‹ La vengeance de Geneviève [microforme]Chapitre 36 sur 64 · LL · texte numérisé non relu

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ement ayante, argent.

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ne pruet qui, plosion

finale, devint du jour au ter ver une puis sance.

‘Sila Commiutie prit quelques mesures/pré-

voyantes, au milieu du chaôs d’inépties qu’elle décréta, ce fut à ‘Bourgeal l'exilé” qu'elle les dut.

Si élle ne suf éviter auctn: excès, et ne’ ‘s'épargna aucune ‘viotenice, c'est que, tout eh reconnaissant la supériorité du vieillard, ellé n6 voulait pas, pour lui obéir, renoncer à ses entraînéments de bêtes à brütes. 1

Il était un des maîtres du jour, cependant.

il ordonnaïit comme en se jouant, la construction d’une barricade, la marche des batsîllons contre Versailles, l'arrestation de tel ou tel personnage suspect, l’enrôlement forcé le tel autre, la fermeture des églises, la perquisition dans un immeuble, le pillage d’un hôtel, comme il devait ordonner peu après la destruction d'une maison et l'incendie d’un monument.

Il était un des maîtres du jo”, et, sinon le plus sanguinaire, du moins le plus affamé de pouvoir, d'hommages, d'aplatissement.

Cet homme, en révolte toute sa vie contre la tyrannie, portait, dans son enveloppe vou un tyran redoutable. |

Méprisant profondément, ‘absolument, :se8 collègues du Comité central et du Comité de Salut public, il savait s'en faire craindre.

L'impuissance des is norants, des incapables,

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des vaniteux qui l'entouraient, irritait sa réelle | valeur intellectuelle. |

: Malgré son amour de. l'autorité, der des ut ai inférieures, si viles, si gonflées du. vent, lui semblait indigne de ce qu'il savait être.

..N 8 faisait, du moins, de ses égaux en “Lives un marchepied, | pour élever: sa tête orgueillense au-de essus de leur platitude. |

C'était l'heure de a rage des galons, des plumets et des chamarrures.. Tous généraux, dans, cette tourbe de déclassés sautés à l'assaut du pouvoir, cote un chien hydrophobe saute à la gorge de son maître,

‘A cette passion si génétale, si excessive, ttois hommes seulement échappèrent, dont ‘deux avaient porté l’épaulette d'officier.

Étaitce, donc qu'ils se sentaient amoindris et co . déclassés par l'uniforme de la Commune

Ces hommes étaient Rossel, Cluseret et Bourgeal. :

“Oluéeret, très brave an feu, s’en ‘allait en rédingote, une badine à la mtin, coiffé d'un chapeau de haute forme, suivi, par contraste, d'un état:major tout reluisant de clinquant ; Rossel en courte veste, en chapeau rond, faisait de même: Avaient-ils pris cette habitude pour être prêts à décamper à toute heure, tant leur connaissance des chôses militaires leur faisait prévoir une inévitable défaite ? ”.

Le citoyen Bourgeal dédaigna la tunique et

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lé:képi, les dorures, les panaches et les grands sabtes traînants. ‘ Il demeura ‘boutonné sévè: tement cornine jadis à Fontenay, ‘à Clarens, das un paletot bourgeois, üe/eoupe démodée, qi lui eût donné ‘une apparence d’ancien militaire, si sa physionomie sombre, glaciale, n'eût repoussé tout rapprochément avec les bons visages loyalément ouverts de nos vieux soldats.

Maïs, s’il ne portait pas d’uniforme, il portait des armes. Deux revolvers se dessinaient, menaçants, dans les poches du large paletot.

Il était de ceux qui veulent se défendre d'abord, en cas de surprise, mais surtout de ceux qui ne craignent pas d'attaquer au besoin, si cela peut servir leur projets avoués ou leur vengeance secrète.

On sait que toute autorité de cette néfaste période délivrait sans scrupule des ordres d’arrestation. Nul n'avait ur ennemi ou simplemcnt une petite rancune contre son prochain, sans faire aussitôt usage de cette faculté.

“Il est si doux pour les âmes envieuses de faire le maître au renom de la liberté et d'’invoquer la fraternité en opprimant les gens !”

Maïs ce qu’on sait moins, c'est que Îles membres de la Commune n’ont pas dédaigné

de saisir au collet, propria manu, les gens LS

leur déplaisaient.

