‹ La vénerie (volume 2)Chapitre 49 sur 62 · GASTON DE FOIX, SRIGNEVR · texte numérisé non relu

GASTON DE FOIX, SRIGNEVR

da Rù, Donne Salut.

STASS Pkehu au signe des poU$otu

Sdiarm H Mwrs a» signe du Lyon

Rtintifûrdex : de hors de leur maison,

Fatians des iMOUf eneor'vn millUnu l*uh [itpiier 0U signe des balances ,

Ma i -for luné en toutes cirtonsUin/ces , Voyant Venus en vu si§ne lernstre Auee Mercury, qui ne verni krre esirCf Si-non aus^ hons, quand il leur est propiûSf El fait fifir (om peehé et lomt vice.

Gaston de Foix, Seigneur du B» nommé, El d^orépluê qm Pigmalion, Qui fkl idole par lauipays renotmmé À Troye la grand, en ta lour du Lyon

Est-ey (Messieurs) qui duire$ sçtmoir Choses vlites, otplaisasUes àveoir, Prosent vous faict éa liurede Phebus ^ Qui monÊtreassês par beaux mots eniendns Comme on doilprendt^ amie CerfoulaBieke, El bestes , qui ne s'arresUnlà la gUsz Où Ton fUit loutpeeké et tout wee.

Et qui plus est, au vray considérer, Plusieurs beaux ieux sont faiets pourpassetemps , S'ils se iùuënt sane aueun mal penser, C'est 1res bien fait, ainsi que ie Venlens, » Mais en iouant, faut que le ieu soit beau , » Où Von ne pense, tant soit viel ou nouueau.

Or à ce ieu, qui est de Vénerie, On doil iouer Foy et Cheualerie.

louez y (MessieursJ ie vous prie :

Car fuir faut péché, et vilenie.

Attendant mieux.

Bb

VENERIE TAK

Du Rangier on Ranglier ^

et de sa nature*

I E Rangier est beste semblable au Cerf, et a sa teste diuerse» plus grande et cheuillée. Il porte bien qoâtre vingt cors, et aucuoesfois moins» seloa ce quil e^t } viel. Il a grande paumure dessus , comme le Cerf, fr>rs que les Endoillers de deuant, esquels sont pau- ^f. nies aussi. Quand on le chasse il fuit, à raison de la "^^^^rand charge qu'il a eu teste: mais après qu'il a couru vue longue espace de temps en faisans ses tours et frayant, il se met et accule contre vo arbre, à fin que rien ne luy puisse venir que deuant, et met sa teste contre terre. Et quand il est en tel estât, nul n'en oseroit approcher pour le prendre, à cause de la teste qui luy couure le. corps. Si on luy va par derrière, au lieu que les Cerfs frappent des Endoillers dessous , il frappe des ergots dessus , mais non si grand coup que fait le Cerf. Telles bestes font grand peur aux allans et Leuriers quand ils voyent sa diuerse teste. JLe Rangier n'est pas plus haut que vn Dain , mais il est plus espez et plus gros. Quand il leue sa teste en arrière, elle est plus grande que son corps d'entre sa teste. Il viande comme vn Cerf, ou vn Dain , et iette sa fumée en torches ou en plateaux. Il vit bien longuement. On le prent aux arcs^ aux rezeaux, aux lacs, aux fosses et autres engins. Il a plus grande venaison que n'a va Cerf en sa saison. Il visi en Rut après les Cerfs, comme font les Dains, et porte comme vue Biche , ppurce on le chasse.

La mamere de prendre le Rangier ou Ranglier.

,'j^ Yanb vn Veneur voudra chasser le Rangier, il Ue doit quérir en taillant de ses Chiens, et non pas le quester et laisser courir par son Limier par les forts ^bois, où il luy semblera que les bestès rousses font ^leur demeure : et là doit tendre des rets et hayes, selon ' les attours de la forest , et doit mener ses Limiers par les bois. Pource que le Rangier est pesante beste pour la teste grande et haute qu'il porte , peu de maislres et Veneurs le chassent à force , ne à Chiens de chasse «

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La chasse du Dain , et de toute sa nature.

|E Dain est assez cogneu pour estre de Tespece du Cerf. iVray est quMl n'a pas le poil tel , car il Ta plus blane» et 'sa teste est dîuerse. 11 est plus petite beste que le Cerf, ^etest plus graiid que le Gheureuil. Sa teste est paumée ^de longue paumure, et a plus de cors que celle du Cerf. Il a plus longue queue que le Cerf, et naist en la (in du mois de May. Il a toutes les manières de faire du Cerf, fors qu'il va plustost au Rut, et est plustost en la saison :car quand le Cerf a esté quinze iours au Rut, à.peine le Dain commence à s*eschauffer. On ne fait point de suite ne Limier au Dain , et ne va ou en queste comme au Cerf :' mais on le iuge par le pied. II iette ses fumées en diuerses manières selon le temps et les viandes, comme font les Cerfs, mais plus souuent en torches qu^autrement. Quand ils se sentent chassez des Chiens, ils tournent en leur pays, et ne font si longue fuilte que le Cerf: car il ressaut aux Chiens par plusieurs fois, et fuyent tousiours les voyes tant qu'ils peuuent et sur tout par le change, ils se font prendre es eaues. 11 bat les ruisseaux comme le Cerf, mais non pas si malicieusement. Aussi ne va-il en si grandes riuieres. Il va plustost de prin-saut que le Cerf, et Roye quand il est au Rut, non pas comme le Cerf, mais plus bas , en gargutant dedans sa greulle. Le Cerf et le Dain ne s'entr'aiment aucunement, car l'vn fuit l'autre en son repost. La chair du Dain est plus sauoureuse aux Chiens que celle du Cerf, ne celle du Cheureuil : et pource c'est mauuais change, quand on chasse le Cerf aux Chiens qui ont autre-fois mangé du Dain. Sa venaison est fort bonne , et se garde salée comme celle du Cerf. Les Dains demeurent volontiers en sec pays , accompagnez les vus des autres, hormis depuis le mois de May, iusques à la fin d'Aoust, esquels mois pour crainte qu'ils ont des mouches» ils prennent leurs buissons. Ils demeurent volontiers en haut pays, où y a vallées et petites montagnes.

Comme il faut prendre le Dam.

LE bon Veneur doit quérir le Dain auec quatre on six Chiens des plus sages qu'il ait : Et s'ils trouuent le lieu où il aura viande le matin , ou de releuée , ou la nuict , le Veneur les doit laisser faire » et mettre pied à terre 9 et garder qu'ils n'aillent le contre-^ongle.

Bb ij

VENERIE PAR Chasse du Boue sauuage.

