‹ La Venus d'ArlesChapitre 35 sur 41 · A VBirrS 0*ABLKS · texte numérisé non relu

A VBirrS 0*ABLKS

car je ne connaissais alors ni le clocher (for^ d'AmieDS, ni le Munster de Strasbourg. , Mes douces compagnes résistèrent à mes sollicitations pressantes , elles voulaient enfin arriver à leur destination ; je n insistai plus pour le crochet en ûiveur de Beaune , Nuits et Dijon , et nous prîmes, sans délour, la route montueuse et triste d'Autun.

. Voyezrvous les grands édifices noirs de cette vieille cité^ Mont-Dru (mons drvidvm) où étaient les écoles des druides , où chantaient les bardes gaulois , où les prêtres celtes sacrifiaient au dieu des nuits et des tempêtes ; Mont-Jeu (MOiNS Jovis) , qui regardait le temple de Jupiter (a)? Voye^^-vous la haute et imposante aiguille de pierre qui couronne

la cathédrale de Saint-Lazare ?.....

JNous y voici dans cette métropole, que nos ancêtres appelaient Bibtacte, qui. fut, sans contredit 9 la ville la plus forte et la plus considérable de la Celtique^ qui de métropole de la célèbre république des Éduens, finit par tomber plus tard sous la domination romaine , et prit le nom de ses nouveaux maî-

(a) Frcsumc au capitole (einplacemeiit de la cathédrale actuelle).

tiA TBVT8 D'ABLIS

très (a). La voilà cette grande cité d Autun, maintenant fossile ^ échevelée, incohérente, maussade comme tous les pouvoirs déchus, avec un palais épiscopal bâti des débris du capitole, un séminaire érigé à Taide des décombres du théâtre , et un collège , seule tradition des écoles mœniennes que tant de rhéteurs rendirent illuslres*

Il y a bien y en cette ville antique^ quelques ignorans, quelques oisils, ([uelques esprits fantasques, rétrogrades, et des laquins entrelardés de préjugés nobiliaires , excusables chez les gens de haut lieu , et burlesques dans les bas échelons; il y a bien là quelques fronts sur lesquels on pourrait écrire : Chambre à louèr; mais , en somme , c'est une excellente cité^ pleine de calme, de bon sens, de modération f de religion et de probité.

Be tous les monumens dont les Romains avaient embelli cette ancienne sœur de Rome, des étuves , du temple d'Hercule , du temple d'ÂpoUon f du temple de fiérécinthe (b) , du temple de Pluton , de la tour de Minerve , du capitole, du prétoire , du théâtre^ dont oa

(a) Lc^ Jetix noms à^kriprmsmxfu et de Fuitia.

(b) Cybèie.

vantail ie proscenium, et qui passait pour être plus vaste que celui de Marcellus ^ à Rome , de la naumachie (a), des écoles mœniennes ou mcnianes (b) , que reste -t-il aujour^ d'hui ? Que reste-t-il du palais des etiopereurSi de l'amphithéâtre , dont le grand diamètre était de soixante toises, des arcs de triomphe, des tombeaux ^ de ces immenses murailles , qui résistèrent si long-temps aux machines de guerre des Romains , de ces portes Romana, Lingonensis, Senonica, Druidum^YOVL" lez-vous savoir ce qu'il reste? ... Un mauvais pan de mur du temple d'Apollon, caché dans

(a) calait un vaste bassin creuse au pied des murs dans le lieu nomme? Prè-l'Evéque. On le remplissait au moyen d'écluses placées sur les ruisseaux qui descendaient de MonUJeu (^Mons Jovis). On prétend que 100,000 hommes pouvaient jouir du spectacle naval dans l'enceiate cle cette naumachie»

(b) Un historien a dit que ces écoles se nommaient ainsi, parce qu'elles étaient voisines des murs, c*est absurde : elles étaient placées au centre de la ville. Un autre soutient que leur nom vient de la forme de leur construction; c'est une puérile subtilité. Un autre encore, à\\n prétendu Mœnius^ sur lequel on conte de bizarres choses ; c'est une bouffonnerie. \ OU I mon suiitiiiient : les écoles des druides étaient iiors des murs. Lorâ([u une académie eut été créée dans Tintérieur des remparts, on l'appela Moém^me ou Méniaw (à Ifom.)

la cour (1 uae maison particulière (a), uae énorme pyramide bien déchirée ^ qu*on connaît 80U8 le nom de pierre de Couard, et que

la tradition appelle le tombeau de Divitiacvs, quelques fragmens dessoubassemens du théâtre que le vulgaire nomme Caçes Joyaux ^

deux poilcs fort bien conservées , et enlin une ruine de forme carrée , qu'on a cru avoir été un temple consacré à Janus , avec quelques

débris épars des murailles de Tanlique enceinte.

On sait à peine quelle position occupait ce

capitole où Magnence fut revêtu de la pourpre impériale, où vinrent Auguste^ Vitellius, Maximien ^ Constance, Gonstaniin, Julien ; où furent ces temples de Jupiter ^ de Junon , de PallaS;, d'Anubis (b), de Cupidon , de Vénus et deFriape, dont parlent les auteurs, mais dont la tradition n'a pas même désigné la place. Tout ce qu'on sait^ c'est que le moyenâge, cette grande et forte époque de notre nationalité^ édifia ses immenses monumens avec les

(k) La maison de M. Desplaces, de Marùgay, laquelle iait lace a la porle des Marbres.

(b) On a cru qu il éi&ïi rue Chauchien^ qui en aivrail Uwé sou nom {caput canis).

LA rtVrS D'ABIiBft 201

dépouilles de l'architecture romaine, et presque toujours sur le terrain même qu'ornaient^ soit les temples^ soit les palais du paganisme.

Avant d'analvscr succinctement les derniers et rares témoins de tant de pompes anéanties, je dirai branchement que ni Tun ni Fautre des deux principaux monumens actuellement existans^ ne me paraissent appartenir au haut-empire.

Commençons par T enceinte; elle est , sans contredit, la partie la plus ancienne de la ville. L'antique Bibracte était de forme à peu prés ovale du sud au nord. La ligne de circon- \7illation pouvait ùliv a Tenceinte actuelle comme 1 est à 3, et la cité couvrait un terrain d'environ 1,200 arpens. Il est iieusile de suivre encore presque partout le circuit des murailles. En observant avec attention ce qu'il en demeure debout, on se convaincra que les remparts romains reposaient sur des substructions celtiques , car il y a deux fabriques de maçonnerie qu'on ne saurait manquer d'apprécier, et où Ton reconnaît le cachet de la facture des Gaulois, « plus anciens fondateurs de villes que ne furent onc les Romains » (saint Julien de Balleurrcj)*

Ainsi, les Latins conservèrent à la place conquise rétendue de la vieille JBibmcie. Ces mars romains , ouvrage de Jules-César et sur* tout d'Auguste ^ ruinés par le tyran Tetricus , ne paraissaient pas avoir été réparés par rem«pereur Constantin , puisque Ammien-Marccllin dit que de son temps ils tombaient de vétusté f muros carie vetustatù imalidos»

Les remparts d*Autun étaient flanqués de 200 tours {Ladone)j et percés de plusieurs portes dont j'ai nommé plus haut les principales. La cité actuelle s'appuie au sud-est et au sud-ouest sur Vancîenne enceinte; mais au nord , au nord-est et au nord-ouest, elle en est éloignée d'environ BOO toises.

Avant François !•', cette ville ainsi réduite n'éUit entourée de murailles qu'au sud-est et au sud-ouest ; Tangle au nord formait une ile nommée Marchau (a Campo Martis) , elle était close de murs avec des tours dont la construction désignait le système du moyen-âge. Le roi-chevalier fit joindre ce quartier au reste d'Autun par l'enceinte moderne qui existe aujourd hui.

