‹ La vénérable Marie RivierChapitre 3 sur 279 · HN · texte numérisé non relu

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LETTRE D'APPROBATION DE Mgr L'ÉVÊQUE DE VIVIERS.

Monsieur l'Abbé,

J E me réjouis de voir si heureusement terminée V œuvre que, sur l'indication de votre Vénéré Supérieur, f avais confiée à votre zèle et à votre talent. Elle justifie mes espérances ; elle répond à V attente des Filles spirituelles de la Mère Rivier, et donne pleine satisfaction à l'un des vœux les plus ardents et les plus légitimes de leur piété filiale.

Nous possédions déjà nne vie très édifiante, mais trop incomplète, de la Vénérable Fondatrice de la Présentation. Nous la devions à la plume si facile et si pieuse de M. Hamon.- Nous la devions plutôt à son cœur, car, écrite à la hâte et pour répondre, malgré d' accablants labeurs, à des sollicitations pressantes et peut-être indiscrètes, elle ne donne ni assez de relief, ni assez de vie à cette belle physio7iomie de sainte. C'est un croquis, ce n'est pas un tableau. L'auteur l'a reconnu ; il souhaitait qu'une main patiente et Jiabile reprît, après lui, le pinceau pour donner à son œuvre des co7itours mieux définis, des traits plus personnels et plus saillants, un cadre plus large et plus vrai, ce quelque chose d'achevé, de coloré, de vivant, qui donne, autant que le permet l'imperfection de l' art humain, F illusion d'une survivance. Il était dans les desseins de la Providence que la main, dont le digne M. Hamon appelait le concours, fut celle d'un de ses frères en religion. Dieu a voulu, — et nous l'en remercions, — que l'historien de la Mère Rivier fût un membre de cette Compagnie de Saint- Sulpice avec laquelle la communauté de la Présentation a, par ses origines et sa constitution, de si étroites affinités.

\ LETTRl 'ROBATl \ .

Ui de l". iphe est de se heurter à une

des faits, que ne rachètent pas toujours

suffi ' lot et la : du style. Ce ri est pas qu'il

dans un . de saint. La sainteté

distinction, le point culminant du mérite et de l'hon-

■ t pas. dans l'ordre moral, de plus liante ascen-

: il n'est pas, dans l'ordre surnaturel, de plus merveilleuse

transfiguration. Mais, pour atteindre ces sommets, pour

à ees divines splendeurs de la grâce et de la gloire,

combien d'âmes ont parcouru les mêmes sentiers, se sont

déchirées aux mêmes épines, se sont fatiguées aux mêmes

irs, se sont courbées sous les mêmes croix et ont accompli

sur le même Calvaire leur suprême immolation l Raconter

l'une après l'autre chacune de ces vies, c'est se répéter et

■être vulgaire. Étrange vulgarité que celle de l'héroisme,

de la beauté et de la grandeur ! Mais à contempler sans cesse

les plus hautes cimes et les plus ravissants spectacles, l'esprit

se lasse aussi bien que les yeux.

J 'ous ri aviez point à redouter cette fatigante monotonie ni ces sublimes vulgarités de la vertu et de la gloire.

Vous étiez en face d'une figure éminemment personnelle et d'autant plus attrayante qu'elle est plus 7iaturellement et plus saintement originale La figure de la Vénérable Marie ■cr est faite de contrastes, mais de contrastes harmonieux comme les tons divers, comme les sons graves et doux d'une parfaite mélodie ; ou bien comme ces bijoux, aux facettes étineelanles, dont les reflets multicolores se jouent, se mêlent et se combinent pour produire des miroitements enchanteurs. C'est ainsi que la Vénérable Servante de Dieu se montre, selon les occurrences, douce comme un agneau, ardente comme un apôtre, virile et intrépide comme un soldat. Elle est, selon les indications du devoir, grave jusqu'il l'austérité, aimable jusqu à f enjouement, simple jusqu'à la candeur, prudente jusqu à la défiance. A une réelle bonhomie, elle unit beaucoup d'esprit et une exquise finesse. Elle ri a pas cultivé les lettres, et il sort spontanément de ses lèvres des mots qui pénètrent comme un dard ou qui éblouissent comme un jet de lumière. D'un carac-

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