‹ La Vendée et MadameChapitre 20 sur 20 · PIÈCE JUSTIFICATIVE · texte numérisé non relu

PIÈCE JUSTIFICATIVE

Rapport du commandant George^ chef de bataillon du 39*

de ligne,

Glisson, le 15 juin 1832.

Mon GÉnéftàLy

Conformément à votre lettre de ce jour, j'ai l'honneur de vous adresser les détails des évènemens survenus dans mon batailloo, depuis le 5 juin jusqu'aujourd'hui.

Dans la nuit du 5 au 4» vers onze heures, une bande de chouans s*est présentée à la Chapelle^Basse-Mer, où. M. George, lientenaftt, qui avait été prévenu qu'il devait y avoir un rassemblement, avait envoyé un détachement de quarante hommes, commandé par le sous-lieutenant Rudent; les rebelles s'étant sauvés au qui vive qui fut crié sur eux, on fit dessus une décharge de quelques coups de fusil. Le nommé Simoneau , habitant de la Ghapelle-Basse-Mer , qui fut atteint d'une balle, mourut sur le coup ; on a su aussi qu'un autre individu, du même bourg, nommé Bedureau, avait été blessé.

M. George se rendit à la Chàppelîe-Basse-Mer avec

le reste de son inonde^ le 4 ^^ matin^ mais alqrs^ tout était terminé.

Le 4? à ^^P^ heures du matin, j'ai été prévenu que le. tocsin avait été sonné. dans les communes du Fallet, Monniëresy^ Maisdon et Saint-Lumine,.e^, quelles révoltés se réunissaient à Maisdon ; ayant fait rpconâaître la chose., )'ai fait partir la compagnie de grenadiers et la 2* compagoie du centre et quatre gendarmes, SQUS le , commandement de M. le capitaine des grenadiers Giam«irchi, avec ordre de cher,cher les re-. belles et de les attaquer vivement. Cette première colonne fut suivie de près par une seconde d'environ, cent hommes, qui arriva lorsque les brigands étaient déjà en fuite. . . .

Cette affaire vous et autidéfà connue, f ai pensé que ces détails vous sufi&raient ( un sergent de grenadier» fut Uessé en entrant à Maisdon}^ '

Les compagnies qui avaient été par votre ordre à Saint-Philibert, n'étant rentrées à Aigrefeuille que le 6, à dix heures du matin, je me mis en marche à onze heures avec mon détachement, passant par Maisdon où, d'après ce que j'avais appris, il y avait de la poudre chez le curé* En effet, lorsque jejcne suis présenté, il me fit remettre de bonne grâce environ trente-cinq livres de poudre, fine, de la chari>ie;et.des bandes, le tout renfermé dans deux sachets qu'il avait fait porter à un quart d'heure de chez lui dans la crainte d'être compromis, et qu'il a déclaré avoir été laissés dans

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sa oonr^ sans qu*îl puisse dire par qvn ( cette potidre

a été envoyée à Nantes ).

Le même Jour 6, dai^s la matinée. M, Pinson, aâ- {ndant^major , ayant appris que des rebelles se réunissaient à tn Pénisêière dé ta Cour, espèce de cbâtean dépendant de la commune de ia BernattUèn (Vendée), situé à une lieue et demie deClisson, et qtt*Hs avaient l'intention de désarmer la garde nationale du Cagan et de laBraffièrê , fit pi^rtir un détachement de qua-* rante-cinq hommes et deux gendarmes pour se porter vers Tendroit indiqué ; ce détachement c*étant pas assez fort pour cefner cette habitation à laquelle tient un jardin très-vaste, un gendarme fut dépêché pour demander du renfort : de suite on envoya d'au* tresdétaobements formant ensemble quatre^-vingt-dix hommes, et sains Tarrivée de M. Lesoenr Lenitqoi arait avec lui quarante hommes, le premier détache^ment aurait dû se retirer; car il arrivait de toutes parts des paysans armés qui ne s^arrètèreot que lorsqu'ils ont vu qu'il n'était plus temps pour agir.

C'est à mon arrivée à Glisson^ vers trois heures et demie de l'après-midi, que j'appris ce qui se passait; je ne pris que le temps nécessaire pour déposer les saes, et je me dirigeai au pas de course sur /« Péuis" tiére de ia Cotur, ob une funllade assez suivie était engagée ; on était déjà dans la cour et le jarcfin, et le feu avait été mis à une partie delà maison de laquelle on s'était approché par le moyen de plusieurs brèches

qii^on avait dû élablir pour moins exposer les hommes. Une partie des chouans, qui avaient cherché à se sauver pour échaf^er à ia flamme , ont été tués dans le jardin et dans la prairie voisine: quelques-uns sont parvenus à se sauver. D'après le recensement fait le lendemain des tués et briilés, une vingtaine ont été bien reconnus, et, à leur physique et à leur mise, ils paraissaient être en partie des personnes de marque ; on croit qu'il y avait un curé, car on a trouvé une soutane dans la maison. On n'est pas encore Ûxé sur le nombre qu'il pouvait y avoir dans cette maison; on croit cependant qu'ils étaient environ cinquante : on croit toujours qu'il y en a qui sont enterrés sous les décombres^ ce qui n'a pu être vérifié; car le feu brûle encore.