Le champ-de-mars antique où se passaient les revues , et où se tenaient les assemblées du

LA VBRV8 D'AKLBS

peuple par curies , était situé hors des rein* parts, dans la plaine Voisine du pont d'Ar-

roiix. Le Forv.m Martiale, qu il uc faut pas confondre avec lui, occupait l'espace compris dans le faubourg actuel de Marckau, et une partie de la place connue sous le nom de champ.

On s'accorde généralement à penser que le capitole était bâti sur Téminence que couronne maintenant l'église cathédrale. Ce capitole était formé de murs flanqués de tours et percés de deux portes : Tune communiquait à la ville au bas de la rue des Bancs , Tautre regardait Mont-Jeu , près de la tour de Rivaux qui, dans le moyen-âge^ remplaça la tour Jiielle (Julii) de Ladone.

Pour les ûcoies raéniaucs, cette illustre académie des Gaules, dont te rhéteur Eumène vint si énergiquement demander le rétablissement à Trêves , en présence de 1 empereur Constantin (a) , on sait qu'elles étaient con^

(a) ConsUnlin accéda à la requête d'Eumène , et le chargea de dîiiger luî-méme les études; il lai accorda en outre une pension de 600,000 sesterces*— H y a 130 ans, on voyait encore les fondations des portiques de ces écoles fameuses et la distribution des classes. (Ladone.)

sLt aites dans l'emplacement du jardm des CordelierSy couvent détruit. Le théâtre était bien évidemment situé au-dessous du petit séminaire qui est bâti de ses débris , et l'amphithéâtre au-dessous de la promenade des Marbres ^ entre la route et la commune de Saint- Fautaléon. Cet amphithéâtre était comme celui de Vespasieu à Rome (Colysée), il oUrait quatre étages de portiques.

La tour de Minerve fut démolie lorsqu'on édiûa le monastère de Saint-Andoche. Quatre rues principales, nommées rue Romaine» coupaient Autun à angles droits, et aboutissaient au Martiale Forvm. Elles correspondaient aux quatre points cardinaux, c'est-à-dire aux portes Senoniga (seu Janvalis) , Lingonensis, RoMANA (seu Cabillonensis), drvidvm(a).

Le palais des empereurs occupait l'angle inférieur ouest du champ«de-mars actuel, vers la rue Saint-Christophe. Un amas de ruines trouvées vers les murs modernes entre Marchou et la porte de Garrouge, ont fait présumer que là avait été le prétoire.

(a) La porte cîc Langres ctaltàrest, celle de Sens au nord , celle des Piuides à 1 ouest , et celle de Cbâlons au midi.

tiA TBHVS D'ARLBS

J*aî dit que les deux portes actuellement existantes à Autun , ces portes que Perrault

vint dessiner, par ordre de Louis XIV, lorsqu'il voulut élever la colonnade du Louvre , ne remontent pas » selon moi ^ au haut-em-

pire , malgré l'apparente purelc de celle d'Arroux.

Auguste^ s*ëtant transporté dans les Gaules pour en iaire le dénombrement ^ vint à Au-tun. 11 y éleva , sans duule, des temples, répara les murailles^ et allégea les charges qui pesaient sur les peuples de la Celtique. Ce fut en reconnaissance de ces bienlaits c[ueBibracte changea son nom en celui d'AvGvsxoDVNVM. Peut-être ce prince érigea-t-il le capitole et le palais des empereurs ; mais les documens certains sur la fondation de ces édifices manquent comme leurs ruines. 11 est certain que tout ce qu*il y avait de monumens împortans fut détruit avec les remparts, lorsque le tyran Tetricus se rendit maître de la ville, après iin siège opiniâtre. Pourquoi les deux arcs de triomphe seuls auraient-ils survécu à cette dévastation ?

Constance-Chlore et Constantin-le-Grand son fils se plurent à relever les niouuuiens

LA TSIITS »*AaLBB

publics de cette noble cité, et à en créer de nouveaux dans son sein. Or , le bas-empire

commence avec Constantin , et Ton sait que, sous ce prince y déjà l'architecture romaine avait singuUèrement dégénéré.

Il estœrtain que les Autunois, qui changèrent encore une fois le nom de leur ville en celui de FhkYHL (a) y pour honorer leurs nouveaux bienfaiteurs y construisirent à cette époque les deux portes que nous voyons aujourd'hui. Aux inductions historiques se joignent des preuves matérielles. J'embrasse là des li^jiies fermes et régulières, de petits (U tails de pilastres et de pleins-cintres^ mais aucun de ces bas-reliefs » et nulle trace de ce sentiment grec qui caractérisèrent le grand siècle de l'architecture latine.

Je ne vois rien à Rome qui leur ressemble parmi les monumens contemporains d'Auguste. Ils n ont d'analogie ni avec l'arc de triomphe d'Orange , ni avec l'arc de Besançon (la porte noire) ^ ni avec celui de Reims, nialiieureusement si mutile^ ni avec l'arc de

(a) Flatia AEDroRni. Le nom Augustodunum a prévalu « On en filsuccesuTemeat dnns notre langue Jugst^un^ Augs^ tun^ Osiufiy et enfin Autim,

IiA VBUTS D'ARLBfl SOt

Saintes^ qui a bien deux portiques^ mais non accompag;né8 de portelles^ ni avec Tare uniporticulaire de Trajan , à Ancône. Ces deux portiques , ilanqué^ de deux porteiies ^ sont d'assez mauvais goût; rien n'atteste le type de Fart sous les jours mémorables de l'époque impériale.

La porte de Ijangres ou de Saint-André ^ imitation de la porte d'Arroux , est bâtie en larges moellons taillés avec soin et simplement superposés sans ciment, sans mortier. Elle est percée dans son milieu de deux grandes arcades et de deux issurs collatérales plus petites. L'attique qui règne au-dessus de l'entablement est composé de deux rangs de pilastres unis, et paraîtrait d'une construction plus moderne que la porte. Kiie fut terminée^ à droite et à gauche^ par deux corps avancés du côté de la campagne ; mais la porlelle occidentale est engagée dans les ruines de l'ancienne église de Saint-André , qui lui était contigué.

La porte de Sens ou d*Arroux ofTre à peu près les mêmes dimensions que la précédente, à laquelle je la crois antérieure ( 50 pieds de haut sur 60 de large). Sa construction est ab-

solument analogue à celle de Tare de Langres. Les portiques sont surmontés d'un entablement portant un attique d'ordre corinthien à jour, iormé par des pilastres cannelés qui sont restés imparfaite du coté de la ville. Ce monument a perdu environ un quart de sa masse.

Les portes d'Arroux et de Saint-André sont, a mon avis, des ouvrages contemporains de

Constaiilin, ou mieux sous GonsLantin on éleva celle d'Arroux, et plus tard l'on construisit celle de Langres sur le modèle de Tare de Sens, ffCt ainsi je croy et tiens, jusqu'à ff tant qu on me donne preuue euideuCe,» comme dit saint Julien de Baleurre. Pour ce qui est de la pyramide » nommée Pierre de Couard^ et de la ruine carrée, appelée le Temple deJcmuSf j*estime que ces édifices , au contraire y sont , après les substnictions gauloises des remparts, ce qu'il y a de plus ancien à Autun, Il est naturel de croire qu ils furent épargnés par Tetricus» ils étaient tous les deux en rase campagne.

Je ne vois rien dans la ruine conuue sous le nom de Temple deJanus^ qui puisse faire supposer qu'elle fut jadis un temple édifié par

LA YBHVS O'AKLBS

les liomaius. Je ne retrouve là ni les énormes pierres de taille employées dans ces sortes de monumens, ni les assises de briques qu'ils plaçaient dans les constructions faites de moellons.

