‹ La vénerieChapitre 59 sur 138 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

LE Veneur pourra cognoistre par le Souil , si c'est vn grand Sanglier en voyant la longueur, et largeur, et grandeur d'iceluy souil : ou bien au partir du souil le pourra cognoistre aux entrées des forts, aux fueilles et aux herbes où le souil touchera, parce qu'alors qu'il en sort.

lACQVES DV FOVILLOVX.

il emporte la boue et fange surluy, laquelle marque les fueiUes en entrant dedans, par lesquelles on peut Yoir et iuger sa hauteur et grosseur. Ou bien aduient souuentesfois qu*apres que le Sanglier s'est souillé , il se va firotter contre vn arbre , auquel il marque sa hauteur. Et s'il a esté bsché des chiens , ou qu'il soit despit de quelque chose, il donnera volontiers deux ou trois coups de ses dents ou deffenses de^ns l'arbre, comme si c'estoit coups de dagues : là ou le veneur en pourra auoir iugement , tant de sa hauteur, que de la grosseur et largeur des deffenses. D se peut iuger aussi par la bauge : car les grands Sangliers en leur venaison font leurs bauges profondes en la terre, et au partir d'icelles iettent leurs fiantes qui se nomment en terme de Yenerie, lesses, lesquelles doiuent estre grosses et longues, demonstrant la largeur du boyau : car tant plus vne beste est vieille , et tant plus elle a le boyau large , combien que le veneur ne les doit point apporter à l'assemblée, mais doit suffire de les r^arder aux lieux où il en trouuera.

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