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DU FLUIDE SPERMATIQUE

Liqueur prolifique. — Fluide procréateur. — Sperme.

Le sperme est une humeur blanchâtre , épaisse , visqueuse et d’une odeur analogue à celle de la fleur de châtaignier. — L’analyse chimique y a

découvert de l’eau, de l’albumine, des phosphates de soude et de chaux ; des* traces de soufre et une matière animale : la spermatine. Cette dernière substance provient des zoospermes ou animalcules spermatiques.

Les zoospermes sont directement fournis par la sécrétion des canaux séminifères, qui constituent le testicule, et qu’on doit considérer comme le sperme proprement dit ; car le sperme provenant de l’éjaculation est mêlé aux divers fluides lactescents que sécrètent la prostate, les glandes de Cowper, et autres follicules muqueux qui lubrifient le canal urinaire.

En examinant une goutte de sperme au microscope grossissant 500 fois, ôn y voit s’agiter, en tous sens, une foule d’infusoires auxquels on a donné les noms de zoospermes , spermatozoaires, animalcules spermatiques , etc. La forme de ces infusoires se rapproche de celle des têtards de la grenouille : une grosse tête et une longue queue servant de nageoire.

L’observation microscopique fait encore découvrir, dans cette goutte de sperme, une multitude d’animalcules nageant dans le liquide, se mouvant avec rapidité, au moyen de leur queue, à la manière des anguilles, et franchissant les obstacles qu’ils rencontrent. Leur vitesse, pour se rendre d’un point à un autre, a été estimée, par l’expérimentateur Henle, à un centimètre en trois' secondes.

§ III

Comment naissent et se développent les Zoospermes.

C’est dans les canaux séminifères que les animalcules spermatiques prennent naissance. On aperçoit d’abord une très-petite vésicule contenant des granules microscopiques. La vésicule grossissant peu à peu, le contenu se fractionne en deux parties, qui forment deux cellules dans la vésicule mère. Les cellules continuent à se multiplier dans la vésicule mère, et l’on en compte bientôt huit, dix et plus. Lorsque la multiplication est achevée, on remarque, dans l’intérieur des cellules, un petit filament renflé à l’une de ses extrémités, enroulé en 3/4 de cercle ; ce sont les zoospermes ou animalcules spermatiques. Ces filaments élémentaires croissent avec rapidité, sortent de leurs cellules et vont s’appliquer contre la paroi de la vésicule mère, dans un ordre symétrique.

La vésicule mère ne pouvant résister longtemps à cette pression, se déchire et les animalcules spermatiques, mis en liberté, acquièrent, dès ce moment, une vie indépendante ; ils se meuvent en tous sens et se dirigent instinctivement vers les vésicules séminales qui doivent leur servir de réservoir.

La liqueur spermatique privée d’animalcules, par suite d’une maladie des canaux séminifères ou d’un vice de sécrétion testiculaire, est nécessairement iiiféconde ; les expériences faites, à ce sujet, en ont confirmé la preuve.

Les liquides acides et alcalins, les alcooliques et les injections d’eau froide les frappent de mort ; ces dernières sont quelquefois une cause de stérilité pour les femmes qui se lavent à l’eau froide, aussitôt après l’acte sexuel. — L’urine est sans action sur les zoospermes.

î IV. •

Des Qualités du Sperme.

On a beaucoup disserté et parfois divagué sur ce fluide ; les uns ont prétendu que le sperme des hommes forts et continents était supérieur, en quantité et en qualité, à celui des sujets faibles, adonnés aux plaisirs de Vénus. — Les autres, adoptant l’opinion des premiers, ont écrit que le sperme d’un homme fortement constitué, participait de sa force et donnait la vie à des enfants robustes, tandis que le sperme d’un homme* de faible constitution, ne produisait que des enfants délicats ët faibles.

C’est là une grande erreur que les faits multipliés démentent tous les jours. Combien d’hommes

at de femmes d’apparence chétive, engendrent de gros enfants ; et combien d’Hercules procréent des êtres qui, comparés à eux, ne. sont que des avortons!... D’après nous, voici la vérité: d’abord la quantité du fluide séminal n’a rien à faire ici, puisqu’un seul animalcule suffit pour féconder un ovule, et qu’une goutte de sperme contient plusieurs animalcules. Donc, mettons de côté la quantité et passons à la qualité.

