CHARLES LEBOSSË, LIBRAIRE-ÉDITEUR
ous ne possédons aucun détail biographique sur le compte de Jacques Du Fouilloux. Par une singularité qu'on rencontre trop souyent ^ dans l'histoire des lettres, pendant que les y^%r bibliophiles signalaient minutieusement les différeotes éditions qu'on a données de la Vénerie^ personne ne 3'oceupaiti]i3 Du Fouilloux. Le livre avait absorbé l'auteur. Aussi les plus minces ^4éments d'une notice biographique manquentils complètement aujourd'hui. La Biographie universelle consacre à peine; une colonne à Du Fouilloux et se borne à parler de la Vénerie, La BîMÎQthéqm historique et critique du Poitou], ne s'explique pas davantage sur le compte du célèbre chasseur. Elle s'applique à analyser et à commenter le i>€iôme de V Adolescence )oini à toutes les éditions de la yénerie. La BiUiothéque nous semble bien sévère pour cette œuvre de Du Fouilloux , et ne tient pas assez compte de la naïveté et de la simplicité qu'on y rencontre, qualités fort remarquables pour l'époque , quand on songe que Ronsard était alors dans toute la splendeur de sa gloire éphémère, el qu'il donnait le ton à la littérature.
On ne connaît même pas la date précise de la naissance de Du Fouilloux ; la Biographie univeneUe affirme / etcela ne la compromettra pas, qu'il est né au JLVI^ siècle. La Bibliothèque hietorique ei critique du Poitou le fait naître sous Henri II; ce qui est de tout point impossible. En effet, Henri II, monté sur le trôqe en 4547, mourut le 4 5 juillet 4 559 , douze ans après , des suites d'une blessure reçue dans un tournoi. La Vénerie fut publiée pour la première fois deux ans plus tard , en 4564 , et du rapprochement de ces dates il résulterait que Du Fouilloux aurait en , lorâ de l'apparition de son livre , quatorze ans! Ceci ne supporte pas la discussion. La Vénerie indique une certaine maturité de pensée , un remarquable talent d'observation , une longue expérience des choses de la chasse. En plusieurs endroits, l'auteur se met lui-même en scène ; il raconte ses exploits avec un peu de cette complaisance habituelle aux chasseurs, et nous ne croyons pas nous tromper beaucoup en sup posant que Du Fouilloux ne pouvait avoir , lorsque son livre fut publié^ moins de quarante ans.
Du reste, lui même semble venir en aide à notre hypothèse : son poème de VMh lescence, commence ainsi :
Pendant le temps que le noble François Faisait ployer la France sous ses loix , Tendre orphehn , sortant de la tétine , Transporté fus dehors de ma Gastine, Dans vn pays de bois et de rochers.
Il ne peut être question ici que de François l", monté sur le trône en 4545 et mort en 4547 ; il faut donc faire remonter la naissance de notre auteur , aux plus brillantes années du règne de François I«r , vers 4 520.
Ainsi Du Fouilloux naquit dans les vingt-cinq premières années du XVI« siècle , dans la partie du Poitou , qu'on appelle encore aujourd'hui la Gastine. Le lieu d'où il tirait son nom et dont il était seigneur, n'est occupé aujourd'hui ni par un château , ni par un village. La paroisse voisine s'appelle Saint-Florent-du-Fouilloux. Située à dix lieues environ de Poitiers, elle est le point le plus élevé des côtes du Poitou et se voit de fort loin en mer.
Sans doute Du Fouilloux , livré tout entier à cette joyeuse vie de gentilhonune campagnard qu'il vante si souvent dans son livre, ne s'éloigna guère de sa chère Gastine. Chasser , faire bonne chère , se livrer à de joyeuses folies , élever ses chiens, les dresser, étudier les habitudes, les mœurs des hostes de$ foreetê» telle dût être son existence.
