‹ La veillée des berceauxChapitre 7 sur 9 · ÉTAT COMPARATIF DES OPÉRATIONS DES GOUTTES DE LAIT · texte numérisé non relu

ÉTAT COMPARATIF DES OPÉRATIONS DES GOUTTES DE LAIT

Nombre des Gouttes de lait 13 16 23 27 28 25

Inscriptions 1,180 1,880 2,729 3,101 3,673 3,203

Nombre des décès' 112 104 156 155 128 88

Proportion des décès (p. 100) ... . 9.5 5.5 6.0 5.0 3.5 3.2

Consultations.... 8,955 7,282 31,789 14,129 15,516 18,389

Moyenne par enfant 7.6 4.1 11.6 4.5 4.2 5.7

Visites à domicile 1,118 3,875 5,966 6,459 4,653 5,933

^ Docteur E. Gagnon {Compte-rendu de la première Conférence des Gouttes de lait, 1913). — Docteur J. Gauvreau, La Goutte de lait. * Rapport du Bureau municipal d'hygiène et de statistique.

Distributions de lait (chopines). 26,119 105,311 154,692 183,643 193,562 166,791

Recettes (dollars) 24,254 23,707

Dépenses (dollars) 24,579 23,137

Subvention municipale (dollars) 7,300 8,100 11,500 17,420 13,732 11,999

Moyenne par Goutte de lait (dollars) 561.65 506.25 500.00 645.20 490.40 479.99

Pour accentuer encore ces résultats et les rendre permanents, le Bureau municipal d'hygiène et de statistique a voulu faire de la Goutte de lait un centre d'action sociale en y rattachant les Ligues des petites Mères. (( La santé du bébé, écrit le rapporteur, dépend d'une multitude de petits soins qu'il ne trouve pas toujours à la maison parce que la mère n'a pas eu Vavantage d'acquérir les connaissances nécessaires. » L'objet des Ligues est de répandre, de « vulgariser les notions d'hygiène infantile ». ^ Elles sont dirigées par un médecin que nomme le Bureau d'hygiène. Les membres suivent une série de douze leçons oii sont successivement exposées sans surcharge d'érudition, dans un langage simple et concret, les questions d'un intérêt tout pratique touchant l'hygiène de l'enfance : croissance, dentition, toilette, vêtement, thérapeutique, alimentation, régime. L'enseignement reçu est soigneusement noté. Les élèves doivent aussitôt faire profiter ceux qui les entourent des connaissances qu'elles ont acquises, et tenter de faire appliquer les principes qu'où leur a inculqués. C'est, dans sa forme la plus rudimentaire, une charmante réalisation de la devise d'une grande École : de la Science à l'Action. Le Conseil supérieur d'hygiène et le Bureau municipal publient d'ailleurs des circulaires et des brochures, qui sont distribuées partout et qui renferment des indications précises sur les soins à donner aux nouveau-nés : manuels

1 Ligue des petites Mères. — Règlement et programme (brochure publiée par le Bureau d'hygiène).

très brefs, ^ qui résument l'essentiel, et que peuvent consulter les élèves.

Nous n'avons pas épuisé la liste des œuvres qui, comme le dit le poète Lozeau, montent

autour des berceaux la garde solennelle.

Il faut encore mentionner la Garderie de nourrissons, la Day Nursery, le Bahy Welfare Commutée, les Crèches, les hôpitaux; et joindre à cela les initiatives diverses comme celles de la Société Saint Jean-Baptiste et de la Fédération Nationale, qui ont sollicité l'opinion publique et tâché de réveiller les volontés en faisant donner des conférences, en attirant l'attention des conseillers municipaux sur le brûlant problème de la mortalité infantile, en utilisant le cinématographe comme moyen de propagande. Excellent travail, qui portera ses fruits. Depuis quelques années on attache une extrême importance à la protection de la mère, à la « puériculture avant la naissance » ou, comme s'expriment les Américains, au prénatal work. 2 L'industriel s'est déjà rendu compte de l'avantage qu'il peut tirer de la prévention des accidents de travail : mieux vaut écarter le mal que le guérir quand il existe déjà. De cette idée a germé une véritable campagne d'éducation qui tient dans un mot fastidieusement répété, safety first, que l'on a traduit par un impératif : prenez garde ! Pourquoi ne pas accepter le même principe en matière de puériculture, comme le voulait un vieil auteur français du XVième siècle ? ^ Les forces de la mère peuvent être épuisées, pourquoi ne pas refaire en elle la vigueur de la race ? En veut-on un éminent témoignage ? Voici ce qu'écrit le professeur Pinard : « Si l'on veut faire œuvre de protection infantile, il faut d'abord et