Je suis donc fondé à penser que ce temple

fut élevé par des ouvriers gaulois, mais postérieurement à Jules-César et peu de temps après sa conquête. U n'est ni assez beau pour appartenir à rarchitecture romaine , ni assez grossier pour avou^ été T œuvre des ^Eduens, avant qu'ils eussent eu appris de leurs vainqueurs l'art de bâtir avec de petits moellons réguliers et symétriques. Sans doute, ce temple carré, comme Tétaient tous ceux de Janus, parait avoir été consacré à ce dieu lorsque la mythologie latine eut été fixée àBibracte avec les aigles romaines, et j'adopte volontiers ce sentiment. On aurait placé sur un piédestal, dans le centre du monument, la statue du/onus bifrons ou du Janus quadri/rons . Ce temple a dû être voûté, mais cette voûte était infailliblement en briques, comme celle des thermes d'Ântonin et de Diociétien , à Kome* Peut-être encore, ce monument est-il un peu antérieur à la conquête ; le commerce des JEduens avec

les PhoioéeDS de Marseille avait amené le polythéisme à Bibracte, avant même que les Romains y pénétrassent. Les débris de marbres trouvés prés de oe lieu pourraient faire soupçonner seulement que les Latins l entourèrent d'un péristyle iiormé de colonnes.

Il fiiut bien se rappeler que les mœurs celtiques vécurent long-temps dans cette partie des Gaules. Autuo avait conservé sa législation, ses goûts, ses habitudes; le patriotisme œduen était puissant et robuste au comr des vaincus, et le joug de Rome était plutôt souifert qu'il n'était aimé à Bibracte.

La conspiration de Sacrovio dépose en fitveur de cette opinion. Ce n était plus là comme dans la Proifince ( Provence) et la Narbonnaise [ Gallia Brmccata ] (a) , où les arts et les artistes de la maîtresse du monde étaient arrivés si vite sur les trirèmes de la Méditerranée. Autun n'avait pas abdiqué sa nationalité, et les .^uens avaient du sang dans le cœur et ntm pas de la lie de vin, comme tant d hommes actuels qui font si grand bruit de leur patrio-

(a) Ainsi nommée à cause des brayes que portaient ses habitans.

LA TBItTS D'ARLII SU

tisDie. Ainsi^ il ne serait pas extraordinaire que les habitans d'Autun , même sous la domina* tioii la line, eussent élevé un édifice dénué des formes latines. La pierre de Couard peut être rapportée au même temps ^ c'est<^-dire aux commencemens de la conquête. G*est une énorme pyramide ou cône place à mi-côte de la montagne^ à quelque distance de Fenceinte antique, au<-dessus du Polyandrium qui a {]fardé le nom de champ des Urnes, Ce monument devait être revêtu de paremens extérieurs en moellons^ qui ont disparu. Il ne présente maintenant qu'un blocage informe et déchiré.

Ici, peut-être, serait-ii utile d accueillir la tradition populaire^ qui n*est pas toujours une certitude, mais souvent une décisive présomption. Cette tradition appelle la piWre de Couard le tombeau deDivitiacus [1]. Et pourquoi ne le serait-il pas efiectivement? Pourquoi n'aurait -il pas été consacré à la mémoire de ce célèbre yEduen, l'ami de César, qui lui devait la prise de Bibracte ? La solidité de ce monument décèle la maçonnerie (gauloise ; malheureusement^ il est dans un état presque complet de dégradation.

Il n y a pas quarante ans^ on voyait encore^

hA TI1IT0 D'XBLBl

à rextrémité du pont d'Arroux, les ruines d*une rotonde qu'on disait avoir été le temple de Plu ton. En 1 775 aussi, existait une portion

très-bien conservée du magnifique pavé qui conduisait à la porte des Senones, Ce pavé avait été construit avec des blocs de granit si bien ap[>arcillés, qu'il ne restait aucun vide entreeux. CéidÀtïopus reUcuiaium de Vitruve, de même que dans la fameuse voie ^ippierme^ où le basalte remplaçait le granit employé à Autun. Près de la porte d'Arroux et de Tancien champ-de-mars ^ est un pont de 18 arches, bâti par les Romains sur la petite rivière de Lucenay-rEvêque. Pour celui de l' Arroux, il est modernci et n'est élevé qu'en partie sur les bases de l'ouvrage romain qui le précéda.

C'est dans les fondations de 1 abbaye de Saint-Jean-le-Grand, qui appartient aujourd'hui à M. Desplaces de Martigny» qu'on suppose enfouie la chose antique la pins importante peut-être qui soit en Irance. Je veux parler d'un bloc de marbre^ reste des piliers carrés placés sous les portiques des écoles Moeniennes; sur lesquels étaitgravé l'itinéraire des voies romaines qui conduisaient en Italie. Ces piliers accompagnaient la carte de l'univers

LA TBHYS D*ARLI8

attachée aux murs des portiques^ magnifique carte que nous ne connaissons que par la description (l Euniène [II]. Les savans sont disposés à des sacrifices que ne comprend pas le vUe pecus* Je connais plusieurs archéologues qui, sans être milHonnaires, ambitionneraient la helle habitaiiou de M. Desplaces, pour s'empresser de la démolir; et sans faire Timportant comme un 221 après la révolution de juillet, ou cet hoimiic qui coiuc f^ravement qu'il a passé fourrier au lû*" lé^cr quand Na* poléon passa empereur^ je dirai que moi* même je démolirais

Allons, Monsieur Desplaces, un beau déyoûment ; rasez votre couvent , et tâchez d'extraire de ses fondations le marbre curieux qui nous occupe.

Au reste^ les environs d'Autun, comme ceux de Vienne, Arles, Fréj us, Narbonne et Nîmes, rerror/rent de débris. RécemmeiU encore , le savant antiquaire M. Jovet a découvert une belle mosaïque, presque sous les murs actuels de la ville. Le médaillon qui lait le centre de cette mosaïque représente Bellérophon monté sur Pégase et vainqueur de la Chimère. Ajoutons à cette découverte la plus récente trou-

2t4 liA TBHTS D'ABLBS

vaille de M. Jules ChatiUou , mon ami: c'est «ne agate veinée, gravée assez profondément, et offrant une image présumée celle de Néron. On a dit légèrement que cette pierre était le chaton de Vanneau de Tibère -, mais on n'a pas même établi la plus chétive présomption. Ce chaton appartient probablement à un anneau eonsulaire. Une foule de médailles d'or et d'argent, de vases, de cippes, de figurines, de basreliefs, d'autels votifs, de torses, de marbres, d'urnes cinéraires , d inscriptions, ont été déterrés soit dans le pofyandrium (iro>vinN)jpley)i soit vers le temple de Janus. On ne peut faire la plus petite excavation sur celte terre œduenne, toute peuplée de grandes ombres^ de grands souve^ nirs et d'ossemens celtiques, sans exhumer les choses les plus précieuses.

La plupart des maisons de la cité sont bâties avec des ruines gauloises ou romaines. Un temps de détestable mémoire fut où Ton fouillait dans les monumens latins comme dans des carrières publiques. Ainsi s'élevèrent tous les édifices modernes d'Autun , le petit et le grand séminaire, les églises, le collège, les monastères, le palais épiscopal. .... H n'est pas rare de rencontrer encore dans les rues

LA TBRyS D*ARLIt

désertes et sépulcrale» de cette grande cité , d'énormes colonnes de granit gisant péle-méle

avec les ordures du quartier.

