‹ La Vénus féconde et callipédiqueChapitre 65 sur 106 · FÉCONDATION · texte numérisé non relu

FÉCONDATION

La fécondation n’est possible que dans l’oviducte ; les cas infiniment rares, et l’on pourrait dire douteux, où elle aurait eu lieu dans la matrice, sont une déviation à la règle générale.

Le flux menstruel coïncide avec l’ovulation ; il annonce qu’un ou plusieurs ovules, arrivés à maturité, vont s’échapper de l’ovaire pour entrer dans l’oviducte.

Presque tous les physiologistes modernes reconnaissent que la fécondation ne peut s’opérer que dans les oviductes ; c’est l’opinion des savants professeurs Pouchet, Muller, Goste et Serres, dont les études expérimentales font foi, en cette matière. Ce fait étant admis, il ne s’agit plus que de déterminer le temps que met l’ovule à parcourir l’oviducte, de l’ovaire à la matrice, pour préciser les jours favorables à la fécondation, et les jours où elle n’est plus possible. .

Parmi les physiologistes, les uns prétendent que, pour accomplir le trajet de F ovaire à la matrice, l’ovule met trois ou quatre jours ; — les autres disent cinq ou six ; — quelques-uns élèvent le nombre à sept ou huit jours. — Ges divergences d’opinions sont loin de confirmer la vérité. — D’un autre côté, le temps que l’œuf non fécondé séjourne dans la matrice, arbitrairement évalué à six ou huit jours, n’offre pas plus de certitude. Donc, rien de positif dans ces évaluations. D’abord , parce qu’on doit tenir compte du tempérament de la femme, de sa situation, de son état de santé, etc... Ainsi que l’estomac de toutes les femmes ne digère pas avec la même rapidité ; que l’assimilation, les sécrétions et autres fonctions varient selon les tempéraments ; de même la progression de l’œuf vers la matrice, ne doit pas s’effectuer d’une manière identique chez toutes les femmes. — Ensuite, parce que l’ovule non fécondé, dont le volume égale à peine celui d’un très-petit pois, ne saurait séjourner six à huit jours dans la matrice, sans éprouver une décomposition, une dissolution.

Cependant, la plupart des auteurs qui se sont occupés de cette question, affirment que la fécondation est certaine six jours et même huit jours avant les règles, et huit à dix jours après ; de telle sorte, qu’en comptant les jours des règles à quatre seulement, la fécondation, d’après

eux, serait possible vingt à vingt-cinq jours par mois !!!... Évidemment ce calcul est erroné. Ces auteurs n’ont point expérimenté, sans doute, et se sont fait tout simplement l’écho des croyances admises.

Avant de prouver l’erreur, nous ferons encore observer que nous écrivons pour les personnes du monde , afin de mettre à leur portée les curieux phénomènes de la fécondation. Cette question étant très-embrouillée, très-ardue, il est nécessaire de l’exposer clairement, et, pour qu’elle soit comprise de tous, il ne faut pas craindre de répéter ce que nous avons déjà dit ; par le motif, que souvent un lecteur qui n’a pas bien saisi une définition énoncée une première fois , arrive à la comprendre la seconde fois. Voici donc nos propres observations sur les diverses phases du mystérieux travail qui s’accomplit dans le système génital de la femme, avant et pendant la fécondation.

Le lecteur se rappellera que fécoulement des règles commence après l’ovulation et que la durée de cet écoulement est en général très-variable.

Il devra , aussi , se rappeler queTanimalcule spermatique s’introduit dans l’oviducte et monte jusqu’à ce qu’il soit arrivé à la partie supérieure

de ce conduit; que là, il se fixe, attendant fœuf à son passage pour le saisir et le féconder.

La vie de l’animalcule ou zoosperme est de 2, 3 et 4 jours, selon le degré de sa vitalité (1) ; après ce temps, il meurt et se dissout; c’est ce qui arrive toujours dans les coïts pratiqués hors des jours favorables ; ces coïts restent inféconds parce que l’animalcule meurt, sans avoir rencontré d’ ovule. — La durée de la vie du zoosperme explique très bien les fécondations opérées par des coïts pratiqués deux ou trois jours avant les règles. — Nous avons aussi tenu compte du tempérament, de l’âge, des habitudes et de la condition de la femme, qui ont une influence marquée sur la durée et la quantité du flux menstruel. — Nous nous sommes assuré que les femmes bilieuses et nerveuses étaient moins fécondes que les femmes lymphatiques etlymphatico-sanguines, probablement parce que, chez ces dernières, l’ovulation a plus de durée ; que leur système génital est moins sujet aux spasmes et plus extensible pendant l’acte copulateur.

Etayée de tous les faits et considérations qui précèdent, nous pensons que la théorie des jours

(1) Des zoospermes ont été trouvés vivants dans les oviductes de deux femmes, mortes depuis deux jours, l’une asphyxiée par le charbon, l’autre par submersion. On peut inférer de ces faits, que la vie des infusoires spermatiques doit être plus longue dans les parties de ia femme vivante, que dans un cadavre.

fastes et néfastes peut se résumer ainsi qu’il suit.

SECTION I

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