Il est certain qu’un homme vigoureux, bien nourri et plein de santé, élabore un sperme de meilleure qualité que l’homme qui sera dans des conditions opposées. Gomme ce n’est pas la force musculaire ni l’embonpoint qui produisent la sécrétion spermatique, mais bien les glandes testiculaires, il arrive très-fréquemment que l’homme faible, en apparence, possède une force génitale supérieure à celle de l’athlète, et son sperme contient des animalcules dont la vitalité, très-prononcée, se manifeste par la beauté des fécondations.

Quelques auteurs ont avancé que plus l’homme est continent et plus les enfants sont vigoureux et forts. C’est encore une erreur, si la continence dépasse la limite imposée par la nature. — Quoique la sécrétion de l’humeur séminale se fasse lentement, quelques jours suffisent pour réparer sa perte. — Lorsque les vésicules séminales (réservoirs de cette humeur) sont pleines, la nature, chez les jeunes hommes, les vide en partie soit

par des pollutions, soit par une résorption intérieure. Donc, l’humeur séminale contenue dans ses réservoirs se renouvelle incessamment par sécrétion et par résorption, ainsi que toutes les humeurs du corps. Le fluide séminal d’aujourd’hui n’est donc pas absolument le même que celui d’hier. Enfin, l’évacuation spermatique naturelle, c’est-à-dire lorsque le besoin l’indique, a l’avantage de favoriser la fonction des canaux séminifères et de prévenir leur engorgement, avantage que ne possède pas la continence. Du reste, en tout, il n’y a que les excès qui sont nuisibles à l’économie humaine ; les abus vénériens sont un excès i — la continence outrée est un autre excès, souvent funeste à l’individu et sans nul profit pour la fécondation. Exemples :

Théodore B..., homme robuste, marié à une femme également robuste, est forcé, pour affaires de commerce, de s’absenter pendant quatre mois. — De retour, sans avoir eu aucun contact sexuel, ses réservoirs devaient être pleins, et si la quantité eût été pour quelque chose dans la force fécondante, Théodore aurait dû faire un hercule !... Le contraire eut lieu... Sa femme, fécondée pendant la nuit même de son arrivée, accoucha à terme, d’un être débile et contrefait.

Qu’est-ce que cela prouve ? dira-t-on. — Des milliers de faits semblables prouvent que la force et la beauté du fruit dépendent d’autre chose que de la continence ou de la quantité du sperme.

Charles C... est dans une situation corporelle tout à fait opposée à celle de Théodore ; il est sec, nerveux et d’un tempérament génital bien accusé, il use très-largement des plaisirs du mariage. Sa femme lui a déjà donné six enfants, tous vigoureux et bien portants.

Ce fait et mille autres faits analogues prouvent qu’il faut chercher ailleurs que dans la quantité du sperme, ou dans la force musculaire des parents, la cause de la vigueur et de la santé des enfants.

C’est nier les lois de l’hérédité, penseront mes contradicteurs ; c’est leur négation complète.

Nullement, Messieurs ; personne mieux que moi n’admet la réalité de l’hérédité physiologique, je suis un de ses partisans convaincus; mais, cette hérédité n’est pas infaillible ; on le comprendra facilement, si l’on veut se donner la peine de réfléchir aux variations qui ont lieu tous les jours et à toute heure, dans l’organisme humain. — L’hercule et la femme robuste qui, jouissant aujourd’hui de leur .santé complète, auraient procréé des enfants à leur image, ne se trouveront plus dans le même état, demain ou les jours suivants. Peut-être seront-ils fatigués, souffrants, tristes, languissants, excités, irrités, le corps affaissé, le moral bouleversé par une de ces mille circonstances dont la vie est semée. La fécondation ayant lieu dans une de ces conditions, donnera des produits inférieurs "à ceux qu’on attendait.

D’un autre côté, les procréateurs faibles, délicats, en apparence, mais jouissant de la santé physique et de la paix morale, obtiendront une fécondation et des fruits supérieurs. C’est ce qu’on voit tous les jours.