L y a deux sortes de Boucs, les vos s'appellenl ^ Boucs sauuageSy et les autres Ysarus » aufxement

dils Sarris. Les Boucs sauuages sont aussi grands ^ qii'vD Cerf : mais ne soot si long , ne si enjamjbec

l>ar haut, ores qu ils ayent autant de chair. Us wt. ^"^-v >0<'"^^^^*"^^'^^ d'ans que de grosses rayes, ils ont au trauefs W^*^É^':ù^;^^^n^'^i^de leur conies^ et tout ainsi quVQ Cerf mei sa leste et ses cornes » ainsi font les Boucs leurs raye^ : toutesfois il^ ne. portent que leurs perches , lesquelles sont grosses conune la iambe d*vu homme, selon qu'ils sont vieils. Ils ne iettent point ny ne inuçn( leurs testes : et tant plus ils ont de rayes en leurs cors , et plus leurs cors sont longs et plus gros, tant plus viels sont les Boucs. Us ont grande barbe, et sont bruns, de poil de Loup et bien velus, et ont vne raye noire sur Teschine. et tout au long des fesses, et ont le ventre fauue» les iambes noires , et derrière fauue. Leurs pieds sont comme de$ autres Boucs prinez ou cheures. Leurs traces sont grosses et grandes et rondes plus que d'vn Cerf. Leurs os sont à l'adulant d'vn Bouc priué , et d'vne Chieure, fors qu'ils soot plus gros, ils naissent en May. La Biche sauuage ^faonne ainsi vne Biche, Chieure, ou Daine» mais elle n'a qu'vn Bouc à la fois, et Tallaicte ainsi que fait vne Chieure priuée* Les Boucs viuent d'herbes» de foings, comme tes autres bettes douces : Us iettent leurs fumées par torchées, et ce au commencement du nouueau temps , et après ils les remuent formées , ainsi que fait vn Cerf. On les iuge par les fumées quand elles sont en torches^ et aussi quand elle$ sont formées comme on fait vn Cerf :cncores que celles du Cerf ne soient.de telle manière : car elles retirent (quand elles sont formées) sur la forme des fumées d'vn Bouc ou d'vne Chieure priuée. Les Boucs vont au But eouiron la Toussaints, et demeumit vn Mois en leurs chaleurs : et- puis que leur But est passé» ils se mettent en. ordure et par ensemble, et descendent des hautes montaignes et rochers où ils auront demeuré tout l'esté, tant pour la neige que pour ce qu'ils ne trouuent dequoy viaoder là sus, non pas en vn pays plain, mais vont vers les pieds des montaignes quérir leur vie : et ainsi demeurent iusques vers Pasques , et lors ils remontent es plus hautes montaignes qu'ils trouuent , et chacun prend son buisson , ainsi que font les Cerfs. Les Cheures alors se départent des Boucs » et vont demeurer près des

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ruisseaux pour faonner et y demeurer tout le long de l'esté. Lors que les Boucs sont hors d'auec les Cbieures, attendans que le temps de leur Rut soit venu , ils courent sus aux gens et bestes , et se combattent entr^eux ainsi que les Cerfs , mais non de telle manière : car ils chantent plus laidement. Le Bouc blesse d\n coup qu'il donne , non pas du bout de la teste , mais du milieu, tellement qu'il rompt les bras *et enisées de ceux qu'il attaint. Et encores qu'il ne face point de playe : si est ce que s'il accule vn homme contre tu arbre ou contre terre , il le tuera. Le Bouc est de telle nature» que si vn homme quelque puissant et fort qu'il soit, le frappe d'vne barre de fer sur l'eschine, pour cela il ne baissera ne ployera l'eschine. Quand il est au Rut , il a le col gros à merueilles, voire est de telle nature que encores qu'il tombas^ de dix toises de haut, il ne se feroit aucun mal, et se tient aussi fermement sur vne roche que fait vn Chenal sur le sablon : Toutefois ils cheent aucunesfois de si haut pour la pasture qu'ils ont, qu'ils ne se peuuent soustenir sur les iambes , et alors ils donnent de leurs testés dans des roches , et par ce moyen guarissent.

Du Bouc , dit Ysarus au Sarrts.

E Bouc dit Ysarus est de pareille forme que le précèdent , et n'est guieres plus grand qu'vn Bouc priué. il 'est de pareille nature et vie que le Bouc sauuage : aucu- : nesfois se voulant gratter les cuisses, il si fourre si fort ' ses grrffes qu'il se met par ses fosses , et ne les peut retirer, par ce qu'elles sont reuirées : ainsi tombent et se rompent le col. Quand ils viennent de leur viande, ils vont demeurer aux roches, et gisent sur le plus dur des rochiers. Le fiel de chacun des deux Boucs est bon contre endurcissement de neriîs. Les grands Boucs s'aquierent trop de venaison , principalement par dedans. Les Chieures ont leurs cornes comme les Boucs de chacune nature, mais non pas si grandes. Les deux sortes de Boucs ont leurs gresle et saison et leur Rut comme le Cerf^ et ce enuîron la Toussaints , et lors on les doit chasser iusques à leur Rat, et pour ce qu'ils ne trouuent rien en hiuer, ils mangent les Pins et Sapins en bois , qui sont tousiours verds , et qui est leur refreschement. Leur peau est chaude quand elle est corroyée en bonne saison , car le froid ne la pluye la peuuent percer si le poil est dehors. Leur chair n'est pas trop saine : car elle engendre fieures , pour la grande

Bb iij

VENERIE PAR chaleur qui est en eux : toutes fois quaad ils sont en saison , leur Tenaisoa est bonne sallée à gens qui n*ont pas chair fresche, ne d'autre meilleure quand ils veulent.

Comme le Veneur doù faire aes prepwrmfs pour prendre le Boue, dk Yearm au Sarrù.

E temps conuenable k chasser au Bouc, dit Ysanis^ est enuiron la Toussaints, et doit le Veneur faire gésir la nûict (qu'il le voudra surprendre) es hautes montagnes et cabanes où les pasteurs couchent pour garder leur bestial : et si doit preuoir huict iours deuant, quels sont les faits des montagnes, les atlours , fuittes, d doit faire bayes, et tendre au deuant des roches où les Boucs se pourront guarentir, tout ainsi qu'il feroit au deuant. dVne riuiere pour vu Cerf: car c'est grand péril pour les Cniens que de saillir aual des roches Si le Veneur ne peut faire baye par tout le rocher, il doit mettre tous les gens qu'il aura au plus haut du rocher, et leur commander ielter des pierres, et tirer d'Arbalestes , à fin qu*ils n'en approchent : puis les doit quester et courre de son Limier (tout ainsi qu'on fait du Cerf) auec dix ou douze Chiens de meute, et tout au moins faire quatre relais : car quand les Chiens ont monté montagne pour la chaleur, ils ne peuuent quérir en auant, ne chasser aucunesfois pour la grande chaleur, le Bouc se va rendre aux petites riuieres , parquoy le Veneur doit là mettre relais , et ne se doit attendre à celuy qui laschera les Chiens qui le chassent : parce qu'ils voudroient chasser de trop loing , et par tant doiuent estre laissez tout de veuê comme Limiers. Il y a quelques Chiens qui sont ieunes, frais, reposez, qui ne laissent iamais le Bouc qu*ils ne luy soyent au cul: encore moins luy laissent battre les eaues, parla crainte qu'ils ont de le perdre. La chasse du Bouc n'est de grande maistrise , par ce qu'on ne peut accompagner ses Chiens , ne aller auec eux à pied ne à chenal.

