‹ La Venus d'ArlesChapitre 25 sur 41 · I.A TBNV8 P'ABLBB · texte numérisé non relu

I.A TBNV8 P'ABLBB

Dal. Dans le port neuf sont les pontons qui servent de bagne ; dans le vieux port^ les bàtimens de gfaerre. Je ne pourrais pas plus énumérer les ii égales, corvettes, goélettes, flûtes, gabarres, chaloupes canonnières^ avisos, allèges, amarrés dans la rade et les bassins ^ qu'un nègre poun aii coiiipier les coups de rotin qu'il reçoit des bienveiilans colons. Là, belles dames^ prenez garde d'être su^Foquées par ïo^ deur du goudron et des étoupes enflammées ; et SI ces voix rauques et ces i^enlrebleu de marins vous fatiguent, après avoir remarqué, en passant sur le quai, la propreté extrême et le luxe des boutiques de liqiioristes, puis 1 iiotelde-ville, fort curieux en ce que les termes qui en supportent le balcon sont l'image de deux prud hommes qui avaient déplu au sculpteur (a) , et qu'il livra ainsi à la risée de ses compatriotes, rendez-vous à Tappel de ces gondoliers qui vous invitent du geste et de la voix à venir respirer le grand air de la rade.

J'ai passé plusieurs jours à Toulon, fort bien logé à l'hôtel de la Groix-de-Malte, où l'on vit très-chèreuient depuis la glorieuse

(a) Pu go t.

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conquête d'Alger. Je ne manquai pas de me faire diriger^ à la rame^ dans une de ces gon* doles j qu'on peut appeler des fiacres de mer, sur Fhopital Saint-Mandrier (une lieue au large) que précèdent et qu'entourent les immenses vaisseaux de ligne à trois ponts. Là je revis le Lyonnais Audin , voyageur instruit et spirituel, excellent observateur, dans la société de qui on ne s'ennuie jamais. L'hopi^ tal Saint-Mandrier ^ c*est une des trois ou qualie choses incroyables (|ue possède la France, de ce point vous pouvez contempler notre plus belle rade dans toute sa majesté. M. le directeur des travaux du port , pour qui j'avais une lettre d'ami, voulut bien me faire examiner cet établissement de la manière la plus minutieuse. Il y a un dicium qui exprime que le roi est plus riciie à Toulon qu à Paris ; et au vrai , on est frappé de la vérité de cette idée, émanée du bon sens populaire, quand on visite l'arsenal, autre établissement prodigieux, où la corderie seule est un monde, où il ne faut arriver ni avant dix heures ni après deux , parce que la consigne y est sévèrement maintenue pour tous.

Détournons les yeux du bagne; c'est déjà

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trop pour nous de voir chaque année la chaîne traverser nos contrées; qu'avons-nous affaire cV analyser, dans son ùotany-ùcr, cette désolante Iraction de rhurnanité ?

11 faudrait être nabab ^ mâcher toiis les jours le bétel , et avoir un palanquin à ses ordres, pour être constamment disposé aux goûts de volupté ^ a souhait. Si donc il arri* vait que vous vous fussiez éveillé maussade, que le bruit d'un port militaire vous eût tendu les nerfs et que vous sentissiez vivement le désir de jeter tout votre être sensuel à la nature, aux onibrag;es, aux lonUuncs, aux parfums y aux harmonies d'un ciel mythologique, allez vite à Hyères, allez en cette terre promise des malades, allez dans ce fragment du territoire de Naples encadré dans un coin des Gaules.

Sans quitter la France , vous pouvez trouver ie soleil de Syracuse, les jardins de Pa- Icrmc, tous les arbres de la Campanie (terre de Labour), depuis l'humble câprier et le jujubier qui croît dans les buissons, jusqu'au palmier, le iiguier aux lemiies découpées et cassantes, le cyprès protecteur des héritages , Tolivler à la feuille grêle, le pin altier, Foran-

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ger^ le tamarin^ Taloès, le greAadier aux fleurs rouges^ le citronnier^ le pampre^ le

5alran, des (jazons de serpolet, de thym, de lavande y de mille plantes ambroisiaques si connues des parfameurs de Grasse, des bois de cytises, des haies de myrtes, de lauriersroses , de lentisqiics et de genêts d'£$pagne, des petits-pois en février, des fraises en mars, des aspcrpcs et des artichauts tout l'hiver.

Allez donc, je vous le répète , si vous voulez jouir du printemps en janvier, dans un autre Éden ; allez non pas aux lies d'Hyères , comme disent les badauds, mais dans la petite ville d'Hyères, où il y aura tant de lumière, tant d'intensité de coloris sur les monts , les vallées, les ]>lantations, que vous croirez que tous ces objets vous entrent dans les yeux.