Dans un livre fort curieux, h Moyen de parvenir ^ publié en 4640 par Beroalde
NOTICB. T
de Yerville, et attribué non sans raison à Rabdais, le nom de Du FouUIonx est deux fois cité , et tous les commentateurs pensent qu'il s'agit de Tauteur de la Vénerie.
Bien que lo premier de ces Jiassages soit de peu d'intérêt et n'ait qu'un rapport très indirect à notre auteur, nous croyons devoir le citer en entier :
Il y avoit un certain monsieur <)e La Tour , ministre en ce Poitou , lequel par hasard (comme le diable est subtil à séduire les enfants de Dieu!) , ayant avisé une belle femme qui ne lui appartenoit pas , et qui avoit père et mère , il la convoita , suivant Tintention du canon 17 du 1174* concile, qui démontre que la fille d'autrui n^est poiat; d//èndtie .* parquoi, il la besogna toute vive. (J'eusse pu dire': «oublia son devoir et sa charge , si que indûment, il Paccoutra naturellement , charnellement, et, comme vous pourriez dire, individuement, pour Tinstant de la conjonction réciproque'et mutuelle ; » mais je hais ces paraphrases. Il faut donner dedans : il commit adultère.) Ce qu'étant connu du consistoire, il fat corrigé et averti fraternellement, dont il ne tint compte, parce qu'il continua tellement, que le scandale fut grand , et fut passé par les consistoires, puis par le synode, et enfin déposé, comme un pot en tas -, et lors fut inventé le jeu au ministre dépouillé. La triste condition de M. Jacques de l^a Tour le mit presque au désespoir : toutefois, il eut meilleur cœur; il ne voulut pas se donner au diable après son âne , ni jeter le manche après les écourgécs, comme font les petits garçons qui fouettent le sabot ; mais s'avisa de trafiquer, et faire profiter si peu d'argent qu'il avoit de ses commodités passées. Il se mit donc à faire la marchandise; et, profitant un peu, il fut affriandé de venir aux foires. Ainsi il 'te trouva à celle de Fontenai, avec beaucoup de marchandises ; et , entre autres , grande quantité de lanternes. Nous y fûmes avec bonne et joyeuse troupe de gentilshommes du pays. Me promenant, j'aperçus ce marchand, et le considérai fort, pource qu'il m'étoit avis que je l'avois vu autre part. Je le dis aux autres, qui de même en pensoient comme moi. Ainsi que nous doutions , et le trouvions de bonne façon pour un lanternier , et que déjà nous nous étions entredit qu'il ressembloitau ministre déposé, il s'aperçut que nous le regardions. Alors approchant, Le Fouilloux * lui demanda : « Mon maître , mon ami , n'étes-vous point parent de ce ministre qui fut déposé à l'autre synode ? » Adoncques , sans s'émouvoir , il dit : « C'est mol qui suis celui que vous dites. — Et pourquoi , et comment est-il advenu qu'aujourd'hui vous êtes mar<;hand de lanternes? Ho, ho ! dit-il , et pourquoi non ? Je vous les ai autrefois préchées ; maintenant je vous les vends. » Cela fut cause que j'en achetai une^ pource qu'elle venoit de telle main. Il ne se peut qu'elle ne soit ou ne devienne lanterne cabalistique , ou archimistique.
L'autre passage qu'il est difficile de reproduire sans désigner certains mots autrement que par leurs initiales, est ainsi conçu :
Et ferois de nécessité vertu, comme le sieur Du Fouilloux, qui berça sa femme. Elle ctoit mauvaise, grondoit quand il venoit compagnie, rechignoit perpétuellement, et lui
Le lieu de k acène, k Fontemi-le^Cointe, en Poitou , permet de croire que c'ett le fameux cbaMeur Jncqaet 1)u Fouilloux, de Partheney, auteur de la Tenerie, tmilé sarant etnirieux, pliieieurt fois imprima ao seizihne stide.
