CHAPITRE lY
Du Sacre.
I E Sacre est moindre que le Gerfaux : on le met aussy aux mesmes vols que le Gerfanx. Cet oyseau est comme l'Emérillon; on n'en voit point de niais, car jamais on n'a trouvé leur ayre. Plusieurs personnes ont assuré avoir veu des Sacres niais; mais ils se sont trompez, et ce ne sont que de grands Laniers fort bruns qu'on a pris pour des Sacres. Cest un oyseau qui donne de la peine a dresser et a chapronner; mais avec de la patience on en vient a bout, et enfin il se donne bien a son maistre et en est comme jaloux. Il méconnoist son maistre s'il change d'haby : il est sujet a monter a lessor par un beau jour; mais cet oyseau ne fait point de fuites, a moins quon ne luy ait fait de grands déplaisirs. Un gentilhomme qui peut en avoir doit se trouver bien heureux, et quoyque lisseront passagers muez on ne doit pas les estimer moins: seulement je diray qu'on doit plutost avoir des Sacrets
que des Sacres. Cest un oyseau qu'on ne perd guiéres: n est sujet a charrier, mais on luy fera passer ce deiïaut , et on aura recours au chapitre des oy^eaux qui charrient. le recommande quon fasse grand cas de cet oyseau sy on en peut avoir, soit sor ou roué, car de niais jamais il ne sen est veu.