‹ La vénerieChapitre 84 sur 138 · CHAPITRE rill · texte numérisé non relu

CHAPITRE rill

PRES auoir sufBsamment monstre la manière de faire le buisson pour les loups auec limiers, et sans limiers, reste à déduire comme on doit asseoir le cours pour I lesdits leuriers. D faut donc en cet endroit auoir esgard par où les loups ont le plus souuent accoustumé se rembuscher et sortir de leur gré au soir pour aller au carnage et chercher leur proye : car ordinairement ils viendront et sortiront par là. Et faut aussi auoir le seing que l'on fasse le cours en bon vent : c'est à dire, que le vent vienne du bois droit au cours : car le loup n'ira contre le vent, s'il sent que les leuriers y soient et auec le vent n'en peut auoir aucun assentiment : toutefois le vieil loup ira plus souuent contre le vent qu'à val le vent : et souuent les y ay prins, mettant mes leuriers assez loing, qui les alloient assaillir de grand courage à la partie du bois. Le cours donc sera assis à Tvne des saillies du bois, en bon vent, et s'il est possible, que ce soit en quelque plaine ou en pied montant : et que les huttes se voient l'vne de l'autre, faictes en façon de fer à cheual, comme il est figuré cy deuant. Outre cela sera besoin d'auoir pour le moins sept laisses de grands leuriers , et deux laiœes de légers leuriers, pour les lascher en queue : et faut qu'ils soient assis à la partie du bois, accompagnez chacun d'vn homme à cheual pour les dresser au cours. Donc après cela y aura trois laisses de chacim costé du cours, qui seront nommées costeresses, dont les deux premières, qui seront vis à vis l'vne de l'autre, l'ascheront à l'espaule, si le loup est entre les deux, autrement il ne faut qu'ils laschent plus tard. Et si lesdites premières laisses costeresses sont bien hschees, le loup ne faillira d'entrer dedans le cours : aussi, si les autres laisses sont bien lascbees, et qu'elles attendent que le loup approche de leurs huttes, le loup ne leur eschappera iamais, et pour cela, celuy qui tient la laisse du fond du cours, doit saillir de sa hutte ses leuriers au poing , et venir au deuant de luy, et luy bailler ses leuriers en teste, qui doiuent estre des plus hardis et courageux.

Sur tout sera besoing que chacune laisse ait bonne hutte de toile, branches et fueilles pour couurir l'homme et ses leuriers, et ceux qui le tiennent doiuent estre bas, à genoux. Quant à moy i'ay fait faire des huttes de toille tannée, qui se tendent auec trois bastons, qui est pour le mieut : sous lesquelles l'homme et le leurier sont i l'abry du vent et de la pluye, et ont sous eux de la feugere, ou de la paille, pour estre plus à leur aise, et s'il adulent que le loup soit attaqué de leuriers, &uty courir diligemment, pour luy mettre vn espieu ou gros baston dedans la gueule, iusques à la gorge, afin qu'il ne blesse les leuriers aux iambes ny au museau. Par ce moyen les chiens en ioûissent bien à leur aise et sont rendus plus hardis à les prendre, s'ils les ont pris sans auoir esté blessez. Au contraire, si on ne leur donne secours incontinent, les loups no failliront de Uesser beaucoup de leuriers, comme emporter aux vus la iambe, aux autres

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percer la teste, et faire autres outrages, dont ils sont puis après fort malades, et bien souuent en meurent: d'autant, comme nous auons dit cy deuant, que la morsure des loups est trèsdangereuse. Ayans donc les leuriers iouy à leur aise de leur proye, ne faut longuement les y laisser : mais chacun doit reprendre les siens, et s*en retourner diligemment à ses huttes, s*il y a encore loups au bois : et là attendre, et lascher les leuriers, comme a esté dit. Et faut bien aduiser à ne les lascher trop tard : vaudroit beaucoup mieux les lascher plustost, et que le loup retoumast au bois, que de le laisser passer hors du cours : car s'il en est hors, et les leuriers sont en queue après, à grande peine s'en prend-il pas vn : toutesfois i'en ay pris plusieurs, Toire encore depuis quelques iours, escriuant ce présent traicté. Aussi, s'ils sont faillis et. eschappez aux leuriers, ne se faut amuser à les poursuiure : car ils ne s'arrcstent point, mais Tont tousiours, vray est qu'ils se pourront arrester au prochain buisson ou bois, s'il est assez fort, et qu'ils ayent esté griefuement foulez des chiens : mais cependant ils gaignent les deuans, et n'osent plus entreprendre la compagnie, pensans y trouuer encore les leuriers : et lors on lea prendra à force, qui est vue belle chasse sur toutes les autres, d'autant que les chiens les voyans. et sentans desia mal-menez, les chassent et poursuiuent auec plus grand courage et hardiesse. Au surplus faut noter que i'ay veu quelquefois que les leuriers font difficulté de prendre vne louue chaude, ains la veulent saillir et couurir comme vne chienne : mais s'il y a aux oours^ quelque bonne leuriere elle la prendra par enuie et ialousie.

COMME ON DOIT CHASSER ET PREiyORE

les loups sans limiers, chiens courons et leuriers^ auec les rets et filets.. . . .

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