleto.
De cette collection on a un index dressé du vivant même de Sirleto *.
Le cardinal Sirleto mort, sa bibliothèque, tant grecque que latine, fut mise en vente. Il existe plusieurs documents importants sur ce point : lo V Inventarium librorum ex libraria Illmi D, cardinalis Sirleti, de mandato Illmorum DD. cardi-