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DE LA DENTITION

Dans le but d’éclairer les mères, nous plaçons, ici, quelques paragraphes sur la première et seconde dentitions, avec les moyens les plus simples pour en favoriser la marche.

§ IV

Première Dentition.

C’est le plus ordinairement vers l’âge de sept à huit mois, que percent les deux premières dents incisives de la mâchoire inférieure, — quinze jours ou trois semaines après sortent les deux incisives de la mâchoire supérieure; — puis, les deux incisives latérales inférieures; ensuite les deux incisives latérales supérieures ; — les deux premières molaires leur succèdent, et, enfin, les deux canines supérieures et les deux inférieures.

— Les deuxièmes molaires ne paraissent ordinairement que vers la tin de la deuxième année, ou au commencement de la troisième. Il arrive quelquefois que les dents canines soient en retard et ne percent la gencive que dans le courant du dix-huitième mois ; ce sont celles qui occasionnent le plus de douleur et particulièrement les canines supérieures, nommées aussi œillères. Au reste , rien de moins régulier que ce travail ; il peut se faire que les vingt dents de lait, les huit incisives, les quatre canines et les huit molaires soient sorties à quinze mois , ou qu’elles ne le soient pas encore à deux ans et demi.

Quoique, le travail de la dentition soit une opération de la nature, il arrive assez souvent des complications alarmantes, telles que fièvre, gonflement douloureux des gencives et des glandes, diarrhée ou constipation, vomissement, réveils en sursaut , convulsions générales ou partielles, éruption cutanée, etc.

Dans ces circonstances, la mère doit bien se garder d’employer ces remèdes de bonne femme accrédités parmi le vulgaire ignorant ; elle fera preuve de prudence et de bon sens en consultant un médecin dont la spécialité est de traiter les maladies de l’enfance.

Règle générale. Lorsque le peu de gravité des symptômes n’exige pas la présence du médecin, voici les moyens à employer :

D’abord , diminuer la nourriture du petit malade qui, le plus souvent, refuse instinctivement le sein ou les bouillies qu’on lui donne. — Ensuite, proscrire toute espèce de boissons ou de substances excitantes. On calme la colique et la diarrhée par des quarts de lavements émollientsamylacés, par des fomentations émollientes chaudes sur le ventre, par des bains de siège tièdes, de huit à dix minutes. — Dans le cas de resserrement ou de constipation, quelques quarts de lavement fait avec une cuillerée d’huile d’amandes douces, ajoutée à la décoction de racine de guimauve, suffisent. Si la constipation résistait à ce moyen, on donnerait une infusion légère de manne en larmes, ou du sirop de chicorée et de rhubarbe. — On combat les convulsions- par des bains entiers tièdes de 8 à 10 minutes ; par des infusions légères de tilleul dans lesquelles on peut ajouter quelques gouttes de sirop de codéine.

La mère intelligente, instruite à l’école de l’expérience , qui observe avec une minutieuse attention les divers signes qu’offre l’état de son nourrisson , connaît souvent mieux que toute autre,#les soins à donner, les applications calmantes à faire ; guidée par l’instinct maternel et aidée par la nature, elle voit ses efforts couronnés de succès. Dans les cas graves, elle doit se hâter de consulter le médecin.

Les complications dont nous venons de parler,

prennent, très-probablement, leur source dans la compression douloureuse du nerf dentaire , qui va porter sympathiquement l’irritation sur les divers organes du corps; ces complications cessent aussitôt que la dent a pu percer la gencive. C’est dans ce but qu’on met à la main de l’enfant un bâton de réglisse , une racine de guimauve taillée et enduite de sirop de miel , ou tout autre corps dur; l’enfant les porte instinctivement a sa bouche, cherche à les mâcher et finit par meurtrir, par déchirer la gencive ; la dent sort et les douleurs se calment peu à peu.

Dans le cas, très-rare, ou la dent n’a pu percer la gencive, lorsque l’enfant est en proie aux convulsions et à la fièvre , il est nécessaire d’inciser la gencive pour donner issue à la dent. A la suite de cette petite opération, le calme se rétablit dans le système nerveux de l’enfant.

Les premiers pas de l’Enfant.

La station et la progression sont impossibles pendant les premiers mois de la vie ; les leviers et les puissances au moyen desquels, s’ exécutent ces mouvements , n’ont ni assez de force, ni assez de consistance pour . soutenir le corps.

L’enfant se traîne d’abord sur les mains et les genoux; puis, il essaie de se mettre sur ses pieds, de • marcher ; mais il chancelle et tombe, il recommence souvent le même exercice ; il se soutient en s’accrochant aux meubles, et finit, enfin , par marcher sans le secours de ses mains.

On comprend facilement que , dans la première enfance, les os des jambes n’ayant que peu de consistance , le poids du corps peut changer leur direction normale et les déformer. C’est pourquoi il est plus avantageux de laisser l’enfant s’agiter, se rouler sur un tapis que de l’exciter à marcher à l’aide de lisières ou d’autres moyens. Lorsqu’il se sentira la force de se tenir sur ses jambes, soyez persuadé, qu’il n’attendra point votre bon vouloir pour se lever et marcher.

Pendant les premières années de la vie , il est sage de laisser à l’enfant son entière liberté de mouvements ; tous les moyens mécaniques , inventés pour hâter sa progression, ne sont point naturels. Laissons- donc à la nature le soin de diriger ses premiers pas.

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