‹ La végétation de la Bretagne: Étudiée dans ses rapports avec l'atmosphère et avec le solChapitre 27 sur 28 · MOULES · texte numérisé non relu

MOULES

4° Qu'il y a, dans la presqu'ile armoricaine, deux zones hypsométriques caractérisées par leur flore : région de la plaine, région des basses montagnes.

5° Que lon peut, par l'examen de la flore, établir en Bretagne deux zones climatériques secondaires; dans l’une, zone de l'Ouest, l’on observe un très grand développement des espèces hygrophiles : Hyménophyllées, Usnées, Stictées,; dans cette région les espèces maritimes se rencontrent également à l’intérieur ; le développement insolite des Hyménophyllées, Usnées, etc..…., nous a paru lié à l'humidité constante de l'atmosphère; la présence, à l’intérieur, des espèces maritimes nous a paru dépendre d’une persistance des qualités de Pair marin. Nous avons conclu de ces faits que la partie occidentale de la Bretagne ou Basse-Bretagne jouit d'un climat insulaire puisque des faits analogues s'observent sur d’autres territoires étroitement entourés par la mer.

Dans l’autre zone, zone de l'Est, nous avons vu que les espèces hygrophiles étaient mal représentées. Les espèces xérophiles, au contraire, s’y sont montrées parfois abondantes; nous avons vu que ces mêmes espèces disparaissaient presque complètement vers l'Ouest de la Bretagne. Nous avons conclu de ces obsertions que le climat de l’Est de la Bretagne (Haute-Bretagne) est plutôt continental. Nous avions ainsi établi, par l'examen de la végétation, deux zones climatériques secondaires dans la presqu’ile bretonne; nous avons trouvé, dans l'examen de la ligne des isochimènes, une éclatante confirmation des conclusions auxquelles nous

amenait l'examen de la flore; la ligne des moyennes

= Oo

6° passe, en effet, à peu près par Vannes et Saint- Brieuc et concorde largement avec la limite botanique des deux zones.

6° Enfin nous avons vu qu’au nombre des actions venues de l’atmosphère, il faut ranger Paction des fumées. Elle contrarie la végétation des Lichens et amène la disparition graduelle des espèces foliacées au voisinage des industries, puis celle du Lecanora medians qui résiste longtemps et nous fournit un criterium pour apprécier assez exactement le degré de viciation de l'air.

Dans la deuxième partie de ce mémoire nous avons étudié Faction du sol sur la dispersion des espèces végétales.

D'abord, nous avons vu comment l’humidité du sol influe sur la formation des stations de plantes. Nous avons vu, sous l’action de cette humidité, se développer certaines plantes isolées, mais très caractéristiques.

Ensuite, nous avons recherché les liens qui existent entre la nature physique ou chimique du sol et la végétation. Nous avons reconnu une flore spéciale : A, aux terrains riches en composés azotés; B, aux terrains salés; C, aux tertains calcaires; D, aux terrains siliceux. Nous avons vu que ces derniers terrains, les plus répandus en Bretagne, offraient une flore assez particulière quand ils étaient de nature sablonneuse, mais que l’on ne pouvait rigoureusement, malgré l'intérêt de la question, distinguer partout, par l'examen de la flore, les terrains schis-

teux des terrains gréseux ou granitiques.

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