‹ La Vendée en 1793 (volume 2)Chapitre 26 sur 57 · OBSBBTATIOKS SOI OR PLACARD · texte numérisé non relu

OBSBBTATIOKS SOI OR PLACARD

« Toul fiers d'avoir allumé la guerre civile dans

« ce département, nos bons et dévots aristocrates « foot les plaisants; ils épigramuiatisent contre les d prêtres coasiitationnels, passe encore : il vaut assu- € rément mieux faire des épigramiïies,nième détestaç bles, que ^d'égorger les gens comme ils font dans € nos campagnes.

« Ces messieurs viennet de placarder que la sœur «i de révêque Pelletier était marchande. Oà est donc ff le déshonneur? Fallait-il qu'elle fût prieure» cha- Cl noinesse du Parc-aux-Gerfs? Quelles idées de la c dignité d'une femme se font donc nos ennemis? ç rien ne les corrige; ils ne mettent jamais la vertu « que dans le titre; il faut cire de ^condition pour « qu'ils vous respectent. Us n'eurent que de Tencens ç pour les maîtresses des rois et même des gros abbés ; f ils n'ont que de la boue pour les femmes de bien Il qui élèvent leurs enfants des fruits d'un bon corn- € merce.

« La sœur.de notre évèqueaété bijoutière; mais « la femme de saint Pierre, à quoi s'occupait^^elle qu'à

« faire les filets d'un pêcheur, son mari? elle allait au «i marché de^^Jérusalem vendre du poisson, et qui f donc, en Fimitant» encourrait le blâme?

< Nos braves marchandes de bijoux, de mouchoirs, (i de pain et d'épicerie, de marée et de légumes, « même d'allumettes, ne sont-elles pas à cent piques

« au-dessus des catins de Trianon, au-dessus de tant

4c de marquises prostituées à des valets!

«Dubouix, Gibault, Loret, Gordier^ disent les « cafards, étaient des moines.

H Cela u est pas vrai.

a Ainsi que eet excellent Pelletier, noire évèi]ue, «les citoyens Dubouix, Loret et Cordier, étaient u chanoines réguliers. Tous les trois QOt été vic caires à Thouars, et les deux premiers, ainsi que « le prélat, étaient curés longtemps avant larévo- « lution.

« Quant au citoyen Gibault, il a été fait prêtre « séculier au séminaire de Poitiers en 1786, vicaire « à Louduu dans la même année , curé de Rablay en « 1788.

« Ces quatres citoyens ont fait leurs preuves de <c science et de conduite. Us ont occupé des chaires « d'enseignement , et s'ils voulaient ils feraient fort «justement valoir les services qu'ils ont rendus au « pays et à la jeunesse avant que la révolution ne fàt « éclose.

«Mais cette explication n'est donnée que [iiiur «faire apprécier la bassesse, la méchanceté, ia « lâcheté de nos adversaires.

« Loin de rougir d'avoir appartenu à des corps « que (par parenthèse) les aristocrates voudraient é bien ressusciter et qui certes fournirent jusqu'en « ces derniers temps des hommes recommandabies, « ils consentiraient volontiers à devenir carmes, cor- « deliers, capucins, minimes, et moines enfin, dans

« toute la force du froc, si les Brigands, les dévots,

« les réfractaires, juraient devant, Dieu de faire tout « au inonde pour devenir honnêtes gens! »

Les grenadiers pris le 20 avril par les Brigands ^, après une belle défense, à Boisgrolleau , étaient au nombre de 147, savoir : 65 de Saumur et 82 de Mon- Ireuil. Ils furent conduits à Ghollet, puis à Mortagne, et leurs familles déjà les pleuraient comme morts.

Ils vivaient l

Deux d'entre eux, Huguet et Frémery, furent dépêchés à Leygonnier, pour traiter d*uh échange de prisonniers. Le général ne pouvant prendre sur lui cette négociation, il les envoya à Saumur aux représentants du peuple, qui eux-mêmes en référèrent à la Convention. C'était le 1*' mai. Nulle réponse ne vint. Le 12, les deux grenadiers, qui avaient juré de retourner à Mortagne rendre réponse, quittèrent leurs femmes malgré des lamentations et des cris, ils s'arrachèrent à toutes leurs affections et allèrent se reconstituer prisonniers entre les mains de Lescure, deLarochejaquelein, de d'Elbée, qui, admirant leur courage, les mirent, pour récompense, eux et leurs camarades, en liberté.