Quand donc , enfin » des fouilles régulières seront-elles organisées dans ce pays? Quand pensera-t-on à y créer un musée pvihlic pour recueillir et conserver le produit de ces utiles investigations y et toutes les richesses éparses sur la place publique et dans le cabinet de quelques amateurs qui eu ieraient volontiers don à une collection nationale ?

Les habitans actuels d'Autun sont d'une indifférence qui ne se comprend pas, à l'égard de leurs monumens; peu d'entre eux, il est vrai y savent les apprécier; mais Fautorité ne devrait-elle pas veiller sur les restes que le vulgaire méprise ? Cette coupable atonie est ancienne à Autun ; dans le xv!!*" siècle et dans le commencement du siècle dernier^ des édiles (qui eussent mérité^ par ce seul fait^ d'être traînés aux gémonies)^ autorisaient les particuliers à se servir des monumens latins pour construire leurs habitations. Il faut espérer que la ville d' Autun va reprendre une vie nouvelle sous la jeune administration du magistrat éclairé et patriote qui la gouverne depuis quel-

que lemps (a)^ et que Tantiquaire n'aura plus à gémir en y arrivant. M.'Millin s'est plaint amèrement de Faveugle dédain et de Tincon* cevable paresse des habitans d'Autun ; Ladone^ qui écrivait l'histoire de leur ville dans le XVII* siècle y leur adressa de sang^lans reproches : (( Penè et periere ruiuce non possum qum succenseam civibus nostris qui venerandae antiquitatismonumentasacrilegà manu quotidiè diruunt, etquod non hostiles flammae,non tormenta bellica^ non omnium edax et consumptrixvetustas penitùs abolere potuerant, id ipsi toiis viribus atque omnibus admotis machinis everlunt. »

Que dirait cet élégant écrivain s'il revenait à Autun en 1834? Cette ville fut ruinée en 260 , sous le règne de Claude-le-Gothique; Attila la réduisit en cendres en 451 ; elle fut ravagée en 5S2 par Childebert et Glothaire qui y assié^jèrent (londomar, roi des Bourguignons; en S30^ les Sarrasms ia mirent à feu et à sang; et en 894, elle fut pillée et brûlée par les Normands .... Eh bien , mal» gré toutes ces dévastations, ce que Ladone>

(a) m. Lftttrean, maire d^Antnn.

IiA TENYS D'ABLXS S17

Thomas et d'autres ^uteurs nous ont fait connaître dans ces derniers temps, prouve qu'Autun renfermait encore » il y & cent ans, un ^ grand nombre de magnifiques débris de l'antiquité. Quelle idée ne doit-on pas se faire da passé d'une pareille ville ? Mais hélas ! on ne peut plus dire aujourd'hui : Aedva qvantà

FVIT, IPSA. RVINA DOCET.

Malheureux Héduois ^ comme les appelle saint Juhen, protégez donc ce squelette de grandeur, ce cadavre dont vous avez sucé les chairs, plus barbares que les barbares; sachez donc enfin respecter le peu qui vous reste ; votre noblesse est dans ces pierres^ et votre re« nommée dans ces ruines!

C'est dans le territoire d'Autun , mais sur l'arrondissement de Beaune, que s'élève la fameuse colonne de Cussy [ III], qui a tant exercé les recherches des antiquaires et des sa vans. Je ne veux pas décrire une chose si souvent décrite et si souvent analysée. Les uns ont soutenu que c'était un phare, d'autres n'y ont vu qu'on monument sépulcral ; celui-<:i pensait qu'elle avait été élevée par la reli(yiondesGau< lois, celui-là, par des vainqueurs. De toutes ces opinions^ la dernière seule a le sens commun.

318 TBIIYS D*ABLB8

Les proportions de la colonoe^ Texécution des figures qui en ornent le piédestal , le style

général de ce débris, tout aiuioiice qu'il date de répoque où Tar^^^^^ure avait perdu sa noblesse. Le seul sentiment admissible et wdsonnable était c clui du critique Saumaise, et . on l'a rejeté. U pensait que cette colonne avait été érigée en mémoire de la victoire de Jules- César sur les Suisses.

Il n'est pas probable que pour rappeler la défaite de Sacrovir [IV] , dont les troupes furéht taillées en pièces (andeJ.G, 21) par C. Silius, à douze milles d Autun , les Jsduens eussent élevé sur le champ de bataille un si pompeux monument. L'oi^eil national se fût refusé d ailleurs à honorer ainsi la perte d*un généreux citoyen ; et comme son armée avait été vaincue par un simple général, c eût été mal faire sa cour aux empereurs romains. La colonne de Gussy n'a pu être érigée que pour immortaliser un immense triomphe* L'histoire dit positivement que la victoire sur les Suisses fut remportée par J ules-César, à dix-huit milles d' Autun : or, cette distance coïncide on ne peut mieux avec celle de la plaine que décore le uionument. Citez-moi une seule grande ba-

LA TBRTB tt* AWLImMB

taille livrée aux environs d'Autun ( celle de Silius ne fut qu'un combat contre des bandes

mal disciplinées, des écoliers), et j'abandonne mon opinion. Le triomphe de César, qui de* vint dictateur^ sur les Helvétiens conduits par le vieux Divicon (a), est un des plus importans dont la mémoire des hommes ait gardé le souvenir^ ainsi que le siège d'Alizé par le même César est un des dix ou douze grands sièges connus dans le monde (b). Plus de 300 mille combattans furent tués ou mis en fuite (c). Il est donc bien naturel de croire qu'un monument fut créé pour éterniser une semblable victoire.

Ainsi, mon opinion est qu'une humble cor lonne fut placée d'abord dans le lieu même où César reçut ^ trois jouis après son triomphe^ les députés et les soumissions des vaincus;

(a) Voyez Histoire de la nation suisse par Zschokke , traduclioa de Monnard.

(b) Yoyes Camot.

(c) On a opposé que U plaine de Guasj eit peu étendue; mais ies chaumes J'Auvenay voiains de là, mais les gorges profondes , mais les lienx culminans qui Tenviron-

nent. .... 300,000 hommes ne se taillent pas en pièces, en bloc. Il est ])i obable qu'un corps considérable fut d'abord passe au iii de Tep^e à Cussy.

mais que ce monumentpnmitif fut remplacé, dè» que Constantin eut comblé Autun de ses bienfaits , par la colonne que nous voyons au-' joiird iiui. La pierre qui a servi à sa construction est une espèce de pyrolitbe calcaire , grisâtre, très-<^mmune dans les environs de Cussy. Bien que le chapiteau manque, on peut présumer, d'après la forme du tailloir qui a été retrouvé, servant de mardelle à un puits, qu'il était corinthien. Ce monument , dont je ferai la succincte iconographie , est très-dégradé, ainsi que les huit figures qui l'envi* ronnent. Elles représentent Jupiter, Junon , Minerve^ Hercule, une ieinme vêtue seulement à la partie inférieure du corps^ Ganymède, un jeune homme nu^ et enfin un vieillard .*|La fiffurc de la fenuiie et celle du vi( ilhud sont seules caractéristiques^ et corroborent won sentiment sur la destination de la colonne. La première tient une urne à la main , et indique uneHelvëtienne^ 1 urne dési/^jne ielUione, qui traverse le Léman, ou TAar : la seconde représente^ comme je l'ai dit , un vieillard; sa pose est celle du chagrin , il porte le sagum descendant seulement au-dessus des genoux* Quand on se rappelle que les Helvétiens vé^

IiA TBNYS D*AIILB8

laieut aussi le sagum, mais le sagum courte au lieu de la longue blouse gauloise (sagum gailieu m), on ne peut douter que cette figure ne soit celle du vieux Dwicon,

J'ai visité y il y & peu de temps ^ ce monu^ ment triomphal avec mon père, membre de la comniissiou desauliquités départementales. L'autorité Ta pris sous sa protection, et c'est ce qu'atteste une inscription en l'honneur de M. le niarqiiis d Ai band-Joucques , préfet de la Gote-d Or sousiarestauratiou. 11 est inutile de dire que beaucoup d*armures brisées , d*ossemens de proportions bien autrement grandes que les os de nous autres pygmëes, ont été trouvés dans cette plaine^ où Fimmense migration helvétienne trouva son tombeau. On y a découvert aussi quelques médailles , mais aucune de ces médailles n'a donné d'indices sur la colonne ; aucun débris n'a pu servir de flambeau pour expliquer d'une manière autiientique le monument de Cussy.

