‹ La Vénus féconde et callipédiqueChapitre 6 sur 106 · SIGNES AUXQUELS ON RECONNAIT LA* FÉCONDITÉ CHEZ LA FEMME · texte numérisé non relu

SIGNES AUXQUELS ON RECONNAIT LA* FÉCONDITÉ CHEZ LA FEMME

Les aptitudes de la femme à la procréation dépendent , ainsi que nous l’avons dit, de plusieurs conditions physiques et morales.

1° Du large développement du bassin et des organes mammaires ;

2° De la belle conformation de l’appareil génital , beaucoup plus compliqué que celui de l’homme , et du jeu facile de toutes les pièces qui composent ce riche appareil ;

3° D’une -vie douce et normale, c’est-à-dire exempte de ces passions violentes qui usent les organes ; de ces désirs immodérés de luxe et de* plaisirs ; de ces habitudes paresseuses et sensuelles qui naissent dans les milieux égoïstes et corrompus ; enfin , de ces mille entraves , j’allais dire de ces folies que la mode impose aux femmes du monde ;

4° D’une, alimentation suffisante et facilement assimilable ; d’une activité physique modérée , et , autant que possible , de la sérénité de l’âme.

La femme qui réunit ces condi lions doit nécessairement posséder le privilège de la fécondité.

SECTION I

L’aptitude procréatrice, chez l’homme , consiste dans la bonne conformation des organes qui élaborent la ligueur prolifique et qui la transmettent. L’absence , la perte ou les imperfections de ces organes, leur inertie ou défaut de vitalité entraînent toujours V impuissance.

On a écrit et souvent répété que les populations des contrées maritimes, se nourrissant presque exclusivement de poissons, procréaient un plus grand nombre d’enfants. C’est une erreur qui s’est propagée parmi le vulgaire , et que prouvent les statistiques faites à ce sujet : les peuples ictyophages ne possèdent nullement des facultés prolifiques plus développées que les nations qui se nourrissent de viandes et de légumes. — Un fait certain , c’est que les aliments riches en principes nutritifs, facilement assimilables et pris en suffisante quantité, portent leur énergique influence sur. les organes de la génération de même que sur tous les organes en général , et qu’une alimentation pauvre ou insuffisante produit l’effet contraire ; voilà l’exacte vérité.

Néanmoins , il faut éviter l’ excès d’un régime alimentaire substantiel , car on a remarqué qu’en général, les femmes trop grasses étaient moins fécondes que celles douées d’un embonpoint modéré, et que l’obésité amenait, très-souvent, la stérilité.

Ni trop gras, ni trop maigre , dit le proverbe, avec raison.

La vie trop sédentaire nuit également à la conception ; il n’est besoin , pour s’en convaincre, que de jeter les yeux sur les femmes de la campagne. Comparez cette épaisse et robuste paysanne à la citadine fluette , étiolée ? — La première est entourée de nombreux enfants, tandis que la seconde n’en a qu’un ou deux et quelquefois point. On pourrait dire que l’une multiplie trop et l’autre pas assez.

On m’objectera que dans notre siècle d’argent et d’égoïsme , le mariage n’a point pour but, comme aux temps des patriarches, d’avoir une nombreuse famille. Bien loin de là ; on se marie par intérêt. L’habitant des villes calcule sa progéniture sur son avoir et ses dépenses : son bien-être devant diminuer en raison du nombre de ses enfants , il préfère n’en procréer qu’un ou deux; trois ce serait trop!... La dépense monte si haut, l’argent s’écoule si vite , à notre époque de décadence ; les enfants coûtent trop cher; donc, il sacrifiera la famille à l’argent.

La femme, de son côté , veut briller par le luxe de sa maison , par sa toilette *et celle de ses enfants; elle veut rivaliser avec les dames dont la fortune est au-dessus de la sienne ; elle s’épuise en folles dépenses, ô vanité !.... Cet assaut de luxe est doublement funeste au plus grand nombre , parce qu’il s’attaque à la bourse et aux mœurs ; ce mau-

vais exemple , après avoir contagionné la bourgeoisie , arrive à l’ouvrière , qui felle aussi, veut vêtir son enfant de soie et de velours ; alors qu’en arrive-t-il ? Consultez les registres des naissances illégitimes , et vous serez effrayé du chiffre élevé qu’elles atteignent dans les grandes villes et particulièrement dans la capitale.