A mon arrivée à ce château, fe fis battre la charge, et les soldats, à l'envi l'un de l'autre, se précipitèrent dans l'intérieur de la maison ^ ce fut en ce moment que trois hommes furent tués par des chouans qui s'étaient réfufs^iés dans un endroit obscur. Alors le» soldats exaspérés, voyant l'impossibilité de se rendre maîtres de ces misérables, sans courir les plus grands dangers , ne purent être contenus , et en un instant * toute la maison était en feu. Ces brigands étaient tellement décidés, que pendant l'action ils ne cessèrent de crier : A mort ! Vm Henri V ! et ils sonnaient des airs pour appeler sans doute à leur secours.

Tous les militaires qui se trouvaient là ont tenu une conduite digne des plus grands éloges. On pourrait'

leur reprocher trop d*ardeur; c'est ce qui a été cause que tant d'hommes ont été mis hors 4e combat. Il y a eu dans cette affaire quatre tués et dix blessés, tous de mon bataillon.

Je dois cependant ne pas vous laisser ignorer que la gendannerie a montré le zèle et le courage désirables dans cette affaire.

La garde nationale de Glisson s'est également distinguée ce }our-là.

Le 8 , un détachement de soixante hommes, dont vingt gardes nationaux , partit d'Aigrefeuille, sous le commandement de M. Roch, capitaine de la garde nationale , comme localiste^ secondé par M. Croisilles, sous-lieutenant du régirent, se dirigeant sur le village de la Hautièrê , où l'on était informé que s'étaient réfugiés quelques cheli» de chouans, avec l'intention de former une nouvelle bande. Plusieurs individus ayant pris la fuite à l'approche de la troupe , on leur fit quelquesdécharges sans pouvoir en attendre. Le village ayant été cerné, un chouan fui aperçu par des grenadiers, qui coururent dessus pour l'arrêter. Fort heureusement , le coup qu'il tira ne blessa personne , et en un instant il fut percé de coups de baïonnettes. On présume que c'est un nommé Bascher *.

Cette affaire, sans être très-marquante, a du moins

empêché -un rassemblement de se former, et a eu

pour but d'inspirer la terreur dans le pays.

' C'était effectivement M. Bascher.

J^oubliais de vous dire , mon général, que le 5, M.Geoffroy, capitaine, qui commandait à Vallet, ayant été informé qu'il y avait une bande de chouans dans les environs de la Chapelie-Huliny y avait dirigé un détachement, :£u effet, quelques individus armés , qui fuyaient à toutes jambes, furent aperçus. Quelques honmies ayant été envoyés en tirailleurs, leur tirèrent une quinzaine de coups de fusils et deux chouans furent tués et un autre blessé. Le détachement , ne voyant plus personne , est rentré à Vallet. Quoique cette action soit peu importante, j'ai cru devoir vous en donner connaissance.

M. George , lieutenant ^ qui commandait au Loroux, n'a pas pris part aux affaires des 4 et 6; mais il ne travaillait pas moins de son côté. Je reçois une lettre de lui aujourd'hui» par laquelle il m'informe que, par son attitude imposante, ilest parvenu à empêcher les bandes de se grossir dans ces environs, et que, dans la nuit du' 1 3, il a arrêté MM. de Landemont et Landais-Gadiniëre, qui en ce moment doivent être dans les prisons de Nantes. Le premier, qui était le moteur de la révolte à Saint-Julien, a été saisi avec trois pistolets , un poignard et quelques balles de réserve ; le second avait fait partie de la bande de la Vincéndièrey et était chargé d'en diriger la marche.

Je vous avais rendu compte d'une prise de six chevaux ; dans la crainte que mon rapport ne vous ait pas été remis, je vais vous en donner de nouveau les détails.

46o LA VENDÉE )ST MADAME.

Ayant été informé^ le 8^ que des personaes inconnues s'étaient présentées à un métayer de la métairie La Setiière^ commune de Saint'Crépin ( Maine-et-Loire )f avec six chevaux, ea le priant de les mettre 4dans se» écuries ; que le oiétayer, dans la crainrté dé se compromettre , avait refasé de s*en charger, et qu^iis avaient été abandonnés dans un^àturage voisin de cette ferme, sans que lesdits inconnus eussent voulu dire à qui ils appartenaient; {'ai envoyé an détachement, commandé par un officier , qui en effet trouva les six chevaux, et me les amena à Glisson. Dans le nombre, j'ai cru avoir reconnu celui que M. Dudoré mqùtait lorsqu'il fut conduit à Nantes.

En rendant compte de cette prise au lieutenantgénéral SoitgnaC en même temps qci'à vous, f ai reçu l'ordre de les envoyer à Najates, où on m*a dit qu^ls avaient été placés avec ceux de la gendarmerie.

Je vous adresse la situation de mon bataillon et le rapport du 1 1 au i5 courant.

J'ai l'honneur d'être, avec le plus profond respect, Mon général 9

Votre très-humble et très-obéissant subordonné ,

Le chef de bataillon du 29% Gborge.

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