Les capitaines seuls furent retenus ; Tribert et Galais ; tous deux d'une indomptable énergie, et qui embrassèrent leurs grenadiers sans qu'une larme leui^ vînt aux yeux.

* Rap[H;le£-vous la leiUr« de Berniyer, donnée plus haut.

Lettre de TUNCQ aux Adminisirateurs du départemeuL de

Maine- el-Loire.

« Angers, le ^^ m<ri 4793, l'an ii de la République»

« Citoyens administrateurs, « Employé dans l'armée des cAtes de La Roehelle *

« avec ordre du Conseil exécutif provisoire pour me « rendre sur-le-champ à Saumur, étant employé c avant dans Parmée des Pyrénées, mes chevaux « y sont restés. Il m'est impossible de les faire venir « dans le àioment. Pour que le service qui m*est € confié n*en souffre point, je vous prie de me faire «i remettre dans le jour le cheval pie qui avait été 4t prêté par le dépôt de Saumur à un ofBcier du ff bataillon du Finistère et qui lui a été retiré par u les ordres de Berruyer. 11 est resté jusqu'à ce jour € en votre pouvoir. Je le prendrai» à la chaire pour € moi d'en payer le montant ainsi que le général « Biron l'ordonnera.

« Auguste TUNCQ. »

Ce cheval pie avait été prêté à Tadjudant-général Viot, et le peuple d'Angers s'en amusait assez. La pie

passa à Tuiicq, qui ne la paya point.

Les chevaux étaient rares et chers. On prenait ceux des émigrés, ceux des nobles, des séquestrés, des curés déportés, des termes. Un grand nombre de chevaux avait la morve. Les soldats avaient la gale. Morve et gale aussi étaient dans Tarmée chrétienne. On manquait de pain, on manquait de fourrages: bêtes et gens mouraient de faim quand ce n'était pas de fatigue et de plomb. C'était un bizarre temps que ce leiïips d'héroïsme 1

GUAPiTRË DEUXIÈME.

Il IL JL JL 1 I I

Des troubles ont éclaté dans le Finistère. CaiK laux parvient k les apaiser. 11 rentre à Uennes, appreud que les rebelles font des progrès du c6té d'Aogers et veut les arrêter du côté de Nantes.

Il arrive à Nantes et tout de suite il écrit au général Dayat, qui commande à Fontenay, pour qn'il ait à seconder, dans les départements de la Vendée, les mouvements que vafaire Bcysser dans ledépartemeat de la Loire-Inférieure.

11 écrit particuliéremeut à I>oulaid qui est]dans le district des Sables-d'Olouue^ eu face des insurgés de la Basse- Vendée.

Beysser a sous ses ordres F adjudant-général Boisguyou, qui est de son caractère et fort de son goût. Il le charge volontiers des bonnes expéditions; mais

tous deux d'une rare présomption, ils ne réussissent

pas toujours dans leurs entreprises.

A les entendre, les rebelles ne sont que des troupeaux d'insensés dont quelques mois de battues bien faites débarrasseront le pays. Les leçons qu'ils oot reçues ne les font point revenir de ce jugement» En voici une encore, mais qui ne les rendra ni moins imprudents ni plus modestes.

Envoyé par Beysser contre Cbarette, Boisguyon écrit de Machecouî à la date du !*' mai.

Umi de Vadjudant-génénl BOISGUYON au génértl Boolard.

« Je vous ai écrit ce matin et je vous écris encore.

M II faut que mon avis vous pai vienne avant la nuit. « J'ai confié ma première lettre à un grenadier qui (• s'est déguisé pour arriver jusqu'à vous. Je donne « celle-ci à un s^endanne qui prendra le plus long, <c mais qui galopera pour vous joindre à Palluau et « dans quelque lieu que vous puissiez être.