‘Vermotel lui-même, une des rares intelli-

geñces que Bourgeal père appréciait — et qui

seul lutta pour empêcher l'exécution des

otages —: Vermorel ‘tomba dans'ses satisfags

my des:basser vengeancas et ne put résister

à Ja tentation da se déshonorer tout à fait.en arrétant ên pleine/rua Vivienne, de ses main4, le commissaire de police dela Bourse, M.

but, qui fut conduit à la Grande Roquettg, dont il.ne.s’échappa que par miracle”. |:

Ses collègnos à l’occasion le félicitèrent de cette énergie.

Cet exemple dut se présenter à la mémoire de ‘‘ Bourgeal l’exilé,” le personnage influent du Comité central, qui, dans toute la majesté de sa situation, se faisait voiturer le long de la rue Montmartre, assez déserte, d'ailleurs, un matin d'avril, en compagnie de ses thuriféraires habituels, son secrétaire et l'un de ses plus plats collègues, quand il vit déboucher de la rue des Jeûneurs un jeune homme, boiteux, ébouriffé, qui se. hatait vers le boulevard, de toute la vitesse de ses deux jambes iné-

gales.

Le citoyen Bourgeal eut nn léger sursaut.

Cette démarche claudicante, cette tête intelligente, ces bras qu’une habitude d'enfance balançaient irrégulièrement le long du corps ne pouvaient appartenir qu'à cet être abhorré, jeté plusieurs fois sur sa route par la destinée, tantôt pour violenter sa volonté paternelle, toujours pour le brayer..….

: Jacques: Ferrat !... le passant. inoffensif, c'était Jacques Ferrat! Une mauvaise étoile, certes, que celle de ce garçon, puisqu'elle: l’a-

8 Main, M.

Lo quetéé,

rent. de

mémoire influent majesté long : de leurs, un thuriféde ses boucher me, boiulevard, bes iné-

rsaut.

te ‘intelance baorps ne abhorré, lestinée, ernelle,

offensif, » étoile, alle: l’a-

satisfage . résister

ait à portée de son lus el.ennemi Fe ne seb ad inartioulés jaillit À, jaillit A lèvres soudainement épanoulies. . 5 5

Il allait donc prendre sa ‘revanche eur l'andace de cet imprudent!.. NT M

Depuis longtethps; il! mobil môttre à profit sa puissance pour l’éxercer éontre : ce chétif, cet inconnu. Mais des préoccupations plus graves, plus patriotiques, — la Commune parlait de patriotisme! —- l'avaient ! absorbé jusque-là.’ Aujourd'hui; plus de préoccupations étrangères, quisque le hasard le servait. ‘*»

Il n’entendait laisser à pshige lei soin précieux de levenger. : thé 0

: D'un geste, il fit arrêter la voivhs descént dit majestueusement, et sans craindr< de com: promettre son importante personnalité en ces fonctions d’alguaril, il abattit sa l.-ge maïti nerveuse sur l'épaule du boitéux, lequël;: les yeux en l'air, s’avançait sans méfiance. : ‘”

— Je vous arrête, J acques Ferrat, ditil brusquement.

Celui-ci tressauta ; ‘quand son LES heurta celui du terrible vieillard, il se sentit frissonner.

- Ah! par exemple !... m arrête Métiers | il en se débattant. None allons ne fort, ci:

toyen Bourgeal !

Sous son apparence grêle, Ja: Loos homme était solide, mais le poignet qui le tenait, étoffe et chair, semblait de bronze. ARE E d

A - ; ] £ 5 : x z Le = = - - : E Le. 2 hcpit al à à Te RS z SELS ES » sf œ. FRS CREER = Reg ue PE à AT LE Et in J'es Sembe penser ent à fer tr mg le CS RE Se DE Et SE PR ns oh AS IF me ES =: = + Æ EE ;

alé oHprié que mieux valait | parlementér d'abord." — Et de quel dtoit His ttétérez Vous‘ ?

“+ Je suisiméembre du Comité central.

— Et l’ordre, où est-il?

+ + Où je suis; pas besoin d'ordre.

