‹ La vénérable Marie RivierChapitre 189 sur 279 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

gieux. Fuis, onl'envoieen mission travailler dans un des établissements de la Congrégation, afin qu'on puisse la juger à l'œuvre, et aussi afin qu'elle-même puisse se rendre un compte plus exact des obligations qu'elle aura à remplir toute sa vie.

Après une épreuve suffisante, la novice revient à la Maison- Mère faire une année complète de noviciat, année précieuse que couronne le grand jour de la Profession, le jour où l'humble vierge, célébrant ses noces avec le divin époux de son âme, prononce les vœux de religion.

A l'origine de son Institut, la Vénérable Mère Rivier n'avait pas cru devoir imposer à ses compagnes l'obligation de faire des vœux. Les troubles de la Révolution et l'instabilité où l'on se trouvait alors justifient suffisamment cette conduite. La Vénérable Fondatrice se contenta de demander à ses filles de simples promesses, qui devaient leur tenir lieu des vœux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté. Dieu bénissait la Communauté naissante ! Ces promesses furent observées par les premières Sœurs avec une générosité comparable à celle des plus ferventes Communautés ; et, nous ne craignons pas de le dire, cette ferveur, grâce à Dieu, s'est conservée jusqu'à nos jours comme un héritage de famille.

Toutefois, ni la Vénérable Mère, ni M. Vernet, n'excluaient absolument les vœux, comme nous le voyons par leur correspondance. i Je vous ai fait observer plusieurs fois, écrit le bon Supérieur à la Vénérable Fondatrice le 5 novembre 1S21, que l'on sera forcé un jour d'en venir à faire faire des vœux. » On autorisa plusieurs religieuses, on les encouragea même à faire des vœux privés. «J'approuve très fort le vœu d'obéissance que vous avez fait à la fin de votre retraite », écrit à sœur Xavier la Servante de Dieu au mois d'avril 18 19, et M. Vernet, répondant à sœur Marie en 1818, lui dit : « Le renouvellement journalier de vos vœux est très bon. » Le désir de se lier plus intimement à Jésus-Christ et d'entrer plus pleinement dans l'esprit de la sainte Eglise, amena peu à peu un grand nombre de Sœurs de la Présentation à adopter cette pratique des vœux privés. Plusieurs d'entre elles demandaient même avec instance à faire des vœux perpétuels.

De là, à l'émission publique des vœux de religion, il n'y avait qu'un pas. Ce pas, on hésita longtemps par prudence à le faire ; on pria, on consulta des hommes expérimentés et surtout Nosseigneurs les évêques sous la juridiction desquels travaillent les religieuses de la Présentation de Marie.

LA VÊNI RABLE MARIE RIVIER.

fin, quand le moment de la Providence sembla venu, YAssemaprès avoir pris l'avis de toutes les Sœurs et avec la haute approbation de Mgr Bonnet, évêquede Viviers et Supérieur de la Maison-Mère, décida à l'unanimité que les trois vœux de religion seraient émis à l'avenir par toutes les Sœurs professes. C'est en 1892 que fut prise cette grave détermination, qui combla de joie la Congrégation entière, et ce fut le Ier juin, en la belle fête du Sacré-Cœur de s, l'an 1894, qu'eut lieu la première émission publique des vœux de religion, sous la présidence de Mgr Bonnet.

Toutefois, remarquons-le, la nouvelle professe ne prononce d'abord que des vœux temporaires : on veut lui laisser le temps de bien réfléchir avant qu'elle s'engage définitivement. Ce n'est qu'après quelques années de profession qu'on lui accordera, si elle le demande, l'autorisation de faire les vœux perpétuels.

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