Près d'Autun encore est une haute montagne qui a joui de quelque célébrité.- Elle se nomme Beuvray (a); plusieurs écrivains ont

(a) Mous /'///v/c^//^. St.-Léger-sous-Beuvray est situé au pied de cette montagae.

Là, TSVVS D'AALSl

pensé queBibracte en avait couvci t le plateau. Je m'y suis transporté^ et je n'y ai rien vu que quelques restes d'un ancien monastère. Comment la fameuse SAracie eât-elle occupé ce lieu auquel aucune voie n aboutit? Les Romains peuvent s'être retranchés à Beuvray et y avoir établi un camp de réserve , voilà tout ce qu'on peut raisonnablement préjuger.

Mais revenons à la métropole des JËduens. Douze voies antiques partaient de cette immense cité, trois par la porte de Langres, trois par la porte de Ghâlons ou romaine, et six par la porte de Sens [V].

Les granits employés à Autun, ont été pour la plupart tires des carrières voisines. Oq trouve aussi dans les environs une espèce de beau porphyre vert par masses énormes. Plusieurs aqueducs sor.terrains apportaient des eaux fraîches et limpides à Avgvstodvnvm , à la naiïmachie et aux bains ; mais la dispo* sition des lieux et des montagnes ne força pas les Romains à y construire de ces hauts portiques qui étaient peut-être les plus étonnans de leurs édifices.

Une telle ville aurait dû devenir la capitale de notre province. Gomme toutes les places

Uigiiizeo by LiOOgle

IiA VEVYB d'ARLEB

importantes de notre Bourgogne, elle eut d'abord ses comtes etses vicomtes particuliers. Richard-le-JusCicier, premier duc bénéfi* ciaire^ fut comte d'Autan. Quelques-uns de DOS premiers ducs de la race royale y tinrent passagèrement leur cour ; ils y avaient un palais qu'ils cédèrent aux évéques , et dont il subsiste encore une haute tour : leur chapelle était voisine de ce château^ c'était celle de Saint*Lazare (Saint*Ladre) sur Templaceinenl de laquelle fut bàtic l'église cathédrale. Mais ces princes préférèrent le séjour de Beaune et de Dijon , et l'antique Bièracte, déchue comme cité politique , ne revécut que par son siège épiscopai , et ne conserva d'importance dans notre province que par sa primauté ecclésiastique.

Il semble que tel fut le sort de presque toutes les villes romaines , pour que le triomphe de la foi sur la puissance des armes parût aux yeux de l'univers éelataiit et sublime. Rome^ Vienne, Trêves, Arles, Sens^ Cologne n'ont dû qu'à leur église de ne pas périr tout entières avec le colosse de l'empiré d'Occident. L'Evangile fut prêché à Autun , dans le milieu du ii^ siècle^ par St. Andoche

LA V£IfT6 0'AaL£8

et St. Tliyrse y envoyés dans les Gaules par

St. Polycarpe , évèque de Suiyme , disciple de St. Jean 1 evangéliste. Le supplice de saint Symphorien qu'ils avaient baptisé , fut le signal des persécuiioas. Comme le sol de Lyon, la terre aeduenne fut fécondée du sang des confesseurs et des martyrs. Saint Amateur passe pour avoir été le premier évèque d'Autun^ au II 1^ siècle. 11 fut enterré dans ie poiyandriam^ où Ton vit long -temps un oratoire connu sous le nom de Sainl-Amand.

Je ne vous nommerai pas tous les saints évéques qui occupèrent ce siège dans les premiers temps de FEglise ; il me suffira de vous dire qu li est le plus ancien et le plus illustre de la Bourgogne, et Tun des plus insignes de la chrétienté. Grégoire-le-Grand accorda à saint Syagrc , évèque d'Autun , et à ses successeurs, le Pallium , et à leur église , la prérogative de tenir le premier rang^ après celle de Lyon , dans la piovincc lyonnaise.

Avant 1793, ces prélats, comme premiers suCTragans du siège primatial , en étaient les administrateurs durant la vacance ; ils se qua* lifiaient de présidens nés et perpc tuels des états de Bourgogne , comtes de Saulieu et barons

LA YBNYS D*ABLia

de Lucenay. La première crypte chrétienne d'Autun était dans le polyandnum de Saint- Pierre - 1 Ëtrier , où les cvèques exerçaient secrètement , durant la nuit^ leurs fonctions sacrées.

A la fm du m'' siècle , on bâtit l'oratoire de Saint-Etienne y première cathédrale: cette église, devenue insuffisante, fut remplacée par celle de Saint-INazaire et celle de Saint-Celsc ; et enfin s éleva la cathédrale actuelle de Saint- Lazare, dont nous parlerons plus tard, commencée en 1050, sous le duc Robert P% et achevée sous Hugues 11 en 1147.

Autun renfermait , avant notre révolution si fatale aux monumens de la vieille France , trois abbayes , plusieurs prieurés et monastères , beaucoup d'églises , presque tous édifiés sur des débris de temples romains , avec de ma^'fniikiLies ruines.

En général , notre Bourgogne était le pays des monastères. 11 y a de quoi pleurer à cluuules larmes , lorsc^u on voiL que tant de belles choses du xii'', du xiv% du xvr et du XVII* siècle, ont été brisées dans ce pays. On peut juger de l'étendue de ces pertes, en examinant ce qui reste des abbayes de

Saint-Jean->le-Grand et de Saint-Andoche.

Lorsque la fameuse Brunehaut, reine de

Bourgogne et d'Austrasie , ne pensant qu'à s attribuer un pouvoir absolu dans les états de Tliéodebert , son petit-fîls , en fut exclue par la ligue qu'avaient suscitée contre elle ses cruautés et ses caprices , elle se retira à €hâlons^ en la cour du roi lliierri. Comme tous les grands criminels de ces temps barbares , elle s'occupa à^fonder des couveos, et établit à Autun les opulentes abbayes de Saint-Jean* le-Grand,de St.-Andocbe, et celle de Sf .-Martin, où ses cendres lurent envoyées après la mort épouvantablement tragique de cette princesse. Jean Ilollin , premier abbé commendataire de Saint-Martin , fit placer sur son tombeau l'épitaphe sulyante :

BBVNECHEVL FVST JADIS ROYNB DE FRANCE FOKDATERBSSE DV SAINCT LIET DE CEANS

CY INHVMEB EN SIX CENT QVATORZE ANS EN ATTENDANT DE DIEV URAYB INDVLGBMCE

Ce fut à Autun aussi que notre roi Contran vint célébrer la féte de St. Symphorien^

LA VBHTft D*A]|LBS

et convoqua uue assemliiee des évéques et des grands de son royaume.