+: Et le motif?

en Gomplot contre . ià sûreté de Ja Céi-

. Na:

… Allons donc !... complot 4. Avec cela que les ambulanciers ont le temps de DEEE

Dans les griffes du tigre, implorer. : + jamais ! se taire eut été prudent, peut-être; mais parler, braver, crier son. mépris était tentant pour l'ouvrier parisien. |

:— Vous m'avez volé 50,000 francs, voilà le motif!... et vous aimez mieux sentir votre créancier à Mazas sous les yerroux, que libre sur le pavé de Paris, déclara-t-il, hardiment.

Le citoyen Bourgeal haussa es TE avec un mauvais sourire, pendant qu'un murmure scandalisé sortait du landau.

* — Vous aurez le temps defaire “ la preuve ” comme on dit au palais, fit-il. Ici, Bouvier.

Le secrétaire de ‘“ Bourgeal l’exilé ” qui deimeuräit tout abasourdi dans la voiture, se jeta sur le trottoir en entendant cêt appel assez sémiblable à celui qn'on emploie pour un bouledogue. |

— Joli chien de garde! ricana le boiteux.

nentér

Com-

)c cela >mplo-

mais !

parler, pour

oilà le votre libre hardi-

avec mure

Ce Bouvier en possédait, d'ailleurs, assez

bien n LAlRES lourde et.le faciès bratal..

ide-moi à eonduire. cet avorton-là au

ri du Palais-Royal, dit le citoyen. Bourgeal, ai n'était pas dupe, de la ie: FAR

e son prisonnier.

“fn effet, Jacques tâtait son à geblier et se ra massait pour échapper à ses serres. Les sentant tenäces, il voulut se donner la suprême joie de jeter la vérité à la face de son ennemi.

— Au poste ! raïlla-t-il, je vais parler, je vous en avertis, Ô mon A TiTiTs ‘es vous pr à l'édification de ces excellents fédérés, ce n’est pas là qu'il faut me conduire. ”

— Si nous l’enlevions dans la voiture ? hagarda Bouvier.

‘Le conseil était pratique, mais Île citoyen Bourgeal n’entendait pas se priver du véhicule réquisitionné dont il'jouissait en propriétaire.

— Non, dit-il, qu’il marche. :

Quelques fédérés qui püssaïent s’ 'arrétérent pour mieux voir, bien que-les arrestations, même: en pleine rue, devinssent déjà nombreuses et parussent presque naturelles.

Pourtant un membre du Comité central qui opérait lui-même... | :

— Allons, aidez-m<* vous autres, commanda lecitoyen membre du Comité. central, ennuyé de cette attention.

Gouailleur, Jacques se laissait entraîner en répétant tout hat t, le sourire aux lèvres:

— Cinquante mille francs!.. et les intérêts

Ed

ee

248 1 haie DÉ th dépuüis mt ans! . 4 O mon: exécuteut !, Ds |. vous

trouvez dotic plus “dinde dé m'incarcéret que de me les tendré?,., (els Vous coûterait pourtant bien peu. Les: chinses dé l'Hôtel de ville Sont entré vos mains... Voilà tte belle occasion d'en faire un usage Fe peu près honnete.

Le vieillard fronça le. PUR N'ayant reculé ni devant. un détournement, ni devant. un faux n ni devant l'insurrection, gardant d'instinct des allures arigtocratiques dans un milieu gros- Sier, il jui déplaisait de s'entendre accusé de vol même en un temps où le vol ne flétrissait point son anteur.

11 se consulta une dE seconde, tira; nne car: te de son portefeuille, la remit à son secrétaire, et prêt à remonter dans son landau : |

+ Bouvier, dit-il, j'ai changé d'avis. ÿ je te. confie cet accusé ; droità la préfecture de police, entends-tu ?.. . Intelligence avec Versailles.

es Îleuffit, citoyen, répondit Bouvier.

‘Et tandis que le landau remontait vers le boulevard Monttnartre, le petit groupe se it à ‘dés- <undre la rue d’un pis mesuré.