« Nous appartenons à deux armées, mais nous « servons la même cause, nos troupes se touchent. « Nous sommes à Tavant-garde, vous des cAtes de i« La l-àochelle, moi des côtes de Brest, et je regrette « bien de n'avoir pu bier prendre Légé, comme j 'en « étais chargé , pour aller vous serrer la main et «t continuer avec vous la chasse aux rustres.

u Je suis parti de Macbecoul avec six cents bomi< mes, de la cavalerie et du canon. Je croyais pou- « voir m'emparer de Charelte et par cette capture • finir la guerre. J'ai eu d'abord l'avantage, et j*ai

TOn I. 9

« pénétré dans le village, liais il s'est trouvé que

t( l'ennemi avait dix fois plus de monde que moi; mis tt en fuite, il ne s* est pas déconcerté, il s'est rallié « au loin et il est revenu à la charge avec une telle « impétuosité que ma cavalerie a reculé, mou aiiila lerie trop engagée a été prise > il m'a fallu ordonner n la retraite^et je ne vous cache point quec*est plutôt « une déroute i{uc nous avons eue. 11 m'a été iniposa sible d'arrêter les fuyards. 11 me manque plus de (I cent hommes; tous ne sont pas tués. l'ai dû vous a avertir de cet échec, afin cjuc vous évitiez de vous « compromettre par quelque opération dont Légé <r serait le but et dans laquelle je ne serais pas à « même de vous soutenir. »

Lrii* de VfiRGNES, chef d'état-major de Caudaux, à Prieur de la G6(e-d*0r.

« Ce qui nous manque, c'est, non pas du cœur, « mais de l'ensemble. Je mets partout de l'ordre» et « partout le défaut d'expérience des chefs de postes (c déjoue les plans les mieux étudiés. Nous avons de « belles et bonnes gardes nationales » des troupes « résolues, des volontaires déterminés; maison perd « bien des forces par le mauvais emploi qu'on en c faity et puis, il m'est impossible de vous le cacher, € il y a dans l'ennemi une connaissance du pays, un « art de saisir en nous le défaut de la cuirasse, un « emportement dans l'attaque et une célérité à se

« soustraire k notre poursuite, qui fait que dans «c tous les engagements nous arrivons avec deux et

« quatre cbances coutraites sur une favorable.

> Dans une terre si couverte, avec tant de chemins « creux et si hérissés de haies, il faut, pour réussir, « des troupes légères, accoutumées au service des « tirailleurs y et très-fermes pour ne pas se laisser « étonner d'être souvent prises à ['improviste.

(I Euvoyez-nous de celles-là, et n'augmentez pas c tant le nombre des soldats que la qualité. »

« Salut et fraternité,

< VBRGNES. »

Vergnes est tout Topposé de Boisguyon. Il craint tout, Tautre ne craint rien.

Deux excès qui se retrouvent dans toutes nos affaires et qui causent nos déroutes, nos désastres, nos maux de tout genre.

Boisguyon, comme Beysser, va tète baissée et perd beaucoup d'hommes sans qu'il y ait au bout de bons résultats.

Vergnes se défie des troupes et ne peut les mener ainsi à la victoire.

Pour avoir des succès, il faut des généraux identifiés avec les corps, aimés d'eux, les aimant, ne risquant la mort des braves qu'à regret, pour un triomphe aussi sûr que peut Timaginer l'humaine prudence.

Sans ces grandes conditions vous avez des combats de fous, d'ambitieux, des combats de taureaux ! Défilés sans issue où le sang coule à flots , sans

espérance !

Lettre de GOUPILLIîAlJ (PIl-CIl-A.), commiss tlie à rarinéc républicaine de la Vendée, au Comité deSaiui Public.

c Au quartier général de PaUuau, 5 mat 471^3, • %• delà JUépvbUque,

« Citoyens mes amis,

« Jusqu'à présent]' ai chargé mou collègue Âuguis, « qui reste à Fonteoay^ de vous faire passer le jour- < nal de nos opérations. Je lui envoyais mes notes» « il lesjoigDaitaux sieoues et vous expédiait le tout^ « ce qui lui était facile^ puisque ses communications « avec Paris étaient libres, tandis que les nôtres ne <t Tétaient pas.

« Maintenant que nous commençons h. nous déga- « gerun peu, je vais correspondre directement avec « vous, et je vous serai obligé de me taire savoir si « vous recevez mes lettres, afin que je continue ou « que je cesse ces rapports, selon le succès.

n Boulard, qui a remplacé Marcé, est autrement « solide. Celui-là ne trahirapas. La division deTar- « mée qu'il commande est partie des Sables le « mai. Après avoir chassé (sans perte de notre part) Il les Brigands des postes qu'ils occupaient à La « Mothe-Achard, à Beaulien,à Aizenay, k PalUiuu, « elle n'avait plus qu'à s'emparer de Légé, pour « rendre absolument Khre la route de Nantes aux « Sables.