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Chasse du Cheurewl.

^E Cheureuîl est besle assez commune , et aisée à chasser ,

'combien que peu de Veneurs sçachent sa nature.* Il va en

1 amour en Octobre» et dure son Rut enuiron quinze iours,

^et n'est qu*auec vue Cheurelle , et demeurent ensemble

masie et femelle comme oyseaux, attendant que leurs femelles ayent

fâonné. Et lors la femelle se départ du masIe, et va faonner bfen loing:

car le masIe tueroit le faon, s'il le couuoit. Et quand il est grand , qu'il

peut manger des herbes » de la fueille et fuir : alors la Cheurelle

se racompagne auec le masle : et qui ne les chassera et tuera , tousiours

se rassembleront plus tost qu'ils pourront. La cause ponrquoy ils sont

tousiours ensemble » et ce au contraire des autres bestes : et pource

coastumierement vue Cheurelle porte deux faons , masle et femelle :

et quand ils sont nez ensemble, tousiours se tiennent ensemble. Il s'est

yeu Cheurelle qui auoit cinq faons dedans le corps. Si tost qu'ils

sont retraits du Rut, ils iettent leurs testes , car peu d'iceux ayans passé

deux ans faillent à muer à la Toussaints : puis ils refont leurs testes

velues ainsi que le Cerf, et froyent en Mars communément. Il n'y a

point de saison à chasser le Cheureuil, car il ne portent venaison. On

doit laisser les Cheurelles iusques à ce qu'elles ayent faonné , et qu'ils

puissent viure sans elles. La chair des Cheureux est fort bonne : car

elle dure tout l'an , et font bonne fuitte et plus longue que ne font les

Cerfs en droit cueur de saison. On ne les peut cognoistre par leurs

^fumées, ne parle pied guiere, comme les Cerfs. Ils n'ont pas trop

grand veuë , et ne cueillent pas trop grand venaison , si ce n'est par

dedans, et la plus grande graisse qu'ils ayent dedans, c'est quand les

rongnons sont couuerts de suif. Quand les Chiens les chassent » ils

tournent leurs pays, et rassaillent aux Chiens. Et quand ils ne peu-

uent durer, ou que les leuriers les ont courus, ils font leur fuitte

bien longuement, et battent les ruisseaux comme le Cerf. Il a ceste

nature et propriété, que quand il ne peut plus aller auant , il demeure en

l'eau fors la teste , sous quelques racines , et ne se descouare aucunement.

Si que^ les Chiens et les Veneurs passeront par dessus et à son costé ,

qu'il \ ne s'en bougera. Il demeure es fors buissons , bruyères et ioncs ,

et volontiers en hautes montagnes et vallées , et aucunesfois en plain.

Et comme les Cerfs mettent leurs bottes au premier an , aussi en tel

temps ils portent leurs saiseaux et broches. Il ne s'escorche ne def-

VENKRiË PAR fait comme le Cerf: car il n*a venaison qu*on paiste saler, ^ aocuoe&fois on Ja donne aux Chiens. Ils vont à leurs viandiers comme les antres bestes.

Propriété du Connit.

LE Connil est beste assez conneué d'vn chacun , il porte trente iours , et non plus, et faut qu'il aille au masie, car autrement mangeroit ses Connillaux. Elle porte ores deux, trois, quatre et cinq Lapereaux: Et qui veut auoir bonne garenne de Connils , il les doit deux ou tr<MS fois la sepmaine faire chasser aux Espagnols {Œm$ d'oUeaux) et les faire encotterccar autrement ils vuideroient le pays, si on ne les tenoitpres de leur terrier, spécialement si le Lieure y passe qui soit chaud de Connioe. Quand le Connil veut aller à la Connine, iljfrappe si fort du pied en terre que merueille , et en ce faisant s*eschauffe. Quand il a fait sa besongne , il se laisse cheoir en arrière , et demeure tout pasmé , my-mort , et lors on le prend comme les Lieures qui sont en fosses. Sa chair est meilleure que pelle du Lieure , qui est mélancolique et sèche.

Comme on doit chasêer et prendre le$ CoemSi.

IVand le Veneur voudra prendre les Connils, il doit pren- Jdre Chiens d'oiseaux, dits Espagnols, et les doit faire que- Krir par les bayes et buissons au pays où il cuidera qu'ils de- '^^eurent. Il doit aussi auoir de petits Leuriers pour le' Lieure et Connil , s'ils le prennent , c'est bien fait, et sinon, les Chiens d'oiseaux le feront entrer dedans les fosses : et quand ils seront dedans , ils doiuent mettre les bources (qui sont faietes de cordes) au pertois du terrier, et en autant de pertuis faut mettre des bources : puis par un desdits pertuis le Veneur mettra le Furon lequel doit estre emmuzelé : car autrement il occiroit le Connil , et ne sortiroit hors des fosses de deux ou trois iours. Si le Connil est en grand pays, où il n'y ait terriers , aîns seulement fosses en terre, il faut alors tendre pochettes, re^ zeaux et panneaux , et si mestier est faire bayes ^ passées à petit portais selon que la beste le requiert. Si le Veneur n'a Furon , et il veut prendre les Connils qui sont es fosses , il les p^ut faire saillir hors auec la poudre d'orpin, de souffre, et de nijenne qu'il fera brasier, ou en parche- . min ou en drap, et s'il a tendu les bources au dessous du vent quand le

Furon

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faroQ est entré, il pourra mettre au dessous du vent les poudres dessus dUteSy et alors les connils se viendront prendre aux bources.

Chasse du Loup.

