SCÈNE VI JULIEN, SIMONE
Voici mon affaire...
JULIEN, vivement, regardant si tout le monde est parti.
Oh ! non ; n'en parlons pas ! Tout ce que vous me demanderez est accordé d'avance ; alors ce n'est pas la peine... Mais, si vous croyez que je vais causer d'affaires avec vous, pour une fois que nous sommes seuls... Avez-vous reçu ma lettre, cet aprèsmidi ?
SIMONE
Mais oui.
JULIEN
Vous avez aussi reçu celle d'hier?
SIMONE
Aussi.
JULIEN
Et celle fl avant-hier ?
SIMONE
Egalement.
JULIEN
Et dans toutes ces lettres je vous dis que je vous aime... quand me répondrez-vous ?
Quand je serai sûre que vous m'aimez vraiment.
JULIEN
Qu'est-ce qu'il vous faut ?
SIMONE
Il me faut un peu moins de plaisanterie,
un peu moins d'ironie et un peu plus de sincérité .
JULIEN
L'ironie est une des formes de la sincérité.
SIMONE
Trouvez autre chose.
JULIEN
Alors, jusqu'à présent?...
SIMONE
Non, mon ami, non, ce n'était pas ça du tout!
JULIEN
Dame ! nous ne sommes jamais restés ensemble plus de trente ou quarante secondes.
SIMONE
Vous avez compté?
JULIEN
11 y a toujours vingt personnes autour de nous !
SLMONE
La foule est aussi une solitude. Qui a dit cela?
JULIEN
C'est un homme qui n'est jamais allé à un rendez-vous... Serez-vous chez vous demain dans l'après-midi ?
SIMONE
Non.
JULIEN
Serez vous ailleurs ?
SIMONE
Non plus.
JULIEN
Vous ne voudrez donc jamais... jamais ?
SIMONE
Ça dépendra... J'allais vous dire ([uemon ami Pétrel...
JULIEN
Hé ! je me moque bien de Pétrel ! . . . Pétrel le député ?
SIMONE
Oui.
JULIEN
Qu'est-ce qu'il veut ?
SIMONE
Il veut la succession de Bérain, qui vient de mourir.
JULIEN
Ah! oui.
SIMONE
Bérain, le directeur delà Compagnie des