‹ La Vénus féconde et callipédiqueChapitre 5 sur 106 · OU FEMMES A TROIS ET QUATRE SEINS · texte numérisé non relu

OU FEMMES A TROIS ET QUATRE SEINS

Les multimames sont assez rares; néanmoins il n’est point de nations qui n’en fournissent des exemples. On a prétendu que cette anomalie ne se rencontrait que chez les femmes qui accouchaient de plusieurs enfants à la fois; la nature les aurait dotées de seins surnuméraires, afin qu’elles pussent facilement accomplir les devoirs de la maternité. La nature, en effet, a multiplié les glandes mammaires chez les animaux qui mettent bas beaucoup de petits : la chienne, la truie, etc., possèdent beaucoup de mamelles, tandis que la vache, la jument, fânesse, la chèvre, qui ne mettent bas qu’un petit, n’ont que deux tétines. Cependant cette opinion n’est pas d'une sévère exac-

titude; car, parmi les femmes qui accouchent de plusieurs enfants, il en est peu qui soient multimames;. ces seins surnuméraires seraient tout simplement, d’après les tératologues , un écart de la nature, autrement dit une difformité. Le plus souvent le sein ou les seins surnuméraires sont beaucoup plus petits que les naturels et ne possèdent point cette élastique souplesse qui en fait la beauté.

Plusieurs médecins de l’ancienne Grèce parlent des femmes multimames comme d’une chose rare et sans but. Dans l’ancienne Rome, on en cite plusieurs qui furent prises comme nourrices chez des patriciennes.

La mère d’Alexandre Sévère avait trois mamelles donnant toutes du lait.

Scaliger raconte avoir vu plusieurs femmes, les unes à trois mamelles, les autres à quatre et une à six mamelles.

Olaüs Borrichius a été témoin oculaire de l’allaitement de deux jumeaux par la mère qui possédait trois seins parfaitement conformés ; les trois seins fournissaient abondamment du lait.

Borelli a conservé le nom d’une femme, Racket Rey, également douée de trois seins; le troisième sein était placé sous la mamelle gauche.

Bartholin a connu une femme qui portait un troisième sein au-dessous de l’omoplate gauche.

Une dame de Trêves, nommée Withès, d’une beauté remarquable, présentait trois seins d’une égale rondeur, et formant le triangle sur sa poitrine.

En Tannée 1671, plusieurs médecins visitèrent, à Rome, une femme à quatre mamelles se remplissant de lait à chaque grossesse.

Une femme valaque offrait quatre grosses mamelles pendantes sur -sa poitrine, au moyen desquelles quatre enfants, nés d’une seule couche, étaient abondamment allaités.

Les deux négresses citées plus haut, qui avaient donné le jour à 20 enfants en quatre couches, possédaient aussi quatre mamelles.

Gadner a donné l’observation d’une mulâtresse du Gap, mère à quatorze ans, qui faisait des enfants par quatre et cinq, sans le moindre accident. Sa poitrine était chargée de six petites mamelles.

Percy racontait, dans ses cours, qu’il avait vu une cantinière ayant cinq mamelles pendantes comme des tétines de chèvre.

En 1827, Adrien de Jussieu communiquait à l’Académie l’observation d’une femme à trois seins: deux à leur place ordinaire, et le troisième à la région inguinale; c’est avec ce dernier qu’elle allaitait un enfant de six mois. La mère de cette femme était aussi multimame.

Tels sont les faits que nous avons extraits de divers ouvrages de physiologie et de médecine. En ajoutant ces organes surnuméraires sur la poitrine de la femme, la nature, si sage, si prévoyante dans ses œuvres, a probablement eu pour but d’assurer la subsistance simultanée de plusieurs nourrissons.

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