\ E Loup est assez commune beste , il va au rut avec les Louues en Feurier, et font en la manière que font les Chiens , et sont \ en leur grand cbaleur dix ou douze iours : et quand vne Louue est cbaude s'il y a Loups au pays ils vont après, comme font Chiens après vne Lisse quand elle est chaude : mais iamais nul ne la lignera fors qu'vn. Elfe fait en telle manière qu'elle pourmenera les Loups six ou huit iours sans manger ne s'en boire , et sans dormir : car il^ ont tant de courage à elle , quMl ne leur chaut de boire ne de manger, ne de dormir, et quand ils sont las, elle les laisse bien reposer iusques à tant qu'ils soient endormis, et esueiïlera celuy qui luy semblera qui plu» Tait aymee et plus trauaillé pour elle, et s'en va loing d'illec, et se fait aligner à luy. Et pource dit on , que quand vne femme fait aucun mal, qu'elle semble la Louue, pource qu'elle se prent au plus meschant et au plus laid , pMrce qu'il a le plus trauaillé et plus ioué pour elle que n'ont les autres, et il est plus pauure et plus maigre, et plus meschant, et e'est la cause pomrquoy on le dit. Aucunes gens dyent que iamais Loup ne vît son pcre , et c'est vérité aucunesfois , non pas tousiours : car il adulent quand Ta Louue a mené celuy Loup qu'elle aime plus, comme i'ay dit, et les autres Loups s'esueillent , ils se mettent tantost aux routes de la Louue , et s'ils trouuent que la Louue se tienne et le Loup ensemble, tous les autres Loups courent sus au Loup et le tuent : et pouirce dit on que le Lobp ne veit onc son perc : et cecy est vérité en ce cas : mais^ quand en tout le pays n'a sinon vn Loup et vne Louue , ce ne peut estre vérité. Ou aucunesfois par aduenCure les autres Loups se sont esueiltez si tost ou si tard , qu'encores le Loup ne tiendra auec la Louue, et par adventure serodt ja lassez, et lors s'enfuit-il des autres Loups qui ne le tuent pas , et ce cas aussi n'est pas vérité. Ils peuuent engendrer au bout d'vri an , et lors se partent de la mère et de leur père : et aueunesfois aniçois qu'ils ayent vn an , mais qu'ils ayent refaites leurs dents toutes à leur droit des autres petites dents qu'ils ont premier, car ils ont deux dents à vn an : les premières leurs cheent quand ils ont demy an , et puis reuiennent , et les autres qu'ils portent à (ous

Ce

VEKEUIE PAR les ioUrs de leur vie sans remuer : et quand elles sont refaictes à leur endroit, adonc laissent ils leur père et leur mère, et vont quérir leur aduenlure , mais pourtant qu'ils aillent loing , ne demeurent longuement Tvn sans l'autre : pource n'est pas que s'ils rencontrent leur père et leur mère qui les ont nourris qu'ils ne leur facent feste et reuerence tousiours. Et sçachc que quand vn Loup et vne Louue se sont accompagnez , ils demeurent volontiers tousiours ensemble , et pourtant qu'ils aillent quérir leur proye l'vn deçà l'autre delà , il ne sera que lanuictilsne soient ensemble s'ils peuuent, au moins au bout de trois iours. Et tels Loups ainsi accompagnez portent à manger à leurs enfans f aussi bien le père comme la mère, fors que le Loup mange premièrement son saoul, et puis porte le ramenant à ses chcaux : la Louuc ne fait pas ainsi , car ainçois qu'elle mange, elle porte à ses cbeaux. Quand la Louue vient et elle porte aucune chose et le Loup n'a pas assez mangé , il luy oste la proye et à ses cheaux , et mange son saoul premier, et puis laisse le demourant s*il y en a , sinon se meurent de faim , si voyent qu'il n'y acompte gueres mais qu'il ait le ventre plain. Quand la Louue voit ce, elle est si fauce qu'elle laisse la viande qu'elle porte loing de là où sont les Louueteaux , et vient voir si le Loup s'en est allé , et puis apporte la viande à ses Louueteaux : mai:» le Loup qui est aussi malicieux , quand il voit venir la Louue sans nulle proye , il va fleurer sa bouche , et s*il sent qu'elle n'ait rien apporté, il la prent aux dents et la bat, tant qu'il conuient qu'elle luy monstre où elle a laissé sa proye. Et quand retourne à ses cheaux, elle vient le couuert, et ne se monstre point iusques à tant qu'elle ait veu si le Loup y est point : et s'il y est , elle se muce iusques à tant qu'il s'en soit allé quérir sa proye pour la faim qu'il a : et lors quant il s'en est allé, elle porte à manger à ses Louueteaux. Aucuns dient qu'elle se baigne et corps et teste quand elle renient, à fin. que le Loup ne sente qu'elle ait rien apporté : mais ie ne l'aflerme mie. Autres Loups pesants de nature qui ne sont ainsi accompagnez, n'aident point à la Louue à nourrir ses Louueteaux, mais quand le Loup et la Louue sont accompagnez, et il n'y a plus Loup au pays par droit et naturel sentiment, il sçait bien que les Louueteaux sont les siens, et pource les aide il à nourrir, mais c'est mal gratieusement. Au temps que les Louueteaux sont petits les Loups sont plus gras qu'en tout l'an : car ils mangent ce qu'ils prennent, et ce que la Louue et les Louueteaux doiuent manger. Et portent les Louues neuf sepmaines, etaucunesfois trois ou quatre iours plus : vne fois l'an vont en amours.

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Aucunes gens disent que les Louues ne portent point de Louueteaux tant comme sa mère est viuanle : elles ont ainsi leurs Louueteaux comme vne lisse, ore plus, ore moins : ils ont grand force spécialement deuant , et malle morsure et forte , car aucunesfois vn Loup tuera vne vache ou vneiument. Il a si grand force, qu'il portera avec sa gueule vne^Chieure ou vn Mouton, vne Brebis ou vn Porcel, sans toucher à terre , et courra si fort portant sa beste , que si les mastins ou cheuauclieurs ne viennent au deuant; les pasteurs ou autres gens ne le pourroient atteindre : il vit de toutes chairs , de toutes charongnes , et toute vermine, et sa vie n'est pas longue ; car il ne vit plus de treize ou quatorze ans. Il a malle morsure el venimeuse, par les serpens et vermine qu'il mange. 11 va si tost, mais qu'il soit vuide, que i'ay veu laisser quatre laisses de leuriers à doubles l'vn après l'autre, quinepouvoient afficher vn Loup : car il va aussi tost comme beste du monde , et dure trop longuement son aller quand on le chasse fort aux Chiens courans, il ne fuit gueres loing d'eux : et si les mastins ou leuriers ne s'esloignent , il fuit le couuert, comme vn Sanglier, ou comme vn Ours , e tj volontiers les voyes. Il va communément quérir sa proye de nuict, aucunesfois de iour quand il a grand faim. Et aucuns sont qui chassent Cerfs , Sangliers et Cbeureaux , et sentent autant qu'un mastin^et prennent des Chiens quand ils peuuent. Il y a aucuns Loups qui mangent des enfans , et aucunesfois les hommes , et ne mangent nulle autre chair depuis qu'ils y sont encharnez , ainçois se laissent mourir, et ceux là on appelle Loups garoux , car d'eux on s'en doit garder. Et sont si cauteleux que quand ils assaillent vn homme, ils le tiennent s'ils peuuent , ainçois qu'ils les voye. Et s'il les voit premièrement , ils Tassaillent si subtilement , qu'à peine eschappe il qu'ils ne le prennent et. tuent: car ils se sçauent très-bien garder des armes que l'homme porte. Il y a deux raisons pourquoy ils se prennent aux hommes : l'vne est quand ils sont trop vieils et perdent leurs dents et leur force, et ne peuuent emporter leur prinse , comme ils souloient faire, dont conuient qu'ils se prennent aux enfans , qui n'est pas forte prinse pour eux , et ne leur conuient porter nulle part , ibrs seulement que manger, et ont plus tendre chair que n'est la peau ne la chair d'vne autre beste. L'autre raison est, quand ils sont encharnez en pays de guerre où il y a eu batailles à efforts , et lors ils mangent ou des pendus qui sont attachez ou qui eheent du gibet : La chair de l'homme est si sauoureuse , et si plaisante , que puis

