‹ La vénerieChapitre 18 sur 138 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

^K doit retirer les chiens des nourrices à dix mois, et les faire nourrir au ?chenin tous ensemble, afin qu'ils se cognoissent, et entendent. Il y a bien t^difference de voir vne meute de chiens nouiris ensemblement, et à*\n aage, l^et de chiens amassez : parce que ceux qui sont noums ensemble s'entendent, |gft!|et ameutent mieux que ne font pas les chiens amassez. Apres qu'aurez retire ^î^les chiens au chenin , il leur faut pendre des billots de bois au col pour leur apprendre à aller en couple. Le pain qu'on leur doit donner doit estre tiers froment, tiers orge,

DU baillarge, et tiers seigle: d'autant qu'ainsi mixtionné, il les entretient frais et gras, et garentit de plusieurs maladies. Que s'il n'y auoit que de la seigle, elle les feroit trop vuider : s'il n'y auoit que du froment, il leur retiendroit trop le ventre, qui leur causeroit des maladies : et par ainsi faut mesler et mixtionner l'vn auec l'autre. On leur doit donner des camages au temps d'hyuer, principalement à ceux qui sont maigres et courent le Cerf : mais à ceux qui courent le Lieure on ne leur en doit point donner pour beaucoup de raisons : car si on leur en donne , ils s'acharneront aux grosses bestes , et ne feront cas des Heures qui se mettent communément parmy le bestial priué pour se deffaire des chiens , et lors pourroyent laisser aller le lieure pour courir après le bestial priué. Mais les chiens qui courent le Cerf ne le feroirat, à cause que le Cerf est de plus grand vent et sentiment que le lieure : aussi que sa chair leur est plus friande et délicate que nulle auti*e. Les meilleurs carnages qu'on leur poorroit donner, et qui les remettroient le plus, sont de chenaux, asnes, et mulets. Quant aux bcnifs, vaches, et leurs semblables, la chair leur est de plus aigre substance. Vous ne deuez iamais donner carnage aux chiens qu'il ne soit escorché, aftn qu'ils n'ayent pas la cognoissance de la beste^ ne de son poil. le loue grandement les potages faits de chair de brebis, de chieures, et de teste de bœuf, pour les chiens maigres qui courent le lieure : et faut mesler aucunesfois parmy ces potages quelque peu de souiïrc pour les BchaulTer. l'en deuiseray plus amplement au traicté des receptes.

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