La cathédrale est un des beaux édifices religieux de notre province et un monument complet de transition, comme la collégiale de Beaune; mais il exprime la méthode mixte avec une puissance infiniment plus élancée vers l'ogive. Getédificeyqui offre quel-que alliage et des traces de style roman » a» dans œuvre ^ 200 pieds de lonf^^ueur et 60 de largeur. Le chevet de cette église et son magnifique clocher de tuf, en pyramide (a), appelé dans les vieux titres la grande f rompe , et flanqué d'un tourillon de même iorme, sont Tœuvre du cardinal AoUin. Peu de basiliques sont aussi richement décorées que celle-ci. On y remarque le tombeau de Jean KoUin , cardinal y évéque d'Âutun^ ouvrage en marbre blanc , d'une sculpture un peu molle ; le maitre-autel , chargé de riches

(a) Ce fui long-temps un problème parmi les architectes de savoir comment ou a pu ccliafaudcr pour construire celle flèche creuse, e'ievce de 280 pieds au-dessus du sol, et n'av;u)t que cinq à six ponces d'épaisseur. Aujourd'hui qu'on a ptJiLtre si avant clans les secrets de rarchileclure du inoven-àge , on devine parfaitenaeut ics moyens qu'employé» rciil ici les maîtres de l'œuvre.

ttà ruHrS D'ABLIfl

candélabres , et surtout le sanctuaire le plus majestueux qui existe en France , bien qa*il ne soil iiuilemeiit en harmonie avec le stvie semi - christo - roman et semi-christo - frank de l'édifice. Ce choeur est orné des marbres les plus précieux de Sicile, avec des colonnes corinthiennes à chapiteaux de bronze doré (a)« Il est fôcheux que cette basilique ait une trèsmédiocre dimension, qu'elle soit privée de bas-cotës ou sous -ailes autour du chœur, et qu on y ait enlevé la mosaïque , représentant le zodiaque; qui servait de pavé au sanc* tuaire.

Du reste , le nouveau pavé est élégant et habilement ajusté. Cette église , ainsi que

rSotre-Dame de Beaune, man([Tiait de façade. On y a suppléé par la construction d'un avantcorps insignifiant , lourd , qui ne s identifie nullement avec le reste du inonumcnl, et surmonté de deux dômes couverts en ardoise.

On vient d'élever à Saint-^Ladre une chaire, un banc d'œuvre et une chapelle de la Sainte Vierge, qui font le plus grand honneur à

(a) Os dc^coralions iotérieures du sancluaire sont de la fin du siècle dernier.

t.A TBUVi D^AHLES

Tarliste qui les dessina el à Touvrier qui les a exécutés. La cathédrale d'AutuD est^ avec la primatîale de Lyon » l'église métropolitaine de Saint-Jean de Besançon ^ Saint-Sulpice de Paris et Notre-Dame d* Amiens i une des égli-* ses de France où roffice divin se célèbre avec le plus de dignité et de convenance. Monseigneur d'Uéricourt , qui occupe l'illustre siège de cette ville » veille avec soin au maintien des pompes catholiques dans son é(ijlise ; ce prélat rappelle sans cesse , par son zèle , qu'il a été formé à la noble école de feu le duc de Rohan , enlevé si jeune et si regretté au diocèse de Besançon,

Le pakiis épiscopal d'Autun est une habitation princière. Il domine toute la campaf^ne et regarde, immobile et lier, le tombeau de DiviTiÀcvs y monument d'un au-r tre âge y par-delà sa haute terrasse et ses ina[jnifi(iues jardins. Il \ a de quoi loger tonte une cour de grand-duc ou d'électeur dans les vastes salons de ce palais, sorte de hradschin^ d'un style simple, sévère^ percé de deux cordons réguliers d énormes fenêtres^ et flanqué dans son angle sud d'une partie de l'ancien château des ducs bourguignons. Ce palais

9SÙ liA TBKTS 0*ABLB8

assez moderne est bà(i de débris romains, il renferme des salles ornées de tableaux d'un g[rand prix, les portraits des évêqiies d Autiin , et des vues de plusieurs cathédrales de France.

U ^ut visiter à Autun^ la Tille monumentale par excellence, le petit-séminaire, immense et belle construction placée en un lieu si pittoresque et si culminant , le collège orné d'one grille très-remarciuable , l'égalise qui lui est continué, monument du xvia' siècle, dont la façade est absolument analogue à celle de Saint-Etienne de Dijon ; il faut pénétrer dans l intérieur de ce vaste établissement, le plus important de tout le ressort de Tacadémie universitaire de Dijon , par sa tenue exemplaire , son pensionnat et ses études.

11 faut voir aussi la belle; promenade des Marbres, la place du Champ, la belle fontaine de la Renaissance, voisine de cette place des Terreaux où les chanoiues iàisaient , jadis , représenter des mystères en plein vent ; le f>rand-séminaiie , le théâtre, la terrasse et les alentours de Tanlique Bibracte si ravissans , malgré leur aspect sauvage et agreste, si pleins de cascades , de frais bosquets , de souvenirs et d'eaux vives.

liA V£KVS O AaLES S$i

Allez , n'oubliez pas d'aller au château du XVI* siècle, Mont-Jeu y kBnscou, el encore moins d'embrasser , du haut des monts , le bassin d' Autun semé de ruines , de fermes ^ et terminé au nord-ouesi par la chaîne noire et rude des montagnes du Morvan. A propos^ disons que si le comté de Bourgogne est lape^ tite Suisse de la France, la campagne îeduenne peut en être considérée comme la Savoie des environs d'Annecy.

Les rues d'Autunsout tristes^ lont^ues , inoiitueuses , étranglées et irrégulières ; mais on y remarque quelques beaux hôtels. On peut dire de cette ville qu'elle est le réservoir de toutes les idées antiques^ de toutes les bonnes traditions^ de tous les vieux usages et des croyances religieuses de la Bourgogne. Sa population est peu hospitalière , comme toutes celles qui ne se renouvellent pas et voient rarement des étrangers parmi elles ; mais elle est vertueuse^ calme et de mœurs essentiellement douces. Sans doute, c'est, comme on le dit^ une ville de prêtres, de nobles microscopiques et d'écoliers ; sans doute , les mœurs de ce pays sont demeurées statiounaires ; mais estce un si grand mal? Malheureusement, il

2i2 LA TIHYS D'AALXS

n'y a pas de juste tempéi auient en ce genre.

Si le commerce fleurit en une cité, il y amène la débauche^ la cupidité et les idées extrêmes ; si Findustne manque y \ous avez les mœurs régulières , mais aussi la monotonie et le commérage. 11 faudrait assez de commerce dans une ville pour la vitaliser, mais pas assez pour la corrompre. Autuu possède un excellent imprimeur , une riche bibliothèque et tou-* tes les ressources imaginables pour Tinstruction scolaire et Téducation théologique.

lise pratiquait en ce pays, avant la révolution^ quelques coutumes naïves, qui méritaient d être conservées. La viérie ou mairie d'Autun est la plus ancienne du royaume ; le premier magistrat municipal portait le nom de vierge et rappelait celui des vergobrets de Bibracte , suprêmes magistrats civils et militaires^ dont il parait être la racine. Peut-être viendrait-il aussi, ce nom, de vierg, devigueries, riguiersj vicaires ^ titres que nos ducs donnaient aux maires d' Autun , en leur adressant des rescrita au XIII* et au xiv* siècle.