Ce ij

VENCfilE PAR qu'ils en sooi encharDez iU ne mangeDl antres bestes , ains se laisaeaft mourir.. l'ay veu qu'ils laissoient les brebis, et prenoient el luoienile pasteur : le Loup est sçauante beste et fausse , plus que nulle aotre à ^r-^ der ses advantages : car il ne fuira iamais trop fort , fors quand il ctt aura grand besoing il veut estre tousiours en sa force , et en son idaîne^ chacun iour luy en est besoing : car eommunenient tous ceux qui le Yoyent* restaient et le chassent. Qaand on le diasse à force il fuira bien tout vu iour, si Leuriers ne luy font laisser. Il se fait volontiers prendre en aucun village ou ruisselet» il se fait peu abbayer» sinon quand il ne peut aller, il dénient aucunesfois enragé. Quaad Loups abordent tb homme , à peine en peut il guarir, comme i'ay dit : car leur morsure ert venimeuse : et d*autre part pour la maladie de la rage , quand ils sont plains ou malades , ils paissent de l'herbe comme vu Chien pour leur vuider. Ils demeurent longuement sans manger, et sera vu Loup six iours sans manger ou plus. Quand la Louoe a ses Louueteàux, à peine n'ira ia près de là, de peur de les perdre. Si le Loup vient à vn porc ou à vn parc de brebis, et s'il a loisir, il les tuera tous, ainoois qii'3 en mange. On les prend à force» anx Chiens, aux Leuriers » aux las el aux cordes. Mais s'il est prins en vn las ou en antres cordes quelles quelles soient, il couppera subtilement auec ses dents si on n*y est tantost pour le tuer, aux fossez, aux aguilles, aux chausse-^pieds , ou aux poudres venimeuses qu'on leur donne en la chair, et aussi en autres manières» Quand le bestail descend des montagnes , lors ils descendent pour auoir leur vie. Ils suiuent volontiers gens d'armes pour les charongnes du bestiah ou des cheoaux mwts, ou d'autres choses. Ils vêlent comme Chiens, et s'ils sont deux Loups ils feront si grand noise, que vous diriez proprement qu'il y en a plus de vingt. Et cela font ils quand il est clair temps et serain, ou quand ils sont leunes Loups, qu'ils n'ont pas passé encores leur an, quand on les appelle ed hurlant pour les encharner. Et si vous dy pour toute vérité que si on les a vne fois encharnez, àgrand peine demoureroient ils, où ils aurdent mangé,' spécialement virils Loups , au moins la première fois qu'ils mangeront. Mais quand ils sont asseurez qu'ils ont mangé deux ou trois fois , ils demourent: Aucuns sont si malicieux qu'ils mangeront la nuict, et s'en iront le iour loing bien demie lieuë ou plus demeurer, et specid^nent s'ils sentent qu'on leur a fait ennuy , ou qu'on leur a fait train de chair pour les chasser. Ils ne se plaignent point quand on les tue, comme font Chiens : mais des autres natures les ressemblent ils. On ne peut

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nourrir iamâis un Loup endiainé, oa prin» et tenu snbiet, tant soit ienne' ou vieil , si on le cuide chastier, battre et tenir en bonne discipli« ne» que tousionrs ne face mal s'il a le loisir, et le peut faire: et iamais pourtant qu'il soit priué , ne sera si on le meine hors qu'il ne regarde tonsiouTS deçà et delà , pour veoir s'il peut en nul lieu faire mal ou regarder : car il doute qu'on ne luy face mal , et sçait bien en sa cognoissanœ qu'il fait mal, et pource on les chasse et tué, mais pourtant cela ne ftut il laisser sa mauuaise nature. On dit que le deitre pied de douant porte jmedecinei, au mal des mammelles, et aux bosses qui vienfient aux pourceaux, prenez dessous les masselles et aussi au foye de l'homme.

Du Renard , el de toute sa nature.

E if A R est assez comune besle , si ne me conuient ja dire de sa façon, car peu de gens sont qui n'en ayent yeu. 11 a beaucoup de conditions telles comme le Loup : car la Renarde porte autant comme la Louue faict ses louueteaux yne fois plus et l'autre moins , ainsi annme la Louue : mais qu'elle les faict dessous terre bien profond , plus que la Louue ne faict, et est chaude yne fois , laquelle à la morsure yenimeuse comme le Loup, et sa vie n'est plus longue que d'yn Loup» A grand peine prend on Renarde prains : car quand elle se sent prains et pesante , elle demeure tousionrs enuiron ses tanières , et si elle oit rien tantost se boute dedans , douant que Chiens la puissent prendre : elle est malicieuse et fausse beste comme le Loup. La chasse du Renard est moult belle , car les Chiens la chassent de près , et volontiers tousionrs en assentent , pour ce qu'elle suit les forts pais et prend la campagne, pource qu'elle ne se fie point à sa course ne en sa defence : car elle est trop foible : et si elle le faict, ce sera par droicture, force, et tousionrs tiendra lecouuert, et si elle ne se pouuoit couurir que d'vne ronce, elle se couurira. El quand elle veoit qu'elle n'y pourra durer, adonc se met elle dedans terre, et à ses fosses qui sont les forteresses lesquelles elle sçait bien : illec les peut on bien foOir et prendre, mais que ce soit en plain pays es roches. Si leuriers le courent, le dernier remède qu'il a s'il est en plein pays il conchie volontiers les leuriers , à fin qu'ils le laissent là pour la pueur et ordure: et aussi pour la pueur qu'il a, vu petit Leurier qui prend tout seul vn Renard fait hardiment : car i'en ay veu de grands qui

