SCENE IV
V a dac, Oâtechair et Baptiste.
,j ^n, ViLDAC, (avec douceur).. .. ,, ,,; -,
Eh ! feîcn ! mes ami, j'espère que ni la mort trapjique do f(3a votre maître, ni la captivité de son fils, ne vous empêcheront d'habiter avec moi dana ce clifiteau duut je suis le lé;^itinic héritier.
•J ACQUoT, (à part).
Dis donc le voleur ! — haut— Pour moé, monsieur, ça va être bon dur, d'autant plus que je suis uorveu et que depuis que not maître est mort, y se passe do vilaiue-î choses dans le château et •dans les alentours, ^ ' '^'' •
ViDDAC,
Va donc, Baptiste, chercher une bouteille de bon vin. Je suis fatigué, épuisé, ya m o fera du bieu. {Bapthte sort et rccicnt
uvex houtcJlle et verrez —Servez vous, mes amis — {ils hoicent)
A votre santé Maintenant conte-moi donc ce que vous avez vu
€t entendu.
Jacquot.
Baptiste va vous conter <,*a, il est plus phisolophc que. woé.
— ''■'^^'^' ■■■■ 'Baptiste. -■■■^'•- '■■■''> • ^w.v./:
Or donc, il faut vous dire, monsieur, que le soir, vers minuit, du caveau où est la tombe de M. Charles de Beaumont, quelque chose comme un être humain enveloppé d'une grande robe uoii-e sort sans ouvrir la porte, et se promèue mystérieusement en tous sens. Des lois une voix de tombeau se fait entendre et dit : Celui qui tue son père, son bienfaiteur, est maudit de Dieu, maudit des hommes ; le remords le rongera sur cette terre comme le ver ronge le cadavre 4ans le cercueil.
. ViLDAC (inquiet^ 'iiliv^^ i-i hïim,;
Vraiment, vouf5 avez vu et entendu cela.** ' * f'' '"'' ' ; •
: ,,.-.........,..,.,. Baptiste. ,. v.iuV':; 'i,.^
Ah ! je le jure quant à moi.'^**' *'"'^K ^'^'^ '-'^'^ ' ''* ^*^ 'J^^
Brrrr— quand j'y pense une sueur froide glace tous mes membres,— Brrr, jh^'-^i^m ''«•- ï^''-'»:*'?'«1> ^è?"!: . .
Puis ensuite.
wwni «mv •iiiiiiiiiii>imiiiiini«iiii,i
Baptiste.
Au fond du précipice, on entend des blasphèmes qui font dresser les cheveux... des malédictions horrihies, — des bruits de chaînes, — des ricanements de damné. C'est épouvantable, bonjour ! — Kt pi souvent le soir, de grosses fumées noires et empestées s'échappent du fond du précipice. Et pi, une voix moqueuse s'élève et prononce ces mots. Damné pour parjure,, damné pour meurtre, damné pour voL Maudit,, souffre avec moi pendant l'éternité.
Ah ! Monsieur que c'est effrayant ça.
ViLDAC (affectant de rire.} Mais vous avez r«t'véj mes bons amis.
Baptiste.
Non, 3Ionsieur, non Ah ! mon Dieu, voici l'apparition . —
(Ils se sauvent, Vîhlic, tremblant fuit à V 'mité du théâtre.} Le Revenant, d'une voix sourde : Celui qui tue son père, son bienfaiteur, est maudit de Dieu, maudit ; le remord le déchire pendant sa vie. comme le ver déchire le cadavre dans le cercueil . (7/ sort.)
ViLDAc, (tremblant.)
Tu m'as trompé, Satan, — tu m'as promis du bonheur, et ce j!ont des raalédiciions qui me poursuivent. Et cette apparition, ce revenant, c'est ma victime; c'est mon père adoptif, c'est mon
bienfaiteur! Il m'a maudit. Ainsi, chaque soir, il viendra
troubler mon repos. Il n'est point de paix pour le parricide. La vengeance de Dieu le poursuit. J'ai pensé trouver le bonheur dans la possession de ces biens, — ^je ne trouve que remords et tourments. Plus de sommeil pour moi, plus de repos, mais déchirements du cœur, tourments que l'enfer ignore.
Oh ! si la mort, si l'anéantissement de moi-même pouvaient
étouffer mes suffrances ! Mais non chaque objet dans cette
demeure est un accusateur pour moi, — ^je souffre et nul ne sait
ce que je souffre
Satan, tu m'as menti ! ! I
Je te maudis ! — (i7 tombe sur le sofa sur lequel il a immolé sa victime)
Ici j'ai tué mon père, mon bienfaiteur je suis maudit I
Le revenant (à l'autre bout du théâtre)
Oui ! maudit ! celui qui tue son père est mille fois maudit de Dieu ! — le remords déchirera son cœur vivant comme le ver ronge le cadavre du mort dans le cercueil (i7 disparait.}
ViLDAC, avec effroi.
Oh ! c'est lui ! — c'est lui ! Si je pouvais au nioius espcJrer
«un pardon mais tout me maudit ici Ah ! que je souffre.—
Une voix chante en arrière du théâtre.
