‹ La vénerieChapitre 60 sur 138 · CHAPITRE UL · texte numérisé non relu

CHAPITRE UL

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A différence d'entre les Sangliers et les pourceaux blancs est telle, que les bestes noires en leur alleures mettent tousiours la trace de derrière dedans celle de deuant, ou bien près, et appuyant plus de la pinse que du talon, fermant l'ongle de deuant, et donnent communément des gardes en terre, lesquelles ils eslargissent par dehors, les costez des ongles des traces tranchants et couppans la terre : qui est au contraire des pourceaux blancs : car ils couurent les ongles de deuant , en laissant tout plain de terre entre deux, et sont communément ronds et vsez, appuyant plus du talon que de la pinse. Aussi qu'aux pourceaux blancs le pied de derrière ne marche point dedans celuy de deuant, et leurs gardes se fichent toutes droites en la terre, sans s'escarter, et les costez des ongles ne font que fouler la terre, sans la trancher. Aussi que le dessoubs de la soUe des porcs blancs est plain de chair, qui ne peut pas i^lanir la forme de la trace, comme fait celle du Sanglier. Il y a pareillement grande différence aux boutis : car vne beste noire les fait plus profonds, à cause qu'elle a la hure plus longue, et quand elle arriue dedans les champs semez, elle suit volontiers vn rayon nazillant et vermillant tout le long d'vn scillon , iusques à ce qu'elle soit au bout : ce que ne font les pourceaux blancs, car ils ne suiuent pas leurs boutis comme font les Sangliers, mais seulement en font vn en vn endroit, l'autre plus loing, en trauersant les scillons, sans que leurs boutis s'entretiennent l'vn anec Tautre : Semblablement on les peut cognoistre l'^n de l'autre aux gaignages, quand ils vont au grain : car les Sangliers abbatent le bled tout en rond , là où les pourceaux blancs ne le font pas.

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