‹ La vénérable Marie RivierChapitre 233 sur 279 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

porté en fouit- au Couvenl pour rendre un dernier hommage à celle qu'on appelait déjà la sainte Supérieure. Au moment de l'inhumation, les Sœurs ne purent, encore une fois, contenir leur émotion, les tèrent de nouveau, interrompant les prières liturgiques. Puis, par un mouvement spontané, toute la Communauté tomba à genoux et un religieux silence fit place aux cris de douleur. Plusieurs Saurs déclarèrent avoir reçu en ce moment comme une assurance intérieure que leur Mère jouissait déjeà de la gloire du ciel.

Dans toutes les paroisses où la Congrégation avait des établissements et dans les chapelles de plusieurs Communautés religieuses, des services funèbres furent célébrés. Les prêtres les annoncèrent dans des termes qui témoignaient de leur profonde vénération pour la regrettée Supérieure. « C'est une nouvelle sainte Chantai qui monte au ciel », avait écrit M. Géry le jour même de sa mort. Le digne curé de Salon ne craignit pas de s'écrier, du haut de la chaire : « La France a perdu sa sainte Thérèse ! » Les populations répondirent avec le plus grand empressement aux invitations de leurs pasteurs et des religieuses de la Présentation de Marie. A Largentière, la paroisse presque entière assista à la cérémonie, si bien que les fabriques et les magasins restèrent fermés comme aux jours de fêtes chômées. A Thueyts, lorsque le respectable curé annonça la douloureuse nouvelle, l'auditoire fondit en larmes. De pareils témoignages furent rendus à la mémoire de la Vénérable défunte à Viviers, à Villeneuve-de-Berg, à Millau, à Montpezat et dans beaucoup d'autres localités de l'Ardèche et des départements voisins.

De toutes parts on sollicitait la faveur d'obtenir quelque objet ayant appartenu à la sainte Fondatrice, quelque souvenir de ses funérailles, un peu de poussière de son tombeau. Bientôt des grâces nombreuses, obtenues par son invocation, vinrent confirmer la confiance populaire. Ainsi que devait le constater quelques années plus tard le Tribunal ecclésiastique spécialement institué à cet effet, la réputation de sainteté et d* intercession miraculetise (1), première condition requise pour l'introduction de la Cause de canonisation des saints, était désormais acquise à la Servante de Dieu.

1. On sait que le premier acte de la procédure dans la Cause de la canonisation d'un saint est une enquête sur la réputation de sainteté et de miracles, de fama sanctitalis et miraculorum. Cette enquête fut commencée en 1842 par Mgr Guibert, évêque de Viviers.

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