Abritée au nord par la haute et pittoresque montagne qui la domine de ce côté , protégée encore à droite et à gauche par d'autres montagnes qui semblent placées là tout exprès pour laire changer de direction les vents d'est et d'ouest et lui épargner le rnîsirao, la ville d'Hyéres n'est effleurée que par le vent du midi , qui lut arrive avec la brise de la mer dont elle est éloignée d'une lieue.

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Je ne sais si celte petite viiie d Hyeres tient la place ^ comme on l'a prétendu^ de Tantique Olbia } mais son nom latin est Area (gastryh araearvm). Elle fut jadis une des plus fortes places du littoral. Charles 1?^ , roi de Jérusalem et comte de Provence , ne se crut en sûreté qu après eu avoir acquis la propriété des vicomtes de Marseille, en échange d'autres terres.

C'esl là que s'embarquaient les pèlerins pour la terre sainte, avant qu'on eût inventé la boussole pour les voyages de long cours. Le mouillage y était excellent. Maintenant le débarcadère est à demi comblé , ^juelques tartanes de pécheurs^ seules, viennent encore quelquefois y chercher un asile , quand le vent gronde au large.

Ma première pensée, en arrivant dans ce doux pays , fut de me présenter chez M. Alphonse Deuis, membre de la Lé^^^iou-d'IIonneur, président de la société académique du Yar, et maire d'Hyères, à qui j'étais vivement recommandé par une de ces lettres que j appelle un passeport pour les salons. Je trouvai chez lui le spirituel et élégant auteur des Chroniques provençales, qui me reçut avec

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une haute aménité^ et ne voulut pas me laisser regagner l'hôtel de TËurope où j'avais déjeuné.

Nous visitâmes ensemble, d'abord lechâteau^ dont les ruines, encore gigantesques et fières, dominent la ville au nord. C'était une forteresse du viii* siècle; au pied de la montafi^ne qu elle couronne, se bâtit la petite cité actuelle, dans le xii' siècle , seule époque où Von commence à voir le nom dllyères écrit dans l'histoire. Eu 1140^ ce château passa en apanage à la maison de Foz, qui souvent le défendit contre les prétentions des princes de la maison de Barcelone. Cette famille le posséda jusqu en 1257. Dans ce temps, après un siège de cinq mois et de nombreux assauts , elle fut obligée d'en venir à un accoinuiodenicnt avec Charles d'Anjou. Sous Louis XIY , après l'entière extinction des guerres civiles, le château et les remparts d'Hyères furent rasés.

Du haut de ces rumes, on a un panorama sublime sous les yeux. A mi-cote, les débris d'un monastère (a) j à une lieue devant soi , la

(a) Il ne faut pas le confondre ivcc celui de St. -Pierre d'AImanare, aujourd'hui détruit entièrement. Ce deruier était situé au pied du mont de N.-D.-de-Coosolalioo.

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mer toujours bleue et calme ^ toujours rayonnante et le plus souvent traversée par- des na* vires ; ce rivage plein de coquillages et de sable iiii, où débarqua saint Louis à son retour de la Palestine; les iles d'Uyères (jadis nommées Stœcades , aujourd'hui connues (a) sous les noms de Vorqneroles , Port-Croz , et île du levant), et la presqu'île de Gien. Plus en-deçà un mont surmonté d'une pittoresque chapelle placée sous l'invocation de jV.-D. -de-Consolation; pieux monument, gardé par un ermite qui, jadis, guérissait lesécrouelles; touchant oratoire chargé ^ex-voto , et orné de très-beaux tableaux ; vieille chapelle tant de fois restaurée et badigeonnée, qu'on ne saurait assigner Tépoque précise de sa fondation, et autrefois voisine d'un monastère de Récollets, qui n existe plus. A l'est les Alpes lointain nés et les salines qui blanchissent et se décou-

(a) Ces lies «ont occupées par un commandant militaire^ des vétérans, des gardes-côtes, et quelques postes de douaniers. On y voit encore les ruines de quelques châteaux forts. F.llcs furent autrefois couvertes d'épaisses forcis de cliêiies-Hegcs qui dcpiiis un siècle ont disparu. Ouclqucs familles de peclieurs les lialjiU nt encore. C'est dans les îles d Hyères que les parfumeurs de Grasse vont recueillir une fonle de plantes aromatiques.

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pent coiume un échiquier sur la chaîne grise des collines qui fuient vers Fréjus ; au nordouest ^ les hautes montagnes qui enveloppent Toulon^ et les llaucb decliirés en baies et en promontoires de la côte provençale ; du coté de la Haute-Provence y le cours tortueux et in terroiiipii du Gapeauj à ses pieds enfin, le petit territoire d'Hy ères, espèce d'oasis peuplée d'odoriférans jardins et de délicieuses habitations , avec sa campagne entremêlée de vignes sans échalas , séparées par des sillons de terres arables.

