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MÉCANISME DE L’ÉRECTION

L’orgasme et la roideur qui se manifestent dans le tissu érectile de quelques organes, sous certaines influences, se traduisent par le mot érection. Le membre viril chez l’homme et le clitoris chez la femme, offrent ce phénomène au plus haut degré.

L’érection dépend : 1° — D’une excitation qui fait affluer une plus grande quantité de sang dans les corps caverneux du pénis et du clitoris.

2° De ce que le sang ne pouvant sortir des corps caverneux aussi promptement qu’il y est entré , y séjourne plus longtemps.

3° De la contraction de plusieurs muscles.

4° De la plénitude des vésicules séminales (dans l’érection involontaire).

5° De ce que le plexus veineux qui forme les corps caverneux, reçoit des nerfs plus volumineux et en plus grand nombre que les autres plexus veineux du corps.

Cette dernière circonstance explique pourquoi l’érection peut être facilement provoquée par des excitations locales, telles que l’attouchement , la flagellation , l’urtication , les immersions dans l’eau chaude, etc., etc.

D’après les recherches du docteur Aug. Mercier (1), l’érection dépendrait de la contraction de plusieurs muscles et spécialement du muscle releveur de l’anus. Cette contraction, tantôt soumise à l’empire de la volonté et tantôt involontaire, arrête, pendant un temps plus ou moins long, le sang dans les corps caverneux de la verge. Lorsque l’imagination, le désir et l’attouchement sont impuissants à produire l’érection ,

(1) Le docteur Mercier, opérateur habile, a écrit divers ouvrages sur les affections des voies urinaires et sur leur traitement rationnel, Ces ouvrages ont mérité les éloges de l’Académie de médecine et remporté plusieurs prix ; leur rédaction claire et facile les met à la portée de toutes les intelligences.

c’est que le releveur de l’anus reste muet à ces excitants.

L’imagination exerce une puissante influence sur les organes génitaux de l’homme ; elle provoque l’érection ou y met obstacle. La vue , le souvenir même des charmes d’une femme, stimulent, excitent le cerveau, et l’impression agit directement sur le membre viril qui, aussitôt, se gonfle et durcit. Mais, il arrive quelquefois, que la crainte, la honte de ne pouvoir accomplir bravement l’acte génital, s’oppose à l’érection et réduit momentanément à l’impuissance un sujet vigoureux. C’est sur cette crainte que spéculaient autrefois les Noueurs d’aiguillettes. (Voyez leur amusante histoire dans notre Hygiène du mariage.)

C’est en particulier sur les hommes d’un certain âge, sur ceux dont la force génitale décline, baisse tous les jours, que la crainte de rester impuissants, agit soudainement à les désespérer... Ils pouvaient tout à l’heure, et maintenant... impossibilité absolue... L’homme qui s’est trouvé dans cette piteuse situation , au moment de sacrifier sur l’autel de Vénus , ne retrouvera plus sa vigueur avec la même femme ; il aura beau s’exciter; vains efforts... la crainte le poursuit; son membre est frappé d’inertie ; avec une autre femme peut-être serait-il plus heureux... Mais, ces plaisirs n’étant plus de son âge, mieux, pour lui, vaudrait y renoncer.

De rémission spermatique ; phénomènes qui l’accompagnent.

De toutes les sensations éprouvées par nos organes, l’émission spermatique ou éjaculation, e&t celle qui ébranle plus, profondément le système nerveux et qui, relativement à sa courte durée, occasionne une énorme perte de fluide vital. — Les prodromes de l’éjaculation s’annoncent par une accélération des mouvements du cœur et de la circulation : le sang se porte à la tête ; le corps se recouvre de moiteur ; la respiration se précipite ; l’œil humide brille et conserve la fixité de l’attente ; tous les tissus érectiles entrent en turgescence : les papilles de la peau ont acquis une sensibilité excessive ; la tension organique est générale!... A ce moment suprême, le plus léger contact, la moindre contraction du vagin produit l’effet de l’étincelle électrique... l’éjaculation part!... Une secousse profonde, un violent spasme convulsionnent l’être entier;... les autres sens se taisent et toutes les énergies organiques sont absorbées par cet acte qui caractérise le plus haut degré de l’exaltation génitale.

