‹ La vénérable Marie RivierChapitre 64 sur 279 · CHAPITRE X. X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. X

par an ; et Louis Naud se porta fort, sur sa fortune personnelle, de l'exécution de cet engagement Un exprès fut aussitôt envoyé à Montpezat, pour en prévenir Mlle Rivier.

1 "rtait le 7 juin 1704. <« A cette nouvelle, M11'- Rivier se sentit intimement pressée d'aller à Thueyts ; elle céda à cette impression et partit (1). » — « Notre Vénérable Mère, dit sœur Caroline, nous a souvent]raconté que lorsqu'elle fut arrivée au haut de la Gravenne, et qu'elle aperçut le village de Thueyts, elle éprouva un grand combat intérieur. « La crainte, la joie, la tristesse, l'empressement, la répugnance, disait-elle, remplissaient tour à tour mon âme : mais une force irrésistible me poussait et me calmait en même temps. »

Arrivée à Thueyts, elle se rendit directement chez M. Pontanier; il entendit sa confession, s'entretint un moment avec elle, mais, à son grand étonnement, ne lui dit pas un mot de l'affaire qui l'avait amenée. Etant sortie, elle apprit bientôt, par la rencontre du frère même de M. Pontanier, que tout était rompu. Une violente opposition s'était déclarée dans le bourg. Les opposants avaient malheureusement à leur tête l'ancien seigneur, M. de Blou, lequel était d'avis d'attirer plutôt dans le bourg un instituteur marié, dont la femme ferait la classe aux petites filles, tandis que lui-même s'occuperait des garçons. D'autres personnes ne craignaient pas de mettre en avant la prétendue insuffisance de Marie Rivier au point de vue de l'instruction. Bref, le projet avait dû être abandonné.

Telles furent les nouvelles que Mlle Rivier donna à Rose Naud, en s'arrêtant chez elle, à son retour ; et, malgré les prières de celleci, qui lui offrit de la recevoir dans sa maison et de lui confier l'éducation de ses enfants, Marie Rivier résolut alors de se rendre sans retard aux invitations de son oncle. Elle voulut toutefois, en se rendant à La Bastide, passer à Largentière, où sa sœur Cécile était mariée.

La nouvelle de ce départ produisit un revirement dans l'opinion. Les partisans de la pieuse institutrice s'assemblèrent de nouveau, et, dès le lendemain, un exprès arriva à Largentière, la suppliant, au nom de ses amis, d'attendre au moins, chez sa sœur, un nouveau message, car tout espoir n'était pas perdu.

Thueyts. Elle demande l'autorisation de faire imprimer des billets de confiance, à concurrence de trois mille livres, moitié en billets de dix sols et moitié en billets de cinq sols. L'autorisation fut accordée. (Arch. de Privas.)

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