Après avoir joui long-temps d'un aspect ravissant, aperçu, à Taide d'une longue vue, les cotes de la Corse , et désigné d'avance tous les points du tenntoire d'Hyères que nous avions à parcourir, nous redescendîmes à travers les rues tordues et âpres de cette partie de la petite cité qu'on nomme la haute ville. Mous nous arrêtâmes d'abord à 1 hotel-de-ville , ancien édifice des Templiers ; puis devant un simple et noble monument ^ celui en marbre blanc què la ville d'Hyères, patrie deMassillon , a fait ériger à sa mémoire.

11 nous restait à visiter les églises qui sont au nombre de deux. L'une, paroisse actuelle.

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eftt une ancienne collégiale établie par Gnil<-^ laume-le-Blanc» évéque de Toulon , et u'olFré

absolument rien de saisissable , quant à sa structure christo-franke. L'autre (Saint-Martin ) est un monùment de la renaissance , que M. Denis , maire , fait restaurer avec intelligence et les soins les plus assidus^ et qu'il va incessamment rendre au culte catholique.

Je fus curieux d'entretenir quelques bonnes femmes des traditions locales auxquelles ont pu donner lieu soit le château féodal , soit les débris d'un monastère épars sur la même colline que domine la lortercsse, soit enfin les ruines plus récentes de Tabbaye des Bénédictines» cet antique couvent , qui succéda à celui de Saint-Pierre-d'Almanare (situé au-dessous de la montagne de Notre-Dame-de-Consolation), après le sac que firent de ce dernier les iîirieux San-asins , la torche à la main et le viol dans les yeux. Les unes me parlèrent de la tour d où s'échappent encore de longs et sourds gémissemens^ à certaines époques de Tannée j les autres m'attestèrent par Dion avoir vu tantôt sur les bords de la mer , vers les ruines du cloître primitif, tantôt sur le mont qui commande Hyères, errer la grande ombre de Béalrix

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de Baux ( de la famille des rois d'Arles ) , abbesse de Saint-Fierre-d' Almanai^ , laquelle ne manque jamais d'apparaître dana les nuits d'orsLfres Ta). Le reste de la journée fut employé à visiter les jardms d Hyères. Ceux de M« le chevalier de Bontiny et de M""* Fills me parurent les plus vastCvS cl les plus beaux. Je vis, dans ce dernier, des bananiers en serre, du café de Bourbon , des eannes à sucre et une foule d'autres prodiges de végétation méridionale. Je ne parlerai pas des palmiers en pleine terre; je me contenterai de dire que oea jardins ou bois réguliers d'oranger^ et de citronniers sont délicieux. Après ces jardins , vicuL celui du château clore ^ appartenant à mon savant et honorable hôte , M. Denis.

C'est à vous dire qu il y avait un habile tailleur alietuand j, nommé StuU. Cet industriel alla exercer à liOndres son lucratif métier, et y gagna une immense fortune. La poi-. trine de ce laborieux tailleur était ailaiblie ; les médecins des rives nébuleuses de la Tamise lui conseillèrent d'aller fixer son séjour

(a) V oyez dans les Chroniques provençales de M. Deius , Ips charmanlcs pages coiisaciees à celte abbesse elau sac de son mouastère par les Maures.

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dans le doux et riant climat d'Hyères. 11 y vint, ne tarda pas à y acheter le château doré, hôtel d'un extérieur de fort mauvais f^oût , qui tire son nom des tuiles dorées qui brillent sur son faîtage ^ et à en restaurer les appartemens avi c uuc rare .magnificence. Le salon principal seul coûta au nouveau propriétaire , devenu le baron Stulz , plus de 50,000 fr. déglaces et de dorures. Aussi ce salon est-il si riche et si étonnant^ qu'il ressemble plutôt à celui d*un prince qu'à l'appartement d'un simple particulier. Hormis dans les maisons princières , je n'ai jamais rien vu de comparable à cette pièce ^ précédée d'ailleurs d'un second salon , remarquable aussi par le luxe plus tempéré de sa décoration.

M. Denis , jeune officier , trouva moyeu d'épouser une des nièces de Topulent tailleur. Le baron est mort , et maintenant le spirituel auteur des Chroniques pnwençales est propriétaire de cet hôtel y dont il sait faire les honneurs avec délicatesse , tact exquis des convenances, choix, à-propos, et désintéressement. Je me souviendrai long- temps du bal improvisé dans le château doré» après l'excellent dnier que nous y fîmes , en revenant de

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1108 courses faites toutes à pied , parce que les chevaux de M. Denis étaient malades. Un jeune Grec, bibliothécaire de ce savant ^ tenait le piano ; nous eûmes une fort jolie soirée, dont lamusK^ue^ TamabiUté^ la poésie ^ la danse française et la valse autrichienne

firent les frais.

