‹ La Vendée en 1793 (volume 2)Chapitre 11 sur 57 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Dans mon lifre sur les Volontaires , j'ai dit les commencements de la guerre de ta Vendée el donné les balai lit^ tlos mois de mars el d'avril.

Je reprends mon travail à partir de mai.

le lie les événements de Paris et de la France à ceux de l'Ouest.

La Fayette est en fuite ou plutôt à Olmuts. Cet astre si brillant s^est éclipsé. Homme de plus de cœur que de science , sa franchise fut son habileté; son nom, sa fortune, sa jeunesse le portèrent aux entreprises qui dccidùrcut du destin de sa vie. Il cherchait les aventures , les grandes, et il les trouva. Prenant un r61e actif dans deni révolutions, il fut Tami de Washington et de Franklin, l'ennemi de d'Orléans et de Mirabeau ; il ébranla le roi, fut antipathique à la reine, entama tout sans rien finir, voulut mener le

peuple et TAssemblée , et en fut débordé. L'année qu'il veut séduire lui rit au nez. S'il quitte rAmérique plein de gloire , il quitte la France plein do souci» de dépit, d'inquiétude, et part de Sédan pour aller expier ses fautes ou nourrir encore ses illusions dans un cachot.

Dumourjeï a trahi. U commença par riutrigue «

servit aux révolutions de Brabant et de Pologne, fut à Miort, en 91 , coDimandant de la 12' division militaire S se montra à Cherbourg en ingénieur habile pour fonder le port, aida puissamment àTorgaiiisation des volontaires qu'il ue tarda pas à redouter^ prit de l'importance , entra au ministère, trompa le roi, trompa le peuple, fil des prodiges dans TArgonne et en Belgique, eut réclut d*un héros et finit comme un roué.

Il pensa plus à lui qu'à la France, el périt k l'étranger sous le poids de sa honte.

Le duc de Chartres, qui était son aide-de-camp, Ta suivi à Bruxelles, rêvant une couronne.

Philippe-Égalité, après tant de saletés, de conces* sions et de fautes, est arrêté et euvujé a Marseille i>ous bonne escorte.

L'armée est en désordre, la frontière menacée.

La Gironde et la Montagne, eu appareuce unies

* A Niort, les lionnevra de sa maison éiaient faits |»ar H"" de San- ▼en, sa maîtresse, qu*il appelait sa cousine. J*ai vu à Paris ceUe

femme longleinps après; elle élaii encore fardée et intrigante.

jusqu'au 21 janvier, se divisent le 22 et se montrent

réchafaud.

En mai, aux premiers jours, la Gironde l'emporte t

La Vendée a grandi; ses limites étaient Nantes et la Loire, jusqu'à Chalonnes, puis le Layon, Tigné, Vihiers et Trémont, Argenton-le-Château et Breuil, firessuire et Âmaillou , la Gbàtaigneraye et Saint- Paul en Gastine, laCaillère, Saint-Cyr-en-Gats, la Réorthe, Saini-André-de-Mareuil, Giiouard, Saint- Gilesy Challans, laGarnache, Machecoul et Port- Saint-Père.

C'était là le pays de la rébellion, c'était là Tenceinte des {laroisses qui, spontanément et de premier jet, avaient résisté au tirage desréquisitionnaires.

Mais la révolte a pris de rextension, elle va jusqu'à Rochefort etlesPonts-de-Cé, Soulaine, Saint-Melaioe, Brissac, Doué. On a vu des Brigands jusrjiraLix portes d'Angers et de Saumur; ils menacent Thouars» Airvault, Parthenay , Fontenay , Luçon ; ils ont assiégé les Sables et comptent les prendre. Ils sont maîtres de Noirmoutiers y de Bonin, de Bourgneuf et de Poroic même; ils bloquent Paimbœuf.

Les paroisses de T insurrection primitive sont par eux regardées comme une possession fixe et légitime, tfest la Vendée royale et le pays chrétien.

Les communes occupées depuis la guerre et enlevées aux patriotes sont par eux traitées de terres emquises.

Autour de cette coQtrée où respire ia haioe de uos idéeSy de nos drapeaux, de nos lois, nous n'avons eu jusqu'à présent que peu de troupes de ligne, et tout Teffort s* est fait par les gardes nationales. Chaque district, chaque ville a fourni son armée, nommé son fjfénéral. C'est une émulation admirable; mais de la rapidité même du départ il naît une confusion qui nuit aux résultats : on se lève, on court, on se hatsans accord et sans règle. Des bataillons sortis d'Augers, de Saumur, de Niort, de La Rochelle, de Nantes, ont eu parfois de signalés avantages et souvent essuyé de sanglants revers.

Nos succès découragent moins les insurgés que ne les enhardissent nos défaites.

On les méprisa trop.

Il faut s'y reprendre et marcher contre eux avec

des précautions, des munitions, des forces.

Page 1