^ Hygiène de l'enfant au premier âge. — Conseils pratiques aux Consommateurs de lait. — La Metropolitan Life Insurance Company remet à ses assurés une intéressante brochure : L'Enfant.

2 S. -Joséphine Baker : The Division of Child Hygiène of the Department of Health of the City of New York, (1913).

2 A. Chinard : L'Exotisme américain dans la Littérature française au XVIème siècle.

ensuite et toujours protéger la mère. ))^ D'abord et ensuite, n'est-ce pas attester d'avance toute l'utilité du travail de prévention et d'assainissement que pourraient poursuivre, chez nous, les infirmières visiteuses, qu'il ne s'agit pas de substituer aux médecins et dont le premier devoir serait, au contraire, d'obtenir que l'on appelle le docteur avant qu'il soit trop tard. N'est-ce pas aussi approuver la noble tâcbe accomplie silencieusement par l'Assistance maternelle, ^ œuvre d'une fécondité sociale insoupçonnée, que le public commence à apprécier à son mérite, et à laquelle le Gouvernement de la province a, sur les instances d'une sympathie ardente, accordé, cette année même, une subvention?

L'éducation nécessaire

Aide à la première enfance, pieuse sollicitude envers la mère, voilà donc deux des moyens les plus sûrs de combattre la mortalité infantile. Mais réfléchissons que le problème n'en est pas résolu pour tout cela. Il y a un principe de base que nous n'avons pas encore énoncé et dont l'efficacité se révèle à mesure que l'on avance dans l'étude de cette angoissante question de la vie de l'enfant : il faut instruire d'abord. La lutte ne prendra de l'ampleur que si on sait s'y préparer par une éducation appropriée. Quelle est la raison première de l'excès de notre mortalité infantile ? — L'ignorance, répondent les médecins. A cette cause il est nécessaire d'apporter un palliatif : la propagation d'une doctrine positive, énergique, de santé et de vie. Il faut désormais que l'on sache, que chacun sache. C'est à ce prix que l'on fera disparaître les négligences, coupables ou non, les écarts de régime, la résignation béate de ceux qui font comme nos pères ont fait et qui, logiques jusqu'au bout, meurent comme eux; que l'on obtiendra, d'un autre côté, une

^ La Guerre et la défense de V Enfant.

2 Louis Dupire : Une nécessité sociale, (Le Devoir, 28 février 1918). M. Athanase David a traité cette question dans une conférence qu'il a prononcée, en mars 1918, au Monument National, et dont le Canada a, publié le texte {Au Service de la Race).

