CHAPITRE XXI
Ce projet d'union agité, rompu. le départ de Lucy sans promesse de revoir, sans désir de retour, laissèrent la Joliette sous une impression de malaise, que toute la gaieté de Jesnnine, que toute l’activité de Jacques ne parvenaient pas à secouer.
Geneviève, qui dépérissait un peu chaque jour, le ressentait visiblement.
Placial lui-même en semblait atteint, quoiqu’il ne fut que l’hôte intermittent de Fontenay-sous-Bois.
Sa préoccupation prit des proportions assez fortes pour que Geneviève se permit de l'en railler doucement.
—Qu'avez-vous ?.… Les malades préfèrent-ils les empiriques ou le magnétisme à votre savoir ? lui demanda-t-elle un soir en se promenant avec lui sur la terrasse.
— J'ai trop de malades, répondit-il en s’effor- ” çant de sourire; ils n’y mettent pas de discrétion. |
—Sont-ils des gréanciers insolvables qui menacent l’équilibre de votre budget ?
—Je suis trop riche pour un homme seul.
C’est honteux. Je thésaurise !
—Prétendez-vous à l’Académie des sciences ?
—Je ne prétends qu’au bonheur, Greneviève, + fit-il d’une voix profonde.
Elle tressaillit.
—Ne l’avez-vous pas ?
—Je l’attends toujours.
—Je vous l'ai offert déjà.….'autrefois. sou-
venez-vous ?
| —Je me souviens. Mais votre amitié faisait | fausse route. Aujourd'hui, comprenez - moi | mieux.
— À quoi bon ?
— À réparer, dans la mesure du possible, la cruauté du destin... envers moi... envers vous.
Elle demeura muette.
— J'ai beaucoup souffert, Geneviève; j'ai vécu pour un but austère, sans espérance. Je ne me suis pas plaint. Sachez-moi gré de ceci, ma pauvre cousine: j'ai porté pieusement les deuils que vous portiez.
| — Merci, fit-elle très bas.
| — Maintenant, j'estime avoir rempli ma
tâche d’'honnête homme. Il me semble avoir | beaucoup de dévouement sans emploi à mettre au service d’une créature éprouvée, respectée,
’effor- ”
liscréli meseul.
nces ?
yiève,
saintement admirée. Voules-vons ae dr ce dévouement, Geneviève ?
La jeune femme releva sa tête mélancolique, où la beauté, fuyante sous le souffle des chagrins, apparaissait encore comme un souvenir attendri.
Mais le docteur frissonna. Il avait vu déjà ce teint diaphane, ces yeux immenses et ce sourire lassé à ceux qui traînent une incurable blessure. |
Sans affectation, sans coquetterie, sans trouble, elle plongea ses yeux francs dans le regard de son cousin. |
— Cela est digne de vous, dit-elle d’un accent grave très doux, très ferme. Si je pouvais accepter un dévouement ici-bas ce serait le vôtre.
— Si vous arceptiez ?. .. Vous ne voudriez donc pas ?...
— La vie m'a été dure. Je ne la recommencerai pas. Je n’appelle pas un repos prématuré ; — mais s'il venait, et vous savez, Placial, on ne traverse pas certaines douleurs sans y laisser un peu de sa vie— je ne veux pas laisser en arrière de nouvelles douleurs... ni me créer de nouveaux déchirements.
— Ah!... vous sentez donc que vous pourriez vous attacher à moi ?
— Je vous ai toujours été attachée. Gardez cette part d'amitié chaude, sans nuages. Mon cœur, trop brutalement froissé, ne fleurira plus. : — Geneviève ?... écoutez-moi.
— Ecoutez-moi plutôt, mon ami. Vous m'a-
vez de tout temps enveloppée d'affection pure et agissante. Donnez-m'en une preuve dernière.
— Moi ?
— Ne vous attardez pas à la recherche d’un bonheur que je ne peux donner. La Geneviève d'autrefois, battue des vents, est ensevelie dans une tombe voisine... là, tout près. Celle- <i est son ombre. Et cette ombre espère en vous.
— Je vous appartiens. Parlez.
— Je peux disparaître. .. bientôt peut-être.
peut-être un peu plus tard... Très-tard, je ne le crois pas. Je suis épuisée. .. la lampe vacille... que Dieu dispose !... Mais Jeannine ?.