8 NOTICB.
doBiimt tant et tant de toarment, qu'il ne savait où se mettre. A ia fin , il s'avisa d'an bon expédient. Il fit faire un berceau assex grand pour la mettre, et le fit porter en sa maison avec tout Tattelage ; amena aussi un prêtre , un greffier , et quelques siens amis , avec quatre crocheteurs , et six vezoux. Étant entré y il dit a sa femme : « Ça , ma mie, faites nous bonne chère ? — Allez , dit-elle , de par le diable , faire votre bonne chère d'où vous venez! Vous ne servez qu'à mettre tout sens dessus dessous. » Adonc il se mit en colère; au moins, le feignit^ et il la fit prendre toute brandie y lier et emmailloter , et coucher dans ce berceau ; puis, commanda aux portefaix de faire leur devoir de bien bercer ;
ce qu'ils firent.' Elle leur crachoit au nez , tempétoit : « Je veux p ! je veux c... ! p
Cétoit tout un ; ils n'en berçoient que mieux. Les vezouz disaient de la vase^ les gentilshommes dansoient petonlon les branles du Poitou « ! là , dit-il , mes amis y boutez ; écrivez, monsieur le greffier , les injures et opprobres, dont ma bonne femme m'honore. La la, ma mie , vous mourrez bien heureuse ; on ne dira pas que je vous aie tuée. ! que vous serez heureuse ! Mais arrêtez un peu , 6 bcrceux de paradis , afin que monsieur le chapelain la confesse? Confessez-vous , ma mie; vous' n'avez plus qu'une heure à vivre; j'ai pitié de votre âme ; je ne veux pas tout perdre. » Elle tempétoit plus fort et plus rudement On berçoit ; et vous en aurez! A la fin, elle pria de parler à son mari, qui, venu à elle, lui dit : Ma femme,- il n'y a plus de moyen de parler à moi; vous êtes prête à mourir; je vous pardonne, confessez-vous , afin que vous mouriez pénitente. Sus , sus, bercez toujours! Là, nobles berceux, çà, mes amis, vous ferez aller cette âme en paradis avec ce branle doux; jouez vos jeux, jouez ; et nous tous, dansons, de réjouissance de voir une si belle âme être prête du bon repos tant désiré. » La peur commençant à entrer dans la conscience de cette femme, vint aux supplications, qui à la fin furent si humbles et pleines de tant de protestations , que , le mari prié par ses amis, la dame fut délivrée; son mari la mit entre les mains des chirurgiens pour la saigner , à cause de l'appréhension qui l'avoit saisie; et dès lors, elle fut changée de tout point de son humeur fâcheuse.
Un savant distingué, M. Jér6me PichoD, président de la société des BMiophila FrançaUs à Tobligeance duqud nous devons de précieux renseignements bibliogra* phiques dont nous profiterons tout à Tbeure , pense avec nous que la première de ces anecdotes concerne Du Fouilloux. Pour la seconde, elle se trouvo avec quelques légères variantes dans les Séria de G. Bouchet, mais Du Fouilloux n'y est pas nommé. Cependant le joyeux chasseur était connu de Bouchot, qui a publié un Traité dis oiseaux de proie, intercalé dans la Fauconnerie de Franchières, qui accompagne presque toutes les éditions de la Vénerie. Si Du Fouilloux était Tinventeur du berceau matrimonial , s'il était le héros de cette aventure assez peu'spirituelle, pourquoi Bouchet qui la raconte avec une certaine complaisance, aurait-il caché le nom de notre auteur ?
Tallemant des Beaux, dans les notes de ses Hiêtoriettee, à Tacticle du Duc de Guise, cite le nom de Du Fouilloux à propos d'une anecdote d'une grande crudité. Mais il ne peut-être question que d'un parent du gentilhomme poitevin, lequel ne serait pas de la même province , puisque Tallemant le fait venir de la Saintonge.
