Vie de Madame Rivier, p
2. Introduction à la vie et aux vertus chrétiennes, chap. VIII, De la mortification et Catéchisme chrétien de la fie intérieure, lre partie, leçon V.
3. Lettre de S. G. Mgr Rey, évêque d'Annecy, à sœur Marie, assistante, du 2S février 1S3S. (Archives de la Jdaison-Jlére de Bourg-Saint-Andéol.)
lui faisait partager si vivement que leurs peines devenaient les siennes proj : aurait pu dire comme saint Paul : v< Quelle est celle de
fifre sans que je participe à sa souffrance ?» — « Si elle ût quelqu'une de ses filles, dit M. Hamon, s'inquiéter et s'alarmer pour les contradictions ou traverses qui survenaient, elle l'en reprenait en disant : i. Ce n'est pas là mon esprit. » Et quand elle les :t lâches à porter ces petites croix dont la vie est pleine : « Mon enfant, leur disait-elle, vous n'avez pas l'esprit de votre Mère, qui ne peut vivre sans croix et qui se croirait abandonnée de Dieu si elle n'en avait pas (i). »
L'esprit de la Mère Rivier ! C'est en vain, croyons-nous, qu'on essayerait de l'exprimer par telle ou telle formule particulière. Le seul esprit qu'elle ait voulu pour elle-même et pour son Institut, elle l'a dit sous mille formes, à chaque page de ses instructions, comme par chacun des actes de sa vie, c'est l'esprit de Jésus-Christ et de Jésus-Christ crucifié '2).
Ce n'est donc pas seulement aux personnes vouées à Dieu dans la vie religieuse, c'est à tout chrétien, c'est à tout homme que l'histoire de la Mère Rivier peut servir d'exemple. En l'écrivant, toutefois, nous avons eu plus spécialement en vue ces âmes privilégiées, appelées par une sainte vocation à glorifier Dieu, comme la Vénérable Mère, dans les œuvres de l'éducation de la jeunesse et du service des pauvres. Plus l'heure où nous sommes est, pour ces âmes, difficile et pleine d'angoisses, plus il nous a paru opportun de placer devant elles la grande figure de cette Religieuse qui, aux jours les plus troublés de notre histoire, forte dans les épreuves, prudente dans les difficultés, mortifiée dans sa conduite et juste envers tous, porta jusqu'à l'héroïsme, avec les vertus naturelles qui font les grands caractères, les vertus surnaturelles qui font les saints. Du haut du ciel, Marie Rivier, la femme apôtre, a le droit de redire à ces âmes ce que disait aux chrétiens deCorinthe le grand apôtre des Gentils : « Prenez-moi sans crainte pour modèle, parce que je n'ai eu moi-même d'autre modèle que Jésus-Christ [3). />