Ce iij

VENERIE PAU prenoîenl bien le Cerf et Sanglier» et Loup qui en laissoient Jbien aller vn Renard. Quand elle va en amour et elle quiert son compagnon,elle crie à voix enrouée, voix de Chien enragé, et aussi quand elle n*a tous ses Renardeaux elle les appelle en celle mesme guise. Elle ne se plaint point quand on les tue, mais tousiours se defent à son pouuoir. EUe vit de toutes manières de vermines , de toutes charongnei et ordures, mais sa mellieure viande qu'elle ayme plus ce sont gelines, chappons , canes , et oyes , petits oisons et oiseaux sauuages quand elles les trouue à point: elle mange papillons, giglens, laict, frmaftge, et beurre. Grand dommage font aux Garennes des Connils et des Lienres qu'ils prennent et mangent volontiers , pour leur grande subtilité et malice , et non pas pour courre. Aucuns sont qui chantent comme Loups, aucuns qui ne vont fors aux villages quérir leur proje, comme i'ay dit, elles sont si malicieuses et si subtiles, que hommes ne Chiens n'y peuuent mettre remède. Elle demeure volontiers es fosses près de villes ou de villages pour tousiours faire mal aux gelines, et autres choses comme i'ay dit. La peau du Renard est moult chaude pour faire moulHes et peliccs, mais ce n'est belle fourrure, et put tousiours, si elle n'est bien couroyée. Le sein du Renard et les raoûelles sont bonnes à adoucissement de nerfs. De ses autres manières et malices, ie parleray plus à plain quand ie diray comme on le doit chasser. On le prent aux Chiens, aux leuriers, aux las, aux cordes : mais il couppe las et cordes comme fait le Loup.

Du Blereau, el de m nature.

^^f^^LEREÀV est assez commune besle, car elle ne fuit guieres flonguement : car les Chiens la tiennent tantost , où il se ifait abbayer , et puis on le tuë volontiers , et demeure Medans terre, ou s'il est hors il n'est gueres loing de taisnieres. Il vit de toutes vermines et charongnes, et de tous fruits comme le Renard, mais il n'ose tant s'aduenturer le iour comme il fait : car il ne sçait ny ne peut fuir, il vit plus de dormir que d'autre chose: ils font vne fois l'an cheaux comme Renards , et les font dedans les fossez. Quand on les chasse ils se défendent fort, et ont leur morsure venimeuse comme Renards, encores se défendent ils plus fort que le Renard. C'est la beste du monde qui plus acueille de gresse dedans * et pour long dormir qu'il fait , et son sain porte médecine comme

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celuy du Renard. On dit qu'vn enfant qui onques n'auroit chaussé soûl-* liers si les premiers qu'il chausseroit estoient de peau de Tesson il guarira les cheuaux du farcin, s*il monte sus : sa chair ne vaut rien à manger, non plus que celle du Renard.

Comment on doit chasser et prendre le Loup,

T quand le Veneur voudra chasser le Loup , il doit encharner les Loups par ceste manière : Premièrement il doit H^ regarder vu beau lieu à vue lieuê ou demie près d'autres grands forests, où il y ait beau titre de Leuriers, et belle place à l'enniroD , et eau dedans/ et là doit tuer vn Cheual ou vn Bœuf, ou autre beste grosse, et prendre les quatre membres, cuisses et espaules, et doit mener quatre compagnons es grands forests, là où chacun doit faire sou train, et doiuent abattre leur chair, et haller à la queue de leurs cheuaux, et trainner par les voyes, là où la beste est morte, et laisser chacun son train. Et quand les Loups se releueront à la nuict, ils iront par les chemins de la forest, Qt sentiront le train de la charongne : ils iront après iusques ils soient là où la beste est morte, et mangeront tant qu'il leur plaira. Dont doit le Veneur quand il sera cler iour, aller là où la charongne est, et lier son Cheual bien loing d'illecques au dessous du vent, e( doit venir tout bellement là où la charongne est, et regarder s'il pourra veoir les Loups, et s'il les veoit, il doit retraire sans leur faire nul enouyi et sans regarder combien ils ont mange : car s'ils ont mangé ou trop ou peu , ce n'y fait rien au faict ce mal non, puis qu'il les à veuz:car c'est trop merueilleuse beste et malicieuse , comme i'ay dit. Mais ne s'eslongne qu'vn peu loing de la charongne, monte sur vn arbre pour veoir où les Loups iront, et où ils demourent : car de leur nature ils ne demeurent pas volontiers là où ils ont mangé, ainçois iront de haute prime. Ou pource qu'ils seront venuz trop tard mangtr , ou pource qu'ils veullent aller demeurer au Soleil plus qu'au bois , qui est en l'ombre et au froid , ou pour eux vuider et esbatre, ou pour aucun ennuy qu'on leur aura faict : pour ce veux ie qu'ils demeurent iusques à l'heure de prime s'il en sçaura mieux la vérité : et si ne les peut voir au matin , il doit aller veoir la charongne , et regarder s'ils ont mangé , et combien* de Loups selon les mangeures qu^ils auront fait qu'ils doiuent auoir. Et puis s'en doit reuenir à l'hostel et faire son rapport à son Seigneur, et peut