On rctroave encore le nom de DuFouîUoux, dans la Bibliothèque des Théreuticographes de Lallomant. On y fait flgurer un M. Du Fonillonx dans un des ballets dansés A la cour de Louis XIV. L'auteur ajoute que « qui sera curieux de connaître la famille » -de M. Du Fouilloux, peut consulter Fart héraldique. » H n'existe qu'un ouvrage de ce titre et il ne contient aucune généalogie. Lallemant sans doute a voulu renvoyer le lecteur aux ouvrages relatifs à l'art héraldique.
Certains auteurs disent vaguement que Du Fouilloux mourut sous le règne de Charles IX. Du reste ils n'appuient cette supposition d'aucune preuve.
M. Pressac qui s'est livré à de longues recherches, pour établir ce point fort obscur de la biographie de notre auteur, rapporte un titre qui se trouve dans la collection de D. Fonteneau , et qui prouve que le 23 octobre 4575, Du Fouilloux était encore existant , puisque par son testament de ce jour , René d'Escoubleau le nomme son exécuteur testamentaire.
Charles IX est mort le 30 mai 1574, c'est donc dans l'intervalle de ces sept mois que Du Fouilloux aurait succombé. A cette date il aurait eu à peine soixante ans; M. Pressac ne pense pas qu'il en soit ainsi, et sans vouloir se livrer à une discussion de faits et de dates qui l'entraînerait trop loin , il se borne à établir que le 23 octobre 1573 , Du Fouilloux était encore en vie.
Là.s'an'ôtent les quelques vagues notions que nous possédions sur Du Fouilloux et sa famille. Elles sont, on le voit^ bien incomplètes et bien insuffisantes. A l'aide de conjectures habilement étayées, en entassant suppositions sur suppositions, peut-être arriverait-on à établir une hypothèse à peu près raisonnable, mais dont rien ne confirmerait la vraisemblance. De pareilles recherches seraient donc sans but comme sans résultat et nous n'essayerons même pas de nous y livrer. Nous préferons , cédant la place aux curieux renseignements que M. Jérôme Pichon nous a communiqués, nous borner à faire l'histoire biblic^raphique de la Vénerie. Ici, grâce à Tobligeance du savant président de la société des Btbliaphiles Français , les documents ne nous feront pas défaut.
La Yintrit fut publiée pour la première fois à Poitiers en \ 561 , par les de Marnefs et Bquchetz frères. Cette édition, dans le format in-f», contient la dédicace au roi Charles IX, les recettes et remèdes pour guérir les chiens malades, et de plus \ AMeKVMeii& l'auteur. Le privilège est daté d'Orléans , le 23 décembre 1560.
Dans cette édition, imprimée en caractères italiques, les tons de chasse ont été imprimés séparément sur de petites 4)andes de papier rapportées aux endroits con-
10 ifimcB.
venables et aa-dessons desquelles se troaveDt des lif^ies hêrisMitiles destinées à
recevoir les notes.
En 4562, les mêmes éditeurs publièrent une nonvelle édition in -40, imprimée aussi en lettres italiques, à l'exception de la Comjplainie du Cerf qui est en lettres rondes.
Dans sa Bibliatheea seriptorum venaiioorum^ Altenlmrgi s 4750, in-8<>, Kreisig indique une édition de Poitiers, 4564. M. Picbon a vu deux exemplaires de Tédilionde 4 562 , dans lesquelles le 2 du millésime avait été remplacé par un 4 fait à la phme. C'est probablement un exemplaire ainsi postdaté qui a causé Terreur de Kreisig. Peut-être cette falsification de la date est-elle due au caprice des possesseurs ou bien à une spéculation des éditeurs qui auraient essayé ainsi de renouveler leur édition.
Dans son Manwl du Libraire, M. Brunet signale une édition sans date qu'il met immédiatement après la première, et qui sauf la découverte qu'on pourrait faire d'une édition de 4567 ou de 4566, devrait plutôt être attribuée à l'année 4567. En effet la dédicace d'Enguilbert de Mamefz à F. du Fou, en date du 8 mars 4567 , qui se lit en tète du plus grand nombre des exemplaires de la Fauconnerie de Franchières de 4507', commençant par ces mots : Aprêf avoir imprimé ce$ jourt fouéi un traitidela Vénerie^ etc. , semble indiquer qu'une édition de Du Fouilloux (seul ouvrage de vénerie qu'ait imprimé de Mamefz) a dû paraître peu de temps avant; et c'est très probablement celle sans date, s'il n'y en a pas une datée de 4567.