Dans les campagnes les choses se passent autrement : la nature reprend ses droits et ne cède point à l’argent. Là , les familles sont toujours nombreuses, trop nombreuses, parfois, car la gêne y vient imposer de dures privations ; n’importe, les enfants naissent toujours... C’est cette fécondité qui repeuple les contrées ravagées par des fléaux ; qui donne des travailleurs et des soldats ; qui fait la richesse des nations. Nous pensons , d’après ces motifs , qu’ aujourd’hui la femme enceinte n’obtient pas les attentions , les égards qu’elle mérite. — Les anciens peuples , plus appréciateurs de la fécondité que les modernes , avaient pour elle des égards qui allaient jusqu’à la vénération.

SECTION II

LA FEMME ENCEINTE CHEZ LES ANCIENS PEUPLES. RESPECT QU’ON AVAIT POUR ELLE.

Dans ces vastes contrées qu’arrosent le Gange et l’Indus , les plus anciennement peuplées du globe,

planter un arbre et faire un enfant était acte agréable à Dieu et œuvre méritoire devant les hommes. Oh honorait, on respectait la femme enceinte, quelle que fût sa condition.

Le grand législateur des Hébreux se garda bien de considérer la virginité et le célibat comme une perfection ; il favorisa , ordonna même les mariages , et accorda des privilèges à la fécondité. Le peuplé juif, si remarquable par la ténacité du type, le seul qui ait traversé les siècles sans se mésallier, regarda toujours la stérilité comme une punition du ciel. Chez les Egyptiens, plus une femme procréait d’enfants , plus elle était appréciée ; mais ses prérogatives cessaient, hélas ! avec sa fécondité

A Athènes et à Sparte, à Rome et à Carthage , la femme enceinte était l’objet d’un si grand respect, qu’un criminel , un meurtrier échappait momentanément au glaive des lois , en se réfugiant dans la maison d’une femme enceinte ; on n’osait l’arracher de ce refuge , dans la crainte de causer une émotion funeste à la femme.

Solon et Lycurgue décrétèrent des honneurs et des privilèges aux femmes enceintes et des châtiments à quiconque les enfreindrait. Lycurgue assimila les femmes mortes en couche , aux braves morts sur le champ de bataille.

A Rome , au plus fort des proscriptions de Sylla, une femme du peuple, échevelée, force la garde du consul . arrive devant lui et d’une voix fîère : — Sylla , lui cria-t-elle , je suis mère de sept

Romains, je donnerai bientôt le jour à un- huitième; je t’adjure, au nom de ta mère, de me rendre mon époux , dont tu as proscrit la tête !

Le dictateur fit signe à ses gardes de la reconduire , et lui accorda immédiatement sa demande.

César, précédé de ses licteurs , apercevant , audébouché d’une rue étroite , une femme enceinte qui marchait à sa rencontre , ordonna aux licteurs de s’arrêter et de se ranger contre le mur ,' pour lui laisser le passage libre. Lorsque la femme passa devant lui , il la salua.

En Pannonie , les femmes enceintes étaient en telle vénération , que tout homme qui en rencontrait une sur son chemin , était obligé de l’accompagner si elle l’exigeait.

Nos ancêtres les Francs et les Gaulois vénéraient les femmes , mères de nombreux enfants. Tous les peuples , en général , ont honoré la fécondité , et les femmes fécondes se sont montrées fières du don que leur octroya la nature; tandis que les femmes stériles , honteuses , humiliées de leur disgrâce, leur ont envié ce don précieux. — Dans l’ancienne civilisation , les femmes stériles et les célibataires étaient considérés comme des êtres inutiles et partant mal vus ; la loi frappait d’un impôt ces derniers , pour en diminuer le nombre , et elle avait raison. La civilisation moderne devrait bien imiter l’ancienne , à l’égard des célibataires , dont les corporations envahissantes deviennent une lourde charge pour les nations.

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