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de perfection, la voie du ciel la plus assurée et le rompait qui met une âme religieuse à l'abri de mille dangers.
Les Sœurs ne tardèrent pas à en faire l'expérience. La bonne Mère aimait à citer, parmi bien d'autres, le trait suivant, qui montrait comment l'observation rigoureuse d'un point de la Règle avait, sauvé la Communauté de Pont-Saint-Esprit du plus grand des dangers.
L'anecdote est ainsi racontée par sœur Sophie dans ses Mémoires :
•■ Un soir, vers les neuf heures, un individu, se disant domestique du couvent de Bourg-Saint-Andéol, vint frapper à la porte du couvent de Pont-Saint-Esprit. Il se disait porteur d'une lettre pressante de la Supérieure, et demandait instamment à parler à la directrice de l'établissement. Or, l'heure fixée par la Règle étant passée, la directrice, qui était sœur Présentine, refusa obstinément de faire ouvrir la porte, malgré toutes les instances et toutes les protestations. Le prétendu domestique, qui n'était en réalité que le chef d'une bande de libertins, voyant alors son coup manqué, éclata en injures grossières, que répétèrent ses camarades, et proféra ces horribles paroles : « Tu as bien fait de ne pas nous ouvrir : nous aurions vu si ta vertu et celle de tes compagnes étaient à l'épreuve. » En entendant ces mots, les pauvres Sœurs tombèrent à genoux et récitèrent avec ferveur une prière d'actions de grâce. »
Une fois de plus s'était vérifiée la parole que la sainte Supérieure aimait à redire à ses filles : « Gardez votre Règle, et votre Règle vous gardera. »
Les Règles de la Présentation de Marie sont comme l'épanouissement des Constitutions qui furent établies par la Vénérable Mère Rivier et M. Vernet, bénies au berceau de la Congrégation par Mgr d'Aviau du Bois de Sanzay, et approuvées en 1802 par Mgr de Chabot, évoque de Mende et de Viviers. Pour en donner une idée, disons un mot de la fin et de l'esprit de la Congrégation de la Présentation, de son organisation générale, de l'admission des sujets et des vœux de religion.
Les Sœurs de la Présentation de Marie, en se réunissant sous une Règle commune, ont eu pour première fin de s'aider mutuellement à leur propre sanctification et à devenir de vraies épouses de Jésus- Christ. C'est à cette même fin qu'elles prennent le nom de Sœurs, et qu'elles donnent à leur Supérieure le doux nom de Mère. Elles sont
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aiii-^i averties, à tous les instants, qu'elles ne forment toutes ensemble qu'une même famille, dont le chef invisible est Jésus-Christ, à qui seul elles doivent chercher à plaire.
La seconde fin qu'elles se proposent, c'est de se rendre dignes d'aider, selon leurs faibles moyens et sous l'autorité des pasteurs de ise, à établir dans les jeunes personnes de leur sexe le règne de Jésus-Christ. Leur vocation est donc d'instruire la jeunesse, cette portion si précieuse du troupeau de Jésus-Christ, et de la former à la science du salut bien plus qu'aux connaissances humaines. Leur vie doit être toute employée à cultiver ces jeunes plantes, à les redresser, à les détourner du vice, à leur faire goûter les douceurs de la vertu et à leur en faire prendre de bonne heure l'habitude.
Les Sœurs de la Présentation de Marie s'empresseront aussi de secourir les pauvres et de les visiter, quand ils seront malades, autant que le leur permettront la vigilance et les soins qu'elles doivent, avant tout, à leurs élèves.
Si, après avoir pourvu à toutes leurs charges, elles ont quelque superflu, les Constitutions leur demandent de le consacrer au soulagement des pauvres, et surtout des jeunes orphelines et autres petites filles délaissées par leurs parents. On le voit, le but des Sœurs de la Présentation n'est pas de thésauriser : nous pourrions en dire autant de toutes les Congrégations religieuses.
Enfin la Congrégation de la Présentation de Marie et tous ses membres, en particulier, font profession du respect le plus profond pour la personne sacrée du Souverain Pontife et pour son autorité suprême. Leur bonheur est de prier pour lui chaque jour et de diriger leurs pensées, leur langage et leur conduite conformément à ses instructions. Elles professent aussi le plus profond respect et la plus entière obéissance pour Nosseigneurs les Evèques, sous la juridiction de qui elles sont appelées à travailler.
La Congrégation des Sœurs de la Présentation de Marie comprend deux classes de religieuses : les unes, portant le titre de Sœurs de la Présentation, sont appliquées spécialement à l'enseignement ; les autres, désignées sous le nom de Sœurs de la Sainte-Famille ou de Sœurs converses, sont particulièrement appliquées au travail manuel. Mais les unes et les autres sont véritablement Sœurs d'une menu famille ; elles participent aux mêmes exercices religieux et, en maladie comme en santé, elles sont l'objet des mêmes prévenances et des mêmes soins.
Une Supérieure générale est chargée du gouvernement de toute la ition sous la dépendance des Supérieurs ecclésiastiques ; elle est aidée dans son administration par une Assistante, qui la supplée au besoin et qui veille à l'observation de la Règle à la Maison- Mère. Les Constitutions lui donnent aussi pour la seconder un Conseil permanent qui, chaque jour, lui apporte son concours et ses lumières. Aucune affaire importante ne peut être traitée sans l'avis du Conseil et, s'il s'agit d'une très grave décision à prendre, il faut que tous les membres soient présents, autant que possible.
De plus, tous les quatre ans, une Assemblée générale qui représente la Congrégation, se réunit sous la présidence de la Supérieure générale pour s'occuper des intérêts de l'Institut, signaler les abus qui auraient pu s'introduire et chercher les meilleurs moyens à prendre, soit pour les écarter, soit pour développer la vie religieuse dans les membres de la Congrégation.
Comme il a plu à la divine Providence de propager les établissements de la Présentation de Marie en plusieurs diocèses de France, en Suisse et au Canada, il faut aussi un lien qui unisse à la Maison- Mère les maisons les plus éloignées. Ce lien est formé par les Sœurs coadjutrices, autrement dites Sœurs provinciales, qui ont pour fonction de veiller sur l'arrondissement qui leur est confié, conformément aux instructions de la Supérieure générale. Elles doivent visiter, au moins une fois l'an, les écoles qui sont sous leur surveillance, s'assurer si les maîtresses observent exactement les Règles, si les élèves profitent, et en rendre compte à la Supérieure.
Après l'organisation du gouvernement de l'Institut, les Constitutions indiquent les conditions de l'admission des sujets.
Lorsqu'une jeune fille quitte le toit paternel et vient demander </ d'habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de sa vie », on n'exige d'elle ni les avantages de la naissance, ni ceux de la fortune. Famille honnête, jugement droit, volonté docile, santé suffisante, aptitude pour les fonctions qu'elle aura à remplir : voilà ce qu'on lui demande avant tout pour être admise à la Présentation.
Elle entre au Noviciat comme postulante, et là, sans engagements, sans promesses, encore vêtue de ses habits séculiers, elle étudie la vie de la Présentation et se forme peu à peu, sous une direction douce et forte, à la pratique des vertus religieuses. Si cette vie de dévoûment lui convient, et si la Congrégation la juge digne et capable de travailler à la gloire de Dieu dans son sein, on lui donne l'habit reli-