‹ La vénérable Marie RivierChapitre 7 sur 279 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En 1/8/, pendant que se formait le grand orage qui devait causer tant de ruines sur le sol de la France, une jeune fille de dix-huit ans, sans culture littéraire, sans appui humain, d'une santé si chétive quelle venait détre jugée incapable de remplir les devoirs de la vie religieuse, ouvrait une modeste école dans une petite ville du Vivarais.

En IJÇ2, à l'heure même oit paraissait la loi portant « suppression de toute corporation religieuse et de tout costume ecclésiastique )), cette humble fille s'adjoignit trois pauvres compagnes. Avec leur aide, elle fonda, autour de sa petite école, des œuvres de patronage pour les jeunes filles, d'assistance pour les pauvres et d instruction religieuse pour les mères de famille.

Quand le régime de la Terreur fit pénétrer l'épouvante jusque dans les contrées les plus éloignées de la capitale, tandis qu'au chef lieu du département de l ' Ardèche le sang des prêtres et des religieuses coulait sur l'échafaud, la courageuse institutrice, bravant toute menace et déjouant toute ruse, étendit le champ de son zèle dans les bourgs et les villages voisins.

Enfin, en 1 jç6, lorsque la Révolution triompka?ite crut couronner son œuvre en imposant à la France un culte sacrilège destiné à remplacer le christianisme aboli, la pieuse chrétienne mit le dernier sceau à son apostolique mission. En

xvi INTRODUCTION.

tare où Lareveillèrc-Icpcaux se prêts, au milieu de toutes les pompes tdue religion nouvelle de la tliéophilan-

>; entourée de quatre co))ipagnes

elle, fondait, à Thucyts en Vivarais, pour la gloire de Dieu et le du prochain, la Congrégation de

ilion de Marie, plus tard, le 21 novembre i/Ç/ (il y a exactement il, au moment ou nous écrivons ces lignes, un siècle jour pour jour), les nouvelles religieuses de la Présentation de Marx .ut d'un prêtre de Saint-Sulpice, expîtlsé de

son séminaire par la Révolution, le premier recueil de leurs çles et s'engagèrent solennellement à les observer. En 1802, quand la paix religieuse fut rendue à la France, l' Institut fondé par Marie Rivier comptait douse établissements, et, le 3 février iSjS, lorsque Dieu rappela à lui, pour la récompenser de ses travaux, sa fidèle Servante, elle laissait cent trente-sept maisons réparties dans douze diocèses de France et s étendant jusque dans la province de Savoie.

Au milieu de la tourmente révolutionnaire, la vaillante chrétienne ne s était pas contentée d'être une institutrice du peuple et une servante des pauvres. Elle s était montrée aussi, dans toute la force dune expression consacrée désormais par lise ( 1 ), tm apôtre de la foi. Au moment oit les prêtres, bannis ou persécutés, faisaient défaut, elle avait parcourit les campagnes à travers mille dangers. Réunissant les fidèles, faute d'églises, dans des granges et des greniers, elle avait déployé partout, par ses instructions publiques, par ses exhortations privées, par ses démarches auprès des pasteurs fidèles, qu'elle amenait au péril de sa vie au chevet des

1. Omnes partes apostolici muneris, quas sexus ferret, implebat. (S . Congrégation des Rites, Décret du ij juin /ù'/j.J

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