Le Manuel n'indique aucun prix pour cette édition et c'est une preuve de son extrême rareté; on ne la trouve pas dans les catalogues si curieux de Lavallière, de Gaignat, de Mac-Cartby, Héon, Duriez, Bignon, comte de la B...., Pixérécourt, Nodier, etc. , etc. Les seuls exemplaires qui se soient présentés en vente publique à Paris depuis quinze ans, sont les deux de la bibliothèque Huzard. Un exemplaiie bien conservé avec belle reliure en maroquin, m\i à l'enchère dans la salle Silvestre, se vendrait plus cher que les œuvres complètes de Chateaubriant ou de Lamartine. *
En 4568, les premiers éditeurs de Du Fouilloux publièrent leur dernière édition de la Vénerie, Leur privilège expirait en 4570. On ne vit pas paraître d'autre édition avant 4575. Galliot Dupré, deuxième du nom , en donna alors une en y ajou tant un extrait de Phébus. Cette édition , qui présente de notables différences avec les précédentes, est très rare.
Au feuillet 448 commence YEpistre aux princei, $eigneur$ et genlikhommee de France , datée du 48 juin 4575, qui a été reproduite dans toutes les éditions postérieures, et qui n'est , sauf quelques changements nécessités par ce plagiat, qu'une copie de la préface du ifoduc de 4500.
' Note communiquée par M. PresMc , bibliothécaire-adjoint de la ville^de Poiticr».
An feuillet 449 est VEpiêtre en vers aux amateurs de Vénerie.
L^exécution typographique de cette édition est fort remarquable.
Par privilège du roi , daté de Paris, le \^^ mars 4585 , Abel L'Augelier et Félix te Manguier obtinrent la permission de publier les livres « intitulez la Vénerie de lacques Du Fouiîloux et la Fauconnerie de lean Des Franchiers^ etc., les susdicts Hures reueuz, corrigez, et de beaucoup augmentez. > Cette édition a servi de modèle' pour tontes les éditions postérieures. Elle contient d'assez notables augmentations au livre de Du Fouiiloux.
Le feuillet 440 porte : Âdjonctipns à la Vénerie de lacques Du Fouiiloux , contenans plusieurs traitez des Chasses du Loup^du Conil et du Lieure, non encorpar cy-detêant imprimez. Àuec pIfMieurs remèdes tres-vtiles^ etc, etc.
Malgré cette annonce, la Chasse du Loup, qui est celle de Jean de Clamorgan, avait déjà été imprimée plusieurs fois. La Chasse du Connin, qui contient une page, n'est que le chapitre 40 du livre VU de la Maison rustique , un peu augmenté (page 580 de l'édition de Lyon, 4586). Il n'est nullement parlé du Lièvre ; et les remèdes, extraits du livre d'un comte italien fort expert en l'art de la Vénerie, sont traduits de Carcano ( Tre libri degli uccelli da rapina, Venet Giolito^ 4568 in-^p^). Le Recueil des mots en Vart de Vénerie qui fait suite à ces divers emprunts, est lui-même emprunté à l'édition de Galliot Dupré en 4573.
Cette édition de 4585 a. de plus que les suivantes, VEpistre des Libraires à Umts Français amateurs de V exercice de la Chasse.
Toutes les éditions postérieures ont été faites sur celle-ci, et M. Pichon, qui noii3 en a donné la liste, a marqué d'un V celles qu'il a vues lui-même, et d'un K celles qui ne sont indiquées que par Kreisig, auteur souvent inexact.
PariS'. — L'Angelier. — 4604. — V.
Paris. — L'Angelier. — 4606.