alimentation rationnelle et dosée, des soins intelligents, une obéissance rigoureuse aux lois de l'hygiène. La lecture des deux brochures du docteur C.-N. Valin, Les Avantages économiques de Vhygiène publique et Les Conquêtes, de Vhygiène moderne, l'étude des rapports publiés par le Conseil supérieur d'hygiène et par les Bureaux municipaux de Montréal et de Lachine convaincront les plus hésitants. L'hygiène est une promesse de survivance. Des chiffres abondants prouveraient ses hauts faits. Voici New-York : grâce à un travail effectif la mortalité infantile y a été réduite des deux tiers. Voici la Havane : la fièvre jaune et la malaria en ont été extirpées. Voici Chicago où l'impôt de la typhoïde a été abaissé de 82 à 17. Faut-il continuer? Point n'est besoin de courir si loin. N'avons-nous pas, à Montréal, maté la variole, enrayé la typhoïde ? « Si nous nous reportons à quarante ans en arrière, écrivait en 1916 le rapporteur du Bureau d'hygiène municipal, nous trouvons qu'alors la mortalité était de 35 pour 1,000; de sorte que, grâce à l'application des mesures d'hygiène, cette proportion a été réduite de moitié. » Alors ? Il n'y a pas deux conclusions ! Il faut enseigner Vhygiène, et dès la petite école. C'est un impérieux devoir. Autrement nos hygiénistes, nos médecins, nos « travailleurs sociaux », nos philanthropes s'épuiseront presque en vain; car ils ne peuvent pas atteindre toute la nation où la routine têtue est maîtresse. Autrement les œuvres les plus belles péricliteront à moitié : le public n'y viendra que lentement, faute d'être éclairé sur leurs raisons d'agir. Craindra-t-on d'alourdir l'école primaire ? — Non. L'enseignement des premiers éléments de l'hygiène n'est pas si considérable ! Un principe chaque jour, deux cents pendant l'année, et le tour est fait. Le docteur J.-E. Dubé a tracé un programme d'hygiène individuelle, domestique et sociale : il tient en vingt-cinq leçons dont trois sont consacrées à l'hygiène du nourrisson. C'est donc très peu de chose. Et puis, s'il faut en venir là, on coupera ailleurs. Place à l'essentiel ! Le docteur Thomas D. Wood, de l'Université Columhia, établissait, il y a quelques mois, devant

— sole National Council of Education^ ^ que, sur vingt-deux millions d'enfants qui fréquentent les écoles américaines, deux cent mille sont des arriérés au point de vue intellectuel et seize millions sont des malades. Il proposait, pour corriger cet état de choses et pour préserver la santé de la race qui est bien la richesse fondamentale d'un pays, de mettre entre les mains de J'instituteur un manuel d'hygiène. Il avait raison. L'École doit servir d'abord la Nation. ^

En faisant comprendre à tous les citoyens, dès leur bas âge, l'intérêt primordial de la conservation des forces humaines, on finira, avec le temps, par déterminer une action préventive de la part des autorités administratives qui, trop souvent, font montre d'une déplorable insouciance et d'une parcimonie injustifiée. Des municipalités inscrivent annuellement à leur budget une somme ridicule, à peine cent dollars, pour assurer le fonctionnement des services qui ont pour mission de protéger le nombre, de repousser les menaces de la maladie. Bien d'autres projets retiennent néanmoins l'attention et donnent lieu à de foi'ts déboursés. On construit pour les vivants; et l'on s'inquiète peu des morts. Il y a même des communes oii rien ne vit, si ce n'est le rentier : aucune initiative, aucun progrès, partout l'uniformité du néant. Ah ! s'il s'agissait d'une épidémie s'abattant sur le troupeau, d'un fléau menaçant la moisson, la torpeur cesserait aussitôt. On en parlerait, à la sortie de la messe. Il y aurait des réunions. On supplierait les gouvernements d'intervenir. Et des mesures radicales seraient prises pour sauver le bétail. S'agit-il même uniquement de le sauver? En ces temps difficiles, que n'a-t-on pa^ tenté pour promouvoir la production agricole et l'élevage des animaux de ferme ? Ce ne sont qu'incitations à développer le nombre des bœufs et des moutons, et d'autres

1 Washington Post, du 27 février 1918.

' Les médecins réunis en congrès, à Fraserville, ont admis que la question d'hygiène est d'abord une question d'éducation (Congrès des services sanitaires de la province, 1918). Ceux qui savent, et qui craignent parce qu'ils savent, ne feront pas de difficulté quand la loi commandera.

spécimens que le docteur Styles, bravant la discrétion» nomme en toutes lettres. Mais lorsqu'il est question de secourir les petits et de produire une race forte, une race d'hommes cette fois, tout s'effondre dans la plus silencieuse indifférence. ^ Le Gouvernement de la province a cependant donné l'exemple, en pleine guerre, en augmentant de vingt mille dollars les crédits affectés à l'hygiène publique. C'est un pas en avant. L'intérêt présuppose un placement de fonds, affirment les financiers. Quel intérêt vaut celui du peuple ? Plaçons notre capital national et nos épargnes sur la race. A l'échéance, quelque lointaine qu'elle soit, nous toucherons sûrement; nous toucherons en hommes, et c'est de la bonne monnaie, la plus productive, la seule vraie. Et puis, si les budgets sont obérés, plaçons encore sur le nombre. Créons des contribuables, c'est le meilleur moyen d'en sortir. ^