« Nous savions que ce poste était occupé par « huit milleBrigands, et qu'il n'était pas facile de

« les en déloger. Nous étions partis des Sables avec a trois mille hommes, mais Bouiard avait dû laisser « des garnisons dans tous les postes enlevés par lui,

« et il n'avait plus pour attaquer L^é que quatorze

« à quinze cents hommes.

« Boulard me dit:— Pour bien faire, il faudrait que « Tarmée nantaise, qui doit être à Macbecoul avec du « caocn, vînt prendre l'enuemi à revers, pendant « que je Tattaquerais de front. Le succès serait cer- « tain. Mais sans cela, j'aurai de la peine. —

« Je reconnus la justesse de ce raisonnement. « Mais ce fut bien autre chose quand, le jeudi 2 mai, « à deux heures du matin, nous apprîmes que « la veille un détachement de six cents honmies « aux ordres du citoyen Boisguyon avait seul, et sans « se concerter avec nous, marché droit sur Légé « avec une témérité coupable, et qu'il y avait essuyé « une déroute complète, laissant à Fennemi deux « canons de 4 avec leurs caissons et le chariot d'am- « bulauce.

« La surprise fut grande pour Boulard et pour « moi. Ce fâcheux événement , si imprévu , me « décide à partir sur-le-champ pour Macbecoul : <c Besiez id, générale, dis je à Boulard, ;e vais a//er « me concerter pour nous deux avec Beysser, a fin de « mettre plm d accord et d'ensemble dam nos opéra-- « tions* Je pars; je cours toute la nuit; j'arrive à « Macbecoul. Beysser n'y était pas. Il n'était pas « de retour de l'île de r^oirmoutiers qu'il venait de « soumettre ; mais je trouvai Canclaux, comman- « daiit parintéi iin rannée des Côtes.

« Pendant que j'étais avec Canclaux, nous eûmes « la nouvelle que les Brigands avaient attaqué Bou-

ce lard dans la matinée du 3. lis fondirent sur lui

ce avec quatre mille hoiunies, sur trois coloiiues; <c mais il les reçut de manière à ne pas leur donner «( enrie de continuer. Il leur tua une cinquantaine « d'hommes et les &t retourner d'où ils étaient « venu8«

« Canclaux me fit part de son plan d'attaque. Il « était fort bon. Je Tadoptai sans restriction. Tous « les corps de Tarmée des Sables et de celle de

« Nantes se devaient réunir. On devait prendre Légé a sur toutes ses faces, et ne pas laisser de retraite à « ceux qui Toccupaient* Quel que fût leur nombre, <i ils jouaient gros jeu. La partie me parut d'avance a gagnée, et je m'en revins vite trouver Boulard « avec les ordres qui le concernaient, T instruisant « de tout ce qui avaiL été décidé, de tout ce qu'il a devait faire, de tout ce qu'on Ituait îiilleurs. Jamais « expédition ne fut mieux combinée.

« C'est ce malin que nos troupes, de divers points, « se sont avancées, et qu^en quatre colonnes elles « ont marché sur Légé. Mais l'ennemi n'y était plus. « Cette nuit il a, siuis tambour ni trompette, quiué « la ville, et il s'est retiré selon toute apparence sur 0 Montaigu et au château de l'Oie. Ce sont là ses « lieux piiiicipaux de rassemblement. Nous nous y (< porterons, nous ne laisserons pas reposer Tenuemi, « et nous comptons bien, quoi qu'il fasse, lui enlever a ses ressources et rétablir les commuiiications de (« Nantes aux Sables, à Foutenay, a Niort, a La « Rochelle.

« Il ne faut pas se dissitiiuler qu'il y a dos précau- 0 tioDS à prendre. Le pays est fourré, les chemias € sont des fondrières. Chaque champ est une forte- « resse. Ajoutez que iiuus suiumes, avec nos batail- « lous, obligés de vivre chest des babilants dont les « trois quarts sont nos ennemis, et dont l'espionnage « sert merveilleusement ceux que nous avons à « débusquer et à combattre.