VENERIE PAR regarder par les voyes qui sont aafonr in boissoD, s'ils sont hors du buisson» ou s'ils demeurent qnand ils ont mangé, et si le Limier qui encontre volontiers Loups, il peut prendre autour da buisson satis entrer dedans, si sera plus seur s^ils y sont demoorez ou non : car Mn Limier en assentira en plusieurs des lieux, et doit regarder si sortons les Loups qui ont mangé : car aucunesfois yn Loup s'en va ; et fes autres demeurent, et aucunesfois vn demeure, et les autres s'en vont, comme leur vient à leur volonté, on les causes y sont , comme est quand ils sont pleins , ils demeurent plus volontiers. Et quand ils n'ont mangé leur saoul deuant le iour, ils demeurent plus Tolontifirs que ceux qui ont mangé au vespre deuant, ou ieunes Loups ou autres causes semblables : car vn Loup est si malicieux qu'à grand péîne demeure où il a mangé, et pource est bonne chose de faire, de petit de chair son train et laisser au buisson où on voudra «hasser tue -iiia«uaise beste viue encores lies les ïambes qu'elle ne se défende. £t quand les Loups auront mangé le train qui sera de petit- de chair, et ne seront pas faons, ils tueront la bente qui viue serateC sMls ne le font la première nuict , ils le feront la seconde ou la tierce. Et lors quand ils ont tué la beste et mangée, ils- demeurent plus virfontiefs, car ils sont gloutes bestes, et venlenfi gnrder leur charongne qu^s cuident anoir prtnse, et ^'ils trouneul quelle demeurent et- ayent manger deux nuictsVvne après l'autre, il se peut ordonner et mander de getis qu'il aura , et dequoy il aura bèioiifg pour chasser le tiers iour. Et si les Loups n'ont mangé la première nuict, ain^i comme i'ay dit, deuant qu'il leur aura fait son train , si se hee le lendemain à la nuit , ainsi comme i'ay dit par tout le pays enuiron où il pense que les Loups doiuent demeurer. Et ainsi face iusques a quatre nuicts et sans faute s'il y a Loups au pays ils y viendront, se ce n'est au mois de Feurier, là où ils vont en leurs amours : car lors ne coinptent ils gueres de suiuir nul lieu. Aussi il est vray que aucunesfois les Loups viennent poursuiuir le train iusques à la charongne, et ne mangent point. Adonc quand le Veneur verra qu'ils ne voudront manger pour quand que on leur fait trains , il doit remuer la chair de l'encharnement , comme est de chenal ou de Bœuf, ou par le contraire, ou de Moutons, ou de Brebis, ou de Porceaox, ou Asnes qu'ils mangent volontiers. Et ainsi ne peut sçauoir s'il y a Loups ou non : car ils n'auront point mangé. Il les doit appeler et huer en telle manière , et s'il y a Loups dedans le buisson ils luy respondront , ou les vus ou les autres. Et s'il aduenoit

qu'ils

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qu'îk inangeassent et s'en aliàMeDi hors du baisson , et cela faisoit il par deux fois ou par trois nuicts» saas ce que nul y demourast , il doit au vespredeuant qu'il soit nuict pendre la eharongne parles arbres ^ si haut qn'on n'y puisse aduenir, et laisser des os s'il y en a en terre , à fin qu'ils . les roulant et viennent au buisson » ainsi comme vne heure deuant le iour : Ht doit on auoir laissé la robhe du pasteur qui garde les brebis , à fin qu*ils n'ayent nul vent de celuy qui les enuoye ; et leur doit abatre : et puis il s*en doit aller. Et quand l'aube du iour sera , il doit mettre les Leuriers par où Jes Loups s'en sont aecoostume;! d'aller les autres nuîcts : et les Loups qui n'auront mangé de toute la nuict, quand on leur aura abatue la chair, ils mangeront tant que par leur glontonnie le jour les y prendra , et demooreront : et s'ils vont hors, ce sera depuis qu'il sera iour : car ils ont tant court terme de manger; tant que le iour leur est suruenu, et les Lenriers seront ia assez comme i'ay dit, si y aura riote. Mais pource que ie Seigneur ne se lene pas à l'aube du iour pour veoir le déduit» ie veux que qua^d il leur aura abatue de la chair vne pièce» après il face faire dix ou donie'fénxy ou tant comme hoa luy semblera , entre la Forest où ils s'en aUoîent les- antres nuicta» et le bm9Son à deux traicts d'arbaleste du btiis-^ son» tamt qu'il poisse ve#ir et onir oeiix qui parleront , et à chacun fso ait mi homme ou deux , et ait de l'vn insqoes à Tautre , le ject d'vne petite pierre : et le» vns parlent aox autres haut, sans assembler en demandant des nouuelles ou dftantantou riant, et sans huer. Et quand les L^ups verront et oront eelà , et par le iour qui leur sera suruenu ils dearont demourer, et entre deux sera venu le Seigneur, si les pourra chasser et prendre ^n ceste manière* Premièrement il doit regarder le plus beau titre, le plus long, et le plus plain, qui soit enuers le buisson , et 1& doit il mettre les Leuriers, et s'il y a beau titre par où les Loups sonloient aller les autres nuicts, quand ils ont mangé, là les doit il mettre, supposé qu'il y eust manuais vent et contraire pour les Leuriers : car à tout cela s'en viendront ils plus volontiers par illec que par autre part, et s'il y a bon vent tant vaut mieux, et sinon il doit mettre les Lauriers comme i'ay dit au plus beau titre, et au plus long, et les doit tant eoiemeot asseoir et mettre tout de rang ou cinq ou six laisses , ou plus ou moins , selon qu'il y aura de Leuriers, et aussi autant tout de ranc derrière celle l'vne de l'autre , enuiron le iect d'vne ledbe l'vne laisse l'autre. Ainsi doit faire de laisser trois ou quatre doubles , et garder tousiours le vent que les Loups ne le puissent auoir des gens ne des Leuriers, et doit auoir mandé tontes les gens en quoy à

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VENERIE PAR

mandement vn ou deux iour« deoani, et prier tous ses voi^ms q^ seront près de iuy demourauts qu'ils luy viennent aider à chasser lea Loups, et ils ce feront très YolonCiers pour le grand danger que. leur font lesdits Loups de leur bestial. Et quand il y aura assez de gens à m» aduis , et aura aussi les Leuriers , il doit mettre toute la gent autmir d* buisson, fors que deuant les Leuriers au plus près qu'il pourra Tvft de l'autre les gens qu'il aura , et cela appelle-on defences , l'autre deçi l'autre delà toutes assemblées, les vues gens viennent les vns ouAtre les autres , à fin qu'il soit plus fort , et afin que si on les meUoît par voe part et ils oyent le bruit de toutes parts de la gent si s'en iront par autre : mais quand ils seront tous mis l'vn d'vne part, l'autre deTautre^ en venant les vus contre les autres , ils n'oseront aller que parmi lefe Leuriers. Quand ils auront le bruit , lors doit aller le Veneur, son LioMer et ses Chiens à la charongne où auront mangé et les doit briser idu Limier hors de la charongne , iusques là où Us entrent au fort^ et bcs doit il abatre le tiers de ses meilleurs Chiens, et doit faire. leuàr bien « longuement en son buisson aucunes fois auant qu'il issehors. El doit le Veneur cheuaucher ses Chiens de près , ^ huer et corner soniient , à fin que ses Chiens le chassent mieux : car beaucoup de Chiens doutent à chasser le Loup, pour ce est bon qu!il les eheuaucbedepreset les enchausse et rebaudisse. Et doiuent être mis les Leuriers bien coauerts de fueilles de bois , ainsi que i'ay dit ci deuant : et si le premier les laissent passer, elles le doivent faire iusques à tant qu'il voye par derrière, comme dit est. Et aussi les seconds et la tierce les doiuenl passer et venir au costé de la quarte qui est la dernière, s'il a tant de Li-uriers doit estre ietté emmy le visage au deuant de lui, et ainsi les deuront ils prendre. On peut faire ses Chiens tout pour le Loup à leur apprendre à chasser les ieunes qui n'ont mie passé encore vn an : car il les chassent plus volontiers et à moins de doute qu'ils ne font vn vieil Loup. Et aussi on les prend plus tost , car ils ne sçauent mie si bien garder comme vn grand Loup. Et aussi peut on prendre les Loupa vifs à diuers engins, lesquels je diray cy après quand temps od sera : et ceux peut on mettre en aucune part , et les faire chasser à ses Chiens, et le faire tuer deuant eux. Et quand le Loup est mort il doit faire le droit aux Chiens en telle manière. Premièrement il doit faire le Loup bien fouUçr et bien tuer à ses Chiens : après le doit fendre tout au long, et le vuider de tout tant qui est dedans et bien lauer, puis doit mettre dedans le ventre du Loup de la chair cuitte ou froma*

