‹ La Vendée en 1793 (volume 2)Chapitre 15 sur 57 · XI.IT · texte numérisé non relu

XI.IT

J'ai suivi Choudieu dans sa carrière, dans ses actes, dans ses votes, et je Tai presque toujours approuvé.

Mais ici je me sépare de lui , et je déclare que l'opinion angevine, Topinion des meilleurs patriotes était contre Ben uyer. Tout en respectant son caractère on blâmait sa marcbe. Il n'avait pas la confiance des gardes civiques. 11 n'avait pas, disait-on, le feu sacré : « Qu il parte! qu'il parte! c'était là le cri public, « et qu'on nous donne des hommes de patriotisme et € de génie! »

Et, par souvenir encore, je suis de cet avis, de cet élan , de cette exigence.

Je me rappelle tous les faits comme si j'y étais eocore ; et ae vous y trompez pas : ce que Je nomme le smlJle révobuiomaîre, ce n*est pas le sans-culottisme.

Et le sans-culottisme y qu'est-ce? le savez-Tous? d*où vient ce mott du Ghamp-de-Mars !

D'uQ de DOS jours funestes!

Il fut un cri de rage et de détresse, une lâcheté

pour les uub, ua crime pour d'autres, uoe houle pour tous.

La cour raillait le peuple et jouait de sa misère.

Qui n'en jouait alors, qui ne se moquait de ses baillons, qui ne les traitait de guenilles et de loques, qui n'avait sur les lèvres le mot de canaille ^ qui

avait horreur de ces sans feu, saus pain, saus vestes, sans culottes! .

L*injure fut uu titre I

Et le peuple piqué, acceptant 1 épithète et repoussant le mépris, retourna contre la cour, la reine et le roi, ràcre ironie.

Lu 89, au mois de juillet, à rUôtel-de-Ville, le roi se sauva en prenant la cocarde.

En 92, enjum, aux Tuileries, ilsesauvaea mettant le bonnet rouge.

11 se serait sauvé encore au 10 août, en se faisant sans-culotte.

Le sans-culottisme est la vengeance du peuple et

la bassesse de la Gironde.

Tout masque est une làcbeté.

De Yergniaiid sans-culolte ou de Robespierre poudré, quel est le plus grand?

Tontes ces farces d'habit, ces cheveux gras, ces fantaisies de costume, ces déguisenieots et tous ces égarements d*une nation aigrie, n'arrêteront pas la flèche des idées.

L'outrage qui tue les rois ue tue pas les révo-

lutiODS.

Rien ne modère la révolution, neu ne Fentache, rien ne souille sa tunique.

C'est Tespoir, c'est le verbe, c'est l'arcbe. C'est la troisième époque, la troisième ère McNîise, Le Christ , 17891

révolution, c'est le genre humain redressé, réconcilié, saavé.

L'homme encore une lois secoue ses chaînes.

U a été humilié, vexé, conspué; il & été jeté et oublié dans le cul-de-bassc-fosse.

Il a été pendu, roué, écartelé pour des pigeons, des faisans , des lièvres.

Ou Ta réduit au pain, au son, à l'eau ; on l'a forcé de vendre sa vache pour acheter du sel.

On lui a dit : Tu seras soldat, tu verseras ton sang jusqu'à la dernière goutte, et jamais, jamais tu ne seras officier!

Tu paieras les commis , tu paieras les chevaux , tu paieras le sérail des rois.

Les princes te prendront ta femme, ta fille, ton

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fils, s'ils veulent; ils les déshonorerout, etsi tu dis : ouf! on te fera mourir souâ la bart.

C'est partout écrit, maïs on ne peut trop récrire.

Le mal fut ioog, Fexpiatiou sera longue.

Quinze siècles passèrent sur ces horreurs ; qu'il y ait aussi quinze siècles de joies!

Ahî c'est làpourquoi je suis révolutionnaire. Pourquoi je suis contre les nobles, les prêtres, les Vendéens.

Je plains le paysan et je le tue. Je tue le rebelle, Fimbécile, Tidiot qui s'arme contre nous, contre

lui-même !

Eh ! non, je ne le tue^pas, je suis comme Lescure, je n'ai tué personne. Je suis une idée.

Tout enfant j'ai suivi Tarmée; ensuite j'ai servi dans les coUmms mobiles^ et j'aurais pu tuer. J'en ai, dans vingt rencontres, été à même : je ne m'en suis pas soucié ; mais je criais avec tous : A bas les Brigands, à baslescagots, les tyrans, les féodaux» les dîmes , les hypocrites féroces et les ennemis insolents de la vérité I

Je n'ai pas changé, je suis le même. J'ai conquis des positioDs 'qu'on m'a volées. Je me suis sacrifié pour le peuple, et il n'a pas seulement su que j'existais. J'ai perdu mes emplois, mes rentes, et j'irai jusqu'au bout : Vive la République!

Tout ce qui instruit le peuple est de mon sujet.

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