« Ils se disent tout entre eux et ne nous disent «rien. Ils cachent le blé, Tavoine, la paille. Nous

n'avons de nourriture pour nous et nos chevaux « qu'en criant^ menaçant et tuant. C'est triste.

« Une de nos divisions vient de chasser les rebelles « du poste de MareuiL Si elle parvient à s'emparer « de celui de laRoche-sur-Yon et qu'elle puisse faire a ainsi sa jonclion avec nous , nos moyens d'action «s'en accroîtront sensiblement, et nous serons d'au- « tant mieux assurés d'obtenir un succès notable et tt décisif sur cette horde de forcenés qui occupe depuis « trop longtemps ce misérable pays.

« Nous les prendrions par trois points différents : a la route de La Rochelle, la route des Sables, la a route de Nantes. Nous les forcerions à se replier sur « laLoire, où bientôt des troupes en nombre les rece- « vraieut, les battraient, les extermineraient et uous « délivreraient de ces scélérats.

« Des massacres de plus de cinq cents de nos bra- « ves, presque tous pères de famille, ont eu lieu kMa- « checoul le mois dernier. Cette plaie est saignante. <c Quatre veuves des citoyens compris dans ces tue-

«ries sont venues à Palluau me demander des

«secours. J ai cru devoir autoriser les adiuiuistra- « teurs de Ghallana à leur en donner d'alimentaires; «t c'est une mesure provisoire, jusqu'à ce qu'il y en « ait de générales. La Cuaveution, j'espère, ne désap- « prouvera pas un acte commandé par Thumanité. »

Lrttrk de BEYSSER à Boulard.

t Madiecoul, 6 mai.

« Le commandant Laborie du 4* de ligne était avec

« trois cents hommes près Saint-Colombin, au pont « Saint-James. 11 a été surpris avant le Jour par <t les rebelles et mis en fuite. II avait son drapeau et u un canon : tout est perdu; les officiers se sont lait « tuer y les soldats ont jeté leurs fusils; pas la moitié « n'est arrivée avec ses armes.

« Vous savez qu'à Légé nous n'avons laissé que « quatre à cinq cents hommes* Renforcez ce point, «envoyefry deux compagnies et tâchez, général, de « nous aider à tout réparer. »

ttnn de CANCLAUX à Boulard.

c Neanles, 7 mat.

<( Il était impossible de tenir à Légé : les troupes « de ce poste se sont repliées par mon ordre sur

«Machecoul.

« Attendons pour reprendre l'offensive que dts « plans d'ensemble soient arrêtés.

« Des postes disséminés, des colonnes éparses four- «r Dissent aux Brigands des occasions d'attaques où « les avantages qu'ils obtiennent les fortiflent dans « leur rébellion.

« SuspendoDS dos coups pour en porter de plus «sûrs. Nous garderons nos positions; gardez les « TÔtreSy et patience ; raidissons-nous contre le sort « et ne désespérons jamais de la République. »

AFFICHE placardée de miU àLuçon.

« Patriotes, vous êtes des moustres!

« Vous fusillez les prisonniers que tous faites et « vous ne craignez pas les représailles !

« Nous avons quatre mille des vôtres que nous « tenons à Tabbaye de Mortagne.

« A quoi tient-il que nous les fassions cribler par a la mitraille?

« Si, dans trois jours^ vous ne relâchez nos firères, « vous entendrez une détonation formidable, et ce a sera le juste châtimeut des scélémts que nous «( tenons en notre pouvoir et que nous avons eu la « faiblesse d'épargner, malgré les ordres venus du « ciel par la voix de ses ministres.

« . 7 mal 1793. »

Cette pièce n'est pas signée; mais on sait qu'elle vient du quartier-général de Royrand.

LiiTM du Vice- Président du district de Moitaigv ait citoycD Le Mauirier, à Angers.

« iVaalet,fe 7 0101 479S.

« Citoyen et ami,

«J'ai quitté Montaigu, la ville de l'ennui, pour

« venir à Nantes où je me ruine et ne m'amuse par tt conséquent pas beaucoup plus. Oix s amuse-t-on « par ce temps d'anxiété t Avouez que de naître h

« répoque des transitions n'est pas commode pour « des gens modérés comme nous.

