‹ La Vaticane de Paul III à Paul V d'après des documents nouveauxChapitre 30 sur 61 · Vat.gr, 1224, i23i · texte numérisé non relu

Vat.gr, 1224, i23i

2. Vat. gr. 1228, 1246, i25o, 1254, i255, 1260, 1270, 1271, 1273, 1274, 1275, 1287.

Naples en iSSg; le 1267, qui a été copié au xve siècle par un prêtre de Corigliano; le 1238, qui provient des environs de Gerace; le 1252, qui vient du couvent calabrais de Saint-Barthélémy de Trigona.

Carafa laissait un manuscrit d'un autre genre : c'était un commentaire perpétuel des canons du concile de Trente, commentaire composé par lui, auquel il paraissait attacher un vif intérêt, et auquel en réalité sa situation de premier préfet de la Congrégation du Concile donnait une autorité extraordinaire. Ce commentaire fut légué à Gomitolo, avec la charge de le revoir, et, « si rÉglise en pouvait tirer quelque utilité », de le publier. Comitolo prépara l'édition, mais elle ne fut pas entreprise, et le manus-

DE PAUL m A PAUL V 73

crit est resté à la bibliothèque Vaticane \

J'y relève une intéressante doctrine, sur des

matières qui sont ici de notre sujet. D'un

côté Carafa, interprétant le canon qui dé-

I. Vat, lat. 632&. Carafa y commente ainsi le fameux cum omnibus suis partibus :

« Propter huiusmodi verba S. C. C. censuit incurri in paenas vel si solo periodus, clausula, membrum, dictio, syllaba, lotave unum quod répugnât vulgatae editioni immutatur; acriter- (jue reprehendendum Vegam lib. IV, c. q de iustificatione audacter hac de re loquutum. Quod vero ad oppositiones contextus graeci aut hebraïci cum latina vulgata editione pertinet, remissum ad 3 regulam Indicis sub Pio IV editi ».

Il interprète amsi le pro authentica :

<( Eas tabulas authenticas dicimus quae fuerunt primariae; ex quibus tanquam exemplari ceterae desumptae sunt. Authentica dicuntur rescripta originalia, atque etiam ab eo qui auctoritatem condendi habet lex condita authentica dicitur ». Et le quovis praetextu du môme canon : « Ut occurrat abusibus. Ex quo duo noto : unum quod non detrahitur quicquam auctoritati purae et verae interpretationis Septuaginta interpretum, qua aliquando usi sunt S. Apostoli, Patres et Doctores. Agitur namque hic de editione latina tantummodo. Alterum quod non reiciuntur aliae editiones quatenus authenticae illius vulgatae intelligentiam iuvant, ut in 3 recula Indicis statuitur. Obicies ex D. Hieronymo in V. T. libris recurrendum ad hebraïca volu-

clare l'Écriture inspirée cum omnibus suis partibus, est d'avis qu'on ne peut modifier au texte sacré « fut-ce un membre de phrase, une parole, une syllabe, un iota de la Vulgate » ; et que, pour ce qui est des diffé-

mina, in N. ad sraeca... Idem et S. Âugustinum... Respondeo D. Hieronymum sic loquutum quod versio haec S. Bibliae, illo vivente, utjjote recenter édita non multum sibi auctoritatis vindicaverat; quod cum post tôt decursa temporum spatia, PP. comproDationes, et continuos illius in Ecclesia usus dici minime possit, mérite sine alia controversia hoc Concilii decreto illi standum sancitum est. Addo quia cum post haeresim Luteri compiures et pêne innumerae ex hebraeo extiterint interpretationes..., statuendum fuit qua editione utî deberemus, ()uae non alia esse debuit quam illa quae a D. Hieronymo per manus^ ad nos pervenisse constat. Dices ergo : menda librariorum quae in illam irrepserunt approbantur ? Respondeo obiectioni satisfieri in ipso decreto dum dicitur ut haec vêtus.,, quant emendatissivne imprimatur. Si quaeras quis nuiusmodi errorum censor esse debeat, respondeo : Sedes Apostolica. Ex his noto tria : i° hanc vulçatam in omnibus quae ad fidem et mores pertinent retinendam, et si aliqua editio contrarium continet reiciendam; 2* latinorum codicum emendationem non petendam a graecis aut hebraicis editionibus; 3° in disputationibus et praedicationibus etc. non posse provocari ad graecam vel hebraicam editionem. »

