CHAPITRE XIL
Mettre. FAutaur dedans.
[ONNEZ cure tous les jours a vos Autours, a neuf heures du soir; ou, en les jpaissant, faites les boire au soir, leur présentant de l'eau daire dans un verre. 4 A dix heures du matin, portez les baigner a un baquet ou petite bassée: I revenant bien , se baignant et connoissant le vif, dans les derniers jours de j juillet, ou dans les premiers d'aoust, portez vostre oyseau a la chasse 12^ avec des chiens bien sages et qui connoissent l'oyseau; alors, ayant trouvé une compagnie de perdreaux gros comme des cailles , remarquez les bien et ne vous tenez pas auprès des hayes. Ayant bien remarqué les perdreaux, portez y vostre oyseau et faites en sorte que les perdreaux partent bien-près de luy; et, s'il connoist bien le vif, il ne fera pas de difficulté de voiler le premier. L'ayant pris faites luy manger avec un peu de plume et les pieds, affin de faire la cure: on fait bien de porter les oyseaux trois ou quatre jours de suite a pied, après quoi on va a cheval ; et augmenter peu-a-peu : cest a dire les deux ou trois premières fois ne prendre qu'un perdreau, et en paistre l'oyseau; après on en fait prendre deux, ensuite ti^ois; et, après, continuer jusque a six ou sept ; et a touts lui faire manger la cenelle et les yeux des perdreaux: cest ce quon appelle faire le devoir. Sy vous faites bien, laschez toujours vostre oyseau de loin jusques a la Gn de septembre, ou au quinze d'octobre; pourveu que l'oyseau puisse voir remettre les perdrix, c'est ce quon appelle les sauver; mais, dès la fin d'octobre, il ne faut pas lascher l'Autour quand les perdrix partent a plus de soixante pas: il faut aller a la remise, et attendre quelles partent assez près. Je conseille a ceux qui font voiler des oyseaux de poing sur des terres bien vi fves de préférer l'Autour au Tiercelet jusque?: au premier de novembre : s'ils ont un bon Autour, ils luy feront prendre trois fois la sepmaine (ou quatre) , a chasque fois douse ou quatorse perdrix ; et le Tiercelet en a assez à prendre de sept par chasse dans un pays couvert. Je conseille aussi de préférer l'Autour à touts autres oyseauN. et en pays de coteaux ou quelque fois on est obligé d'aller a pied
Les cures bien continuées servent de tout remède aux oys€aux de poing: ou, toutauplus une fois par sepmaine , leur, faire manger leur viande achée , et trempée dans un plat d'eau tiède ou Ion aura fait fondre de la manne fine environ la grosseur d'une noix. Rien ne les tient' mieux en état: les Autours et Tiercelets craignent le vent, et n'aiment guières les grandes plaines sil ne sy trouve quelques buissons a remettre les perdrix ; mais , il s'en trouve de vigoureux qui volent bien partout : on ne doit guieres les muer a moins quils ne soient parfaits en bonté , puisque
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on en a touls les ans a choisir plus qu*on n*en veut; et, c*est rendre un grand senice aux fuyes et au\ basses cours de les désayrer pour les détruire autant qu'on peut, y en ayant toujours trop.