TROISIÈME OBSERVATION
• Quatre mariages contractés par un seul homme. Détermination du sexe selon la constitution de la femme.
Cette observation nous a été fournie par le Dr Eugène de Songette, ami de l’individu en question et de sa famille ; il a pu suivre, pendant trente-cinq années consécutives, les faits et circonstances que nous rapportons fidèlement.
M. César Fab..., d’un tempérament bilioso-nerveux, homme intelligent et actif, a été veuf trois fois et a contracté un quatrième et dernier mariage.
Marié pour la première fois à 21 ans, à une fille de dix-sept ans, de constitution lymphatique, il eut d’abord deux tilles. Il quitta la capitale avec sa femme, et alla passer quelques mois dans les Pyrénées-Orientales. Pendant ce voyage à, travers les montagnes, tantôt à pied, tantôt à cheval, Mme César Fab..., perdit un peu de la gracilité de ses membres et de la fraîcheur de son teint :
elle se colora, brunit au soleil du midi et gagna en activité physique. Sept mois après ce voyage elle donna le jour à un garçon.
Les années suivantes, ayant repris sa vie lia-
Rituelle , cette dame accoucha encore de deux fdles et mourut d’accident.
Marié en secondes noces, à l’âge de vingt-huit ans, à une femme maigre et nerveuse qui pendant son adolescence avait fait de la gymnastique, M. Gé'sar eut d’elle trois garçons et point de fille ; cette deuxième femme succomba à une fièvre typhoïde épidémique.
Le troisième mariage de M. César eut lieu avec une femme de vingt-huit ans, à cheveux roux, à formes arrondies, à large bassin, molle dans ses mouvements. Six filles naquirent de ce troisième lit. — Une fièvre puerpérale l’emporta à la suite de sa dernière couche.
M. César Fab..., contracta un quatrième et dernier mariage, â l’âge * de 42 ans, avec une jeune fille de dix-huit ans, brune aux yeux noirs, qui lui donna d’abord deux filles. Trois années se passèrent sans qu’elle devînt enceinte. Pendant ce laps de temps, sa constitution sanguino-bilieuse s’accentua ; sa voix et ses membres gagnèrent en forces ; un léger duvet poussa sur sa lèvre supérieure; le système piloux du corps devint plus touffu; elle revêtit les caractères d’une forte femme. — Alors, elle accoucha de trois garçons successivement et point de fille.
Si le lecteur se donne la peine d’analyser et de comparer ces quatre mariages, il acquerra la certitude que les diverses naissances mâles et femelles, provenant de quatre femmes d’un seul
homme, sont la conséquence naturelle de notre théorie.
La première femme de M. César accouche d’abord de deux filles. — Une vie plus active, les exercices et l’air vivifiant de la campagne la masculinisent, elle donne le jour à un garçon. Des circonstances opposées la féminisent de nouveau, et elle engendre des filles, comme aux premières années de son mariage.
La seconde femme possède des muscles, des instincts et des goûts masculins ; elle ne procrée que des garçons.
La troisième femme, lympathique , peu active et molle par tempérament, offre tous les caractères de la féminité exagérée. Elle transmet son sexe aux six enfants ‘dont elle accouche. -En eût-elle fait douze ! si son tempérament fût resté le même, elle n’aurait eu que des filles.
Enfin, la quatrième femme, quoique d’un tempérament à produire des garçons, ne procrée d’abord que des filles, par la raison que les organes génitaux n’avaient pas encore acquis tout leur développement; mais, du jour où ce développement est complet, sa féminité s’efface devant les influences qui métamorphosent son organisation, et elle ne procrée plus que* des garçons.