JOURS FAVORABLES A LA FÉCONDATION
Deux jours avant l’apparition des règles; — pendant leur flux , — un ou deux jours après leur cessation; en tout, huit à dix jours, selon la. durée de l’ovulation et de la menstruation, la fécondation est certaine.
Explication. — 1° Le coït étant pratiqué deux jours avant l’apparition des règles, les animalcules spermatiques pénètrent dans l’oviducte et vont se fixer à la partie supérieure de ce conduit, pour attendre et féconder l’ovule au passage. C’est le mode de fécondation le plus naturel comme aussi le plus sûr.
2° Pendant la durée du flux menstruel, la fécondation est encore certaine, puisque l’œuf opère sa descente vers la matrice ; l’animalcule qui monte dans l’oviducte doit nécessairement le rencontrer et le féconder. Ce mode de fécondation est particulier aux animaux qui s’accouplent à l’époque du rut. Il ne faut point ajouter foi à ces auteurs
qui prétendent que la fécondation opérée pendant le flux menstruel , produit des enfants débiles, cachectiques, maladifs. Le sang des règles, disent-ils, est un sang impur que la nature éliminée du corps de la femme. Cette assertion est complètement fausse et doit être mise au nombre de ces vieilles erreurs dont la science moderne a fait justice- — Les analyses de plusieurs savants chimistes ont démontré que le sang des règles était identique à celui qui circule dans les vaisseaux artériels du corps : même composition , même quantité de globules ; il n’existe aucune différence.
3° Pendant les premiers jours qui suivent la fin de l’écoulement, la fécondation peut encore s’opérer chez les femmes dont les règles sont ,de r courte durée ; l’ovule n’étant pas encore descendu dans la matrice, l’animalcule spermatique a pu le fécondér dans l’oviducte. Mais, chez les femmes dont les règles coulent au-delà de quatre ou cinq jours, la fécondation est très-incertaine, on pourrait même dire impossible ; parce que l’ovule, descendu dans la matrice, a été entraîné au dehors par le sang des règles. .
Le professeur Coste,. examinant au microscope le sang menstruel de plusieurs filles de joie, y a souvent découvert des œufs non-fècondès , et quelquefois des œufs, fécondés ; ces derniers d’après son calcul , annonçaient une conception de plusieurs jours : leur expulsion de la matrice
était un avortement naturel et inconscient, provoqué soit par l’abus du coït, soit par des brutalités, [des violences auxquelles ces malheureuses filles sont très-souvent exposées.
Les femmes mariées dont les règles reparaissent après dix-huit, vingt ou vingt-deux jours, sont sujettes à ces sortes d’avortements , sans le savoir. Il en est de même pour les jeunes femmes qui, pendant la première année de leur mariage, se livrent trop fréquemment à l’acte procréateur. — L’éréthisme des diverses pièces de leur système génital causé par le spasme vénérien, vers le quinzième jour de la fécondation, peut détacher l’ovule de son point d’union à la matrice, et donner lieu aux avortements inconscients dont nous venons de parler. Ces accidents sont moins rares qu’on ne le pense généralement.