L'ABJURATION. — LE SUPPLICE. 1G
Cependant les Anglais s'impatientaient de ces longueurs 'quoique, au dire de Jean Massieu, entre l'abandon au bras séculier et la mort de la condamnée, il ne se soit pas écoulé plus d'une demi-heure). Les capitaines anglais criaient au confesseur : «Comment, prêtre, nous t'erez-vous dîner ici? » On les satisfit; le feu fut allumé. Elle ne cessait de répéter : « Jésus ! Jésus ! » en protestant qu'elle n'était ni hérétique ni schismatique. Comme Isambard de la Pierre et Martin Ladvenu' demeuraient près d'elle pendant que les flammes commençaient à s'élever, elle eut peur pour eux et les supplia de descendre, en les priant de tenir seulement la croix devant ses yeux. « Jusqu'à la fin, elle affirma que ses voix étaient de Dieu et qu'elles ne l'avaient pas trompée ; que ses révélations lui venaient de Dieu; que tout ce qu'elle avait fait, elle l'avait fait d'après l'ordre de Dieu*. »
Ainsi, quel que soit le texte et le sens du propos qu'on lui avait arraché le matin dans sa prison (en mettant à ce prix la joie de recevoir le corps de Jésus-Christ), il demeure certain, par des témoignag^es formels, qu'à la dernière heure, transportée par la vertu du sacrement et par l'approche du supplice, où la foi lui montra son triomphe, elle se ressaisit; elle vit les cieux s'ouvrir et justifia ses voix : « Non, mes voix ne m'ont pas trompée ! » A la lueur du