Vous savez que la foire du 1" septembre ou de la Saint-Ladre est la pins fréquentée et la plus célèbre de notre province. Elle était jadis

LÀ TBiirs b'ablbc i$%

accompagnée d'une féte singulière qu on appelait Jeux de la Su^Ladre. Ces jeux étaient une tradition celtique et la dernière image des évolutions militaires qui avaient lieu dans la capitale des JElduens, lors de ses pompes gau-^ loises. Que n-a«*t-on gardé cette cérémonie tou* te celtique, vieux symbole de celle qui se passait à T élection des vergobrets I

C'était chose bizarre que cette cavalcade d'échevins , de syndics et de sergens-de-ville ; c était chose curieuse que la défense et l'attaque de cette forteresse de feuillage» moins re^ doutable mais plus poétique que la lunette St.- Laurent. Nos ducs et les rois de France ne cessèrent pas d'approuver cet usage respectable ; Louis XIV en fixa même la dépense par arrêt du conseil ; c'est ce ^jrand roi qui disait, à propos des jeux de la St. -Ladre : « Il serait « à souhaiter que chaque ville eût une sem- « blable institution. » Ces choses-là \ ivifient les populations y et ne les démoralisent ja>r^ mais.

Autun fut la patrie de Divitiacus , de Julius Sacrovir , d'Eumène , du président Jeannin ^ de Nicolas RoUin, chancelier de Bourgogne. La plupart des anciennes et illustres maisons

h TBHVS D'A&Lfift

de notre province eurent cette antique cité pour berceau«

Que (levenaieut, cependant , Aurélia et la belle veuve, ces douces campagnes de ma route ? Arnvë à Autan , je lenr avais hit parcourir rapidement la ville, car clloii étaient pressées de toucher les dernières limites d'un monde trop étroit pour les grandes âmes et trop large pour les passions. Elles daignèrent m inviter à les reconduire jusqu à JNevers, et je n'hésitai pas à les accompagner dans cette cité où il n'y a rien à voir que la Loire , la place Ducale, le château servant d'hùtei-de-ville ^ et la cathédiale de Saint-Gyr , édiûce spacieux mais écrasé, privé d'une façade principale^ n'ayant qu'une belle lour christo-franke jetée sur le ilanc méridional de l'église.

Là ^ à Nevers, en sortant de Saint-Cyr ^ je duiiuai à Isabelle-iSlarie cl a Ludovic d Oi ellane un adieu que je croyais éternel. Elles me permirent de le sceller par un baiser bien chaste, bien pur, et tout-à-fait digne de la vie de contemplation et de prières qu elles allaient embrasser. Elles me prièrent instamment de les oublier ; je balbutiai comme Torenne de-

LA TBlfVS d'ABLBS

vaut LouisXIV, et je cliercliai dans ma poche la pierre écrite trouvée à Vienne^ portant ce»

mois de l'Écriture :

QV ABRITE ET INVENIETIS

Après avoir ajouté au bas de ce latin , la traduction française; et expliqué aux admirables voyageuses comment cette pierre m'était arri« vée ^ je la remis à la Vénus d^Arles , en la snp-

pliant de la conserver comme un souvenir de son compagnon de voyage. Je lis hommage à la belle veuve des Mélancoliques ^ et j'offiris à Isabelle mon élégie de N.-D.-de-Fonrvières. — J'ai cherché la fille que je rêvais depuis l'âge de \h ans^ la fille qui unit les grâces à k candeur, la poésie du sentiment à la vivacité de l'esprit^ la fdle qui portât un cœur de lait et de manne^ et je l'ai trouvée ; elle se nomme Isabelle-Marie deNalia. — ^Adieu , adieu ^ douces et belles compagnes.

Je me retirai triste , pensif» rêveur

j'avais trouvé ce que je voulais , la Vénus d*Arles, la fille presque paiiaite ; mais, hélas! cette tleur ne pouvait demeurer sur la terre, et elle allait au ciel par le cloître

LA TSIfTS X) 4nL|ft

11 y a cinq mois, en revenant de Paris et passant parla Gharité-sur-Loire, j'allai au monastère des Dames-de-la-Yisitation. La belle veuve y est oonnue sous le nom de sœur Magdeleine, et Aurélia sous celui de sœur Angélique. La conversion deLudovied'Orellane est- ' ellesinoère^ c'estce dont je doutai d'abord^ et ce que je ne lui ai jamais exprimé?. . . Elle avait tant aimé, elle m'avait dit qu'elle aimerait encore avec la même passion dans la position qu'elle avait connue. . . . — Aujourd'hui la supérieure et jusqu'à la tourière de la communautéy et moi-même, n hésitons pas à croire que sœur Magdeleine n'appartient plus à ce monde^ et qu'elle pleure amèrementses fautes.

Maintenante lectrices^ je vous ai conté trois histoires y moins curieuses que Federigo y ce conte si populaire dans le royaume de Naples ; j'ai tâché de mettre rarchéologie à la mode > comme Walter Scott y a mis l'histoire. Il y a toute la poésie mytholo(ji(iue dans Iqs.

LA TBkrVS 9'ARLBf

iiioimniens romains, et toute Tépopée catholique dans ceux du moyen-âge ^ car ce sont les mœurs, les croyances^ la vie intime de nos aïeux, traduites en pierres.

J'ai beaucoup, trop peut-être, parlé de tout cela. Duvemay avait bien mis Fanatomie en faveur sous Louis XV, pourquoi iVaurais-je pas réussi à pousser le monument dans les boudoirs? Heureux si j'ai pu encadrer votre altention dans ces pages! Il ne me reste, belles lectrices et lecteurs^ qu'à vous donner aussi Fadieu, et voilà ce que c'est de la Vénm d Arles et de quelques vieilles villes de Provence ^ de Languedoc et de Bourgogne.

Si vous m*7 encouragez , je continuerai amsi, plus tard, pour le reste de la France, en traversant Vézelay , Ghambord , Blois , Sainte-Croix d'Orléans, Motre-Dame de Paris, Saint-Denis, le chœur de Beauvais y Amiens^ et son incroyable cathédrale, en recueillant les poétiques traditions de Flandre et d'Artois, et en allant chercher des couleurs jusqu'à Malincs et à Anvers. Ce roman-voyage est intitulé LE Lion d£ Waterloo.

Mais je ne puis vous quitter sans vous jfaire entendre ces Paroles d'une Ame, choses se-

$$$ LA VBIITS O'AALSft

rieuses placées après tant de clioses irivoles , sortes de proposiiioDS décisives , téméraires , peut-être^ qui sont nées sous une inspiration

de liljcrtc et de paix, comme naissent les vers sous uue inspiraliou de pnère ou d'aïuour :

Les desseins de Dieu sont ëternels, et enveloppas d*un Toile impénétrable ; nulle intelligence d'homme ne peut ni les pressentir^ ni, « plus forte raison, les formuler.

En religion, en mornle, en politique, toutes les âmes choisies pensent comme ^ilyio Pellico.

Tous se croient propres au manlemeut et à la discussion des iuleVtSls publics : c est une grande erreur; car les choses des états sontplacées dans une sphère que peu d'esprits peu-

vent atteindre et compreuilre. Il u'est qu uu bien petit nombre d'intetligeuces culminantes qui doivent prendre une part active h la politique.

Les iiommes vulgaires doivent se mêler de leurs aiïaires privées , s'occuper à e'iever leurs enfans dans le trtviùl , et nou pas à régenter la patrie*

Chez les peuples, en ce moment, germent d*immenses idëes, qui préparent des modifications sociales importantes. Aucune d'elles n'est encore arrivée li maturité; mais on peut préjuger que de ce besoin de progrès, de celle tendance vers une vie nouvelle , naîtra je ne sais quelle civilisation inconnue.

La société ac luellc craque et tremble sur ses bases, l^fie grande transformation s'annonce. La paix et la liberté uni-

ftA TSVT8 B'AaLII

verselle semblcnl devoir èU'e le terme de ce laborieux enfantement qui s'opère chex les nalions. L^avenir de la Tieille Europe est rëpoblicam , je le crois; «-ceci , d*ail<leurt, est une priftision tout himidiie.