« Monlaigu était peuplé ci-devaiit de soi-disaut «gentilshommes et de prêtres. La municipalité fit 0*7 a jamais eu que les plus mauvais principes.

«Nous étions, nous, du district, abandonnés à la

« merci d'un tas de vils aristocrates qui ne cessaient « de nous insulter» Nous avions la ressource de les « mépriser cordialement en revanche.

« Combien étions-nous de patriotes? dix sur cent, * « et j'exagère. Les prêtres , là comme ailleurs, perte dent tout. Us abusent les peuples, ils les fanatisent, « et quand ils les ont armés, ils rendent grâces au « Dieu tout-puissant qu'ils outragent.

« Les prêtres sont en ce pays d'une ignorance « crasse, et c'est par là qu'ils mènent si bien l'idiot « paysan. Ils s'entendent et sont aussi brutaux les « uns que les autres; mais il y a de tins matois qui « gouvernent cette multitude aveugle et qui nous . « pousseront tous à de grands malheurs.

« C'est déjà bien commencé. Le département a avait chassé des quarante-huit paroisses du dis- « trict les prêtres qui s'étaient refusés au serment , « que dis-je, chassé? L'arrêté était pris, mais non « exécuté. C'est quand nous avons voulu y tenir la « main que l'orage a grondé sur nos tètes. Tous les c( prêtres insermentés se cachent , disent la messe, « conservent la direction des familles, et ce sont les «assermentés bien plutôt qui doivent quitter le « pays, Nous en avions onze, mais l'un d'eux s'est

« rétracté; et les dix autres sont de vrais boucs émis^ a saires dont personne ne vent.

<( Uuc (iites-vous, cher concitoyen, d*un pareil « état de choses? Il fallait , dit-on, laisser les con- « sciences tranquilles; mais les consciences sont les « intérêts : les nobles et les prêtres s'en servent pour a créer des forces matérielles qui renversent nos « institutions politiques et rendent impraticable le « mécanisme administratif.

« Ce mécanisme est trop comphquë. Je Tai dit à « Angers , je Tai dit à Mantaigu , je le dis à Nantes. « J'ai vu de près ia manœuvre dans la Vendée et je « ne suis pas surpris de voir sombrer le navire. Je ne «t trouvais partout que des gens pour commander, et « point pour obéir. Cinq directeurs de département, « cinq directeurs pour chaque district, sans compter « les conseils généraux, puis les conseils et les nota- « bles des communes, mettez par-dessus des corn- « missatres nationaux, des commissaires civils, des « représentants du peuple, deux ou trois par dépar* « tement, deux ou trois par armée, et quelles armées! « à peine de quelques tmtaiUons pris de tous côtés , « point exercé, point disciplinés, avec des généraux « créés de la veille : qu'attendre, je vous le demande, m de bon d'un tel chaos ?

«r Les Brigands ne sont pas mieux réglés. Ils ont « tous Tamour du commandement. Us font les « princes, les rois, ils se détestent entre eux. Ils ont « formé à Châtillon un conseil supérieur qui fait des ^ ordonnances, mais qui n'a nulle force. C'est bien

« là ce qui faii que cette uisurrectiou ne peut « aller Ioin« En atteodant, elle fait un mal hor- « rible.

c< Tout est occupé par les rebelles. Montaiguesieu « leur pouvoir; c'est un de leurs gros repaires : ce «sont les prêtres qui leur en ont ouvert les portes. « Happelez-vous les vers de Cérulti :

« De tous les anlmau qai dévasteni le châinp»

« Le prêtre qui nous irompe est le plus malfaisant.

« On m'écrit qu'à La Rochelle^ vingt ol&ciers et «trente soldats émigrés, pris sur les cdtes d*Es* « pagne par un de nos liàLiments , et sortant du « régiment de la Marciie, viennent d*étre expédiés à « Paris, où on les jugera.

(( 11 Y a. six mois que je n*ai vu ma femme , et je ia a sais fort mécontente. Ëh! pourquoi? que servirait « que je fusse près d'elle? absent ou présent n'est-ce «pas toujours lu cuisse de chapon? Âh! mou ami, tLomniatrameantI

« Je me sub réfugié à Nantes, sans trop savoir ce u que j*y vas faire et quand je pourrai aller reprendre « mes fonctions. Montaigu est le plus méchant des « cantons du district. Croiries^vous qu'il n'a jamais « eu de garde nationale organisée. Il était en parant lysie quand nous étions là. Jugez de ce qu'il est « devenu depuis que les Brigands y ont leur quartier « général.