Cette édition , bien exécutée, a cela de particulier qu'elle contient la chasse du loup de Jean de Clamorgan avec les figures qui se voyent dans les éditions séparées de cet ouvrage.
Paris. — — 4645.
Paris. — Chez la veuve Ab. L'Angelier. 4644. — V.
12 KOTICS.
Ordinairement joint an Fraochières de ^«07.
Paris. 4648.
Paris. — En la l)OUtique de L'Angdicr ,
chez Claude Cramoisy. 4621 . — V.
Paris. — Seb. Cramoisy. 4628. — V.
Ces trois dernières éditions et surtout celle de 4628 se trouvent facilement et sont mal exécutées.
A toutes ces éditions est joint un Franchières. Rarement il porte la même date que la Vénerie , et cette circonstance existe même daps les exemplaires de première reliure qui n'ont pu être falsifiés. Les éditions de 4583 , de 4621 et 4628 font exception.
Toutes ces éditions ont été faites Tune sur l'antre et presque toijyours page pour page. Dans celle de 4601 et les suivantes, la préface qui précède les extraits de Phebus est au v^ du feuillet 95, rempli par uq cul de-lampe dans 4585. La chasse (2u roy Phebus finit donc au r» du feuillet 409 au lieu du v» comme dans 4585, et le titre Àdjonctionê, etc., est au v^ du même feuillet. En outre, les derniers chapitres de lâchasse du Loup étant plus serrés, cette partie finit au feuillet 421 r^, au lieu que, dans 4 585, elle ne finit qu'à 4 22 r». Dans ces éditions il y a donc un feuillet de moins, et le Becueil des moUde Vénerie commence à la signature II.
C'est CD 4628 que Franchières fut réuni pour la dernière fois à Du Fonilloux. I..es Libraires qui publièrent encore la Vénerie de J. Du Fouilloux imaginèrent d'y joindre le Miroir de Fauconnerie de Pierre Harmont, dont Touvrage, infiniment moins volumineux que celui de Franchières et des trois autres fauconniers, devait être beau-' coup moins cher à imprimer.
La première de ces éditions fut donnée à Paris par le libraire Pierre Bilaine, rue Saint-Jacques, à la Bonne Foy, devant Saint-Yves, en 4654, in-A^.
M. Pichon a vu citer une de Paris. . 4655. * Il a vu aussi celle de Paris, P. David. 4640. Et celle de Rouen , Malassis. 4 650 .
M. Peignot a cité dans son dictionnaire biographique (Paris 4815, in'8o, 5 vol. ) d'après Lallcmant ( Bibliothèque historique et critique des Théreuticographes, Rouen, 4763 in 8W les éditions de Paris 4655, Rouen 4656 et Poitiers 4664 qui certainement n'existent pas.
La dernière édition de la Vénerie de Jacques Du Fouilloux fut imprimée en Aile
mOTICB. 13
magDC^ à Bayreoth en 4754 iQ-4s * C*est une réimpression de Tédition de Poitiers 1 568. Elle est ornée de figures gravées sur cuivre , dont quelques unes (surtout celles signées Koppel ) sont fort bien faites, et quelques autres médiocres. Cette édition^ . fort rare en France, étant rcmaTquabie sous plus d'un rapport , nous en donnons une description exacte d'après Fexemplaire de la bibliothèque du Roi , et bous la devons à l'obligeance de M. Pichon.
La [ Vénerie ] de [ Jacqves du Fovillovx] gentilhomme, seigneur dndit lieu, pays de Gastine [en Poitou] dediee av-roy treschrctien Charles [neuviesme de ce nom] auec plusieurs receptcs et remèdes pour guarir les chiens de [diuerses maladies. Plus] Tadolesccnce de l'antheur [avec privilège du Roy] à Poitiers par les de Marnefz et Bouchetz frères [4568. ] (Ici est une petite vignette sur cuivre, j Réimprimé à Dayreuth par Frédcric-Elie Dietzel, [Imprimeur de la Cour , de la Chancellerie et du collège Chretien-Ernestin '" [ 4754] .