Les personnes étrangères à la physiologie doivent bien se pénétrer de cette vérité. — Pendant le cours d’une maladie quelconque, et même d’un malaise, d’une indisposition, les sécrétions et excrétions sont plus ou moins lésées. Le système glandulaire sécrète en trop ou en moins, comme par exemple dans le rhume de cerveau, la diarrhée, la polyurie, la constipation, la sécheresse des membranes muqueuses. D’autrefois, le travail glandulaire peut être perverti, c’est-à-dire donner un fluide, une humeur mal élaborés, de qualité inférieure. Or, le testicule étant une glande, on comprendra facilement qu’une maladie, une passion triste, une indisposition générale et, à plus forte raison, une affection localisée à l’ovaire, au testicule, altéréront la fonction de ces organes et vicieront les sécrétions ovarique et spermatique. Cés considérations ne sont point indifférentes, au point de vue de la fécondation-; il est hors de doute qu’un ovule altéré dans ses principes constitutifs, qu’un sperme mal élaboré donneront un produit défectueux. — Beaucoup d’enfants chétifs, malingres, dont la débilité fait contraste avec la vigueur et la santé de leurs frères et sœurs, sont les tristes

résultats de fécondations opérées dans des conditions défavorables.

Nous aurons occasion, dans le courant de cet ouvrage, de revenir plus d’une fois sur cette grave question, qui mérite un examen approfondi.

De l’Emission spermatique normale chez les Sujets bien portants.

On a beaucoup exagéré, en mal, les effets de l’émission séminale. Bon nombre d’auteurs 'ont avancé que le sperme était formé de la plus pure partie du sang, et que les émissions de cette humeur affaiblissaient le physique et le moral. — L’assertion n’est point exacte. — Distinguons :

Oui, lorsque le coït est trop souvent répété. — Non, s’il est pratiqué avec modération et à des intervalles physiologiques.

C’est probablement d’après leur propre expérience que ces auteurs ont affirmé ce fait, qui ne saurait être généralisé. — Demandez à tous les jeunes hommes, vigoureux, doués de raison, et, partant, modérés dans l’usage du plaisir vé-

nérien, si rémission séminale produit, sur eux, de si tristes effets ? — Ils vous répondront qu’une continence trop longue les jetait dans une agitation , un malaise , un alourdissement singulier , qui se dissipait aussitôt l’acte consommé. Alors , n’étant plus tourmentés par le besoin , ils se trouvaient dispos d’esprit et de corps. — Donc , sur ce point, l’assertion est fausse.

L’acte procréateur ayant sa source dans l’instinct de propagation , il est évident que l’accomplissement physiologique de cet acte, loin de nuire à la santé , ne peut que lui être avantageux. — Ce n’est pas, comme nous l’avons déjà fait observer, l’émission spermatique qui occasionne une fatigue , une faiblesse momentanée, mais bien la violente contraction des fibres génitales et musculaires , et l’ébranlement général de l’arbre nerveux , pendant le spasme vénérien. — Il est clair que ce violent spasme , renouvelé trop souvent , fatiguera le corps, de même que de fréquentes indigestions fatiguent l’estomac. Mais ici, comme en tout , c’est l’abus qui est mauvais.

Maintenant, quelques mots pour redresser ces expressions : Le sperme est la plus pure partie du sang. — On pouvait le croire autrefois. — Aujourd’hui, la physiologie anatomique nous a démontré positivement, que toutes les glandes de notre corps élaborent et sécrètent une liqueur qui leur est propre. — Les glandes salivaires élaborent la salive ; — les glandes de l’estomac fabriquent

le suc gastrique ; — le foie élabore la bile ; — les reins donnent burine ; — les glandes sudoripares, la sueur, etc.; les glandes testiculaires élaborent le fluide spermatique. — La fonction de toutes ces glandes est la même ; quant au travail éliminateur, il ne diffère que par le produit. — Si l’on compare la très petite quantité de sang prisé par les testicules, avec l’énorme quantité que prennent le foie , la rate , les reins et ces myriades de glandules qui fabriquent les diverses humeurs du corps , on est forcé d’avouer que ce plus pur de notre sang , extrait par les testicules, doit être bien minime.

Donc , l’assertion de ces médecins est erronée ; s’ils avaient tout simplement répété cet axiome : Les excès y en toutes' choses y sont nuisibles , — ils n’auraient pas rencontré de contradicteurs.

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