Bouvier n'était ni trop mécontent, ni i trop flatté du rôle de sbite que le caprice du maître Fdi'imposäit : celäle Changeait. N'ayant plus de rancune à satisfaire, il se serait peut-être déchatgé ‘sur un tiers de si!résponsabilité, s’il

vait cru Bañgit dans Paccent du redoutable ae oyen üne âpreté singuliète. de

" vous arcéret terait ôtel ‘de é belle 8 hoït-

aut reant un nstinct u grosé de vol t point

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ni trop maître at plus te dété, s’il üutable

Cet. ‘avortoñ” qui meuaçaïit un puissant du jour, valait la peine d’être surveillé ? PAR

: Son œil mauvais couvait donc le prisonnier redevenu tout à fait paisible entre les trois aji+ mables personnes qui l'enveloppsient, :: :

Bouvier, d’abord, type de laïdeur et de:brus talité ; puis un grand guaillard, tout jeune; à bonnet rouge de zouave posé de travers sur une: tête impudente ; enfin un pauvre diable de:f6+ déré, à l'air minable plus triste que terrifiant, qui: portait maladroitement son Push uriurss un cierge. | 4

Jacques songeait bièt à donner un croc' eh jambes au bonnet de zouave et au Nas ue tif, mais Bouvier ?...

S'il échappait aux uns, évidemment l'éntre le ressaisirait. Mieux valait attendre, Attendre quoi ?. Bah !le gamin parisien n’est jémais à court dé ressource et le gamin parisien n'était point absolument étouffé par la métamorphose du courageux ouvrier typographe.

On marchait toujours à travers les rues mornes: En dehors de la population spéciale, dont les panels trouvaient en elle leur sa tisfaction, la © Commune avait fait le vide dans, la capitale. |

Is arrivaient à la place Dauphine tonte hé rissée: de canons. Ils:entrèrent à la préfecture de -police encombrée de gardes nationaux à mines de forçats, couverts d’oripeaux de toutes provenances, famant et buvant à discrétion

‘Des tohnéaux et des atmes dans tous les coins.

‘Du: darcan de lé permanence, espèce de

bouge enfumé où des bouteilles vides’ s’amoncelaient sous les menbles, Jacques Ferrat fut dirigé sur le Dépôt.

: La carte du citoyén membre du Comité central paraissait lui valoir une incarcération prompte, délivrée de formalités bien inutiles, puisqu'il déplaisait au pouvoir.

: Bouvier lui souhaita ironiquement “bonne chine” et s’en retourna, la conscience aussi tranquille que s’il n'avait en rien contribué à envoyer un innocent à la prison et ponétre à la mort.

Car, en ces jours, d’affollement criminel] où les magistrats étaient des repris de justice, où le bon plaisir tenait lieu de lois, qui pouvait savoir ce que l’avenir réservait au malheureux tombé dans la fournaise ?

Le greffier du Dépôt daigna toutefois, déthander à Jacques ses noms, prénoms, âge, cempre et qualités.

Le jeune homme déciara se nommet J acques Ferrat, être âgé de 19 ans, demeurer à l’ambulance Le Bastu et remplir lès fonctions d'infirimier des varioleux. -

‘À ‘cétte indication, donnée le plus sériebiseméht du monde, les gardes, qui se tenaient à ses côtés, s’écartèrent, et le greffier lui-même exécuta derrière sà table un vif rép de

recul.

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Le boiteux regretta de n'avoir pas: songé plus tôt à décliner sa position sociale, qui, aurait eu peut-être pour résultat. de mettre, en fuite Bouvier et sa bande.

Le greffier très pressé de se défaire de: cet accusé ‘‘ dangereux ” sonna brusquement ; ‘un gardien parut, et remit à Jacques une plaque de zinc peinte en bleu avecle No 70 cn relief;

c'était le numéro de sa cellule.

Ils sortirent ensemble, passèrent au delà d’une porte grillée, montèrent. au. premier étage, et trouvant le No 70, la porte en fut ouverte, puis refermée derrière le nouveau pee sonnier.

Jacques s’assit sur l’escabeau scellé au mur par une chaîne, qui formait avec le lit et une cruche le mobilier de la cellule. Sa plus grande tristesse venait de l'inquiétude que son absence devait causer à l’ambulance Le Bastu.

En sortant le matin, pour aller chercher dans le quartier Montmartre certaines préparations pharmaceutiques ordonnées par le docteur Molins, Jacques avait dit ne vouloir demeurer dehors que le temps strictement nécessaire à cette course.

Adoré des malades et les chérissant, il eût regardé comme une mauvaise action de leur dérober par la flânerie, ou même par le repos d'une courte promenade, la moindre portion.

des heures qu’il entendait leur sacrifier.

Qu'allait-on penser ?... Le docteur croirait peut-être à un oubli momentané de ses fonctions.

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