Le vo du titre ne porte pas la gravure qui représente Du Fouillonx offrant son livre à Charles IX. C'est, je crois, la seule qui n'ait pas été imitée. Le r^ du feuillet qui suit, contient la dédicace au très chrestien roy , etc. , et le v<> le privilège donné aux Marnefz en 4560. Après ce feuillet commence le texte. H remplit 225 pages numérotées, sign. A à £E 4 r». Au feuillet EE 4 v^, commence la table de (sic] chapitres qui s'arrête au feuillet FF 2 r>. — Le v» est blanc.
Les figures sont comme dans les éditions françaises mêlées an texte, mais elles sont, ainsi que je l'ai dit plus haut, gravées sur cuivre. L'artiste n'a pas cherché à copier les gravures françaises, il s'est contenté de représenter les mêmes sujets, mais d'une manière toute différente, et il a habillé ses personnages à la mode du 48« siècle. Ainsi dans la figure de lâchasse au blaireau, le seigneur est eu cabriolet qu'il mène lui-même, et dans lequel il est seul (il est en charrette avec une paysanne dans la gravure française). Les bergères de l'adolescence ressemblent à celles de nos trumeaux et figiireraient fort bien dans un ouvrage de Florian. Le graveur nommé Koppel, en a signé quelques unes : j'ai vu la date de 4752 à plusieurs. On a donc été deux ans à préparer cette édition , que tout me fait supposer faite par ordre d'un margrave de Brandebourg, et qui doit avoir été tirée à petit nombre et seulement pour sa cour. Il est fâcheux qu'aucune note de l'imprimeur ne nous ait fixés sur ce point.
Je n'ai^u cette édition sur aucun catalogue français : le catalogue des livres imprimés en Allemagne depuis 4750 jusqu'en 4827 ne la cite pas, ce qui indique qu'elle est fort peu commune même en Allemagne.
'Jusqu'aux changemenls ÎDlrwluitspar la révolution française dans rorgautsation da corps germanique, cette ville était le chef-lieu d'ooe petite priiid|MoU^ du même nom. appartenant aux margraves de Brandebourg. Elle était située non loin de la Dobèinc. près Wurtzboni^ et Boinbcr;. Aujourd'hui elle bit partie du royaume de Bavii^v. cl renferme environ 1,4000 Imbitants.
" Collège fondé en 106 i par le nwrgwve Chrélien-Eme«t , dont U a pris le nom. Il était aussi comm sous le nom de GfftHnaMum Hltutre.
1 1 KoncK.
fiicQ imprimée et sar beau papier, elle doit être roeherchée à cause de ses flgores. Le texte a d*ailleors été conservé dans toute sa porcté. On ne peut, je le répète, attribner qu*à on prince, amateur éclairé de la chaise, cette édition dispendieuse donnée dans une petite ville au pied des montagnes de Bohème; quand, dans la patrie même de l'auteur, les anciennes éditions ne valaient pas six francs. Cet hommage rendu à la mémoire de notre Du Fouilloux, deux cents ans après sa mort, n'est pas oelui qui rhonore le moins.
L'Allemagne avait do reste apprécié de bonne heure le mérite de Jacques Du Fouilloux. Dès 4582, Sigismond Feyerabendt, célèbre libraire de Francfort, qai mérite toute sa célébrité , avait donné une luxueuse édition d'un ouvrage (composé par lui-même, associé à un docteur en droit nommé Jean Heller, et imprimé par Jean Feyerabendt son frère), qui n'était guère, au moins pour la partie qui traite de la Vénerie , qu'une traduction de celui de notre illustre veneur. Cet ouvrage intitulé Neuw jagd und weidwerck buch, etc. (Nouveau litre de Vénerie et de choite), est ia-t», et renferme un très grand nombre de fort belles figures gravées sur l|^is.