DE PAUL ni A PAUL V 7 5

rences qu'on trouve entre le grec, Thébreu et la Vulgate, il faut les juger d'après la troisième règle de l'Index, — Huiusmodi versionibus tanquam elucidationibus vulgatae editionis, ad intelligendam Sacram Scripturam, non autem tanquam sacro textu utantur. — Dans la pensée de Carafa, c'est donc bien la Vulgate latine qui représente le texte sacré authentique, les Septante et l'hébreu ne représentant que des textes pour ainsi dire dérivés, car « on appelle textes authentiques ceux d'après lesquels les autres ont été dressés , ex quitus tanquam ex exemplari ceterae desumptae sunt ' ». Il semble qu'après cela il n'y ait plus grand fond à faire sur les Septante non plus que sur l'hébreu. Garafa cependant déclare qu'on

I. On se rappelle la comparaison célèbre des éditeurs de la Bible d'Alcala (i5i4) : « Mediam latinam B. Hieronymi translationem velut inter Synagogam et orientalem Ecclesiam posuimus, tanquam duos hinc inde latrones, médium autem lesum, id est Romanam sive Latinam EcclesiaiQ, coiiocantes ».

ne prétend aucunement amoindrir l'autorité de ce qui est vraiment le texte des Septante. Et il ajoute que l'édition définitive de la Vulgate latine est à faire. En toute hypothèse la Vulgate latine, en tout ce qui touche à la foi et aux mœurs, ne saurait être corrigée, et les corrections qu'on y peut introduire par ailleurs ne sauraient être tirées du texte grec ni du texte hébreu, mais seulement des manuscrits de la Vulgate elle-même.

Il est curieux sur ce point de doctrine de rapprocher de l'interprétation de Carafa le sentiment qu'exprimait, quarante années auparavant, Sirleto. Il écrivait au cardinal Cervini, à Trente, le 17 avril 1546 : « J'ai dit à Votre Eminence, dans une de mes dernières lettres, qu'il aurait été bien de charger des personnes instruites dans les trois langues de revoir la bible hébraïque, la grecque et la latine, de les coUationner sur des exemplaires antiques, et de publier une

DE PAUL m A PAUL V

édition qui fut conforme à la sainte Église notre mère et aux saints Pères. Tout ce que rhébreu donnerait de plus on l'ajouterait.

On chercherait de bons exemplaires grecs anciens, car il y a beaucoup de fautes dans le grec, comme aussi dans le latin... Tout cela je vous l'écris parce que l'on m'a dit (ce sont des hommes sans importance qui m'ont parlé ainsi) que la formule arrêtée dans la dernière session, ut editio vêtus et vulgata pro authentica habeatur, ne paraît pas satisfaisante (non par che satisfacci). Je leur ai répondu que l'avis de tant d'hommes des plus graves, des plus familiers avec la sainte Ecriture, et en somme du concile tout entier, n'avait pas à s'accommoder à l'opinion de quatre ou cinq, mais que ces quatre ou cinq devaient se conformer au jugement de tant de sages personnes, et tenir pour authentique la traduction que notre sainte mère l'Église a toujours authentiquée. Et je crois que la parole quae legi consueverunt

résout toutes les difficultés, en donnant à entendre qu'on n'a rien voulu déterminer de nouveau ( intendendose da qui che niuna cosa di novo se determinato). Et pourtant, puisqu'il s'agissait de formuler un point d'une importance si considérable, je crois que l'on aurait mieux fait de mentionner l'hébreu, le grec et le latin, et de déclarer authentique l'édition que le concile aurait ordonné de faire emendata adfidem veterum exemplarium '. » Quelques jours plus tôt, Sirleto avait écrit à Gervini : « En considérant la diversité grande que l'on trouve dans les bibles traduites de l'hébreu, je me persuade que la version des Septante est la meilleure et la plus conforme à notre sainte mère l'Eglise ^ ».

Ce sentiment de Sirleto n'avait rien de

Page 1