Chapitre X
fVAND les petis Chiens auront esté nourris deux mois ^sonbs la mère, et qu'on verra quMls mangeront bien , ^il les faut enuoyer aux villages en quelque beau ] lieu qui soit près des eaux , et loing de garennes : par ) ce que s'ils auoyent souffrette d'eaux , quand ils viendroienten leur force ils pourroyent estre subiets à la rage, à cause de leur sang qui seroit sec et ardant, où l'eau les nourrit et humectifie. Aussi s'ils estoient près des garennes , ils se pourroient rompre et efBlcr après les Connils. On les doit nourrir aux champs de laictages , de pain, et de toutes sortes de potages. Et faut entendre que la nourriture des villages leur est beaucoup meilleure que celle des boucheries : d'autant qu'ils ne sont point enfermez , et qu'ils sortent quand ils veulent pour aller paistre , et apprendre le train de la chasse : aussi qu'ils accousiument le froid , la pluye et tout mauuais temps , n'éstans subiets à courir au bestial priué , car ils sont nourris parmy eux ordinairement. Au contraire, s'ils estoient nourriz aux boucheries, le sang et la chair qu'ils mangeroient leur eschaufferoit le corps tellement, que quand ils seroient grans, et qu'on les feroit courir deux ou trois fois par temps de pluye , et ils se morfondoyent , ils ne faudront iamais à deuenir galleux , et seront subiets à la rage et à courir au bestial priué, à cause qu'ils en mangent le sang ordinairement aux boucheries, et n'apprennent à quester n'a chasser en sorte quelconque. Brief , ie ne vy iamais Chien faire bonne fin , estant nourry aux boucheries, et principalement pour chasser le Lieure.
VENERIE PAR