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g«V ^ doit auoîrvne ou deox brebis ou chieure, et faire descoupper et hacber dedans bien menu avec dti pain, et doit iUecqnes faire man^ ses Cbiens. Auséi y doit il encbamer ses Leariers plus que anHe autre be$(e-, plus volontiers que ne feront vn Loup, pource faut il qu'ils soyent mieux encbarnez. Et si par aduenture aucnin Loup s'en va par les defenees qui ne vienne aux Leuriers , ia ne laisse pour cela d'y retourner le lendemain , car il le trouuera au mesme buisson : car quand la nuict est venue, il pense en l'effroy qu'il a eu le iour deuant, il - veut aller veoir la nuict que ce a esté : et que les autres Loups ses compagnons sont deuenus, ne s'il y a plus de charongne. Et aussi e-t bien si mdicieux, qu'il pense que le lendemain on y reuiendra chasser. Mais quand il aura sentn que les autres Loups ont esté prins , et aura eu le vent des gens, il aura encore plus grand peur qu'il n'a eu le iour de deuant. Bt lors à l'autre nuîct vuidera il le buisson, et n'y retournera de grand' espace de temp? pour y demourer. Et si on luy encharnoit, iiypoavroit bien manger. Mais il s'en ira demourer bien loing. On peut eùgûowtre vn Loup d'auec vue Louue par les trasses : car le Loup a plus gros takii et plus gros doigt, plus gros ongles , et plus ronds pieds que n'a la Louue, laquelle a les trasâes plus esparpillees et plus longues. La Louue souuentes fois iette ses laisses parmy les voyes, et le Loup Tun des costez du4:bemin.

Ctmmê on doit chasser et prendre le Renard.

• Vand le Veneur voudra chasser le Renard , il * doit [quérir en fors buissons et en fort pays de ronces ou de bruyères, et près des villages ou hameaux, ou es grands fosscz qui sont enuiron la bonne ville, qui ^sont forts de bayes et de ronces : car ils demeurent ^volontiers pour le prochas qu'ils ont des gelines et des oyes , et des autres ordures qui sont es villes : aussi es vignes quaiM sont couuertes de feuilles et les raisins y sont, ils y demeurent volontiers en tout fort pays et couuert. Et s'il sçait où les terrieres où tasniesres des Renards soient, il les doit estouper le iour deuant qu'il les voudra chasser, et vaut mieux les estouper de nuict mais qu'il face lune , que de iour. Qui ne sçait le iour la manière d'estouper, si prenne des fourchieures et menu bois , et les boute dedans les fosses , et puis mettre de la terre dessus et bien fort, à fin qu'il n'y puisse entrer en

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TENtRlË I^AR aucune manière. Et si vdui tordez qo^H'n'approclM) ia les partais^ pte^, nez l'cux bastons et les raettei etf croix sur obacun pertuis : eliiftaafL> il viendra pour entrer aa pertvis et'tl verrablandiirles bastovSyihitiiiH*' (lera que ce soit aucun engin contre luy, si n'y approchera iateakiii Toutesfois pource que Chiens et Leuriers les chassent aucunesfois de si près qu'ils ne regardent cela , faut que les pertuis soient estoapez. Et si le Veneur ne sait où les pertuis sont» si les face quérir deux ou trois iours deuant qu'il vueille chasser : et la noict devant où le matin bien malin qu'il voudra chasser, si les face estooper comme i'ay dit. Et comme aucunes fois on ne peut pas trouuer tous les terriers et tasniestes de Renards , si Renard se venoit enterrer en aucun lieu , le Veneur le peut prendre s'il veut ou vif ou mort : car s'il y a autres pertuis fors que yn, il peut mettre au dessous du vent bourses s'il y en a » ou sinon , y mette vn sac , et les autres pertuis estouppe fors qu' va qui soit aa4e$*sous du vent , et par là , boute le feu , ou en drap , ou eu pardumiin^ e( dedans la bource,.du pimet, ou du souffre, et dernière, et aerre^biea derrière le pertuis que la fumée n'en puisse issir, et le Renard ne demou-* rera guieres à se mettre dedans le tac ou bource , et ainsi se prendra vif. Si le Veneur lé veut prendre mort , si estouppe tous les portais, et boute le feu comme i*ay dit dedans , si le trouuer» le landmain mort à la bouche de Tvn des pertuis. Partout lanuier, Feurier et Macs faict meilleur chasser les Renards qu*en autre temps, combien qoe tousiours les peut on chasser, pource que le bois est plus clair ; car la feuille en est cheue : et on le peut mieux veoir chasser ses Chiens , et aussi trouue on plustost ses terriers ettasoteres qu'on ne feroit quand le bois est couuert. Les peaux des Renards vallent beaucoup mieux lors que en autre temps : et aussi les Chiens s'y affectent mieux et ehas-* sent plus de près : et quand il aura estoupé toutes les tasnieres, il doit mettre ses Leuriers au dessous du vent , et défenses enuiron le buis* son, spécialement là où il y a fort pays : car il fuit volontiers le coi»uert. Puis doit laisser courre le tiers de ses Chiens pour trouuer le Renard , et les autres doit faire tenir par les voyes du bubseri : et quand il verra que Chiens chasseront le Renard , il les pourra relaisser ; car s'il laissoit aller tous ses Chiens , ils pourroient accueillir autres bes* tes qu'ils auront chassées : pource il est bon qu'on ne laisse aller tous se^ Chiens : car assez est du tiers ou du quart au commancement, mais quand il sera trouué et il sçaora bien que c'est Renard , il relaisse après tous ses Chiens , il aura bonne chasse : car il tourne longuement en son pays anànt

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qifr^'il'pa ifse hors. £l-qiuiQdle,Rw«rd-e4l.«]^iaaf U doit faire le droit qui appiewÉîtot au% Chiens » toulea la »iai^ere.jq«e i*ay dit du Loup, et en doiftiCaire «urée ; ei donner et deoouper du pain aux Chiens sur le cuir du Renaud-, et sera bien fait«

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