Le lendemain nous visitâmes les bastides et Pomponiana. Toute la partie du territoire d*Hyéres qui avoisine la Méditerranée , lieu d'enchantemens et de rêveries , d où I on entend de loin le chant des chevriers^ le bruissement des cyprès^ la barcarole provençale des pêcheurs, d'où I on voit trembler le pin maritime y le caroubier d'ibérie, le platane du Bosphore, le laurier-thym touffu , lieu où l'on respire la brise y si fraîche et si pure de cette mer si connue des pirates catalans; toute cette partie , dis-je , est encore couverte de restes d'habitations antiques. On y trouve des débris de poterie (grossière, de tuiles, d amphores, d'urnes cinéraires. Ce sont les ruines de Pomponiana y endroit de station pour les galères romaines , marqué dans l itinéraire d'Aniomn et dans les tables de Peutinger.

M. Toulouzan , de Marseille , et M, Vic^

I,A VEXVS D A-ULËâ

tor E\ . . . y ont prouvé par kurs recherches

qu'il ne pouvait plus y avoir doute sur la position géographique de Pomponiana.

Nous avons trouvé, M. Denis et moi, quelques fragmens de poterie étrusque à la couleur rouge et au travail fini y comme tout ce^ qui appartient à cette fahrique. Je les ai emportés pour les places dans mon cahinet. Des médailles de grand , moyen et petit bronze, et même plusieurs figurines ont été rencontrées sur ce rivage. J'y ai vu des restes de mu i ailles et d'habitations fort bien conservés, près des ruines plus touchantes de 1 abbaye de Saint-Pierre-d' Almanare.

U'seraitâ désirer de voir ordonner des fouilles que la nature du sol rendrait peu coûteuses, mais qui demanderaient à être suivies avec intelligence et- assiduité; Il est cer- Idiii que des monumens enfouis depuis plusieurs siècles indemniseraient amplement ceux, qui se livreraient à ces travaux. Allons , monsieur Comte, vous qui êtes comme le visir des monumens historiques , provoquez vite de M. le ministre des travaux publies , un firmon de fouilles , ou si mieux aimez , un ukase à la czar.

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Je passai loog-temps à interrogei* cette terre romaine , à réyer sur le bord de la mer y à

rlidisir de cliannans cuquillages , semcs avec proiusion sur cette rive. Je m'anacliai pourtant à cette vie de contemplation et de souve^ nirs pour aller voir quelques bastides des en- * virons d Hyères. Ces ville ëoiu loin d otfrir le luxe de celles qui peuplent les alentours de Marseille ; mais elles sont infiniment plus rustiques^ plus champétrei» et plus terriennes. L'intérieur de ces ville est décoré d'une manière tout orientale ; la salle de réception y est oi ùinaii cillent encourue tle tlivans , de causeuses ou d'ottomanes profondes , chargees de coussms, où Ton peut prendre un repos facile et délectable.

Parmi les nombreuses bastides que nous visitâmes^ M, Denis et moî^ celles de MM. Fey^ ron et Harel me parurent charmantes , tant par elles-nièuies que par ce qui les avoisine. Nous y reçûmes d'ail leurs un accueil tout amical et d'excellens ratraîchissemens , assez utiles quand on a une température de 29 degrés sur son frac.

Ces bastides d' Hyères servent assez volontiers de retraite à des marins > à des plan*

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leurs ^ à des colons^ qui après avoir gagné de Tor dans les lies ^ se retirent là pour viyre d'une vie calme et pastorale.

Un grand nombre de Français et d'étrangers de distinction, soufTrans , viennent à Uyères endormir leurs maux dans les douceurs du climat. Les salons de cette petite ville sont peuplés de beau monde durant l'hiver. Hyères est alors un séjour de plaisir plus agéable encore (jue lîaden et Plombières pendant la saison des eaux.

Je ne balance pas à dire que le climat d'Uyéres est infiniment préférable à Nice , où la température est beaucoup plus variable.

En revenant de Pomponiana^ j'allai seul, en attendant que la eloche du diner de M. Denis me rappelât au cluUcau, rêver quelques iiistans un livre à la main (c étaient précisément les Chroniques provençales , dont son auteur venait de me faire hommage), dans le magnifique jardin de M'"" Fills. J'étais là depuis une heure , assis sur un banc , à l ombre des citronniers , tantôt lisant , tantôt crayonnant la mélancolie que vous allez voir, quand j'aperçus une femme vêtue de lioir, se promenant dans une des allées du jardin.

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