« Combien je regrette la ville d'Angers l Quel « bonheur j'y ai goûté ! Quand vous reverrai-je? Que « deviennent les frères Drouin, ces bons prêtres,

« constitutioDoels caux-làl Est-il vrai que Lap^;Qûn- « nîère est juge de paix? ob doue?

« Vos braves patriotes, savez-vous qui c'est? Vous « d'abord» puis vos amis ; Farrau» Berger^ Brouard, «Grille, Heurteloup, Goustard, Sartre, Letenae, « Villier. Oh I les dignes hommes ! el que de mal ils « se doDoent pour la chose publique I

« Dites mille choses honnêtes an citoyen Devil- « liers. Quel acteur et quel horomt* de bien ! qu'il m'a « fait de plaisir et que je regrette les soirées où il me <t faisait à part de si bonnes lectures I J'ai vu ici au a théâtre une de ses élèves, la jeune Ikliller, qui est « bien goûtée; il en sera charmé, ne manquez pus « de le lui apprendre.

« Mais je n'ai guère le cœur à la comédie; je ne « rêve que sang, qu'incendie, que bataille. Pour me « rendre à Nantes, il m'a fallu traverser des bandes « iéroces, et je crois encore entendre siiïler les balles « à mes oreilles. J'ai trouvé l'hospitalité chez les «Mangin, les Métois, les Petit-Pierre; mais f ai « l esprit sombre, et dites à Donas et à Marne que je « ne fais plus de vers et plus de châteaux !

a Je suis votre concitoyen et ami ,

« MlHSGAS. »

Cette lettre est sévère pour Montaigu. La ville, en

effet, fut bien mauvaise pour la révolution , tant qu'elle fut sous rinfluence des nobles et des prêtres. Mais elle secoua leur joi^ et devint une de celles où le patriotisme se montra le plus généreux jusqu'à la fin de la guerre.

Sou vieux cliâteau fui enlevé aux Brigands, el nos troupes en firent un boulevard noD-seulement contre les insurrections de 93, mais contre toutes celles qui se succédèrent.

J*ai vu Montaîgu en 1848. J*ai planté sur la place principale Tarbre de la liberté. J'ai entendu ses citoyens acclamer des premiers la république ; ses autorités, sa garde nationale, sa population, son clergé, firent preuve, en ma présence, desmeilleurs sentiments.

Les communes des environs, celle de Gugand surtout, s'associèrent à cet élan.

C'était plaisir que d'entendre ces voix unies entonner avec transport la MarseMaise,

Je saisis avec empressement Toccasion qui se présente de donner à tout ce pays un témoignage public de mon affection et de mon estime.

Lcms d*ÂUGUIS, représentant du peuple fiMicaù, aux administrateurs des Sables.

« Niort, le 8 mai 093» Ton u de la République.

« Citoyens administrateurs, « Une lettre que j'ai reçue hier de mon collègue « Goupilleau m'a annoncé le résultat de Tatlaque « combinée faite sur Légé. Cette ville est en notre « pouvoir, mais Thouars est tombée au pouvoir des « Brigands ; serrée de près par les rebelles, le diman- « che à sept heures du soir, et après avoir vu re- « pousser ses avant-postes, après avoir perdu deux u pièces de canon, elle s'est rendue, elle aouvert ses

« portes, la garnison est prisonnière, et les Brigands « l'ont désarmée, deshabillée et mise dans le château.

« Le combat a été courte c'est une honte ; plus de « trois mille fusils et seize pièces de cauou sont « tombés au pouvoir de rennemi : tel est le malheur « causé par la lâcheté de nos troupes, Timpéritie ou « la trahison du général auquel était confié le corn- « mandement de cette place*

« Vous demandez de la poudre et des boulets pour « vous défendre, en cas d attaque, jusqu à la mort. « Cest bien, je vous connais: j'écris aux administra- « teurs du département d'obtempérer à vos désirs »

Âuguis est laconique, raide, cassant dans ses rela* tiens ; il n'est pas £eivorable à la garnison de Thouars : je donne toutes les versions pour qu'on se fasse une idée des troubles de cette guerre.