L’éjaculation spermatique est accompagnée le

plus ordinairement de soupirs entrecoupés ; quelquefois de cris étouffés, semblables à des gémissements. Il est des sujets nerveux chez lesquels cette émission s’opère au milieu de convulsions

épileptiformes, suivies d’anéantissement A ce

violent orgasme, qui a produit l’ébranlement général de l’édifice humain , succèdent un affaissement de forces, un état de langueur plus ou moins prolongé

D’après cette description imparfaite, on peut juger de la déperdition nerveuse pendant l’ éjaculation. — Les trop fréquentes émissions spermatiques affaiblissent, dégradent le physique et le moral; elles conduisent l’érolomane à une mort prématurée. — Les émissions spermatiques, selon les besoins naturels, procurent un bienêtre général, a dit le professeur Rostan, car la nature n’a point fait d’organes pour les condamner à un repos absolu, ce qui est, du reste, impossible. La vraie sagesse 'consiste à ne pas violer les lois que la nature nous impose par des excès coupables ou par une continence absurde.

§ III

Moyens à opposer à l’impuissance.

Existe-t-il des moyens réellement efficaces pour rendre au membre viril impuissant, sa vigueur

primitive? — Voici, en quelques lignes, la thérapeutique rationnelle de cette infirmité :

Lorsque l’impuissance dépend d’une affection nerveuse ou autre , c’est d’abord la maladie qu’il faut combattre ; le traitement local vient ensuite.

— Si elle prend sa source dans une affection morale, c’est évidemment cette affection qu’il faut chasser et guérir; — le repos de l’esprit, le calme de l’imagination, les distractions, sont les uniques remèdes de l’asthénie génitale, quand elle est entretenue par de trop longs travaux intellectuels. — Lorsque l’impuissance a sa cause dans l’épuisement par les excès vénériens et la masturbation, la première indication est le repos complet de l’organe génital, une alimentation tonique et réparatrice; l’usage très-modéré , de vins généreux, pris à petites doses, et des préparations ferrugineuses. — Les exercices physiques, répartis sur la totalité des muscles; les bains froids et les frictions générales, rappellent la vigueur perdue, en restaurant la constitution.

Il a été constaté que certains aliments étendaient leur action jusque sur le système génital :

— les œufs, le caviar, les gelées de viande aromatisées; le gibier, les ragoûts épicés, le poisson ; — divers aromates tels que le safran, la vanille, la cannelle, le cumin, les boissons ambrées ; — et parmi les substances thérapeutiques : l’aloës, le galbanum, le musc, l’opium et diverses résines et huiles essentielles stimulent les

organes génitaux, exaltent leur sensibilité, mais ils peuvent aussi déterminer des congestions organiques dangereuses. Nous omettons à dessein le phosphore et les cantharides, parce qu’ils sont toujours funestes à l’imprudent qui en fait usage à l’intérieur.

Gomme auxiliaires du régime alimentaire, on ordonne les bains froids, de rivière ou de mer, en été; — les promenades, -l’équitation, les exercices du gymnase, selon les forces de l’impuissant ; les lotions, les bains locaux excitants, irritants, tels que l’immersion de l’organe dans une décoction de graines de moutarde, dont l’activité sera mesurée sur T impressionnabilité du sujet. — Des rubéfiants sur la peau des lombes , sur la partie interne et supérieure des cuisses, tels que liniments ammoniacaux, cantharidés, phosphorés ; enfin, la flagellation et l’urtication.

L’impuissance par abus des alcooliques est des plus difficiles à guérir, parce qu’elle est ordinairement liée à une gastro-duodénite chronique. — Lorsqu’elle est causée par une sub-irritation du cerveau ou de l’estomac, ce sont ces viscères qu’il faut traiter. — L’impuissance qu’amène avec elle la vieillesse n’a point de remède. C’est une loi de la nature ; il faut se résigner à la subir.

Nous avons omis de parler des aphrodisiaques , substances ayant la vertu, dit-on, de réveiller l’organe de son sommeil, par la raison que les propriétés des uns sont illusoires, et que l’usage

des autres est dangereux, souvent mortel. Voyez dans notre Hygiène du Mariage, la liste et l’analyse des spermatopés, des érotophores, hippomanes, électuaires, poudres, pastilles aphrodisiaques, philtres, potions et autres breuvages incendiaires, avec des considérations médico-historiques sur leur emploi chez les différents peuples anciens et modernes.

SECTION III

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