En 4590, le libraire Bernard Jobin, en donna à Strasbourg une traduction tout à fait avouée. Cette traduction de format inf** est bien exécutée, et à la fin se trouve une traduction de la chasse du loup de Jean de Clamorgan. Les gravures de Du Fouilloux sont bien faites, mais elles n'ont pas la finesse de celles du Neuw jagd und vDeidu>erek buek; quant à celles du Clamorgan, elles sont, pour la plus grande partie, les mêmes que celles du même ouvrage joint à la traduction allemande de la Maùon Ruetique^ faite par Sebizio et publiée en 4590 par le même imprimeur. 11 y en a cependant quelques unes de nouvelles.
Suivant Kreisig , cette traduction de Du Fouilloux aurait été réimprimée à Dessau , en 4720 et 4727, in fo. Lallcmaut parle d'une traduction allemande de 4509, mais je crois qu'il a confondu avec celle de 4590.
La Vénerie de Jacques Du Fouilloux a été aussi traduite en Italien. César Parona, auteur de cette traduction, la fit paraître à Milan en 4045, iii-S», chez le libraire Comi. Ce volume contient peu de figures et elles sont (rès médiocrement exécutées. Quelques catalogues donnent une édition de 4617, mais ce qui a fait croire à son existence, c'est qu'il y a des exemplaires de l'édition de 4045, dont on à falsifié le millésime.
«La bibliothèque de Poitiers* a acquis l'exemplaire de cette édition qui se trouvait à la vente Huzard. Sur la garde de cet exemplaire se trouve une note manuscrite, écrite de la main d'Uuzard, qui vient à l'appui de l'opinion exprimée pai* M. Pichon , et qu'on nous saura gré de transcrire ici :
' >'oU} uoinmauiquée inr M. PiVMac.
c J'ai un exemplaire de cette même édition sur la date duquel on a poussé un X • et deux I, en sorte qu'on peut y lire également MDCXV, HDCXVIT, Ml>CXXn. ■
t J'en ai vu un autre dont le titre avait été réimprimé sous la première date, sans
> autre changement que la vignette, qui, au lieu d'être le serpent des Visconti, était
> un pigeon sous un arbre. C'était un exemplaire incomplet auquel il manquait
> répitre dédicatoire et la pièce de vers qui la suit. >
t L'ex^nplaire , avec la date surchargée , fournira de nouvelles éditions ima- » ginaires à quelques bibliographes. Boehmer l'indique Milano^ 4644, in-S». »
« J^ publicité donnée à cette curieuse note empêchera celui, entre les mains duquel se trouve le volume signalé, de tomber dans cette erreur.
* Il ne faut pas croire que cette édition italienne reproduise toutes les figures de l'ouvrage français. On s'est contenté de copier, en les réduisant , celles qui représentent les différentes espèces de Chiens ; celles des Sangliers , du Lièvre , du Renard et du Blaireau; enfin on y a joint un Cerf. Quelques unes de ces sept ou huit planches sont répétées jusqu'à quatre ou cinq fois ; de sorte que le nombre des figures est en tout de 40.
• César Parona a borné sa traduction à la Vénerie seulement, et a laissé de cAté le poème de VAdoleêcence. »
Il nous resterait maintenant à parler de la réimpression en tète de laquelle se trouve la'présente notice. Il ne nous appartient pas de dire les soins que nous avons pris pour que notre publication ne fût pas indigne de l'illustre veneur, dont le nom, de nos jours, fait encore autorité en matière de chasse ; nous demandons seulement qu'on nous tienne compte des difficultés que présentent ces sortes de travaux exécutés sur des éditions incorrectes pour la plupart, et qui se contredisent entr'elles.
LA
DE lACQUES DV FOVILLOVX,
et autres dioers autheurs.
Rtmê, corrigée et augmentée de chasses non encores pur cg devani *
imprimées.
Par I. D. S. Gentil - homme P.
A ANGERS, CHARLES LEBOSSÉ; Libraire-Editeur,
Place da Balliement.