‹ La Vendée en 1793Chapitre 67 sur 88 · AVANTAGE MOMENTANÉ DES VENDÉENS · texte numérisé non relu

AVANTAGE MOMENTANÉ DES VENDÉENS

Le combat s'engagea très-sérieusement vers une heure après midi. Les Vendéens plièrent un moment, mais firent à leur tour reculer Tannée de Mayence. Ils la mirent en déroute complète et la poursuivirent avec une ardeur incroyable pendant une lieue et demie.

Le courage se ranima dans toute l'armée royale. Quelques-uns qui étaient en sabots les quittèrent afin de poursuivre les fuyards, laissant leurs canons plus de trois quarts de lieue derrière eux , ce qui occasionna leur perte.

Les Mayençais, pourchassés à outrance, se débandèrent, s'enfuirent où ils purent; les uns, par la route de Lucè, gagnèrent Challes, Parigné, le Château-du- Loir, le Lude; d'autres, par celle de Saint-Calais, allèrent à Ardenay et Boulaire ; d'autres enfin, à travers les landes, gagnèrent Moncé-en -Bélin et la grande route du Lude 1 .

Cette fuite précipitée répandit l'alarme, et fit croire pendant quelques heures que les Vendéens avaient remporté la victoire, d'autant mieux que la

1 Cotait la division Muller qui se débandait.

route de Saint-Calais était couverte de voitures remplies de monde et d'effets, et suivies par des bestiaux de toute espèce.

Dans ce canton, un homme de Caen, qui commandait un détachement de troupes républicaines placé à Parigné, envoya aux municipalités de SainMMarcla-Briùre , Saint-Denis-du-ïertre et Ardennay, un ordre, signé de lui, de couper tous les ponts, et uotammeut celui qui venait d'être construit sur le Narrais, petite rivière de la route d'Orléans qui tombe dans l'Huisne; mais les municipaux et agents des communes réunies refusèrent d'obéir à ces ordres par différentes raisons.

1° Il n'y avait pas d'apparence ou de possibilité que les Vendéens prissent cette route.

2° Quand même ils l'auraient prise, la coupure du pont ne les aurait pas empêchés de passer la rivière du Narrais, guéable en plusieurs endroits.

3° Ils craignaient, et à bon droit, que le pont une fois coupé ne fût pas de sitôt réparé, ce qui eût intercepté les communications avec Vendôme, Blois, Orléans, au grand préjudice des communes et de l'agriculture.

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