CD II
Le 28 novembre 1 93 , deux grands placards furent affichés sur les murs de la ville d'Angers.
L'un sortait des bureaux de l'hôtel de Maquille, rue du Canal, où logeaient les représentants du peuple ; l'autre émanait du conseil général du département de Maine-et-Loire, qui en ce moment-là était aux Jacobins, ayant pris la place des tribunaux exceptionnels.
AftR&rÊ les Représeiilan'.s près l'année de l'Ouest.
« L'esclave des nobles et des prêtres menace nos «• murailles-, déjà les hordes fanatiques s'avancent et « semblent vouloir encore une fois insulter au patrio- « tisme des citoyens d'Angers. Ils croient peut-être c trou ver ici des âmes glacées par une terreur panique: « se flatteraient-ils d'y rencontrer des partisans? c Mais non, l'exemple de Granville est là, il a élcc- « trisé votre courage, il sera imité par vous : de Té- « nergie, et les projets de nos ennemis échoueront. « Ils trouveront ici, sous ces murs, une digue insurge mon table; de braves frères d'armes viennent de .( Hennés vous seconder. Tous ensemble nous parta-
« gerooftla fatigue et la gloire (finie belle résistance « el d'un triomphe certain. S'il en était autrement, « si de vils égoïstes,si deslâchesfuyaient ou refusaient « de combattre, un décret de la Convention a or- « donné que toutes les villes qui ouvriraient leurs « portes aux scélérats de la Vendée seraient traitées «< comme rebelles, rasées et incendiées. Les repré - « sentants du peuple qui ne cesseront d'animer par « leur présence et leur dévouement absolu à la cause « de la liberté les bons citoyens, les braves répu- « blicains, sauront faire exécuter toutes les mesures « dictées par le salut public.
« Ils arrêtent ce qui suit :
« 1° La ville d'Angers est mise en état de siège;
« 2 W Tout citoyen qui aurait quitté ses foyers de- « puis vingt-quatre heures, ou qui les quitterait sans ( mission, sera traité comme émigré; ses biens sert rout confisqués;
« 3° Tout citoyen qui ne se rendra pas au poste « qui lui aura été assigné sera réputé suspect et <« traité comme tel;
« 4° Toutes les femmes seront libres de sortir de « la ville.
« Fait à Angers, le 8 frimaire an II de la République française, « une et indivisible el impéritsable.