DEUXIÈME OBSERVATION
Bernard Corn..., bijoutier, âgé de 27 ans, d’un tempérament nerveux, irritable ; débile de corps, souvent malade ; penchants amoureux, et jaloux, épouse Rosalie B..., jeune fille de dix-huit ans, fraîche, accorte et de belle santé. Les traits de son visage fortement sculptés, la voix un peu mâle ; les membres bien emmusclés ; menstruation peu abondante.
Evidemment, d’après notre théorie, cette femme, inclinant à la masculinité, ne devait procréer que des garçons ; c’est ce qui eut lieu : quatre couches consécutives donnèrent quatre garçons.
Bernard mourut de phthisie pulmonaire. Sa veuve, qui l’avait soigné pendant sa longue agonie, éprouva un si grand chagrin qu’elle en tomba malade. Sa convalescence fut très-longue : elle perdit ses cheveux, ses fraîches couleurs, ses forces et son activité. Un changement s’opéra dans ses règles, qui coulèrent plus abondamment, et dans sa voix grave, qui monta au timbre aigu. Pour les personnes qui l’avaient fréquentée, pendant sa jeunesse, elle était devenue méconnaissable. Elle atteignait à sa vingt-septième année, lors-
qu’un riche marchand veuf, la demanda en mariage. Elle refusa d’abord, s’excusant sur sa faible santé ; mais, ses parents et amis lui firent comprendre les grands avantages de ce mariage et la décidèrent à le contracter. Les bons procédés, les soins assidus de son second mari la ramenèrent à la santé.
Les deux premières années furent stériles ; vers le milieu de la troisième année, Rosalie fut fécondée et accoucha heureusement d’une fille, dont elle voulut être la mère nourrice. De ce moment sa santé devint florissante ; les formes qu’elle avait perdues reparurent plus rondes qu’avant, elle acquit un riche embonpoint et ses traits se féminisèrent. — Dans l’intervalle de dix ans, elle donna le jour à six filles et point de garçon. Ces filles ressemblaient à leur mère par la constitution et au père par les traits du visage.
La causalité de ces onze parturitions est facile à saisir : tant que Rosalie revêtit les signes de la. masculinité, elle engendra des garçons ; du moment que son organisation se fut féminisée, elle donna le jour à des filles. En d’autres termes : l’élément mâle de l’ovule avait effacé l’élément femelle, pendant le premier mariage ; ce fut l’élément femelle qui, dans le second mariage, étouffa l’élément mâle.
Nous ne citerons que ces deux observations pour lps mariages qui offrent une série non interrompue de filles et de garçons ; tous les ma-
riages semblables à ceux-là n’ont -point d’autre cause que celle indiquée.