‹ La Vendée en 1793 (volume 2)Chapitre 48 sur 57 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Le 13 juillet,Marat est tué à Paris à sept heures du soir, poDdaDt qu'il était au baia et qu'il corrigeait répreuve d'une de ses feuilles^.

Charlotte Corday, fille de noble race et girondiue, est venue exprès de Caen, déguisée en courrier, dit Chabot, pour frapper le manslre de son poignard vengeur.

Le monstre, c'est Charlotte, s'écrie un orateur de la section du Contrat SoeiaL 11 &ut inventer un nouveau supplice pour la punition de cette criminelle de lëse*vertu.

La section du Panthéon demande qu'après vingt

^ J*ti ^ cette ^leuf e dans le cttinet du colonel Moalin» an quartier SaînvYiclor» cabinet de cuiioflités réfolutioimaires, et qne Ledm- Rollin, étant mÎDistre, voulut acheter pour la Bibliothèque nationale, mais qni a été vendu à Tenchère et dispersé.

ans Maiat soil plaoè dans le leaiplc des héros de la Hépublique*

« Qu'il y entre tout de suite, crie-t-on de toutes

« parts : Tami du peuple a mérité des autels. »

La section des Marseillais (ci-devaDt du Thé&tre Français ) veut faire embaumer le corps de Harat et rexposertouràtour dans tous les départemenls, pour ranimer Tesprit d'égalilé qu'il prêchait avec tant de force.

La section lui fera élever un tombeau de gazon sous les arbres du Palais National, palais du peuple où il se plaisait à donner des leçons de république à ses concitoyens.

Le peintre et représentant David fait un rapport sur Marat, son caractère, sa vie politique et privée, les hommages à lui rendre. Il Ta fait exposer dans l'église des Ciordeliers, et jamais roi dans son cercueil n'eut plus de couroDues.

Le corps est placé dans la baignoire même qui Fa vu mourir.

La main de Marat est hors de Teau et il écrit encore sur le billot qui lui servait de table.

C'est dans cette position que David a trouvé son ami, le jour même du crime qui a privé la France d'un si grand citoyen.

Le peintre fera le portrait du grand homme et l'offrira aux regards de TuDiversettendri,

Marat était pauvre. Il se glorifiait de son indigenœ. n avait des dettes qu'il avait faites en travaillant pour le peuple.

Ces dettes seront payées par la nalioD. Od adity le croira-t-oo? que Marat lut soudoyé par put I

0 Girondins, c'est vous qui jetez cette bouc à l'idole du peuple.

Cest Brissot avili, qui accuse ManU tout layoïi-

aant d'amour du la patrie.

ÀiDsi parle David aux jours du meurtre, et il parlait de même, vingt ans après, jusque dans les salons de l'Empire!

La Convention nationale assistera tout entière aux funéFaillest

Charlotte, en entrant à F Abbaye, a dit d'un ton calme : € Mla tâche estremplie ; que les autres fassent le reste. »

Le 20 juillet, elle est guillotinée. Callet de Jouy la voit passer, allant sur la charrette à la place de

Révolution. Elle est belle et radieuse.

Cl.¥l

Wimpfen a pris un commandement dont il ne sait trop ce qu*i1 pourra foire. Les troupes qu'on lui promet n'arrivent pas, ou si elles arrivent, c'est par pelotons au lieu de bataillons.

11 n'y a pas là le fanatisme des Vendéens ^ il n'y a pas là l'enthousiasme des VoUmtairei.

La Gironde n'est plus qu'une fiction. C'est un foyer qui n'a plus que des cendres.

Wimpfen le voit trop. Il est à regret engagé dans un déûlé qui u a d'issue que la déroute et la honte.

Jl part pourtanl, ou lui eu fait uue loi, il sort du camp et se rend à E?reux.

Ou donne des fêtes à lui et aux siens. On simule des joies et des confiances que nul être éclairé ne

saurait avoir.

L'armée fédéraliste a deux divisions : Tune va sur

Vernouy Tautre sur Pacy ^.

Les rangs sont silencieux, les soldats sont morues,

les oliiciers vont à Venterrement.

Les troupes de la Convention s'annonceiit par des

cris : Vive la République! Vivo la République!

Ët la Marseillaise, et le Ça-ira / et le drapeau tricolore déployé sur les deux lignes I

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