Voici venir la nuit avec ses ombres noires Quel silence partout ! quel calme autour de toi. La frayeur t'^ saisit, — des ombfes illusoires, Dansent dans ton château, puis te glacent d'effroi. Sois maudit, sois maudit.
ViLDAC, épouvanté.
Qu"'elle cgt donc cette voix qui me maudit encore ?- -Ah ! fuyons, fuyons de ces lieux témoins du plus atroce des forfaits... (avec désespoir) ! Oh ! — Si je pouvais espérer un pardon ! . ...
Satan tu m'as trompé,.., Sois maudit !...... (/?icrtwemen<
en arrière du rideau)
ViLDAC avec ranje...
Et tu te moques de moi,... Sois maudit S'il est un pardon pour le misérable, je l'obtiendrai Oui... Je l'obtiendrai. —
Devrais-je avouer mon crime, me jeter aux genoux de Gustave, baiser la poussière de ses pieds, je le ferai
Insensé que je suis ! — Me pardonnera-t il le meurtre de son père ! — Me pardonnera-t-il ses années de prison ? — oublieras-t-il les jours de bonheur qu'il aurait passées avec sa charmante épouse ai mou crime ne l'eut confiné au pénitencier ? —
Non, non, il ne le peut, Oh ! si je pouvais mourir !...
Me donnez la mort serait ajouter à mes forfaits ! Je souffrirais les tourments du damné, mais qu'importe. En enfer, au moins, je pourrais dir- ! — j'ai regretté mon crime, j'ai demandé mon pardon, — il m'a été refusé
Oui, il me semble que je souffrirais moins. — .
Maudit sois-tu satan. —
(Le revenant entrant subitement).
Ton crime est affreux, malheureux enfant ; la miséricorde
de Dieu est infinie, — le repentir sincère efface tout ; — moi, je te pardonne ma mort, Vildacl — {il disparaît.)
ViLDAC (a genoux )
Oh ! merci, merci, mon bon vieux père ! — Il me semble qu'il n'est plus qu'une moitié de l'enfer qui pèse sur mon cœur I — {Il se lève et appelle Baptiste).
tttmiMimiDmmimÊ^t»^
Baptiste^ cours ù la prison, — dis au geôlier que jo veux voir Gustave iiuméJlatouiout, — iuiuicdiatonient, — eotends-tu ?
Baptiste.
Oui, monsieur — /// wrt^.
ViLUAC (seul;. ' I,
Oh! f*i Gustave voulait, s'il pouvait me pardoDncr ! — Que l'on me donne la mort, je l'ai méritée, — mais j'ai peur do mourir sans être pardonné par Gustave Pourtant son père m'a pardonné ! Oli ! s'il le savait.... [1 est aussi bon rpic lui !
(il tombe i\ genoux). Mon l^iou ! mon Dieu! pardormtz à
mon repentir; vous au moins? Mes crimes sont affreux !....
j'ai tranngres.sé votre loi sainte;.. .. mais je me répents Seigneur, mais je pleure à vos genoux, à vos genoux j'iu)plore votre pitié,
votre clémence, votre pardon ! ( // se relève) Oh ! (ju'il
fait bon de prier ! d'imploror son pardon je me sens
soulagé! l'espéranee est entrée dans mon âme Mille
fois merci, ô mon Dieu qui daignez avoir pitié de moi !.... (lî
viarche hnfcmr.nt et regarde si personne ne vient\) Ah!
voici le geôlier
„w:-M, , -a scên'k'vi. -', .V.^
Vl/fJac, Féh'x. Baptiste. «^ "{ •■
Monsieur le ixéolier, uuriez-vuuh- la bonté de m'auiener en ce lieu même votre pauvre prisonnier Gustave de Beaumont.
•• ■ ^" Félix. ^''.'~' ■■> t-''^'^^^^' •- .•'••! '■■
Oserais-je vous demander la raison d'une telle démarche,
seigneur I
ViLDAC.
Vous ne la saurez que trop tôt. — Je veux le voir de suite, le plus vite possible s'il vous plaît.
Félix. . :
Je vais l'amener, monsieur, {il sort avec Vildac.)
pf,w, V.. ., . : ■ :<! SCÈNE VIIme -^!;.^^-. - ;' .- t
*'•■'• :'^ ^ •■'''*■ ■••'-; Baptiste (seul). ,"'''*'','•''
Ce pauvre monsieur Gustave, comme j'vas être content de le
revoir! Quel ange d'homme c'était! Non, non jamais
on me fera croire qu'il ait tué son père! — Il l'aimait trop.
Ah ! j'ai toujours soupçonné ce vilain Gâtechair que les corbeaux rongent au fond du précipice, et ce grand hyppopotame d'intendant que le diable confonde. — Ah ! lui en a semé des cheveux sur
la soupe de mon bonheur depuis quelques temps. — Faut pas en vouloir à perwnne, mais par ma veste de bourragan jaune, si, la
justice le pinçait, j'en rirais à ventre déboutonné! Mais l'on
vient (il regarde) Oh! M. Gustave I