Lnm de GOUPILI^ÂU à la CoDvenlioD.

■ • A La Mothe-Achardy le M mat, an n.

<c Les nouvelles sont bonnes et mauvaises. Jamais « tant de péripéties. Nion, Gaudin et Dumas vous « tiennent au courant des affaires de la côte \ je m'at- « tache aux luttes de 1* intérieur.

« Vous savez la déroute de Pont-Saint-James et « la retraite de Légé. Laborie commandait le premier « poste, et Prat le second.

« Laborie s'est laissé surprendre, mais Prat ne s'est « retiré que sur Tordre de Canclaux.

u Ën prenant sa route par Challaus, il a été vive- € ment harcelé parles rebelles; mais un détachement « de Boulard Ta aidé à gagner Machecoul.

« Le 1^ mai, Port-Saint-Père sur le lac «le Graïul- « Lieu était attaqué par Charelte; il n'y avait là que « quatre oents hommes de la ligne et des volootaires « de Nantes et de la Manche. Ces braves, par une «résistance opiniâtre, ont donné à Ganclaux le « temps d'arriver pour les dégager. L'ennemi a pris « la fuite à rapproche du renfort.

« Retourné à Légé, Gharette s'est disposé à cerner « et prendre Paliuau. Il a rassemblé des bandes à « la lioche sur-Yon, aux Clonseaux, a Belleville, et a menacé de brûler les paroisses qui ne répondraient €c pas à son appel, il s'est fait ainsi douze à quinze « mille hommes qu'il a !;mcés sur Boulard par trois « chemins : celui deLégé, celui de Saint-Christophe, <f celui du Poiré.

« Boulard, voyant ces coloiuies s'avancer, est sorti a à leur reucontre avec ses deux bataillons de Borde- « lais, ses troupes de ligne et son artillerie. Il a si « bien fait son plan, si bien posté ses pièces, si bien « électriséson monde, qu'en moins de quatre heures « il a battu les trois corps ennemis et a pu rentrer vie- « torieux dans ses logements.

« J'étais prés de lui et je le voyais agir avec « admiration. Il voulait se maintenir à Paliuau, et « j'étais de sou avis^ mais sur les deuiaudes près- « santés des autorités et des représentants des Sables, « nous sommes convenus de venir nous poster à « La Mothe-Acliard, où nous sommes arrivés après « avoir coupé derrière nous le pont de la Chapelle.

«r Boulard est un homme sa^e, expérimenté, brave;

« ii ne iiasarde et ue néglige rien ; il est simple, « modeste, ferme. Il a sous lui Baudry, qui com-

« mande une de ses colonnes, celle qui a tenu le «( paysdeBouin, deBeauvoir, jusqu'àChallans^etqui « s'est repliée aussi. Le colonel Baudi^y a du cœur^ « mais il est d'un caractère difficile, jaloux de Bon- « lard sans nier pourtantla valeur de son chef. Leurs « différends seraient funestes; leur accord est indisp- « i>ensable. Baudry a un frère qui est chef dansles re- « belles; mais s'ils se rencontraient, ils se tueraient. »

« Boulant commandait le 60* ré^ment ; c'est à la « défaite de Marcé qu'il a été , par ses camarades, « mis à la tète des troupes. Nous Tavons, moi et mes « collègues, fait général de brigade provisoire. Con- « firmez-le dans ce grade qu'il a cent fois mérité. « Avec deux à trois mille bommeS| depuis deux mois « il se tient au milieu de la Basse-Vendée , entouré « de bordes furieuses. Les soldats raiment, il obtient « d'eux qu'ils se battent sans piller. C'est un de nos « boucliers et tout vous le recommande*

« Salut et fraternité ,

« Pb.^..à. GOUPILLEAU. »

€ p. 8. Je suis beureux d'apprendre en fermant « ma lettre que le pouvoir exécutif a nommé déBni- « tivement Boulard général. Cette nouvelle fera plai- « sir h tous les patriotes. 9

Lbttii de CHARETTB h Bnckley, Gonmiaodani à La Roche-sur-Yon.

« i.^^, le 20 mai 1793.

< Monsieur ,

r( Vous demandez que je tienne mes promesses

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