CHAPITRE XL
Dresser les Autours.
YAKT choisy les autours, comme ie viens de dire, il faut essayer a les faire paistre ssur le poin et les tenir le soir jusques a dix heures: avoir un aisleron de chappon i|a les faire tirer ; peu a peu ils se rendront bien familiers, pouneu que on leur |soit doux. Il faut toujours avoir des chiens auprès de soy, affin qu'ite les Jconnoissent, car cette espèce d'oyseau les craint beaucoup: quand vous aurez ^ tenu vostre Autour ou Tiercelet trois jours sur le poin sans l'abandonner, et qu'il sera assuré au bruit et mangera bien sur le poin , vous le mettrez sur la perche , ou ailleurs ; et lors, vous éloignant de luy de trois ou quatre pas , presantez luy de la rnnde sur le poing : s'il y vient, faites le manger, une autre fois faites le venir deux fois; et, peu a peu, le faire venir trois ou quatre
Ulkêi
fois de suite, et répéter cette leçon deux fois le jour, le matin a sept heures et le soir vers les cinq heures, pendant huit jours. I)onnez luy chasque fois une cuisôe de pouUet: quand il sera bien assuré à sauter sur le poin , il faut avoir une fisselle bonne et forte de vingt brasses de long: attachez en un bout au toui-et, et faites tenir Vautre bout par quel^un; faites revenir vostre o} seau peu a peu sur le poin; dans huit jours il viendra de la longueur de la fisselle, et mesme la doublera: qu'il connoisse bien vostre voix; après quoy, vous le lascherez dans quelqu*arbi*e et vous cacherez : s'il est une fois bien revenant, vous en ferez ce que vous voudrez et commancerez a luy donner cure : vous verrez ce que cest au chapitre qui en parle. Ayez quelque perdreau en vie, ou caille ou des moineaux que vous ferez tuer a vostre oyseau : cela les advance plus que tout a mettre dedans , leur faisant bien connoistre le vif.