TRES-GHRESTIEN ROY DE FRANCE
neuruiesme du nom.
L est certain et notoire à chacun^ SIRE, que de tout temps lés hommes se sont adonnez à plusieurs hautes et ocadtes sciences, les vus à la Philosophie, pour contenter leurs esprits^ les autres aux arts mechaniques, pour ac- » quérir des richesses : Les inuentions desquels ont en tant dé manières xcsté esparses^ que de les desduire et nombrer par le menu , ce serait iquasi chose impossible/ De façon qu après auoir le tout bien examiné '*et considéré , en fin ie me suis arresté à ce qu^a dit ce grand et Sage Roy Salomon: que toutes choses qui sont sous le Soleil ne sont que friuoles et vanitez, ff autant qu'il n'y a science, ny art, qui puisse allonger la vie , plus que ne permet le cours de nature. Pour ce m'a-U semblé, SIRE, que meUlewre science que nous pouuons apprendre (après la crainte de Dieu) est de nous tenir et entretenir ioyeux^ en vsant d^honnestes et vertueux exercices : entre lesquels ie tCay trouué aucun plus noble et plus recommandable que l'art de la Vénerie. Et d'autant qu'en iceluy dés ma ieimesse ie me suis incessam^ ment exercé en cela selon ma petite puissance » suiuant le trac de mes prédécesseurs : ie n*ay voulu estre accusé à bon droit de négligence et paresse , à faute de rédiger par escrit ce que Fexpérience a peu iusqties à présent m'en auoir appris. Et combien que ie nHgnore que plusieurs bons et vertueux Gentib-hommes suîuent vostre Cour, qui mieux que moy s'en pourraient acquiter : toutesfois i'ay eu tant de confiance en l'humanité et clémence de vostre souueraine Maiesté , que ie rCay eu ne honte ne crabtte de vous présenter ce mien tel quel labeur : espérant que le verriez de bon œU , et receuriez de bon cosur comme partant de la main de
Celuy qui est rostre tres-bumble esclaue, et tres-obeissant serviteur et subiect, Iaqves dv Foyillovx.
j LES LIBRAIRES A TOYS FRANÇOIS
AMATEVRS DE L'EXERCICE * de la chasse.
AcQVEs du Fouilloux , Gentil-homme Poiteuin , ayant employé la meilleure part de son ieune aage au plaisir et noble exercice de la chasse , sur le déclin diceluy , voulut faire participans de ^l'adresse et de Tart de bien chasser, et prendre tous animaux bosqueresques et saunages , à course ou à force , ou par subtilité , ?à tous gentils et nobles esprits de ce Royaume : participans ^^ |: (di-ie) par son escriture , c'est à dire , par vn Hure de la Vénerie qu'il en a
i l composé , et qu'il mit en lumière il y a environ vingt ans , après Tauoir présenté
V ] au defunct d'heureuse mémoire , Charles , Roy de France , neufiesme du nom ,
'. i Prince généreux et magnanime , amateur du déduit et exercice de la Vénerie ,
j i autant ou plus que Prince ou Monarque , qui oncques ait vescu douant luy :
Lequel véritablement print plaisir à la lecture de ce liure: et depuis luy plusieurs Seigneurs , Gentils-hommes , et autres personnes de tous estats , s'en sont preualus et seruis , pour se faciliter les moiens , non de bien chasser 'l seulement, mais aussi de bien et dextrement arrester, et prendre tous animaux
par eux chassez et suiuis , à chiens , et à course. Aussi a-til ia esté imprimé par trois ou quatre diuerses fois : mais pource que le sieur du Fouilloux en son liure n'auoit traité , que de la chasse du Cerf et du Sanglier premièrement et principalement, y faisant comme en passant quelque addition de certains briefs discours des chasses du Lieure , du Renard , et du Tesson , et de quelques remèdes aux maladies qui iournellement suruiennent aux Chiens , premiers et plus nécessaires instrumens du plaisir de la Vénerie : le dernier des Libraires , qui Tauoit fait mettre sur la presse , y auoit fait ajouter le traité de la chasse , çy douant publié soubs le nom du Roy Phebus , pour d'autant vous solager et délecter, c'est à sçauoir , des chasses de plusieurs bestes saunages y comprises , dont le Sieur du Fouilloux n'auoit point fait de mention : comme , du Rangier , du Daim , du Bouc saunage , du Cheureuil , de l'Ours , du Loutre , du Connin, du I^oup. Laquelle addition nous auoas encore bien voulu continuer en ceste notre dernière édition : et outre icelle augmenter d'auantage et enrichir ce liure (après l'auoir fait reuoir et amender] d'vn bel et ample traité de la chasse du Loup (qui est l'vne des plus belles et bonnes de toutes les chasses) : d'vn autre petit discours de la chasse du Connin : et encores de plusieurs bons et beaux remèdes pour guarir les Chiens de diuers maux et accidens , autres que ceux du Sieur du Fouilloux , et cy-deuant non imprimez. Enquoy nous auons bonne volonté emploie et frais et peine , pour vous gratifier et accommoder , de tant que nostre petit pouuoir peut porter : Et de mesme , continuerons cy après en la publication et édition de maints autres Hures , dont nous vous penserons pouuoir retirer proufit et plaisir. A Dieu.