La responsabilité sociale

Si Ton cherche enfin la raison dernière de cet extraordinaire laisser aller, l'ultime explication de ce manque d'énergie et de cette placidité devant le danger qui envahit les nôtres et la mort qui se joue de nous, on rencontre ce que M. Emile Faguet a désigné du titre d'un de ses ouvrages : l'horreur des responsabilités, ou, si l'on préfère cet adoucissement, le défaut de sens social. Le docteur E. Gagnon à propos des Gouttes de lait, ^ le docteur C.-N. Valin à propos de l'hygiène,^ le docteur J.-E. Dubé

^ Les médecins ont souvent eu recours à ces comparaisons (docteurs Laberge, Corsin, Styles).

^ Le rapporteur du Bureau municipal d'hygiène remarque (p, 50 du rapport de 1916) que les sommes mises à la disposition des médecins hygiénistes sont insuffisantes. Il y a tant d' œuvres à subventionner ! Les Gouttes de lait, par exemple, doivent demander au public un surcroît de recettes assez considérable. La University Milk Station dépense annuellement 4,500 dollars et le Babies Clinic 1,650 dollars (docteur Styles).

* Compte-rendu de la première Conférence des Gouttes de lait (1913).

* Ouvrages cités (1915).

à propos de la tuberculose/ et d'autres encore, déplorent que la leçon des faits laisse indifférents ceux que l'avenir intéresse et qui sont la majorité. Le mal est plus profond, la difficulté à surmonter est plus grave que l'on ne pense ; et le point vital n'est pas tant de refaire les forces que de convaincre les esprits. Nous n'avons pas la foi. Encore ici, il faut enseigner. L'individu, la famille, la nation doivent se soumettre à des « idées-forces ».

L'individu se doit à la société. Trop souvent nous bornons à notre intérêt personnel notre effort quotidien. Il y a les autres. L'élite reçoit de ce chef une double fonction qu'elle ne sait pas accomplir. Elle reste sourde à « l'appel du devoir social » que M. Antonio Perrault vient de sonner au milieu de nous. Nos œuvres ne sont pas encouragées par une véritable sympathie, une attention suivie et instruite, une générosité empressée. C'est peut-être que l'individualisme envahissant, la poursuite de la seule fortune, un ombrage'uix besoin de liberté, une sorte de paresse sociale, fille de l'autre, ont empêché de se former chez nous une conscience collective. Nous venons de voir ce que cela nous vaut. Ne comptons pas que les seuls événements sauvegarderont notre avenir. Aidons-nous. Nous n'avons d'ailleurs, pour réussir, qu'à appliquer la Doctrine qui nous fut enseignée, dont l'harmonieuse unité confond tous les hommes dans le respect de la justice et l'amour du prochain, qui prêche avant tout la responsabilité, sans rejeter pour cela, quoi qu'on en ait dit, les sollicitations du plus pur progrès.

« L'objet de l'éducation, écrit Ferdinand Brunetière, est de substituer en tout homme le pouvoir agissant des mobiles sociaux. » Le sens social se formera dès l'école, dès le collège ou le couvent. ^ Il ne s'agit plus ici de programme ; et nulle crainte de surcharger les cours. Tout

1 Le Problème de la Tuberculose et la Classe dirigeante (1917).

2 Fadette : La Canadienne (L'Action française, de juillet 1918). Plusieurs couvents donnent déjà à nos jeunes filles une direction éclairée, et reconnaissent que, s'il sied de leur enseigner, par exemple, l'ornithologie, il ne faut pas oublier, comme on nous le disait un jour, qu'elles auront plus tard « d'autres oiseaux à soigner. »