Yll.

L auarcliie , le pillage , les guerres civiles, conduiraieut a la barlwrie» et non pas à la liberté générale. •

Il n'y a encore que bien peu fie véritables patriotes. h*e parti républicain actuel a de grandes épurations à subir.

Tout ce qui Ta <"mbrassë par des vues iniqtiPs, par des intérêts d'amour-propre , àc cupidité', par des projets de rapines et de dépouilles opiiues, tous ceux qui oui le cœur gros de liaiues, doivent s'en retirer, li iaut qu'il n'y ait ui banqueroutiers, ni ivrognes, ni gens perdus de mceurs, de

LA VBMVS D'ARLES

dettes él de réputation parmi les hommes qat Teiilenl se placer à la téte d'un siècle, et préparer ou consommer nue grande rénovation civile. — Pas de régénération possible avec des vengeances de partis.

Peut-être il y a des rois qui seront broyés par leurs sujets» et passés sons la meule , comme le grain. Peut-être il

aussi des rois qui , ayant toujours c'ie citoyens sous la couronne, passeront de leur trône sur le sidge consulaire, sans s'en apercevoir, lels que ce juste qui, selon l'iiuniortel IJossuet, ayant commence l'Iiymne au Seigneur, sur son lit d'agonisant, Tacheva dans le ciel avec ics auges.

(]eux qui veulent brusquer un mouvemcui 1 ajournent. Ceux qui se proposent, en secret, de le détouruer à leur profit et de le corrompre, seront écrase's par lui.

Religion, nationalité, paix, liberté, union j fraternité, Toilà ce qui doit être prêche aux peuples.

ut

LA TBHTft D'AALBS

Les nations doivent vivre comme la famille. T.eurs intérêts ne sont autres que ceux du foyer domestique sur une plus grande échelle.

LUnstmctiou doit être àoimée gratuitement par h pairie \ ses enfans , si elle s'en réserve le soin , mais non pas le monopole.

Malheur aux hommes qui soûlèrent les passions populaires. Malheur k ceux qui se croyant inspirés , mêlent les choses de Dieu âux choses du monde.

Avec un livre tel que les Paiolss d^ok Giotant , on re> mue la terre ; mab les uns ne comprennent pas la portée de

i*A tbuts d'arlbs

cette sublime melaphysique sociale, les autres n'y saisissant que la lettre , y trouvent un aliment à de dangereuses et cruelles passions.

Ou le monde va périr, ou il y aura re'demption de rhomme par T homme; car le Cbri$t ne doit pas paraître deux fois sur la terre.

xvm.

Dans la seconde hypothèse, le catholicisme sera la religion universelle; il n'y aura dVtrangère parmi les peuples que cette tribu vagabcmde dluraël , sur laquelle les siècles se consommeront sans changer sa destinée*

Avec le catholicisme, une république fédérale européenne vivrait; sans lui, elle ne durerait pas ; car à Tombre de

LA TBNT8 D'ARLES

i'unité cailiol'uiuc on peut pousser toutes les Idée» de liberté a leurs ilernières Hmites ; il restera toujours en permanence une puissante idëe d'ordre, suffisante pour maintenir la socidtd.

La reU|;ion catholique^ apostolique et romaine ne saurait être mise en progrès, car elle est le progrès. Elle seule ré?a la famille universelle et le peuple de frères. £n elle tout est

un , langue, prières; toutes les rnces se reconnaissent à ces mots (le roraîson clonunîral<! ; pvter nostfr ovr es in coelis SANCTIFICETVR N03iE!V ivVxM. ToulG la catlioliciu' prie en infime temps, aux iurmcs jours, aux mêmes heurts; partout le prêtre se livre aux mêmes exercjt.es, porte les mêmes vêtemeuâ. — La paroisse fut le berceau de la commune, son premier maire fut le cnré.

La discipline ecclésiastique pourra être modifie'e dans un concile œcuménique. N. ÎN. S. S. les e'vêques, depute's à ce concile, devront être élus parles desservans des campagnes, qui sont les prolétaires du clergé, concurremment avec les archîprélres-curés de canton.

xxir.

Un concile général est le vœu catholique de notre époque,

LA VENVS D ARLES

deiii^meque des ëtais gdaeranx nommas par toute la nation en sont le vœu politique.

Le protestantisme croule de toute pari : la secte des me-

thutlisltii (moiniers) acliève sa ruine. Les peuples senlent enfio qu'il n'y a rien que d'humain dans la réformation (a).

Les pat oibscs el leurs deÀâorvâu*» seioul largement rëtrU liuëa par la communauté. Alors tout sera gratuit k la paroisse , cette petite catholicité' qui résume tonte TEglise.

(a) Vue daiue pvoteslaulc venait quelquefois soumoUru à UoBieifIMVr l'aicb*réque de Chaaibér]r. m» uuHif» de foi à l'héràùe. u Voici un« proposition , Int «1 dit uu jour le MTânt et pieux prélat t écriTes simultanément à douM corëe « catholiques 1 1 à douze pasteurs de la religion réformée , disséminé! danf «toute l'étendue tic- la clircticnté , pour Ir<: rmi'ultir sur le sens de celte pro- « position i puis attondcz leurs réponses.» La duiuc protestante suivit ce co»* seiL Les dovM répoiues des corés cMlioliqaM éUiieat parraiteneiit tdenliqttM) mui^ ) <:1I('H (Il £ MisiSTKSs DU ihi'st Y.\kyaii.v. %v trouvèrent dJaméttRltJBOItt opposées entre elles. — Ceci s'est passé il y a quelques mois.

LA TBNTS D*ARbBS

11 faut que le prêtre s'identifie avec les idées de libertés publiques, et qu'il voie avec sécurité Taveuir qui en est pleiu.

La religion augmentera les pompes de sou culte et de ses liturgies; le clergé universel imitera le clergé de France, car, à peu d'exceptioDs iudivttluelles près, il est admirable, surtout depuis qu'il ft ét^ secoué et instruit par une révolution qui a mis son existence mais non pas sa foi en péril.

xxyn.

L'université, les douanes, les valcLa de la puissance , les sinécures, les monopoles, la centralisation, tout cela tombera comme la barbe postiche d*un histrion » avec le plat philosophisme ân xvm* siècle.

xxvm.

Il es.t loujouis superflu de dire : Le progrès est-il hon ou mauvais ? Les peuples marchent, ^accomplissent leur vie

LA TBNFS D^ARLKS 24T

comme nation , et nul ne peut arrêter ce mouvemeat. — Il faut songer k le régler.

Ceux qui se vantent d'avoir toujours professé la racine opinion j)olili({ue sont des iinbecilles. Cliaqiie jour, chaque fait, chaque progrès social apporte une expérience dont le sage profite. Il faut avoir beaucoup vécu et réfléchi ; il faut conoahre à fond le cœur hamaiu , pour posséder niie conviction immuable.

Les formes de gouvernement ont souvent moins d'importance qu^on ne le croit; car on peut avoir la plus grande

somme possible de liberté avec une monarchie , et le plus hideux despotisme avec une rc'publujuc. Si donc il est dans les desseins de Dieu que la republique universelle s'établisse , elle viendra sans secousses et sans malheurs : car nous sommes dans une époque de transition : les hommes de cœur , les hommes de conscience se mettront à l'œuvre ; les âmes pures et larges offriront leur concours* Ceux qui veulent, de force, imposer k un peuple un ordre de choses pour lequel û n*est pas encore mûr, sont des ambitieux qui désirent pressurer ce peuple et le tromper.

WOTES.

iNOXES

HISTORIQUES SUPPIiÉMENTAIEES

hEAUi\E ET AUTUN.

Page 1