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La Vendée en 1793

Testament politique, historique, philosophique ; à propos de la Vendée, je dis moo seutunent sur toutes choses.

Je fais mon livre àroccasion d*un autre, k 1 occasion d'un livre dont il y a longtemps que je connais Tautenr.

Cet auteur a conquis par mille efforts une grande position dans TEtat, dans la société, dans les lettres. Je suis obscur près de lui, mais je ne suis pas

humble.

En admirant la souplesse de son esprit, la fécondité de sa plume, j'ai témoigné bien des fois publiquement de mon antipathie pour ses opinions, pour sa marche dans les affaires, pour la tendance de ses

œuvres.

Nous sommes aux bouts opposés du diamètre.

Il était du Canapé, de celle coterie doctrinaire qui de si petite qu'elle éiaity si peu nombreuse» s'accrut, prit de rinfluence, se constitua à l'état de parti, s'é* leva au pouvoir, et fit dévier de son cours, troubla dans son orbite, T astre de la Patrie. .

Je vis ce parti au début, et je prédis son sort : intrigue, activité, succès, imnieuse crédit, fautes graves, danger pour le pays, prétention à toutes les gloires et chute complète avec les princes tonr-àtour flattés et accusés, avec lestrônessuccessivemcut soutenus, ébranlés, renversés.

La vie de cette secte, comme le jésuitisme, occupera une place dans notre histoire générale.

Jeresserremon plan.L'auteùrdont je parle attaque en ce moment même, avec violence, la Convention.

Dans les volumes de lui que j'ai sous les yeux, et qu'il vient de publier, il se montre amant passionné de la monarchie constitutionnelle, c'est-à-dire absolue, car il n'y en a pas d'autre ^

Il se déclare l'ennemi de la République et l'auxiliaire de MM. Véron et Cassàgnac, il se sert des mêmes armes.

Je ne le suivrai pas sur ce terrain, d'autres lui répondront, et les faits surtout lui répondront. L'auteut* est de la grande école du sophisme. Il

1 Cest erreur ou mcnsongè que de dirè qn'aiijourd*!mi en France on peul éiablir k Monarchie mixte on modérée. La Monardiie ne serait

que ce qu'on a vu qn'cîlc avait toujours été : un despotisme plus 00 moins déguisé, selon le caractère des rois ou des ministres.

maoie bien le faux. Il en fait jaillir mille étincelles.

Mais àquoi sert? lesfaitSy dis-je, révéleront assez de sou travail toute rimpuissance. Ils le réduiront à néant.

Ce travail si bourré d'arguments et de preuves est un anachroûiâme comme tous ceux de ce genre qui nous sont venus du Val Richer ou d'ailleurs, et que l'intérêt, la routine ou rainbitioii iiiuUiplienl.

On est surpris du nombre de gens nés de la Révohitioo et qui ne sont rien que par élle^ maîs qui la renienl pourtant et la trahissent.

Du fleuve des idées qui roule ses flots à travers les âges, ils ne voient que Técume. Ils la prennent, la ramassent et nous la jettent à la figure, à nous les hommes de la démocratie vulgaire comme ils nous appellent, comme ils traitent la nation, comme ils qualifient avec impertinence tout ce qui n*estpaseux, toute eette masse, toute cette multitude à leurs yeux vile qui veut le gouvernement de 92 et de 1848, et qui ne veut plus à aucun prix de la quadruple aristocratie des nobles, des prêtres, des bourgeois et de la banque.

lis n'auront pas raison, ils ne sortiront pas victorieux de la lutte par eux audacieusement engiigée, mais ils retarderont le progrès et feront bien du mal : c'est là leur joie.

IlsoubliciU le juste et le vrai. Ils font de l'apostasie par vanité, par goût. Sortis du peuple, ils détestent le peuple, ils se frottent les mains quand ils oui pu tourner quelqu une de ses positions et lui ravir quclqu*un de ses droits.

Ils vont lète levée, ils uni des châteaux, des carrosses, des titres, et iont des risées du patriote, du fidèle, du pauvre.

C'est une manie, une lèpre, un orgueil sordide, une avidité insatiable, une absence cruelle de toute moralité haute, de toute pudeur, un malheur affreux !

La France succombera-t-elle sous le poids de ces iniquités?

Non! elleyivra, mais il y aura encore des secousses

profondes.

Tous les forts nous échappent. Les sommités nous

quittent, tout ce qui monte et avance passe à l'ennemi.

Faites un maire, un juge, un député, vous faites

un insolent qui oublie le peuple et le lunge.

Et ceux de qui la fortune est issue du scrutin, ceux qu'a nourris la République, ceux qu'elle a faits ce qu'ils sont, qu'elle a tirés de la misère et de la boue, ceux-là, ceux-là ne veulent aujourd'hui, ne vantent, ne préconisent que la Monarchie; ils adorent ses abus, ses privilèges, ses castes.

Il leur faut, comme ils disent, un pouvoir fort !

Et qu'ils partagent!

Pouvoir fort! et qui toujours braule, cbancèle, croule !

N'importe, ils le replâtrent!

Us encensent ridiotl

de Biiranle s'est t'ait le secrétaire intime des insurgés.

Il donne sur la Vendée an volume de mémoires

sous le nom d'une femme, qu'il fait passer pour craintive^ humble, eflEnroucbée, mais qui se montre plutôt fière^ ardente, chevaleresque; une marquise charmaute, uue messagère ailée, portant des ordres, appelant le paysan aux ai*mes, le poussant au feu, applaudissant au brave, bafouant le poltron; une héroïne, chrétieune, qui ne mourra point!

Barante a pris les inspirations de cette nouvelle Clorinde; il a ouvert les cartons des royalistes, il a eu à sa disposition leurs portefeuilles, il a compulsé leurs registres, il a dégrossi leurs matériaux et il a

fait de tout cchi une œuvre ètincclaiite, piquaiUo, originale, qui séduit, eutraîoe, et qui iixe à jamais la couleur des récits où se pipe la foule; légende à laquelle, à moins de barbarie, d'hérésie, de jacobinisme, il faut, sur la guerre civile, ajouter foi ^

Eh bien! je suis jacobin, hérétique, barbare, car je combals ce livre, et je vais le démontrer faux sur des points essentiels qui sautent aux yeux.

Je ne vais pas mot par mot, ligne par ligne, je n'aurais pour ce redressement ni assez de constance ni assez d'art.

Je procède par Feusemble et je dis des vérités contraires aux siennes.

Les vérités de ce livre sont des énonnités qui me font beau jeu.

* Vai vu chez M. Quérard, directeur de La France littéraire, une iioti dans laquelle M. de Har inie se déclare le rédacteur des Méluuu ei» de M'" de LarocbejaqueieiD.

n fait de 1 année de Mayence une incendiaire. U iaii de Tannée de Mayeoce uoe prosUUiée.

n dit qoe cette brave armée a voulu ae veudre ! Et qu'une députaiiuu d'ofBciers et de soldats est venue s'offinrà rannée catholique!

Pour des millions !

Et que si on ne Ta pas aichetée, c'est qu'on n'avait pas d'argent liture.

Il fait de nos soldats de vils gredins^ et de leurs officiers des scélérats l

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