doit contribuer à former un homme; tout, la religion, la philosophie, la littérature, les sciences. On peut même faire une leçon sociale à propos de mathématiques si, pour que deux et deux fassent quatre, il faut d'abord que deux et deux existent, — et c'est précisément ce que nous oublions, — ou si, pour recourir de nouveau à Ferdinand Brunetière, « on n'a pas vu d'addition qui soit diminuée par l'augmentation de l'un quelconque de ses termes, » — et c'est encore notre cas. Le difficile est de savoir faire servir tout à tout. Le sens social s'avivera sous la parole du maître et sous la caresse maternelle; il se confirmera, en quelque sorte, par une pratique quotidienne, si l'on a soin de faire comprendre par l'exemple, par des réunions scolaires, par des associations d'élèves, le bienfait de la coopération, la fécondité de la solidarité humaine. Il se développera plus tard dans une action sociale avertie si, encore à l'Université, l'étudiant déjà muni ne se désintéresse pas du sort de son voisin, s'il consent à ouvrir son âme, et si, dans les cercles d'étude ou dans les œuvres de charité, il exerce sa volonté vers le bien. ^

Conclusion

Enseignement de l'hygiène dès l'école primaire» formation du sens social dès l'enfance, et, pourrions-nouS ajouter, organisation plus méthodique de nos œuvres sociales avec le concours, plus recherché et rendu plus large, d'un secrétariat ou d'un office central, qui exist© déjà sous le nom de « Société catholique de protection et de renseignements », ^ laquelle a répandu tant de bien depuis sa fondation, voilà l'ensemble des mesures à prendre afin d'affermir ce que M. Etienne Lamy appelle « le premier des intérêts sociaux : la permanence de la race. » ^

^ Georges Goyau : Le Catholicisme social, 2ème vol.

^ Le premier rapport annuel de cette Société a été publié en 1917.

3 La population, voir les Annales, des 8 et 22 octobre, 5 et 19 novembre, 10 décembre 1916, 7 et 21 janvier 1917. M. Etienne Lamy a repris les mêmes idées dans la Revue des Deux-Mondes (1917) et dans un chapitre d'un ouvrage collectif : La Vie catholique dans la France contemporaine.

Toutes les initiatives durables ont d'abord germé dans le rêve obscur d'humbles ouvriers. Le temps a fait le reste; car les peuples ont pour eux le temps. Ils ont l'avenir, a^ant les générations pour années. Commençons dès ce jour à bâtir demain. Préservons la vie. Quand nous aurons la vie, nous l'ornerons d'une instruction jalousement surveillée, nourrie d'un sentiment commun source d'une volonté totale. Et quand nous posséderons ainsi et la science et la vie, nous aurons la puissance et la supériorité effectives. Qu'importe si ce sont nos petits-fils qui recueillent la moisson. Nous en serons par eux, et c'est sans doute la plus noble des consolations, la plus sainte des revanches.

On nous citait, il y a peu de temps, une très belle page d'un livre qui porte pour titre des mots qui synthétisent l'effort de la France militaire pour la victoire espérée : Vers la Voie glorieuse. Anatole France y décrit une petite ville dont le nom n'a pas d'intérêt, qui abrite sous sa modestie les vertus, les douleurs et les joies de ses fils nombreux. Elle parle à leur cœur et ils la reconnaissent. Ils l'ont toujours aimée : aujourd'hui, ils la défendent de leur sang. Nous nous faisions, en écoutant ces mots tomber des lèvres d'un soldat de France, le capitaine Fernand Baldensperger, ces deux réflexions. Pourquoi la littérature de notre pays ne s'efforcerait-elle pas de dire avec plus d'intensité les mérites de notre petite vie, où germent les mêmes sentiments, où se guérissent, dans la douceur du foyer, les mêmes défaillances? Pourquoi aussi ne compterions-nous pas voir jaillir de cette vie intérieure, précieusement conservée par un soin de tous les instants, la vérité de ces mots prononcés par la petite ville à l'oreille de ses enfants : « Apprenez de moi cette sainte espérance qui sauve la Patrie. »

Edouard Montpetit,

Professeur à l'Université Laval.

Imprimé au DEVOIR, 43, rue Saint- Vincent, Montréal

Table des matières

Page

Le nombre 3

Les effectifs 7

Le travail de la mort 9

L'atteinte du mal 11

Commencement de guérison 15

Les causes 17

Les remèdes 22

Li:s Gouttes de lait. 23

L'éducation nécessaire 28

La responsabilité sociale 31

Conclusion 33

'Paraîtra prochainement DANS LA

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