‹ La Vénus féconde et callipédiqueChapitre 22 sur 106 · AVORTEMENT (FAUSSE COUCHE · texte numérisé non relu

AVORTEMENT (FAUSSE COUCHE

L’avortement est l’expulsion du fœtus avant qu’il soit viable , autrement dit , avant qu’il n’ait acquis le développement nécessaire à la vie extrautérine.

Les causes de l’avortement sont de deux sortes ; les unes proviennent de la mère , les autres sont inhérentes à l’œuf, à l’embryon, au fœtus.

Les premières, très-nombreuses, sont décrites

dans les ouvrages qui traitent des accouchements ; nous ne citerons que les plus communes.

— Chez les jeunes femmes primipares (qui accou-’ chent pour la première fois) , la matrice n’ayant pas encore acquis la force et les qualités indispensables à la nutrition et aux diverses évolutions du fœtus, l’avortement est à craindre. Il en est de même pour les femmes dont les règles sont trop abondantes et de longue durée.

— Sont également sujettes aux fausses couches les femmes pléthoriques , faisant usage d’aliments succulents et trop copieux; — les femmes trop grasses; — les lymphatiques, hystériques, rachitiques; — celles qui sont atteintes de maladies de matrice ou de ses annexes ; — les hémorrhagies utérines et les flueurs blanches excessives, etc. — Les contusions, les chocs sur le ventre , les exercices violents, les chutes, etc.

— Les mouvements impétueux de l’âme , tels que les accès de colère , les chagrins , les accès de joie subite, les vives émotions; enfin, toutes les passions excessives sont des causes d’avortement.

Plusieurs médecins, entre autres le docteur Lebon , dans son intéressant ouvrage sur la génération , ont signalé , comme cause d’avortement , le coït sans précautions , pendant les premiers mois de la grossesse. — La pression sur l’abdomen de la femme doit nécessairement y contribuer, mais nous croyons que le spasme

vénérien (chez les femmes ardentes), en est la cause principale.

Le spasme complet, chez ces femmes, retentit sur tout le système génital; du clitoris il sè communique au vagin et du vagin à la matrice; or, pendant cet ébranlement général, la matrice éprouve des contractions plus ou moins violentes qui doivent nécessairement agir sur l’embryon à peine formé. Pour peu que ces contractions se renouvellent, le faible lien qui attache l’embryon à la m atrice se brise ; il survient une petite hémorrhagie qui simule les règles; l’embryon est expulsé avec elle. — La femme n’y prête aucune attention; elle prend cette expulsion pour un caillot de sang et se persuade qu’elle n’était pas enceinte, et cependant elle a avorté.

On signale comme causes morales de l’avortement, les mouvements impétueux de l’âme, les accès de colère et de joie immodérée, les chagrins, les émotions vives,, enfin toutes les passions portées à l’excès.

Les causes du second genre existent dans l’-œuf et le fœtus. Les maladies de l’œuf et de ses enveloppes; celles de l’embryon, du fœtus et du cordon ombilical. L’embryon, le fœtus provenant d’un œuf défectueux, malade, ne saurait vivre : il est voué à la mort dans le sein de sa mère.

Les observations de tous les praticiens-accoucheurs se réunissent pour affirmer qu’une fausse

couche en amène une autre; que deux fausses couches en font craindre une troisième, et que plus une femme a éprouvé d’avortements, moins elle peut espérer une grossesse à terme.

Parmi les causes extérieures que nous venons de signaler, beaucoup de médecins pensent, avec raison peut-être, que le coït à une époque avancée de la grossesse peut occasionner un part prématuré, une couche avant terme. D’autres, au contraire , prétendent , avec Aristote et Dionis, que le coït, avec certaines précautions pour ne point froisser l’abdomen tendu de la femme, excite la sécrétion vaginale et rend la sortie de l’enfant plus facile. Lesquels croire? C’est aux femmes de décider.

Moyens préservatifs de l’Avortement.

L’observation des règles de l’hygiène est, ici, d’un grand secours. — Eloigner les influences physiques et morales qui peuvent retarder, compromettre ou arrêter le travail de la grossesse, et rechercher celles qui doivent lui être favorables. — Les femmes sanguines, pléthoriques adopteront un régime délayant; les femmes nerveuses, irritables, un régime calmant. Les unes et les autres s’abstiendront de mets et de bois-

sons excitants. — Les femmes lymphatiques suivront un régime tonique, stimulant même, afin d’activer leur nutrition intimement liée à celle • de leur fœtus. — Les bains et quelques légers antispasmodiques seront utiles aux femmes sèches, bilieuses, pour combattre la rigidité des fibres de la matrice et assouplir son tissu. — La saignée est un des meilleurs moyens pour prévenir l’avortement, chez les femmes sanguines qui sont sujettes à des congestions aux époques des règles, mais elle ne doit être pratiquée que d’après l’ordonnance du médecin. — Les théâtres, concerts, soirées et autres réunions publiques sont sévèrement proscrits. — Les promenades, les voyages d’agrément sans fatigues, les douces distractions leur seront salutaires. — Enfin, l’on ne saurait trop répéter aux femmes prédisposées aux fausses couches, de fermer l’oreille aux charlatans et aux commères et de n’écouter que les conseils du médecin.

SECTION VII

Page 1