J'entends vous la laisser, mon cousin.
— Vous savez bien que je regarde votre chère enfant comme ma fille.
— Il faut qu’elle le soit tout-à fait. Il faut que Julienne soit sa mère, comme il faut que Julienne soit votre femme, pour que je puisse, quand il plaira à Dieu, m'en aller en paix.
Elle se tut, anxieuse.
Placial la contemplait tristement.
Lorsque cette voix chère eut laissé tomber les mots décisifs qu’il devinait depuis le début de cet entretien ‘Il faut que Julienne soit votre femme,” son expressive physionomie trahit la suprême lutte du sacrifice prévu qui hésite à s’accomplir et du but nouveau qui s'impose.
— Que me demandez-vous là ? balbutia-t-il.
— Ce que j'ai toujours souhaitée... ce que je vous ai fait souvent entendre.
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LL: Vous savez quelle estime:/.quélle:ariiitiés.: je professe pour Jille Onatier Prost ob iaontes
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— Non, mon cousin: voûs m'avez LEE Je-mourraï si tranquille fi ? 190 11 — Vous tuez mon dernier révé. |: 1” «= J'éveille vés premières joies." ‘On énténidit dés voix riéuses, dd artivait suspendue aù bräs dé Ÿ ulienne! PAS Jacques les '‘#divait avec ui grand” chiën dont is faisait Pédücation. ‘:
© 2 Juliénne, dit vivement Génevist e, je: (éns te parler comme à une an ass Fe décider dé 7 avébir.
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Elle ait et elle imnblait un peu, son une expression singulière an visage de Geneviève,.et un regard. tronblé chez Placial.
ll le -sait d'autant. mieux, qu'il mé des mande ta main, Julienne, dit Mme Carvès::::}
— Ah ! fit l'excellente fille pâlissante, (ane 8e jeta -naïvement.an cou de son amie. Ah
viève que tu.es bonne! .; ; iii :: Le-docteur lui prit une main; et Jounnine l’entours deses petits bras.
— Permets-moi de ulies à ta dot. jen
PAR me ATEN DE auevit TE salé Giiai em draitéie hflan] 1b diltétablis.
sement de Jacques aussi :!11/ TOY 2401014 8f
/— Ma dot! dit Mile Outier. ‘sa dégageant en sourielit toujoims-je-niafais rien que:toi affec-
tion... et cela me suffisait. À présent, j'auraile 40, KA à ien:riehe ! HOME #0 Yi t moi, j'ai le travail; fameuse, richesse aussi, allez! dit:le. boitepx. Soir 2ROoŸ vas Ph h! pauvres sauxis.Toprit, Gimeyiève en site ur Enps et.Tacqnes dans nn même re; Dieu m'est fémoin que je souffre
avoir Ph DArer. “…e 1 e, cette Era pe a vôtre à tou cf a “au
de à ee vs de le, veux bien, | &
fui OL 6 GAENTO 4 ler Jacques: Jeyensement.
| péronsenen le RAA bout: 2e) Es pis ‘tard toute: fois. . Aujo ourd'hui, at qui vent bien se L ja Fr) dan Sir, à "'réveur, | “ ve d’un ma: e compagnon d’e téticé: tel. té moi, dé T'émiméener d'abotd d L qéé part, Ah”RUER, a A laisseront quelque pit. 08 s'éffacbront ‘tous deb douléüreux :svuvenire:i/"Voules-vbd4-ma-
demoiselle, ‘qu ÿhie cotté: betiow de"gra0é de
plus à. vous détai? 1: tsiuoiloszrst 1 Tee 114% Uh/voyage %0:s1/jele veut? d'est tinéti trême plaisir que vous:t#'offre là docteur ts" s11Et; edndidement, elle était heureuse, éroyant Jui rendre service déjà en l'arrachant doté
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— Soit, dit Geneviève en réunissant leurs
mains dans les siennes; seulement, vous ne
vous attarderez pas trop, n'est-ce pas, dans cet :
” ‘heureux voyage ?
Son regard, attaché sur Placial, commentait
éloquemment cette prière.
Julienne, pour toute réponse, l'embrassa.
Le docteur Molins seul comprit le suprême appel de cette âme lassée, qui voulait laisser Jeannine à leurs fidèles mains en sentant venir, avec le repos, la récompense infinie.
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